ONZIÈME ARRONDISSEMENT
Quartiers.
Luxembourg.
École de Médecine.
Sorbonne.
Palais de Justice.
édifices $ lieux et curiosités remarquables.
£,a place Bauphine. — te Palais de Justice. — tes ruines antiques de la rue de la Harpe, ' dites palais des Thermes. — ta Sorbonne. — l' Ecole de Médecine — te Théâtre de l'Odéon. — te Palais et le Jardin de la Chambre des Pairs et la Galerie Tableaux. — tXglise Saint-Sulpice.— te Marché Saint -Germain. — te Séminaire Samt-Sulpice.
Paroisse.
Eglise Saint-Sulpice.
Succursales.
Saint-Germain-des-Prés.
Saint- Sevrin.
Mairie , rue Garanciere, n° 10.
Pont Royal.
II fut Lati sous Louis XIV, au bout de la rue du Bac appelée ainsi a cause du bac qui était établi à l’endroit
quable. raamtenant le P°™, qui n’a rien de reinar-
Pont des Arts.
On en jetta les fondations en 1802. Il établit la communication entre le palais de l’Institut et le Louvre ■ il
fut ainsi appelé parce que,, à cette époque, le Louvre s’appelait Palais des Arts. convie
Le pont des Arts est en fer; il est porté sur des piles en pierre du genre moderne; c’est-à-dire qu’elles sont nnnces, et que leurs bouts, au lieu d’être angulaires
Ce pont est trop faible pour soutenir des voitures • il destiné aux piétons; du reste, il est oit tlegant, peut-etre eut-on mieux fait de lui donner une ou deux arches de moins.
Pont Heuf.
Henri III en jetta les fondemens ; Henri IV le termina. C est un des plus fréquentés et des plus laids de
dVl-Sët-liVt5' dTé 7, deux !«■■“.» par la pointe petits^ loës ^ autres
fuHelé r Cette/oif te Wle qui dépasse le pont que fut jete le massif qu on appelle le terre-plein du Pont-
Neuf, et au milieu duquel s’élève la statue de Henri IV Cette statue ayant été renversée par l’ouragan révolu tionnane, on se proposa sous l’empire de if remplacer } un obélisque de 60 à 80 mètres de haut, et comme le massif qui portait la statue eût été trop faible pour soutenir cette masse, on fut obligé de le démolir etdl le fouiller jusqu’aux fondations ;gon Te recouru Lit de nouveau sur pilotis , avec le plus grand sTn il allmt etie tei mine quand arrivèrent les evénemens'de 1814 •
on0,i.r„i1eS“natl0n étant O» Ie?on‘i„ua^o„’
tcau-IarKlnë"T mais en Pierre de Châ¬
teau Xamlon . 1 «adroit d« h repris* es, très-ram,.-
quable ; outre îa différence de matériaux^, les angles de Ja partie inférieure, qui est en granit, se terminent par une forte baguette arrondie : c’est une imitation du genre égyptien; c’est encore par l’effet de cette imitation que les murs sont en talus au lieu d’être perpendiculaires.
La statue de Henri IV se trouvant à la place de l’obélisque, on peut dire qu’elle est la mieux assise qu’il y ait dans l’univers.
L’ancienne statue était de deux pièces ; le cheval même n’avait pas été fondu en France. Corne de Médicis, duc de Florence, l’avait donné à Catheiûne de Médicis , veuve de Henri IV ; en l’amenant il tomba dans la mer, sur les côtes de Normandie, où il resta un an. Duprê fut chargé de faire un cavalier.
La statue moderne est de M. Lemot, auteur du basrelief qui orne le fronton de la colonnade du Louvre. Le cheval repose sur deux pieds, le cavalier est couvert d’une cuirasse, de cuissarts, etc.; il tient la bride d’une main et s’appuie de l’autre sur un bâton de commandement : sa tête est couronnée de lauriers.
Le piédestal est en marbre blanc parfaitement bieli exécuté; ses faces latérales sont ornées de bas-reliefs; sur celui qui regardele midionvoitHenrilV permettant qu’on laisse entrer des vivres dans Paris pendant qu’il en faisait le siège ; sur celui qui regarde le nord on voit l’inscription suivante :
Iienrici magniy paterno in populum arnmo notissimi principis, sacrant efficient civiles inter lumultus Galliâ indignante dejectam , post optatum Ludovici XVÏÏl redilum ex omnibus ordinibus cives aere collato restituerunt nec non et elogium cjuod cum effigie simul abo - U (uni lapidi rursus inscribi cura ver uni.
D’autres inscriptions couvrent les deux autres faces.
La statue de M. Lemot présente le flanc à la critique; le cheval surtout est très-défectueux : va-t-il au trot ou au pas? marche-t-il seulement? n’est-il pas trop gi’os pour le cavalier?
Ce monument fut élevé aux frais de souscripteurs volontaires : ce qui est digne de remarque, c’est que la statue de Bonaparte ? qui dominait autrefois sur la c©~
En quittant la statue de Henri IV on peut entrer dans la place Dauphine , qui est directement en face. Hile n a rien qui sou digne d’attention, hormis toutefois le triste monument qui orne la fontaine qui est au milieu : ce monument fut élevé à la mémoire de Desaix par ses compagnons d’armes.
Sur une espèce de cippe est le buste du héros , couronne parle génie de la guerre. Du côté du Pont-Neuf se lisent les paroles mémorables qu’il prononça avant de mourir :
Allez dire au premier consul que je meurs arec le l'egret de n avoir pas assez fait pour la patrie.
Au bas et tout autour du piédestal sont des tablettes de marbre sur lesquelles sont gravés les noms des souscripteurs. Ces inscriptions sont maintenant illisibles on ne conçoit véritablement pas comment les gens de 1 art qui dirigèrent la construction de ce monument ne prévirent pas que des inscriptions en petites lettres suides marbres exposés aux chocs des seaux des porteurs d eaux pourraient avoir quelque durée ; au reste , cette îontaine , et tous ses matériaux sont généralement de mauvaise qualité : dans cent ans elle ne sera pas debout, à moins qu on ne la répare.
