TROISIÈME ARRONDISSEMENT
t Faubourg Poissonnière.
. | Montmartre.
Quartiers, t Saint.Eastac|le.
\ Mail.
ÉDIFICES, LIEUX. ET CURIOSITÉS REMARQUABLES
L’église Saint-Eust&che. — La place des Victoires et la statue de Louis XIV. — Passage Colbert. - — Passage Vivienne.
Paroisse.
Église Sain l-Eus tache.
Succursales.
Les Petits-Pères.
Noire-Dame-Bonne-Nouvelle..
Mairie, place des Petits-Pères.
Eglise Samt-Eustadhe.
( Rues Traînée et du Jour. )
Cette église est bâtie sur l’emplacement occupé autrefois par une chapelle dépendante de Saint-Gei mainl’Auxerrois ; elle fut commencée en 1552, et terminée en 1642; le stye de cet édifice estle gothique, modifié par quelques réminiscences du style grec , les voûtes en sont tort e.levees, les piliers qui les soutiennent, trèsornés, suivant le goût du temps , excitent une certaine admiration parmi le vulgaire.
Au dehors, l’église n’offre rien au-dessus du commun; on peut cependant jeter un coup d’œil sur le portail tourné vers l’occident; construit en 1754, il se compose de deux rangs de colonnes superposées , doriques au rez-de-chaussée et ioniques au-dessus; le milieu est, couronné d’un fronton, les extrémités sont flanquées de deux tours. Ce portail, encore inachevé, est extiemement médiocre , il a , en outre, l’inconvénient d etre adossé à un édifice gothique appartenant luimême au genre grec , d’où résulte un défaut d’ensemble dans l’édifice principal.
En parcourant l’inlerieur de Saint-Eustache, on peut s aneter devant la chaire a prêcher, l’œuvre , quelques statues, quelques tableaux; au reste, rien de tout cek n est bien remarquable.
Eglise des Petiîs-Pères.
(près la place des Victoires.)
Elle fut dediee par Louis VIIÎ , qui en posa la première pierre en 1629 et voulut qu’elle portât le nom de Notre-Dame des P ictoires , en mémoire des succès qu’il avait obtenus sur les protestans; le nom de Petits-Pères lui vient des religieux Augustins déchaussés, qui la firent recommencer sur un plan plus large en 1656 ; faute de fonds, les travaux furent suspendus; repris en 4 757 , ils furent terminés en 1740.
. Cette église , aussi simple à l’intérieur qu’à l’extérieur, mérité à peine d’êîre visitée , quelques sculptures et quelques tableaux dédommageront faiblement le curieux qui voudra s’y transporter.
Place des Victoires.
Le maréchal de La Feuillade, plein d’admiration et de reconnaissance pour Louis XIV, voulut lui élever un monument capable d’arriver à la postérité la plus reculée; pour cela, il acheta, en 1684, l’hôtel de la Ferté-Sénétère ; de son côté, la ville de Paris acheta l’hôtel à? Emeri. Sur les emplacemens de ces hôtels, on construisit la place des Victoires; son plan est de ligure ovale ; à l’exception du côté du nord, tous les bâ timons qui l’entourent sont uniformes; ce sont des façades ornées de mauvais pilastres ioniques, élevés sur un soubassement rustique percé d’arcades. Cette place fut construite exprès pour recevoir une statue deLouis XIV»
Sur un riche piédestal en marbre, de 22 pieds de haut, s’élevait un groupe en bronze doré, de 13 pieds d’élévation : c’était Louis XIV, en habits de son sacre, foulant aux pieds un Cerbère ; derrière lui était la Victoire, portée sur un globe, tendant d’une main une couronne de laurier sur la tête du Roi. Aux angles du piédestal étaient représentés, en bronze, quatre captifs figurant des provinces vaincues ou soumises : les quatre faces du piédestal étaient ornées de bas-reliefs représentant le passage du. Rhin, la conquête de la Franche-Comté, la préséance de la France sur l’Espagne, et la paix de Nimègue ; La Feuillade avait porté l’adulation jusqu’à placer quatre fanaux autour du monument; ils étaient allumés tous les soirs. Le maréchal avait affecté des fonds non-seulement pour l’entretien des fanaux, mais encore pour faire dorer le groupe de bronze tous les 23 ans ; ses dispositions ne furent point respectées; après sa mort les fanaux furent supprimés j enfin, en 1792, le monument fut renversé.
