‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 23 sur 114 · AT · texte numérisé non relu

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sentant les pyramides d’Egypte, une statue de Voltaire, un petit monument en bois représentant le Parnasse, sur lequel sont figurés en bronze les grands littérateurs du siècle de Louis XIV et de Louis XV. Cet ouvrage, exécuté aux frais de Tillon du Tillet, n’a aucun mérite ; les petites statues sont énormes relativement à la montagne qui les supporte. Louis XIV, sous

les D’Apollon, est au sommet, entouré des

neuf Muses. \

Au fond, et dans une salle qui est à côté de l’enfilade on voit deux globes énormes, l’un céleste et l’autre terîcstie; ils ont chacun près de quatre mètres de diamètre. Le cardinal d’Estrées les fit exécuter à Venise par le jésuite Coronelli ; dans la suite il en fit hommage à Louis XIV, qui les fit placer dans son château de Marly. En 1723, ils furent transportés à la Bibliothèque du Roi, où ils furent définitivement placé» comme on les voit aujourd’hui.

La géographie ayant fait des progrès considérables dep^s un siècle , on ne doit pas être surpris si ces globes, principalement le terrestre, contiennent des erreurs connues, mais il serait facile de les rectifier.

Outie des livres imprimes, la bibliothèque renferme encore trois collections très-importantes, qui sont celle des manuscrits , ce]1 a des estampes , et le cabinet d> antiquités.

Les manuscrits grecs , latins, arabes, français, etc., s elevent a plus de 50,000 volumes : on peut les consulter tous les jours non fériés de 10 à 4 heures. Les plus anciens sont grecs 5 ceux en latin ne remontent pas au-dela de 8 à 900 ans. 11 y en a de français qui sont assez curieux, comme le Télémaque écrit de la main de Fénélon, la Henriade, écrite de la main de 7olt.al™î des Lettres de Henri IV, des Mémoires de imuisXlV , un livre de compte du temps de Philippeie-Bel, écrit sur des tablettes enduites de cire.

Il est défendu, sans la permission des autorités, de fane imprimer les manuscrits que l’on aurait pu copier.

Le cabinet des estampes est aussi ouvert tous les jours non ferles, de 10 à 4 heures. On y arrive par une misérable petite porte ouvrant au-dessus du vestibule tout près de la cour. 11. nous serait impossible de donner une

idée, même incomplète, de ce que renferme cette riche collection. On porte le nombre des dessins ou estampes à 1,600,000 reliées en volumes ou classées dans des

portefeuilles. .

Le cabinet des médailles et antiquités n’est ouvert que les mardi et vendredi de chaque semaine. La porte d’entrée est au fond de la première grande galerie. On y voit une foule d’objets très-curieux, tels que des aiguilles à coudre , compas antiques , un grand nombre de statues de divinités du paganisme, un vase en ivoire, d’une seule pièce de 18 pouces de haut, monté et doublé en vermeil, plusieurs objets trouvés a Tournai, en creusant les fondations d’une maison, dans un tombeau que l’on croit avoir été celui de Cliilderic, père de Clovis; ils consistent en plusieurs figi res en or, ayant la forme d’abeilles, un globe de cristal, une hache, plusieurs filamens en or qui ont dû orner les habits du défunt; enfin, un anneau portant un cachet sur lequel est gravée en creux une tête, autour de laquelle on lit : Chiideric vegis (du roi Childeric). Dans d’autres cases on voit une patère d’or trouvée en 1774; elle a 2 décimètres S centimètres de diamètre; elle pèse 5 mares 5 onces. Au fond sont représentés Hercule et Bacehus se défiant à qui boira le plus ; sur le bord est une couronne de 16 médailles antiques.

Dans le même cabinet se trouvent deux disques d’argent d’environ 7 décimètres 7 centimètres de diamètre; Tun fut trouvé dans le Rhône par des pécheurs, près d’Avignon , l’autre en Dauphiné par un laboureur. On regarde ces deux disques comme des boucliers votifs; sur le premier, qu’on appelait de Scipiony est représentée, en bas-relief, la querelle d’Achille avec Agamemnon ; sur l’autre, appelé bouciiev d? Aumbdl , est représenté un lion souS un palmier. Ces deux boucliers pèsent 42 et 43 marcs.

Dans le même cabinet sont suspendues les armes de François Ier, tirés du garde-meuble de la couronne. On y voit des momies, un fauteuil qui, dit-on, a appartenu au roi Dagobert , etc.