Ce monument a été restauré en 1850.
Palais de «Justice.
■RfM P1*®® dauphine on peut se rendre directement 1 aj 7e rJuStl1ce., ^u’on aPÇe^it autrefois le Palais
rement la cour de cassation s’appelait naguère grande Chambre de Saint-Louis.
Dans son étatactuel, le Palais de Justice a son entrée du coté de l’orient sur une place demi-circulaire, qui donne dans la rue de la Barillerie ; il s’annonce par une grille de fer richement ornée et dorée ; cette grille est soutenue par des pilastres aussi en fer d’ordre ionique ; les volutes et les chapiteaux sont de fort mauvais goût : la grille en généra} est un peu lourde, sans en excepter les armes de France qui couronnent la porte d’entrée; néanmoins elle produit un hon effet.
Cette grille avait été dégradée pendant la révolution et dépouillée de ses ornemens : elle vient d’être parfaitement restaurée.
De chaque côté de la grille s’avancent vers la place deux ailes de hâtimens posées sur des soubassemens^ et terminées par des portiques composés de quatre colonnes d’ordre; l’un de ces corps avancés (celui de droite ) est entièrement occupé par un grand escalier qui mène au premier étage du corps principal du palais.
Directement en face de la grille et au-delà de la cour se présente un perron en plein air, par où on arrive à un portique formé de quatre colonnes d’ordre dorique moderne : ce portique est attenant à un gros pavillon carré ; c’est là qu’est en apparence l’entrée principale du paiais.
L’intérieur de cet édifice est un véritable labyrinthe ; c’est un amas et un assemblage confus de corridors, de couloirs droits, tortueux, tantôt clairs^ tantôt obscurs 5 d’escaliers mon tans, descendans, etc. Les pièces qui soient dignes d’être vues sont la salle des Pas-Perdus et celle où se réunit la cour de cassation.
La salle des Pas-Perdus fut construite par Desbrosses, auteur du portail Saint-Gervais. Elle se compose de deux grandes nefs parallèles voûtées en plein ceintre, séparées par un rang d’arcades. Cette salle, qui est fort vaste, est éclairée par des fenêtres semi-circulaires, pratiquées au-dessous des voûtes ; et aux extrémités des nefs il y a encore des œils de bœuf percés sur les flancs des voûtes.
Monument de Malesherbes.
Sous une des arcades de la première nef, à la droite de la porte d’entrée, s’élève le monument consacré à la mémoire du généreux défenseur de Louis XVI. II consiste en deux colonnes de marbre d’ordre ionique supportant un fronton angulaire; c’est, entre ces deux colonnes qu’est placée la statue de Malesherbes ; il est représenté revêtu de sa robe, et dans l’attitude d’un homme qui parle : peu de vie , peu de mouvement , raideur dans la pause, sont les défauts de cette statue. L’artiste a éludé beaucoup de difficultés en enveloppant son héros d’une tunique de la tête aux pieds. Au-dessous de la statue est une inscription latine composée* dit-on , par Louis XVIII.
Dans le soubassement qui supporte les colonnes, et immédiatement au-dessous de la statue, se voit un bas-relief représentant l’infortun é Louis XVI dans la prison du Temple; on a choisi le moment où il reçoit ses avocats Malesherbes et Desèae; il est assis et vêtu d’une simple redingotte; le personnage qui se détourne en pleurant est le fidèle Cléry, son valet-de-chambre ; auprès de la porte est le commissaire de la convocation, revetu de son écharpe : ce bas-relief est ce qu’il y a de mieux dans tout le monument; la pose et Pair de tête de la figure du roi son bien , on aime à voir le calme et la dignité se peindre sur son visage.
Des deux côtés et au bas du petit portique sont deux piédestaux portant deux statues de marbre blanc : celle de droite représente la Fidélité; celle de gauche tient une couronne qu'elle présente au héros, de l’autre main elle s’appuie sur un bouclier : elle est évidemment d^embleme de la défense et de la protection.
Ces deux figures ont de la grâce, mais elles ne semblent pas assez sérieuses, s’il est permis de parler ainsi, pour un tel monument. Il y a bien aussi quelque chose à dire sur leur attitude : est-il naturel que l’on reste assis lorsqu’on présente des couronnes à quelqu’un? c est être un peu trop sans gêne : ces deux .statues sont de MM. Bosio et Cortot ; le bas-relief est de*....
A l’époque de la révolution de juillet, le monument de Malesherbes fut dégradé ; des Vandales brisèrent les.
«,3ins des statues allégoriques et mutilèrent le basrelief de Louis XVI tellement, qu'il a fallu l’enlever.
C’est dans ce palais que les divers tribunaux tiennent leurs audiences ; les salles sont en général trop petites, et les couloirs, ainsi que les escaliers qui y conduisent, très-peu commodes.
Les ornemens de la belle grille qui ferme la cour du côté de la place furent arrachés et détruits en juillet 1850, à cause des fleurs-de-lis dont ils étaient charges.
Saint-Chapelle.
Tout contre, et au midi du Palais de Justice, est la fameuse Sainte-Chapelle. C’est un édifice gothique que Saint-Louis fit bâtir en 1740, par Gabriel. Le vaisseau, hérissé d’ornemens de toutes espèces, te*s que pyramides, rosaces, etc. , est beaucoup trop haut pour son étendu. On arrive sous son porche par un escalier qn °n a remis presqu’à neuf il y a quelques années, ou bien
^ 3 L a C' S ai n te -Chapelle est aujourd’hui un dépôt d’archives»
I*ont Saint-Michel.
Lorsqu’on est sorti du palais , si l’on suit la rue de la Barillerie, en allant vers le midi, on arrive sur le pont Saint-Michel. Il a 176 pieds de long sur 63 de large. On le débarrassa de maisons en 1807.
C’est., assure-t-on, dans le café qui est au bas de ce pont que l’on vendit pour la première fois, a 2 sois la tasse, du café au public.
lia Morgue.