En 1793, une pyramide en bois le remplaça ; sur ses faces étaient inscrits les noms des hommes morts le 10 août à l'attaque du château des Tuileries, et la place s’appela place des Victoires nationales. En 1800, on eut l’intention de substituer à la pyramide, un monument élevé à la mémoire des généraux Kléber et Desaix; en 1810, un monument à la gloire du seulDésaix^ remplaça les précédens : ce général était représenté presque tout nu, debout, appuyé d’une main sur son
epée et tenant de l’autre un bâton de commandement; à coté de lui était un petit obélisque qui, dit-on, a été emporté par les Autrichiens ; le piédestal , revêtu de maîbie blanc, était tout— a-fait dans le goût égyptien» On y voyait, pour ornemens, des globes ailés, des lotos, etc. ; les barreaux de la grille qui l’entourait, se terminaient aussi en feuilles de lotos.
Ce monument était si mauvais , que le simple vulgaire faisait cercle autour pour le critiquer et en rire, de façon que l’autorité le fit voiler; on le démolit entièrement en 1814 , et le bronze qui figurait Désaix fut refondu pour représenter Henri IV.
Plus tard, LouisXVIIf fitrétablirla statue de LouisXIV; ce roi, vêtu a l’antique et coiffé d’une perruque, est assis su» un cheval dont l’attitude rapelle celui de Pierrele-Grand à Saint-Pétersbourg; quoique ce groupe pèse environ 8,000 kilogrammes, il repose entièrement sur les deux pieds de derrière du cheval, il est encore retenu par une attache masquée par les crins de la queue.
La figure du roi, malgré sa perruque, est digne d’éloges; le cheval, dont l’attitude est extraordinaire, a été l’objet de plusieurs critiques : on lui trouve la tête trop lourde. Pourquoi les oreilles sont-elles penchées en arriéré? pourquoi se cabre-t-il avec une sorte de fureur? Mais il faut convenir que l’artiste, M. Bosio, s est fait des tours de force fort difficiles à surmonter ; il sera d’ailleurs toujours presque impossible de produire , sans defauts notables , un groupe représentant un homme à cheval. Les anciens, dont le goût était si exquis, ne se sont guère étudiés à représenter des animaux; ils ont aussi exécuté fort peu de statues équesties . celles qui nous restent ne font pas honneur à leuis auteurs. L animal sur lequel est monté Marc— Aurèle , que l’on voit à Rome, ressemble plus à un petit bœuf qu’à un cheval.
Sui les deux faces du piédestal en marbre de la sfcatue de la place des Victoires, sont incrustés deux basreliefs ; celui qui regarde l’orient représente le passage du Rhin , si magnifiquement chanté par Boileau; on y ■voit Louis que sa dignité attache au rivage : sur la face opposée le même prince est représenté assis, distribuant a*2a récompenses : aux quatre coins du piédestal de-
valent être d’autres ornemens en bronze; ort n’a pas
juge a propos de les placer.
Le monument fut inauguré le 25 août 1822 ; un invalide qui avait vécu sous Louis XIV, assista à cette cérémonie , vêtu de l’uniforme que les soldats portaient sous ce roi.
. grille qui entoure le piédestal est de figure elliptique; il est surprenant que les artistes qui ont dirigé cette construction n’aient pas fait l’observation qu’un, objet rectangulaire n’est jamais bien placé au milieu; d'un cercle ou d’une figure ovale.
a On voit encore au Louvre, Musée du duc d’Angoulême, les bas-reliefs qui ornaient le piédestal de l’ancienne statue.
PASSAGES
Dans le troisième arrondissement on rencontre deux galeries fort intéressantes, connues sous les noms de passage Vivienne et passage Colbert.
Ces galeries établissent une communication entre la rue Neuve -des -Petits -Champs et la rue Vivienne • elles sont coudées.l’une et l’autre et couvertes de vitrages ; elles sont décorées avec beaucoup de goût, au point qu’il est permis d’avancer qu’elles ne dépareraient pas la demeure d’un prince. On voit dans le passage Colbert une rotonde qui formerait un trèsbeau salon.
QUATRIÈME ARRONDISSEMËNT.
onoré.
jLTXctiuueS.
Banque de France.
ÉDIFICES, LIEUX ET CURIOSITÉS REMARQUABLES
I.e Louvre ; sa Paierie. — La Fontaine de la place du Châtelet - La Halle au Blé. — La Fontaine des
Paroisse, Saint-Germain-l’Auxerrois. Sans succursale . lüairie , place du Chevalier-du-Guet, n® 4,
îdouvas.