Cette riche collection a éprouvé, en 1831, une perte immense. Un vase en or , estime 10,000 francs ; une suite de médailles aussi en or, des empereurs romains.

jusqu’à Constantin ; plusieurs objets de même métal, ayant appartenu au tombeau de Childeric} ont été enlevés par des voleurs. Ces divers objets, dont la perle est irréparable, avaient une valeur intrinsèque de 500,000 francs. Les voleurs fouillèrent dans 1400 tiroirs et ne touchèrent à aucune médaille d’argent ou de bronze.

Autour de la pièce sont des buffets contenant plus de 100,000 médailles grecques, romaines , etc.

Au rez-de-chaussée de la bibliothèque est lé fameux zodiaque de Denderah , apporté d’Egypte il y a quelques années , et que le gouvernement paya 150,000 fr.

Les livres de la bibliothèque étaient sous Charles V

au nombre de . 910

François 1er. . 1,890

Louis XIII ......... 16,746

Louis XIV ......... 50,542

Louis XVI ......... 200,000

Aujourd’hui. . 400,000

Dans ces nombres ne sont pas compris les manuscrits, qui s’élèvent aujourd’hui à 80,000.

Auprès de la Bibliothèque royale est un établissement où le gouvernement fait faire des cours de langues orientales.

Chapelle expiatoire du duc de Berry.

Elle s’élève en face de la Bibliothèque , sur l’emplacement de l’ancienne salle de l’Opéra, où, comme on sait , l’infortuné prince fut poignardé par l’infâme Louvel. Comme cet édifice est encore en construction, il nous est impossible de nous en occuper davantage pour le moment ; nous dirons seulement qu’il se compose d’un péristyle d’ordre dorique moderne de figure carrée ; la quatrième face, celle d’occident, a la figure d’un demi-cercle. Ce qu’il y a de bien certain , c’est que le mouument, à l’extérieur du moins , sera fort médiocre.

Palais de la Bourse.

La Bourse de Paris était établie au commencement de ce siècle dans Eéglise des Petits-Pères, puis au Palais-Royal. En 1808 on posa la première pierre d’un

édifice spécial destiné aux réunions des eommerçans et au tribunal de commerce : c’est l’édifice dont nous Ions nous occuper.

La nouvelle Bourse est bâtie sur l’emplacement du couvent des Filies-Saint-Thomas , entre les rues Feydeau et des Filles-Saint-Thomas. Brogniart en a fourni les dessins : son plan est un rectangle de 69 mètres de long sur 41 de large. Tout autotir règne un péristyle de 66 colonnes d’ordre corinthien, portées sur un soubassement lisse d’environ 3 mètres de haut. Les colonnes ont un mètre de diamètre et dix de haut. Audessus de l’entablement se voit une attique sans ornemens ; elle couronne l’ordonnance et masque le toit.

La direction du rectangle est d’orient en occident; la principale entrée est de ce dernier côté. On y arrive par un perron de 16 marches. Du côté du levant en est un semblable ; mais le portique n’est pas aussi profond. La colonnade forme une galerie couverte tout autour de l’édifice.

Aux entrecolonnemens répondent deux rangs de fenêtres en arcades. Ces deux rangs sont séparés par un entablement d’ordre dorique. La colonnade est bien proportionnée et fort belle. On ne sait pourquoi, par quelle distraction , les architectes ont gâté ce magnifique édifice , en élevant derrière la colonnade deux étages de fenêtres d’ordre dorique. Il y a si peu de rapport entre cette ordonnance et celle des colonnes, que l’on peut considérer celles-ci comme environnant une construction avec laquelle elles n’ont aucun rapport ; d’ailleurs, les architectes de génie ont toujours -blâmé les entablemens qui semblent couper une colonnade en deux parties.

Dans l’intérieur, la pièce principale est la salle d’assemblée : elle est au rez-de-chaussée, et son plafond s’élève jusqu’au toit, par où. elle est éclairée. La voûte ou plafond est peint en grisailles représentant des sujets allégoriques relatifs au commerce ; les murs de la salle sont percés de deux rangs d’arcades , un au rezde-chaussée, l’autre au premier étage; de façon que cette pièce rappelle un peu la cour de l’Hôtel des Invalides ; mais elle est bien loin d’avoir le même mérite. Les piédroits des arcades supérieures sont trop

lourds. Le plafond ressemble à un toit : ce qui donne à cette salle l’apparence d’une cour vitrée.

Les autres pièces de la nouvelle Bourse sont propres et commodes; mais elles n’ont rien de remarquable. La salle où le tribunal de commerce donne ses audiences est du côté du portique oriental. Le toit de cet édifice est en fer et cuivre.