Tout près du Pont Saint-Michel, et toujours dans p vie de la Cité, on voit un petit bâtiment assez régulier, dont un des murs pose directement sur celui du quai; c’est la Morçue . Comme chacun sait, cet édifice est destiné à recevoir les cadavres des personnes qu on a trouvées mortes daHsla rivière ou ailleurs; unies étalé pendant quelques jours jusqu’à ce qu’ils soient reconnus par leurs pareils ou leurs amis. Ils peuvent les en eve en payant.
■ ïl£ :
Ecole de Médecine.
Ce joli édifice fut construiten 1774 sur les dessins de Condouin ; il se compose de quatre ailes de bâtimens formant un carré long.
Le façade principale de l’École donne sur la place elle est divisée dans toute sa longueur par l’entablement d’une colonnade d’ordre ionique: ce même ordre règne tout autour de la cour.
L’ordonnance ionique supporte une attique, laquelle couronne tout le bâtiment ; l’attique est percée de fenêtres, tant du côté qui regarde la place que des quatre faces qui donnent sur la cour. *
Les colonnes sont assez espacées pour que l’on ait pu ouvrir une arcade entre chacune d’elles. ^
Des deux côtés de la porte d’entrée deux de ces arcades sont supprimées , de façon qu’en ces endroits la colonnade est à jour.
Au-dessus de la porte d’entrée on remarque un basrelief représentant le gouvernement accompagné de la Sagesse et de la Bienfaisance, et un génie tenant le plan de 1 Ecole. On en fait avec raison fort peu de cas, r
Lorsqu’on a pénétré dans la cour on voit en face de soi un corps avancé composé de six colonnes d’ordre corinthien : le tout est couronné par un fronton angulaire orné d’un bas-relief représentant la Théorie et la Pratique : il est de la même main que celui d’entrée et ne vaut pas mieux que lui.
Remarquez bien que le pérystile ionique continue meme derrière le portique corinthien. 11 serait difficile de justifier cette disposition. Pourquoi deux colonnades d ordres et de proportions très-différentes placées l’une au devant de l’autre ? Une porte s'ouvre au milieu du portique corinthien ; elle tient la place d’une arcade de 1 ordre ionique; les quatre autres, dont les places étaient menagees à sa droite et à sa gauche, sont fermées, ou plutôt sont simplement indiquées.
Comme le chapiteau ionique est couronné d’une » o ute, il n est pas possible de placer avec avantage des colonnes de cet ordre dans les angles. Ici l’arclu-
tecte s’est tiré d’affaire en coiffant chacune des colonnes qui sont aux quatre angles delà cour de deux volutes disposées en croix ; c’est la représentation du résultat que produiraient deux colonnes ioniques qui iraient se confondre en une seule en se mourant sur les côtés contigus d’un carré ou d’un rectangle.
Lorsqu’on est sous la porte d’entrée on voit au Loué de la galerie à gauche un escalier en pierre ; il conduit aux pièces qu’on a pratiquées dans l’intérieur de l’attique 5 dans une de ces pièces est la bibliothèque, composée principalement de livres de médecine ; elle est ouverte au public trois jours de la semaine. (Voir bibliothèques. )
A côté de la porte de la bibliothèque est celle des galeries d’anatomie ; c’est une des plus intéressantes collections qu’il soit possible de voir. Les divers organes du corps humain, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, y sont représentés en cire coloriée avec une vérité admirable. Tout ce que nous pourrions dire de plus sur ce que renferment les galeries d’anatomie, soit en imitations, soit en curiosités réelles, ne pourrait jamais en donner les idées avantageuses qu’un simple coup d’œil fera naître avant d’en sortir. Le lecteur peut s’arrêter un instant devant la figure du fameux Bébé , nain du roi de Pologne, Stanislas; il est ici vêtu d’habits qu’il a portés de son vivant.
Lorsqu’on est descendu dans la cour, on voit à la gauche du grand poi tique un couloir tortueux ; c’est le chemin qui conduit à l’amphithéâtre ; on y entre par plusieurs portes : il a la figure d’un demi-cercle et se compose de plusieurs rangs de gradins, sur lesquels peuvent s’asseoir environ 1200 auditeurs ; la chaire du professeur occupe le centre du demi-cercle ; une ouverture ménagée au centre de la voûte éclaire tout l’intérieur de ce vaisseau. On voit encore au rez-de-chaussée de l’Ecole d’autres amphithéâtres ; ils n’ont rien de remarquable sous le rapport de l’art.
Le bâtiment de l’Ecole de Médecine a de grandes beautés ; il n’est pas l’un des moins intéressans de l’architecture française ; il a aussi ses défauts.
D’abord les colonnes de l’ordre ionique sont un peu
trop espacées ; l’attique qui pose dessus trop haute ou trop massive semble les surcharger ; l’escalier principal n’est pas non plus d’un heureux effet. Pourquoi la cour n’est-elle pas carrée? pourquoi surtout l’édifice n’est-il pas complètement isolé ?
Sur le côté opposé de la place est une fontaine assez originale, dont on a dit quelque bien d’abord et puis beaucoup de mal : ses ornemens consistent en quatre colonnes d’ordre dorique ; l’eau tombe derrière ces colonnes comme du haut d’un rocher; quand il y a disette de ce liquide , la fontaine est complètement ridicule ; lorsqu’il y a abondance, le torrent, toujours monotone, se marie mal avec l’architecture du monument. D’ailleurs
i>eut-on puiser de l’eau à une cataracte? aussi voit-on e public entourer avec ses seaux deux bornes-fontaines placées en avant du bassin.
Thermes de Julien.
( Rue de la Harpe , n. 63. J
Le» ruines que l’on appelle thermes de Julien sont probablement les restes du palais que les autorités romaines habitaient quand elles résidaient à Paris.