L’origine de ce palais , devenu si fameux , l’etymologie de son nom se perdent dans l’obscurité des temps. Toutes les dissertations qu on a faites su, ce suTet n’ont produit rien de satisfaisant; nous savons que Philippe-Auguste fit élever des constructions sur 1’emplacement qu’il occupe ; que jusque sous Ta cois 1er, le Louvre comprenait tout a la fois une habitation royale, une forteresse et une prison; une grosse tour occupait le milieu de la principale cour, des fosses remplis d’eau en défendaient les approches On remarque même, dans les divers plans que les plus célèbres architectes du siècle de Louis XlV^ptesen rent pour la reconstruction de ce palais , qu on eta L dans l’intention de le ceindre de fosses.
François 1er ? prince ami des arts et de la magm f cence, résolut de construire sur le terrain occupe par les bâtimens du Louvre, un palais plus digne de -son siècle, et suivant les progrès que venait de fane . ^ chitecture . Pierre l’Escot , abbé de Clugni fut chaîne de la direction de l’ouvrage , comme architecte, et le célèbre Jean Goujon de l’orner, comme sculpteur. , Le dessein de l’Escot était de bâtir un palais , forme de quatre corps de bâtimens disposes autour d une cour carrée; S fit lui-même construire deu, : de ces ailes, dont une existe encore telle qu il lavait, dessi née, l’autre a subi beaucoup de changemens. Les deux ailes de l’Escot occupaient les deux moitiés» les w de la cour actuelle , comprises entre la porte du midi et la porte du couchant, de sorte que si le plan de l’Escot eût été suivi rigoureusement, la cour du Louvre serait le quart de ce qu’elle est aujourdhui. Henri II, fils et successeur de^ François 1er, fit continuer les travaux et terminer le Vieux-Louvre, , qui se composait du côté occidental, de la couv d aujourd hui , d une aile de bâtiment qui s’avance vers le midi jusque sui e cruai etc. Sous Louis XIII, l’architecte Lemercier, s ecartant du système de l’Escot, fit élever le pavillon de l’Horloge, dont le dôme carré est soutenu par des cariatides sculptées par Sarrasin.
Enfin Louis X1Y 5 avec l'envie et les moyens de s il-
lustrer dans toutes les carrières, lui ou ses ministres, formèrent le projet de terminer le Louvre , en conservant, autant que cela pourrait se faire, ce qui était déjà élevé, et en bâtissant de nouveaux corps de bâtimens que l’on accorderait avec les anciens. Leveau, architecte du roi, fournit des dessins pour élever la principale façade du palais , celle qui regarde l’orient. Déjà les fondations sortaient de deux ou trois mètres hors de terre, lorsque Colbert fut nommé surintendant des finances. Comme il avait une envie démesurée de se distinguer et de répondre à la confiance dont l’honorait son maître, il fit suspendre les travaux, parce qu’il n’était pas content des dessins de Leveau; il invita tous les architectes de Paris à venir voir le modèle en relief de cette façade , à tracer chacun un nouveau dessin, avec promesse d’adopter celui qui serait reconnu meilleur. Les désirs de Colbert furent satisfaits; mais parmi les concurrens, il s’en présenta un qui, par sa profession, semblait devoir être tout-à-fait étranger à l’architecture, c’était le médecin Claude Perrault, dont le frère Charles , premier commis des hâtimens, avait des relations fréquentes avec le surintendant : son frère lui ayant communiqué son dessein, il lui suggéra l’idée de la colonnade, et toutes corrections faites, il présenta ce plan à Colbert qui en fut ravi. Cependant , comme il se méfiait de ses connaissances en architectui’e , il voulut connaître le sentiment des artistes d’Italie ; le résultat de l’appel qu’il leur fit ne répondit pas à ses espérances.
Le chevalier Bernin jouissait alors d’une très-grande réputation, comme architecte et comme sculpteur; c’est à lui que l’on doit le baldaquin de Saint-Pierre de Home et la colonnade circulaire que l’on voit au-devant de ce temple. Louis XIV écrivit à Bernin pour l’engager à passer en France; il y fut reçu avec des dépenses et des honneurs extraordinaires. Le dessin de Perrault fut laissé de côté, dans la persuasion où l’on était qu’un artiste aussi merveilleux que Bernin donnerait des plans bien supérieurs ; il avait lui-même une idée fort avantageuse de ses talens ; mais les dessins qu’il fournit furent jugés comme ils le méritaient : médiocres. Cependant, tel était l’ascendant que lui avait
donné sa renommée, qu’on n’osa point se prononcer tout haut; bien plus , on commença à démolir les fondations de Leveau pour jeter celles de la façade du cavalier Bernin , dont Louis XÏV posa solennellement la première pierre le 17 octobre 1665.