Malgré les défauts que nous venons de signaler, la nouvelle Bourse est un édifice fort rémarquable, parfaitement bien situé ; mais il n’a nullement le caractère de sa destination. Qu’on bouche les fenêtres, et ce sera un temple ; tel qu’il est, on peut le prendre pour l’habitation d’un riche particulier, qui a eu la fantaisie de l’environner d’une colonnade.

Eglise Saint-Hoch.

( Paroisse du 2m e arrondissement , rue Saint-Honoré^ entre les «os 296 et 298. )

Louis XIV en posa la première pierre en 1653, avec sa mère, Anne d’Autriche : la construction fut lente. En 1721,1e fameux Law donna 100,000 livres pour terminer l’édifice, qui ne fut entièrement achevé qu’en

Le portail de cette église s’élève sur la rue Saint- Honoré , au-dessus d’un perron composé d’un grand nombre de marches ; il présente deux ordonnances de colonnes , l’une dorique, au rez-de-chaussée , et l’autre corinthienne : celle-ci couronnée d’un fronton. Il règne assez d’harmonie entre toutes les parties de ce portail , mais il ale défaut capital d’être composé de deux rangs de colonnes superposées : disposition barbare, surtout à la porte d’un temple ; mais les architectes ne voulurent point se séparer de la tourbe d’imitateurs du portail Saint-Gervais.

L’intérieur de l’église est divisé en 18 chapelles, la nef, le chœur, le tout bizarrement distribué; tellement qu’o'n ne pourrait en donner une idée sans s’aider d’un pian. L’architecture est généralement fort pauvre; des pilastres doriques y forment le principal ornement; mais cette église renferme des singularités et des objets fort curieux.

On y voit plusieurs monumens funèbres érigés à la mémoire de Créqui, Corneille et Le Nôtre. On lit sur un pilier les noms des personnages illustres qui ont été enterrés dans cette église.

La voûte de la chapelle de la Vierge , de figure circulaire, qui est derrière le chœur, est peinte par Pierre. Elle représente l’Assomption ; le sujet qui est sur l’autel offre la scène de l’Annonciation. On blâme dans cette composition l’ange etles nuages qui le soutiennent.

Après la chapelle de la Vierge vient celle de la Communion , puis celle du Calvaire.

On entre dens cette dernière chapelle par des portes basses et étroites ; l’intérieur est faiblement éclairé par une ouverture que l’on ne voit point 3 au fond, et dans une niche s’élève, sur des rochers, la cime du Calvaire, Jésus-Christ crucifié et la Madelaine pleurant au piecl de la croix.

Sur le devant de ce monument on voit un autel de marbre bleu-turquin ; le tabernacle est pratiqué dans une colonne tronquée , autour de laquelle sont suspendus les instrumens de la Passion.

La chaire, soutenue par les quatre Vertus cardinales, attire les regards 3 au-dessus est un rideau, symbole de l’erreur, qu'un ange soulève et détourne.

En face de la Chaire est un beau tableau représentant Jésus-Christ expirant sur la croix.

KFouveau Théâtre de l’Opéra-Comîque.

Ce bâtiment, chargé d’un comble énorme et criblé de fenêtres et autres ouvertures , offre, vers le bas, une réminiscence du fameux théâtre dit de MarceLlus , à Rome , c’est-à-dire un ordre dorique au rez-de-chaussée , lequel porte une ordonnance semblable d’ordre ionique 3 entre ces colonnes, qui sont adossées au mur, sont percées des fenêtres.

L’extérieur de cet édifice manque de force, de pureté et de grandeur 3 c’est une grosse maison bourgeoise. A l’intérieur on remarque des escaliers et des dégagemens de quelque mérite , à cause des commodités qu’ils offrent au public les jours où il y a foule à ce théâtre.

On trouve dans cet arrondissement un passage fort remarquable par sa longueur et sa régularité , c’est le

passage Choiseul. Il dorme dans la rue Neuve-des-Petils-Champs , et rue Neuve-Saint-Augustin.

KFotre-îDame de Lorette.

[Au bout de la rue Laffitte.)

Dans la composition de ce temple, l’architecte s’est proposé l’imitation des basiliques de la primitive église.

Notre-Dame de Lorette s’annonce par un portique de quatre colonnes corinthiennes surmonté d'un fronton orné de statues ; à droite et à gauche sont des ailes plus basses, dont les entablemens ne s’accordent point avec celui de la nef principale.

L’opistodôme est un hémicycle surmonté d’un clocher, dont les dispositions rappellent les campanilles italiennes. Ce clocher nous semble trop maigre et trop léger pour les masses qui lui servent comme de soubassement.

Les amateurs trouvent aussi que le portique de cette église est trop haut.

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