La ruine qui fait le sujet de cet article n’est remarquable que par sa solidité et son antiquité ; la pièce principale est une salle carrée couverte d’une voûte à arrêtes ; naguère cette salle servait de magasins à un tonnelier. Plus anciennement, on cultivait la vigne sur sa voûte ; ce qui est digne d’observation, c’est que cette construction est formée de très-petites pierres; les murs sont divisés horizontalement par des assises de briques placées sur des couches éparsses de mortier : au. premier abord on a de la peine à se figurer comment une couche de plusieurs doigts d’épais, composée uniquement de mortier frais, pouvait rester en cet état sous la charge des briques et des pierres que l’on posait dessus; la chose paraîtra toute simple lorsqu’on saura qu’en massivant (battant) à plusieurs reprises et en des jours differens une couche de mortier de plusieurs doigts d’épais, elle diminue à la vérité, mais en même temps elle
acquiert une consistance considérable; par la suite elle devient dure comme la pierre.
On a de bonnes raisons pour croire que l’ancien aqueduc d’Arcueil avait été spécialement construit pour amener des eaux au palais des Thermes; ce palais avait des ramifications qui s’étendaient d’un côté jusqu’à la rivière et de l’autre jusqu’à la place St.-MicheT; c’est vers cette place que se trouvait, assure-t-on, le camp de la garnison romaine ; des reviremens de terres que nécessitèrent, il y a une vingtaine d’annees, les embellissemens du jardin du Luxembourg, mirent au jour une multitude d’objets dont la nature et les usages donnent beaucoup de poids a cette opinion, c e— taient des morceaux de vases de terre, des cuillières, des fouxchettes, des aiguilles a coudre, etc.
3La Sorbonne.
(Rue et place de ce nom.)
Le cardinal de Richelieu , dont l’ambition était insatiable, après avoir bâti le Palais-Royal pour lui, fit construire l’église et les batimens do la Sorbonne, moins sans doute par affection pour les docteurs de cette faculté que dans l’intention de rendre son nom plus recommandable dans la postérité.
Les bâtimens de la Sorbonne ont le caractère qui convenait à leur destination, celle d’une sorte de couvent ; ils furent construits en 1629 : aujourd’hui ils sont occupés par l’universite [Academie de Paris. ).
L’église fut fondée en i635. Lemerciev était l’architecte ; c’est une imitation fort médiocre de St.-Pierrede Rome; le portail est à l’ordinaire, composé de deux ordonnances, couronné d’un fronton flanque deinole— mens. Cette façade est détestable jusque dans ses détails, elle est de beaucoup trop haute, surtout relativement au dôme dont elle masque la tour, celle-ci est percée de fenêtres et soutenue par des contre-foi is en gros pilastres, dont les ressauts produisent un mauvais effet.
Dans l’intérieur de cette église est le beau tombeau
en marbre du fondateur: le cardinal est représenté demi-couché et soutenu par la religion.
Théâtre de l'Odéon,
{Tout près du Luxembourg.)
édifice fut bâti en 1779-1782 par Peyre aîné et Wailly pour la comédie française - son plan a la figure d un rectangle dont les deux grands côtés sont dirigés a peu près du midi au nord ; au petit côté qui regarde ce dernier point, est adossé un portique d’ordre dorique moderne composé de huit colonnes ; sur les trois autres côtés sont percées des arcades au-dessous desquelles règne une galerie ; au-dessus de chaque arcade est pei'ce un œil de bœuf; un toit portantsur le mur qui lorme le coté des galeries, opposé à l’ouverture des arcades, couvre l’édifice ; ce théâtre n’a rien, quantàl’exte rieur, qui soit bien digne d’attention.
Arrivé dans le Yestibule, on voit à droite et à gauche un bel escalier qui conduit au foyer ; ce dernier, ainsi que 1 escalier, produisent un bon effet.
L intérieur de la salle présente aussi un coup d’œil assez satisfaisant; les divers rangs de loges et de galeries sont soutenues par de hauts piliers dont la hauteur est divisée par des ornemens qui s’accordent avec les bains très des loges ; ils représentent en relie! les auteurs dramatiques tant anciens que modernes les plus célèbres, accompagnés de grouppes figurant des scènes des plus remarquables de leurs pièces : tous ces ouvrages sont richement vernis et dorés. b
Au fond du théâtre, directement en face de la scène, est la loge du roi, soutenue par quatre cariatides dorées: cette innovation n’a pas eu l’approbation des gens de goût; les cariatides sont trop mesquines; d’ailleurs la perla fouleU§USte dU monar<ïue n’est Pas assez séparée de
Le rideau, peint par M. Daguerre, représente des sujets qui s accordent avec le reste de la salle
L’Odéon ayant été deux fois la proie des flammes, en 1 /99 et en 1818, on se ménagea, lors de la dernière reconstruction; tous les moyens les plus efficaces pour ar-
rêter un pareil désastre s’il se renouvelait : parmi ees moyens est un rideau formé de plaques de tôle avec lequel on peut fermer la scène sur le champ; de sorte que si le feu se manifestait, il ne pourrait se répandre dans le reste du théâtre ; car le njur qui sépare la scène de la salle proprement dite, est continué jusqu’au-dessus du toit.
Ijuxemheurg , palais de la Chambre des Pairs.
( Rue de Vaugirard y no ig. )
Ainsi appelé d’une grande maison appartenant au duc d’Epinay-Luxembourg, située sur son emplacement. On a voulu lui imposer d’autres noms à diverses époques, mais toujours on avait dû l’appeler Palais d’ Orléans , et depuis la révolution^ Palais du Directoire ? Palais du Consulat , Palais du Sénat-Conservateur, Palais de la Chambre des Pairs.
Catherine de Médicis, femme de PlenrilV, originaire de Florence, fit construire ce palais par Desbrosses ; elle voulut qu’il imitât le palais Pitti à Florence : on en jetta les fondemens en 1615.
Le plan du Luxembourg est un carré long dont les longs côtés sont dirigés du nord au midi; cet édifice est renforcé par six gros pavillons carrés : deux aux angles du nord, et les quatre autres aux angles du corps de bâtiment qui regarde le midi; le tout forme un ensemble satisfaisant et régulier. Le côté du carré qui re-
tarde le nord consiste en un rang d’arcades au-dessus esqueiles règne une terrasse découverte : un petit dôme élevé sur la porte qui mène dans la cour, divise cette terrasse en deux moitiés.