Cependant, Colbert voyant qu’il s’était trompé, fit des observations au cavalier qui les reçut de mauvaise qrâce. Des changemens et des corrections qu’on lui demanda l’irritèrent : il demanda a se retirer ; on fut ravi de sa démarche, et la veille de son départ, Charles Perrault lui porta dans ses bras, comme il le dit luimême, 5,000 louis en or, plus un brevet de 12,000 livres de pension annuelle.
Le Bernin parti, on revint au dessin do Perrault, le plus beau, le plus magnifique de tous ceux qui furent présentés sur le même sujet, comme on peut s’en assurer en consultant V Architecture-Française de Blondel, où l’on trouve les gravures des plans de Leveau, de Bernin , etc. On commença à bâtir, sur le dessin de Perrault, en 1666 ; on fut obligé d’abord d’arracher les fondations de l’ouvrage du cavalier Bernin; néanmoins la façade fut terminée en 1670.
La colonnade du Louvre est assise sur un soubassement percé de fenêtres, et forme le rez-de-chaussée de l’édifice ; trois avant-corps coupent les lignes horizontales de cette construction.
L’avant- corps du milieu est couronné d’un fronton angulaire, dont les deux côtés supérieurs sont chacun, d’une seule pierre de 5 pieds de longueur et de 3 pieds d’épaisseur. Ces deux pierres n’en formaient qu’une que l’on scia en deux; pour les élever, il fallut construire un échafaud en talus, dont le pied commençait au Pont-Neuf.
Les avant-corps extrêmes n’ont poînt de fronton ; ils. sont décorés de pilastres et de colonnes , et percés detrois ouvertures ou fenêtres ; celle du milieu, beaucoup plus grande que les deux autres,figure une grande porte* en arcade.
Les trois avant-corps sont unis par une colonnade d’ordre corinthien; les colonnes au lieu d’être espacées également, comme à l’ordinaire, sont accouplées deux à deux , et posent sur une espèce de demi-piédestal .-
entre deux couples de colonnes se montre une fenêtre percee dans le mur qui laisse entre lui et les colonnes une galerie de près de quatre mètres de large. Des pi- Jastres accouplés réfléchissent les colonnes sir les murstontes les fenetres, excepté les grandes des avantcoips, sont surmntées d’un fronton,
La construction de cette façade offre plusieurs choses remai quables : les grands entrecolonnemens étant fort larges, on se vit dans la nécessité d’armer les plateshandes de tirans de fer; les colonnes elles-mêmes sont en file es dans toute leur hauteur d’une barre de fer en- Teloppee d'une feuille de plomb de deux lignes d’épais. La galerie qui règne derrière les colonnes est lecou verte d une voûte en plein ceintre, de façon que les plates-bandes se trouvent bien moins chargées, et que i on a toujours la facilité de visiter leurs armatures.
louant aux ornemens de cette façade, ils sont analogues a la richesse de son architecture. Au-dessous du plafond de la galerie sont sculptés des soleils, emblèmes que Louis XI Y avait choisis. Lors de la restauration du Louvre par Napoléon, on lisait Napoléon sculpté dans le tympan du fronton. Le bas- relief que l’on voit actuellement représentait le buste de Napoléon, sur un piédestal, entouré des Arts, des Muses et de la ^ lctoire. Au bas du buste se lisait cette inscription :
Napolèon-le- Grand a terminé le Louvre .
En 1814 , le buste de Napoléon fit place à celui de Louis XIV, sur lequel on lit :
Ludovico magno (à Louis-le-Grand).
C’est aussi sous Napoléon que Cartilier sculpta le ïentrle ^ ^ V°U aU d6SSUS de ia Principale porte
Lors de la restauration de ce palais, on fit communiquer les deux galeries, que l’on pava en lastnco, sorte tie terrasse divisée en compartimens symétriques, composée de plusieurs couches de mortier et recouverte de morceaux de marbre. Les fenêtres qui dorment sur les galeries avaient été projetées par Perrault; mais n« pouvant les faire concorder avec celles de la façade
qui est du côté de la cour, il les remplaça par des niches : celles-ci furent ouvertes sous ISapoleon.