Dans cette construction, Desbrosses a suivi le système des bossages ; pas la moindre étendue de mur, pas de jambage, pas de pilastres, pas de colonnes qui 11e s<?it en bossages ; toutes ces aspérités donnent à l’édifice une apparence extraordinaire de solidité, mais elles produisent une monotonie désagréable.
L’extérieur du palais n’a de remarquable que le petit dôme élevé sur la porte d’entrée ; il n’est rien par lui-même, mais il rompt heureusement la monotonie
qu’eut produite la terrasse, et il diminue le vide qui aurait existé entre les deux pavillons latéraux ; la façade du midi présente deux pavillons à ses angles, et un troisième au milieu, orné de colonnes et de statues ; au-dessus du premier étajï^le mur fait retraite entre les pavillons, d’où résultent deux galeries.
Le pavillon du milieu porte un cadran solaire sur le quel on a tracé une méridienne du temps moyen (l).
Le palais du Luxembourg contient des galeries de tableaux de peintres modernes vivaus ; le public v est admis les dimanches et fêtes et les lundis. Ces galeries sont divisées en deux parties qui communiquent entre elles par la terrasse qui joint les pavillons du nord.
La chambre des Pairs tient ses séances dans ce palais ; on arrive dans la salle d’assemblée par un bel escalier construit dans le corps de bâtiment qui regarde le couchant: on peut le voir de la galerie des tableaux.
«Jardin du Luxembourg.
Au midi du palais est un jardin public, le premier pour les ornemens après celui des Tuileries ; il est très fréquenté parles habitans du faubourg Saint-Germain. Ce jardin était bien plus petit autrefois; il fut agrandi et embelli il y a une vingtaine d’années aux dépens du terrain qu’occupait l’établissement des chartreux ; si les arbres dont il est planté avaient plus de vigueur et de feuillage, ce serait une fort agréable promenade -1 les monticules et les pentes dont il est couvert y produisent une agréable variété.
En face du palais est le parterre, au milieu duquel est un bassin octogone et deux pièces de gazon; au midi le parterre Unit en fer à cheval formé par des murs de soutènement et trois rangs de marches.
Les. statues qui sont autour du parterre représentent en général des divinités de la fable ; du reste elles sont fort médiocres, et presque toutes mutilées; ce sojitdes Racchus, des Vénus, des Apollon, un Vulcain : la moins mauvaise est une copie de la Diane à la biche.
( t ) Ligne qui n la figure du chiffre 8. (Test lorsque le soleil arrive sur cette ligna qu’il est midi aux hoi loges bien réglée*.
Du Uautàu jardin part une rarge av enue, dont l’enüi ée est ornée de deux lions de marbre blanc portés sur de hauts piédestaux ,* celte avenue est entièrement formée de terre rapportée, dont on peut évaluer la quantité par son exhaussement au-dessus du sol des pepimeres qui sont à droite et à gauche : les arbres qui 1 ombragent n’y ont été plantés que depuis environ 46 a 47 ans. Cet belle avenue, qui est une continuation du jardin, est fermée au midi par une grille.
Église Saint-Smpice.
On posa la première pierre de ce vaste édifice le 20 février 1655. Son premier architecte fut Leveau, puis Cuillard; l’ouvrage languit jusqu’en 4718, faute de fonds : enfin le curé Linguet se donna tant de mouvemens, qu’il obtint, en 1724 une loterie, dont les profits ajoutés aux sommes qu’il se procurait par ses importunités, furent assez copieux pour continuer ses constructions sans interruption.
Oppenord et Servandoni dirigèrent successivement les travaux. Le plan de cette église est imité fidèlement de celui que suivaient habituellement les maçons-constructeurs des cathédrales gothiques du moyen âge.
En effet, l’entrée principale s’annonce par deux tours hautes de 210 pieds, assez rapproenees 1 une de l’autre, entre lesquelles régnent des galeries ; le plan principal de l’édifice est une croix latine (dont le pieo est plus long que les trois autres bras), au sommet de la croix est le chœur : chacun des bras horizontaux forme une petite nef à l’extrémité de laquelle répond une porte latérale avec un portail en dehors ; la grande nef forme l’arbre de la croix, elle répond à l’entrée prmcipslc*
Celte nef est divisée par deux rangs d’aroades qui se continuent au-delà des nefs transversales , et vont, en se courbant, faire le tour du chœur, de façon qu’on peut faire le tour de l’église en parcourant les bas cotes, sans entrer ni dans la grande nef ni dans le chœur.
L’architecture de l’intérieur de cette église est lourde et très-pauvre d’ornemens, surtout les voûtes ; ceus
-.-r- jtmm
«Iont on a voulu gratifier l’espèce de dôme ou de calotte qui couvre le cemtre où se réunissent le chœur et les trois nefs principales, donnent une bien pauvre idée du goût de ceux qui les ont indiqués ou mis à exécution. our quatre misérables pendentifs, masqués par quatre gros vases, repose une voûte à bords contournésa son centre est représenté un immense Saint-Esprit' puis se voient quatre ouvertures circulaires contenant les images des quatre évengélistes : tout cela est singulièrement mauvais. °
Denièie le chœur est la chapelle de la Vierge ; mauvais pian,^ profusion d’ornemens.
Le maître-autel est tout resplendissant d’or ; il est facheijx qu’il n’ait des formes plus sévères et plus heureuses ; on dirait du tabernacle que l’idée en a été fournie par quelque fabricant de boîtes de pendules. Vue signifient ces petites colonnes corinthiennes qui 1 environnent ? on devrait bien le savoir, car on Ta assez dit : toute colonne qui n’a pas au moins trois ou quatre mètres de haut est ridicule, à moins quelle ne soit employée dans un modèle.