La façade orientale du Louvre a ete 1 objet de beaucoup deÇ critiques et de grands éloges. On a ete jusqu’à
prétendre que son ."."«n^mÔî.uCnt’d.
Palmvre.aCettencnftique n’est pas fondée , car les rumes de Palmyre furent découvertes long-temps apres Pe rault d’ailleurs la façade que l’on regarde comme 1 original de celle du Louvre, lui ressemble fort peu et lui
“on”u»tnpr:«U d’avoir accouplé ses colonnes
Quelle raison en avait-il? on l’ignore ;ma^ ce qm «
bien certain, c’est qu’elles ne feraient pas si bien , si
étaient isolées : on en voit la preuve dans le baume
^"o^ati que l’architecte ^ s.
colonnade sur un soubassement peice de f«n 5
quS naître l’idée qu’il a voulu placer un édifice ur un autre. Ces observations sont plausibles il P table que si le soubassement était lisse, un peu moins haut, et que l’on arrivât sous les galènes de J» “ nade par un perron, comme le proposa François bion del , il est probable , dison s-nous , que , sans rien perdre
de sa richesse, cette façade gagnerait beaucoup du coté
deO„imu^Cen‘soit, le chef-d’œuvre de Perrault est bien malgré ses defauts, le coup d’œil le pluB enchanteur ’que l'I-ehitecture moderne offre « amateurs \ rien, sous ce rapport , ne peut lui être cc » naré parmi les édifices modernes, ni peut-être parmi les anciens ; c’est une féérie ; mais encore fant-il eue connaisseur pour en sentir tous les charmes.
Cette magnifique construction resta dans un abandon complet depuis Louis XIV jusqu’à Napoléon 5 on la même vue jusqu’à ces dernières années environnée de débris , de gravats et d’une clôture de vilaines P^n Jies, oui vient enfin de faire place a une grille en lei , dont on ne peut louer que l’utilité ; car elle est toute simple, trop simple ; en effet, u’était-il pas convenable dé faire quelques frais de plus dans le voisinage d’un si bel
édifice.
Le l'apport de la hauteur de cette façade à sa longueur est comme 4 est à 25; la largeur de i’avant-corps du milieu est à la largeur totale comme 3 est à 19 , et celle des pavillons extrêmes aussi à la longueur totale comme 1 est à 7.
La hauteur du soubassement est à celle de l’ordre qu’il supporte, y compris la balustrade du couronnement, comme 7 esta 17.
Les colonnes ont 21 modules ou 10 diamètres et demi de hauteur, et réellement 57 pieds 11 pouces.
L’entablement a quelque chose de plus en hauteur que le quart de celle de la colonne.
Le place du Louvre est tout-à-fait indigne du palais; il ne s’y trouve aucune maison au-dessus du passable ; l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois , qui est en face de la colonnade, est d’une grande pauvreté à l’extérieur et fort peu intéressante à l’intérieur (l).
Le Louvre et les Tuileries servirent comme de forteresse, le 29 juillet 1830, aux soldats du despotisme. Ces deux palais portent encore les marques des attaques dont ils furent l’objet de la part des patriotes. Une balle fit tomber une des feuilles du rang inférieur du chapiteau de l’avant-dernière colonne du coté du midi,
façade orientale du Louvre : le tableau du sacre de
Charles X fut criblé de balles; et plusieurs autres objets précieux, comme pierres gravées, etc., lurent enlevés du Musée, salons des bijoux.
Façade du côté de Feau.
Comme celle de l’orient, elle se compose de trois avant-corps ; celui du milieu est terminé par un fronton
fi) Cette église fut reconstruite en partie en i 4^ 3 ; elle est d’architecture gothique; à l’extérieur elle offre plusieurs innovations ou singularités remarquables. La porte d’entrée se distingue par un porche de ligure rectangulaire qui forme comme le vestibule de tout l'édifice.
L’intérieur ri’olfre de remarquable qu’une belle grille en fer, autour du chœur, construite en iy43.
Dans cette église furent inhumés Malherbe: la célèbre Mme Daeier.