La chaire à prêcher de Saint-Sulpiee jouit d’une certaine célébrité ; rien véritablement n’est plus propre a exciter la surprise du vulgaire que ce joli tour de force: la chaire proprement dite est presque en l’air • elle n’est soutenue que par l’escalier qui sert à y monter ; l’ouvrage, du reste, est Lien soigné et fort bien enjolivé,
mais cela ne suffit pas pour contenter les connaisseurs.
Ces reproches ne peuvent s’adresser au buffet del’orgue, e est le seul de Paris qui soit construit rigoureusementsuivant les lois de l’architecture grecque. On peut y monter les jours de grandes fêtes en donnant pour boire aux souffleurs. r
Au fond de la nef latérale du nord est élevé un obélisque en marbre, divisé dans toute sa hauteur par une ligne en cuivre : c’est cette ligne qui forme le enomonfiï proprement dit. Du pied de la ligne de cuivre en part
( i ) Gnomon signifie broche , stile. C’est le nom que les astronomes donoa5fere km' scit à — &
une autre incrustée clans le pavé, et qui se prolonge jusque dans la nef opposée : cette ligne s’appelle- méridienne; elle indique la direction qui va exactement du nord au midi. Cette ligne etl’obélisque servent à noter l’équinoxe de printemps et le soltice d’hiver.
En parcourant les chapelles^ on en trouve une dans laquelle est le monument funèbre du curé Linguet ; il est représenté à genoux dans sa tombe, les mains jointes et regardant le ciel qu’un ange lui montre du doigt; la mort, ornée de sa faux, est derrière lui: ce monument est assez médiocre; la figure de l’ange est la plus mauvaise.
On peint à fresque toutes les chapelles qui sont du côté du midi; il y en a déjà deux de terminées ; l’une est consacrée à Saint-Roch, elle est peinte par Abel de Pujol ; l'autre , que l’on doit à M. Vinchon , est consacrée à Saint-Maurice et à ses compagnons.
Les curieux ne sortent pas de Saïnt-Sulpice sans jeter un coup d’œil sur les bénitiers ; ils sont formés d'une énorme coquille provenant d’un poisson appelé Tuüée : ces coquilles furent, dit-on, données en présent à François Rr parla république de Venise.
Voilà à peu près tout ce que renfei'me l’église de Saint-Sulpice qui soit digne d’être remarqué.
À l’extérieur il n’y a de remarquable que le grand portail ; le corps principal consiste d’abord en un portique d’ordre dorique cannelé, au-dessus duquel en est un autre pareil, d’ordre ionique ; au-dessus de ces deux colonnades s’élèvent deux tours qui devaient être entièrement semblables ; celle de gauche en entrant a été modifiée, ornée après coup, elle est maintenant plus haute que l’autre, mais à l’intérieur elles sont pareilles : dans la grande tour sont les cloches : deux d’entre elles pèsent, l’une 6000 kilogrammes, et l’autre 4000 kilogrammes. On monte dans les tours moyennant un franc.
Le portail de Saint-Sulpice, que l’on doit à Servandoni, est digne d'éloges à plusieurs égards ; à la vérité il a, comme tant d’autres, le défaut de se composer de plusieurs étages, mais au moins les lignes des entablemens sont droites, l’ensemble a du mouvement et de la fierté ; on loue beaucoup, et avec raison, l’ordre do-
rique. Ne ferait-il pas mieux si les marches du perron au lieu d’être logées entre les hazes et les soubassemens des colonnes, étaient jetées tout en dehors du portique? c’est ce que l’on pourrait essayer à pou de liais.
Le projet des deux tours est aussi de Servandoni mais elles ne devaient pas être si hautes que celles qui se voient maintenant. Servandoni avait encore élevé im fronton sur le milieu de son portail : cet ornement fut frappé de la foudre et supprimé. Les tours, comme nous l’avons déjà dit, ont été modifiées; elles couronnent mal l’ordonnance du portail; elles sont trop hautes,- trop espacées, et qui plus est, elles ne sont plus symétriques.
En faisant le tour de l’église à l'extérieur, on trouve, au nord et au midi, deux mauvais portails qu’il ne faut pas regarder ; a l’orient du chœur on observera une trompe ou demi-tour, suspendue en l’air : ce tour de force était fort estimé dans les xvie etxvne siècles : ici on peut louer la coupe des pierres et blâmer les frais d’esprit et d« travail pour produire un ouvrage pénible à voir.
Séminaire Saml-Sulpice.
Il est situe au midi de la place de ce nom ; cet édifice n’est pas encore achevé; mais on peut juger, d’après ce qui en existe, qu’il sera convenable à sa destination; il sera simple, correct et sans prétentions : si ce n’était pas un séminaire, on pourrait blâmer la petitesse des fenêtres dont il est percé.
Marché Saint-Germain.
{Rue du Four.)
Cette halle se compose de quatre corps dô bâtiment symétriques percés de grandes arcades; le plan du marché est un rectangle.
Au milieu de la cour que forment les quatre ailes de bâti mens , se voit la jolie fontaine qui était ci-devant place Saint-Sulpice; deux charmans bas-reliefs, consacrés aux arts et au commerce, ^ornent deux des quatre
faces d’un dé couronné de frontons, vers le bai de ce dé sont deux coquilles ou demi-vasques , dans lesquelles l’eau tombe pour s’échapper par des mascarons. Un bassin quadranguiaire forme le soubassement de l édifice.
Cette fontaine n’est pas sans mente , qumqu on y trouve à blâmer ; les gradins et le bassin, par exemp le, lie sont pas en rapport avec la masse troplegere du e.
Somme toute, le marché Saint-Germain est un cbe d’œuvre dans son genre : régulante parfaite , bonnes proportions, commodités, convenances de ton et de style, etc. , tout s’y trouve. Il est du très-petit nombre dés édifices de la capitale où 1 on ne voit presque lien
a IlCstftcheuX que la cupidité ou l’incurie des administrateurs ait permis aux marchands de bonnets de couvrir de leurs ignobles barraques la surface de la cour. Quatre gazons feraient beaucoup mieux * mais ce fut de tout temps la destinée des monument de notre capitale d’être déparés par des saletés.
douzième arrondissement.
t Jardin du Roi.