Au mois de février i83r, un service funèbre pour le repos de l’âme du duc de Berry ayant été célébré dans cette église avec une sorte d'affectation, le peuple crut voir dans cette cérémonie un acte de révolte et d'insolence de la part du parti des Bourbons ; dans sa colère il dévasta l’église , renversa la croix qui surmontait son portail ; depuis lois on parle de démolir eet édilice.
angulaire ; le soubassement, perce aussi d.e feneties, suppoi te une ordonnance de pilastres corinthiens et non accouplés ; deux rangs de fenetres, non compris celles du soubassement, éclairent le palais de ce cote. Dans l’intérieur, on voit encore des restes de l’ancienne façade 5 elle sert aujourd’hui de mur de refend.
La façade du côté de Peau , moins riche et moins prétentieuse que celle d’orient , ne donne pas autant de prise à la critique.
Les deux autres façades extérieures du Louvre n ont rien qui les distingue d uix ' construction ordinaire 5 celle du couchant est même au-dessous du médiocre 5 ce qui surprendra moins lorsqu’on saura qu’elle doit former en grande partie le côté d’une cour. Sur celle qui regarde le nord on distingue, sur son milieu, un gros avantcorps composé de trois saillies : celle du milieu est surmontée d’un fronton angulaire. Deux autres avantcorps placés aux extrémités de cette aile du batiment, s’avancent inégalement et ne sont point assez symétriques.
Cour du liouvre.
On arrive dans la cour du palais par quatre portes percées au milieu des quatre ailes qui l’enferment de tous les côtés. Les vestibules que l’on traverse sont soutenus par des colonnes de fort mauvais goût 5 celles qui sont ioniques sont détestables, leurs chapiteaux sont trop contournés et les festons qui les parent font vivement regretter la noble simplicité de la volute antique.
Des quatre façades qui environnent la Cour, trois sont parfaitement uniformes, ce sont celles du nord, d’orien t et du midi *, elles sont construites sur les plans de Perrault; celle d’occident est suivant les dessins de Pierre PEscot , elle ne compose d’un soubassement orne de colonnes d’ordre composite : le troisième etage, pratiqué dans une espèce d’attique, est couvert ae sculptures fort riches 1 Escot ayant épuisé les ressources qu’il pouvait trouver dans les colonnes, recourut àla sculpture pour orner son attique, ce dont on l’a blâmé avec raison. En effet, le premier étage étant, par sa position, le plus important^ il n’est pas couve-
îîable que celui qui est au-dessus soit orné avec plus de recherche!
Perrault, dans sa façade intérieure, s’écarta peu de l’ordonnance de Pierre PEscot pour le rez-de-chaussée et le premier étage ; mais ne voulant pas orner le second de sculptures, on ouvrit un concours pour l'invention d’un ordre plus riche et plus léger que le corinthien et le composite. Tous les projets furent rejetés ou comme extravagans ou comme inférieurs aux ordres grecs • alors Perrault employa le corinthien, de sorte que sa façade présente de bas en haut des colonnes corinthiennes, composites et corinthiennes.
Les quatre façades de la cour du Louvre sont divisées par des avant-corps ; le plus gros, celui du milieu, est couronné par un fronton angulaire dans celles de Perrault , et par un fronton et un demi-carré dans celles de Pierre l’Escot • laquelle est aussi couverte d’un grand comble apparent, tandis que dans les ailes modernes les combles sont masqués par des balustrades. Pour éluder le choquant qu’aurait produit inévitablement la jonction de ces dernières avec le comble de laile occidentale, on a prolongé les balutrades au-delà de la façade intérieure de cette aile, de façon que la cour semble formée de trois côtés par trois ailes uniformes , et par une quatrième qui , vers le haut , ne parait avoir aucun rapport avec elles.
Les façades construites suivant le syitème de Perrault se composent de membres qui manquent de force et de grandeur; il y a trop d’ouvertures, de ressaut, et les petits portiques empilés les uns au-dessus des autres jusqu’au couronnement feraient croire que ce palais se compose de plusieurs bâtimens superposés^ ce qui est contre le bon sens, qui veut que la demeure des princes n’offre pas le témoignage que, faute d’emplacement, l’on s’est Vu dans la nécessité ae multiplier les planchers.
La cour du Louvre est, dans le moment actuel, un peu tvop vaste, parce qu’elle est entièrement nue; mais ii est fort probable qu’elle sera bien de proportion avec les bâtimens lorsqu’on aura placé un monument à son milieu ; on assure que ce sera un obélisque que l’on attend d’Egypte, connu sous le nom d 'Aiguille de Cléorr
paire , dont le pacha Méhemet-Ali a fait présent au roi
de France.
Galerie du Louvre.
T a galerie dite du Louvre s’étend depuis le palais Wqu’S* Tuileries. 11 es! constant qu’elle fut =ee nar Henri IV, du moins quant a la maçonneri . Louis XIII y fit travailler ; elle fut terminée telle qu on
la voit par Louis XIV. ... »
' Le défaut capital de cette galerie c est î"'®'1® nue de régularité ; du côté de la rivière elle change pisqu’à sept fois de genre : c’est un vrai monument de
la versatilité française. , A .a Jpc Tui-
Elle est plus riche et plus regnliere du cote ^des Tu
leries. On y loue avec raison la richesse, la vi0ueu la fermeté Jdu style des bas-reliefs que Louis XIV fat sculpter dans les frontons ; mais on y blâme auss trop grande hauteur des fenetres du Premler ’
la maigreur de l’entablement qui passe par dessus et qui leur sert comme de linteau. Du côté .du Louvre les diverses masses qui forment cette galene P
dignes de la moindre attention. .
Une copie de la même galerie est co™™e''°ee ““
nord, elle a par conséquent les memes defauts et les
mêmes qualités à peu prés que l’ongmal : mais les ar
chltecles Fontaine et Percer ayant voulu fane du neut du côté de larue de Rivoli, ont donné tante de leur incapacité toutes les fois qu ils ont vou u marcher sans l’appui de modèles.
Halle aux Farines.
( rue de Viarmes.)
Elle fut commencée en 1762 et terminée en 1772, par les soins du prévôt des marchands, \ larmes, sui i dessins de Camus de Mezières ; elle occupe 1 emplace.
ment de l’ancien hôtel de Soldons. AU^'etr*
Le plan de cet édifice est un cercle, dont le diametia»
a environ 68 mètres hors d’œuvre. L’édifice proprement Air oAircicLiif rhnhnrd en une galerie circulaire , peicee
galeries sont voûtées et construites avec beaucoup do solidité. On monte dans l’étage supérieur par deux esealieis, construits de telle façon que deux personnes peuvent monter et descendre en même temps sans se rencontrer.
Les galeries circulaires étant insuffisantes pour contenir le dépôt de farines on eut l’idée, en 1782, de couvrir d’une coupole la cour qui était au milieu ; cet ouvrage fut terminé l’année d’après ; les architectes Legrand et Molinos fournirent le plan, etRoubo, connu pour son traité de V Art du Menuisier , l’exécuta. Cette coupole en bois était construite suivant un système inventé par Philibert de l’Orme ; il consiste à remplacer les grosses pièces d’une charpente , telles que chevrons, laitiers, etc., par des arcs composés de planches posées de champ, ce qui produit un toit fort léger, et en même temps économique et solide. L’intérieur de la coupole était éclairé par de longues ouvertures vitrées, pratiquées sur ses côtés; le diamètre de cette coupole était de 126 pieds, et ne différait de celui du Panthéon de Rome que de 13 pieds j sa hauteur était de 100 pieds : en 1802 ce bel ouvrage fut consumé par un incendie.
En 1811, on reconstruisit la coupole de cette balle, avec les mêmes dimensions qu’elle avait auparavant; mais au lieu de bois on employa le fer et le cuivre. La charpente est de fer fondu ; elle est recouverte de feuilles de cuivre étamées intérieurement : une large ouverture circulaire, ménagée au sommet de la coupole, éclaire l’édifice. Cette ouverture est vitrée; le moindre bruit que l’on fait au centre de la salie produit un écho remarquable.
La Halle aux farines est peut-être l’édifice de l’Europe qui a le moins de défaut. Le seul reproche raisonnable que l’on puisse lui faire c’est qu’elle n’a point le caractère de sa destination. Il sei’ait très-facile et
nullement absurde de convertir ce magasin de farines en un fort beau temple : un autel serait fort bien placé au centre de la rotonde.
A côté de la Halle aux farines est une colonne bâtie autrefois par Catherine de Médicis ; elle était chargée d'emblèmes et cPornemeiis qui ont disparu. Cette rej ne.
adonnée à l’astrologie , montait sur la colonne par un escalier pratiqué dans sort fût, pour observer les mouvemens célestes. Cette colonne n’a actuellement de remarquable qu’un cadran solaire fort complique , a cause de la courbure des surfaces sur lesquelles se projette l’ombre des styles. L’auteur de ce cadran s’appelait Pingrê.
SFoiîtoine des Innooens.
Un vaste cimetière occupait dans le siècle dernier la grande place où se trouve aujourd’hui cette fontaine . auparavant elle était au coin de la rue Aux- F ers; elle n’avait alors que trois arcades, deux sur l’angle des côtés de la maison à laquelle elle était adossée , et le troisième sur l’autre côté; elle était si négligée qu’on avait formé un logement dans son interieui. ,
En 1786 on la démonta ayec toutes les précautions désirables, et on la transporta sur la place où on la voit. La quatrième arcade qui manquait, fut construite sur le modèle des trois autres; ce petit monument ainsi construit, fut élevé au centre d’un large bassin de ligure carrée; on le flanqua de figures de lions, on le couvrit d’une calotte de cuivre, etc.
Au centre des quatre arcades s’eleve une vasque uans laquelle arrive de l’eau du canal de l’Ourçq ; tombée de la vasque, elle s’échappe par les quatre arcanes en larges nappes : les lions jettent aussi de 1 eau pax a
gueule. „ .
La fontaine deslnnocens est l’ouvrage ue Pierre tEscot, auteur du premier plan du Louvre : les sculptures, représentant des nymphes , sont de Jean Goujon ; elles sont beaucoup louées; des petits pilastres connthiens, dont on peut blâmer la maigreur, soutiennent de petits frontons angulaires.
Les proportions de cette fontaine sont fort belles , l’idée de son plan est heureuse ; on trouve que les restaurateurs ont eu tort de l’asseoir sur des masses trop volumineuses etitrop elevees. Autrefois on uouvait qu’elle donnait trop peu d’eau ; on prétend aujourd’hui que sa conservation est compromise par la quantité qu’elle reçoit. Ses sculptures et ses autres oinemens sont tiop délicats pour résister long-temps a
tant d’humidité, et qu’en hiver surtout, les gelées lui seront très-funestes si l’on n’a pas la précaution de retenir les eaux dans les grands froids.
Fontaine du Palmier ou de l’apport Paris.
Cette fontaine, construite dans les années 1807, 1808, 1809 , occupe le centre de la place ouverte sur l’emplacement de l’ancien bâtiment connu sous le nom de Châtelet. On a fait beaucoup pour lui donner de l’originalité et de l’intérêt j on n’a pas réussi.
Du milieu d’un bassin circulaire d’environ 6 à 7 mètres de diamètre s’élève un piédestal de forme cubique, portant une colonne dont le fût et le chapiteau rappellent le tronc et les feuilles de cet arbre des pays chauds, que Ton appelle palmier.
Le fût de la colonne est divisé par des anneaux de bronze doré, sur lesquels se lisent les noms de plusieurs victoires célèbres remportées par les Français. An-dessus du chapiteau, dont le type se voit en Egypte, et qui, dit-on , a fourni l’idée mère de celui de l’ordre corinthien, est fixée une sorte de calotte de cuivre doré, portant une victoire de bronze aussi doré, tenant des couronnes dans ses mains, qu’elle tend en avant. Sur l’entablement du piédestal, et tout autour de la colonne, on a sculpté quatre statues plus grandes que nature ; ce sont les emblèmes de la Loi , de la Force , de la Prudence et de la Vigilance. Ces quatre figures se tiennent réciproquement par les bras.
Un peu au-dessus du plan du bassin et aux quatre angles du piédestal, on a figuré quatre têtes de poissons marins dont les corps sont remplacés par des cornes d’abondance; ce sont de imitations des vases à boire que les Grecs appelaient rhictons. Des narines des poissons sortiraient autant de jets, si l’eau était assez abondante, ce qui formerait huit jets d'eau en tout.
L’aigle impériale figure encore sur les faces méridionale et septentrionale du piédestal.
Ce monument n’a point le caractère de sa destinanation : si l’on ne voyait les seaux des porteurs d’eau, on ne se douterait guère que l’on est auprès d’une fontaine ; les filets qiti s’échappent des coins du piédestal
sont trop faibles pour réveilLer cette idée ; d’ailleurs, quel rapport y a-t-il entre des eaux et un monument qui rappelle les plaines brutees ou croissent les palmiers.
Considéré isolément, le monument manque de proportion j le piédestal est trop lourd, le fût de la colonne manque tout-à-fait de grâce et de vie j s’il est peimis de parler ainsi, c’est un tronc d’arbre. La statue de la Victoire paraît lourde, malgré ses ailes ; ses bras tendus on ne sait trop vers quoi, ont quelque analogie avec les branches d’un arbre qui serait figuré par la colonne.
La hauteur de la colonne qui orne cette fontaine est de 52 pieds.