. ] Observatoire.
Quartiers, j Saint- Jacques.
( Saint-Marcel.
édifices, lieux et curiosités remarquables.
le Muséum d’Hirtoire naturelle ou Jardin des Mantes. — !•’ Hôpital de la Salpétrière. — £e Boni d’Austerlitz. - Halle au Tin. -X* Observatoire. „ &e Tal-de-Grâce. — £‘Eglise Samte-denevieve (Panthéon). — Catacombes , dont l’entrée est faubourg Saint-Jacques.
/ Succursales.
Paroisse. , S.-Nicola*-du-Chardo«net.-
Saint-Etienne-du-Mont. S.-Jacques-du-Haut-Pas.
S.-Médard.
ï&airie , rue Samt-Jaaqnes, n° 262.
Sghse S a.m%e -Geneviève (aujourd’hui Panthéon)
( Rue Saint- Jacques.)
L’ancienne église Sainte-Geneviève, soit à cause de son peu de capacité, soit plutôt parce qu’elle n’était rien de moins que magnifique, répondait mal à la hautimportance dopt jouit le culte que Ton rend à la palonne de Pans. Un procureur de chanoines , attaché a cette eglise, nommé Féru , conçut le projet hardi de faire construire cette église sur un plan plus magnifique , afin d atteindre plus promptement son hut.il s adresse a Mangnj frere, de la fameuse Pompadour , alors intendant des hatimens, et lui persuada facilement que la construction d’un temple donnerait du relief a son administration. Ce projet fut goûté et consenti par le gouvernement.
Mais il se présenta un obstacle qui certes n’était pas mince, c était le manque de finances ; on y obvia : voici comment ; on se rappela qu’une loterie avait été d’un giand secours au curé de Samt-Sulpice pour terminer on eglise • on eut donc recours aux mêmes moyens, ce qui produisit 400,000 francs par an.
*4OUT: {u} commencé en 1757 ; on employa sept ans a préparer le terrain ou jeter les fondations. Comme cet emplacement avait autrefois été occupé pardes briqueteries, le sol était criblé de puits; on fut obligé d’en combler une soixantaine. ô
VInt gra-nde PomPe , le 6 septembre T ’lJlU c* pre™lvre P*erre d’un des piliers du dôme.
erecaue YVtamt'‘GeneVlèVe a h d’une croix dite
des £ hrf C§apX entre eux) 5 Point de réunion des quatre nefs, s eleve une vaste tour couronnée d’une
chacune7 qq " ^7 f**el]* dô™ S *** ont nas ! I n ' 1 pOUCen de ,larSe * leurs longueurs ne sont pas les memes; celles d’orient et d’occident sont plus
longues que les autres : de la porte d’entrée au fond de
Æ 1>ieds ct 238 emre *«*
Les nefs sont divisées en trois galeries par deuxrarms de colonnes d’ordre corinthien ? le p,,f des galeries
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latérales, plus étroites que celle du milieu, est plus élevée de cinq marches que celui de cette dernière • ces colonnades font tout le tour des nefs latérales : mais elles sont interrompues dans les deux autres par une arcade.
Le dôme est soutenu par quatre gros massifs ornés de pilastres ; les plans de ces massifs réunis par des lignes prolongées de l’un à l’autre présenteraient un. octogone ayant quatre grands côtés et quatre plus petits j les massifs se trouvent sur les dernières; sur les quatre massifs ou piliers posant quatre arcades de 42 pieds de diamètre ; ce sont ces arcades qui supportent le poids du dôme, évalué à environ 10,865,954 kilogrammes. Malgré ce poids énorme, et quoique la masse des piliers n’ait rien de disproportionné, tout avait été si bien combiné par l’architecte Soufflot que l’édifice n’eût jamais menacé ruine si la pose des pierres avait ete plus soignée., ou plutôt si l’on avait tout bonnement bâti suivant les règles du bon sens.
Mais on crut faire mieux en dêmaigrissant outre mesure les pierres sur le derrière; on les arrêtait ensuite avec des calles de bois, et l’on versait du mortier gâché clair dans les joints ; la matière en se figeant se contractait et laissait des vides où l’on eût pu loger le poinocomme il fut aisé de s’en assurer par la suite : il résulta de là que , les pierres ne portant plus que sur les calles s’éclatèrent, les voûtes se fendirent, ce qui nécessita la reconstruction des quatre piliersdu dôme; aujourd’hui le mal est complètement réparé, et la chute du monument n’est plus à craindre; à la vérité, les quatre piliers n’ont pas la même élégance que les premiers : on observe aussi que les architectures qui avoisinent le dôme ont perdu leur position horizontale, désa^rément qu’il serait facile, ce nous semble, de faire disparaître.
L intérieur de Sainte-G-enevieve offre beaucoup à blâmer et à louer; d’abord pourquoi les bas-côtés sontils plus exhaussés que la nef principale? cela n’est pas bien motivé : ces colonnades intérieures, fort belles considérées isolément, ne forment pas un ensemble satisfaisant ; elles rétrécissent considérablement la yaisseau
de î’église et tendent aie faire croire plus petit qu’il ne l’est réellement.
On prétend avec raison que si les 4.30 colonnes qui ornent l’intérieur de Sainte-Geneviève avaient été disposées sur des files parallèles ou sur le circuit d’une rotonde, il en serait résulté pour le spectateur des effets bien plus satisfaisant : ces colonnes, d’ordre corinthien , cannelées , ont 37 pieds 8 pouces de haut et 3 pieds 6 pouces de diamètre.
Autre défaut; le dôme si volumineux, si élevé à l’extérieur, est à peine soupçonné tant qu’on n’est pas sorti delà première nef, et le dôme est cependant le membre principal, le chef, s’il est permis de parler ainsi, de tout l’édifice.
Nous avons dit que le dôme était soutenu par quatre arcades dont les plans formeraient un carré s’ils étaient suffisammentétendus ;or la tour du dôme est circulaire; il en résulte un ensemble très vicieux : pour en concevoir la raison, il faut s’imaginer que la tour du dôme prenait sa naissance sur. le pavé même et qu’elle fut percée de quatre grandes arcades pour la faire communiquer avec les quatre nefs disposées en croix. Une tour ainsi évidée par le bas, qui serait aperçue au milieu d’une plaine, feraitnaître un sentiment pénible à cause de la surchage qui pèseraitsur ses quatre jambes: l’homme qui réfléchit éprouve un sentiment semblable lorsqu’il se trouve au-dessous du dôme dont il est question ; un mur circulaire est mal assis sur quatre arcades; ce serait bien pis s’il ne s’en trouvait que trois, comme ce serait mieux s’il y en avait six, huit, etc. Ces pendentifs rackettent bien imparfaitement le désaccord qui existe de toute nécessité entre les arcades et la tour. Soufjlot imita, dans cette partie de son église, le système suivi dans Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres, et autres églises de moindre importance; système que l’on croit avoir été mis en pratique pour la première fois dans Sainte-Sophie de Constantinople, bâtie sous l’empire de Justinien.
Les voûtes des nefs de Sainte -Geneviève sont dignes des plus grands éloges : tout ce qui est fait pour plaire s’y trouve réuni; élégance, richesse, variété, légèreté/
ni anciens ni modernes n’ont rien construit de comparable en ce genre. 1
L’intérieur du dôme présente au dessus des arcades et des pendantifs, un entablement circulaire surmonté d’un soubassement sur lequel pose la tour du dôme ornée de 16 colonnes corinthiennes engagées; les entre-colonneinens offrent 16 fenêtres, dont 4 sont feintes; au-dessus de cette colonnade circulaire prend naissance la première coupole, parsemée de caillous octogones et de rosaces.
Avant d’aller plus loin, il convient de prévenir le lecteurque cette coupole est bien inférieure aux voûtes des nefs ; elle est trop simple, trop pauvre; Ja tour qui la soutient avec ses colonnes engagées et ses grandes fenêtres quadrangulaires, laisse désirer plus de solidité apparente et plus de richesse; sa maigreur, ajoutée à la pauvreté de la voûte, font vivement regretter que les architectes n’aient pas eu dans la composition de cette partie du temple le même bonheur que dans les nefs .
La première coupole porte à son sommet une ouverture circulaire de 29 pieds 5 pouces de diamètre; c’est une imitation de l’heureuse disposition dont Jules Mansard fit usage dans sa construction du dôme des Invalides.
Une seconde coupole, fermée par le haut, mais évidee vers le bas par quatre grandes arcades correspon— dant à celles qui soutiennent le dôme, sert de fond à une magnifique peinture de M. Gros, représentant 1 Apothéose de Sainte-Genevièye ; vers le bas, et tout autour du tableau, sont les groupes de Clovis, Charlemagne, Saint Louis et Louis XY1II, à côté duquel on distingue Mme la duchesse d’Agoulême : le dessous de cette coupole est fort bien éclairé par des fenêtres totalement cachées aux personnes qui se trouvent dans 1 eglise. Du pavé a celte coupole on compte 209 pieds 7 pouces.
Avant la révolution, les voûtes de ce temple furent décorées de bas-reliefs représentant des sujets relatifs à l’Ancien Testament, aux Pères de l’église et aux Saints qu’elle honore.
L édifice, par 1 effet des evenemens, ayant reçu une destination tout-à-fait profane jdes sujets conformes aux
idées philosophiques et républicaines prirent la place des bas-reliefs détruits. Ces sujets ont disparu à leur tour; maintenant que le temple est redevenu profane , il est probable que ces derniers oinemens seront rétablis.
À l’extérieur, le bâtiment de Sainte-Geneviève présente aussi la figure d’une croix, dont les bras sont disposés selon les quatre points cardinaux : le bras tourné vers l’orient est flanqué de deux tours carrées destinées à servir de clochers ; elles sont inachevées ; du reste , ce sont des hors-d’œuvre qui dépareraient le temple si elles n’étaient masquées par la tour du dôme: les bras tournés au nord et au midi sont couronnés de frontons ; ils n’ont rien de remarquable.
Le bras qui regarde l’occident se termine par un riche portique orné de 22 colonnes cannelées d’ordre corinthien; elles ont 58 pieds 3 pouces de haut et 5 pieds 6 pouces de diamètre. Ces colonnes font en ellesmêmes tout le mérite du portique; il est malheureux que les architectes les aient si maladroitement distribuées.
En effet, lorsqu’on se présente pour monter le perron qui leur sert comme de soubassement , on voit 8 colonnes, dont 6 au milieu, sur la même ligne, et les 2 autres en retraite aux extrémités ; un fronton angulaire couronne le tout ; sa masse écrase les colonnes qui le soutiennent parce qu’elles sont trop espacées, défaut capital qu’on eût facilement évité en disposantes 8 colonnes de face sur la même ligne, et en rendantes entre-colonne me ns égaux; mais on vivait sous le règne de Louis XV, et les ressauts étaient encore de mode ; aussi loue-t-on Soufflot d’avoir formé son portique d’une seule ordonnance de colonnes, et de s’être écarté en cela de l’usage suivi jusqu’alors par les modernes qui ne pouvaient faire de portique d’église sans empiler colonnade sur colonnade.
L'intérieur du portique est vide de colonnes et couvert d’une voûte en berceau: c’est sans doute par économie qu’on adopta ce plan ; mais on eût probablement mieux fait de multiplier les colonnes entre le premier rang extérieur et le mur. L’aspect du porche en aurait été plus imposant et plus riche. Vu d’un peu
- Sais
loin j le premier rang de colonnes paraît toucher le mur ; la profondeur du portique s’évanouit entièrement.
Une simple croix radieuse était sculptée dans le tympan du fronton : ce sujet était beaucoup trop maigre, trop sec, eu égard à la magnificence du temple ; les républicains lui en avaient substitué un beaucoup plus varié; il fut remplacé sous la restauration par la croix radieuse, qui vient encore d’être effacée depuis la révolütion de 1850; sur la frise on lisait: