‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 32 sur 114 · AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE · texte numérisé non relu

AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE

Puis on y lut :

Ludovicus XV dicavit Ludo viens XVII J vestiluit,

La première inscription fut rétablie en 1850.

A l’extérieur, les quatre nefs sont unies parmi soubassement de figure octogone à quatre petits côtés; au-dessus de ce soubassement en est un autre circulaire, sur lequel est établie une rotonde de 52 colonnes corinthiennes. Ce péristile forme galerie tout autour du dôme, ombrage les fenêtres qui l’éclairent , et dont il a été parlé. Le mur s’élève au-dessus de l’entablement du portique circulaire ; l’on conçoit qu’il doit être en retraite; il est encore percé en cet endroit d’un rang de petites fenêtres, lesquelles projettent le jour entre la première et la seconde coupole : ce jour éclaire la magnifique peinture que nous avons déjà signalée. Une troisième coupole forme à l'extérieur la couverture de toutes les constructions; elle est découpée en côtes comme un melon, et recouverte de plomb ; une lanterne ayant la forme d’un petit temple circulaire orné de colonnes et percé de fenêtres, couronne toutrédifice; au-dessus de ce petit temple dominait une croix en cuivre doré (elle fut abattue en 1851.)

La hauteur totale de l’édifice est de 249 pieds 4 pouces.

L’extérieur du dôme a été l’objet de plusieurs critiques plus ou moins fondées; la colonnade circulaire, un peu imitée de St.-Paulae Londres, n’est pas motivée. A quoi bon former une galerie couverte à une

hauteur si considérable? Des colonnes engagées feraient d’autant mieux, que les fenêtres se présenteraient nécessairement entre les entre-colonnemcns 5 tandis que dans l’état actuel elles offrent une sorte de désordre j les colonnes se présentent tantôt sui leurs côtés, quelquefois sur leur milieu ; comme ces fenetres sont fort grandes, il en résulte qu’ici comme à 1 intérieur, la tour semble manquer de solidité. Peche capital s’il en fut, c’est d’avoir forme ce pénstyle cnculaire de colonnes dont le renflement est tel qu’elles sont plus minces vers la base et le chapiteau que veis le

Enfin, vu de la place qui est au-devant de 1 édifice, le dôme semble poser sur l’angle même du fronton du portique d’entrée, les soubassemens étant invisibles. Aussi, pour observer le temple du point le moins défavorable, faut-il monter au troisième étage des maisons de la rue St. -Jacques qui sont directement en face. Delà on voit les nefs se détacher du grand soubassement ; mais il en resuite un autre désagrément, c est que l’édifice manque d’unité; les nefs sont comme des hors-d’œuvre que l’on peut se figurer bâtis après coup autour du dôme, et dont on pourrait les détacher sans inconvénient.

La description qu’on vient de lire est de beaucoup trop incomplète pour donner une satisfai¬

sante de ce magnifique monument; voila pouiquoi nous engageons le lecteur curieux de mettie a. piofit ses promenades, de pavcourir l’in te rieur de 1 eglise, de monter dans l’intérieur des coupoles, ainsi que dans la lanterne ; les gardiens l’y conduiront pour quelques centimes, après quoi il descendra dans l’eglise souterraine, où il trouvera encore à admirer, soit pour la simplicité, soit pour la solidité, des voûtes et des piliers; il y observera un effet d’écho ; il y verra aussi quelques tombeaux peu intéressans comme monumens, tels que ceux de Lannes, Lagrange, de Voltaire et J. -J. Rousseau.

Le temple de Ste.-Geneviève, solidement construit en pierres de taille , dans toutes ses parties est celui de tous les édifices de ce genre qui a le moins de masse, relativement à la grandeur. On a calculé que ses

murs n’occupent que le 7e de la superficie qu’ils renferment , tandis que le rapport est de 1/4 dans St.-Pierre de Rome ; de moins de 1/4 à St. -Paul de Londres, et des 2/7 au dôme des Invalides.

La science de Part de bâtir a été portée au plus haut degré dans cette église. Rien de plus savamment combiné que les trois coupoles, les masses qui les soutiennent ou leur servent d’appui ; mais pour s’en faire une idée il faut consulter une description accompagnée de planches.

Autrefois l’intérieur de ce temple était éclairé par des fenêtres latérales ; on les a bouchées depuis et Fon a bien fait. Maintenant le jour vient par des ouvertures ménagées immédiatement au-dessous des voûtes, invisibles pour les personnes qui sont au-dehors.

AP rès la révolution de juillet, Sainte-Geneviève redevint Panthéon français. Cette espèce de métamorphose ne fait honneur ni au bon goût ni à la dignité des gouvernans de cette époque ; ces sortes d’usurpations ont été de tout temps l’objet des reproches et du mépris des hommes éclairés ; jamais la postérité ne les a sanctionnés. Rappelez-vous Sainte-Sophie à Constantinople, convertie en mosquée par Mahomet II victorieux; le Panthéon d’Agrippa et les rotondes des bains de Caracalla , dont les papes ont fait des églises. La postérité s’est fait un devoir de rapporter la gloire de ces édifices à leurs véritables auteurs; il en sera de même de notre soi-disant Panthéon, dont la figure (une croix) rappellera toujours le but et les intentions de ceux qui ont fait les frais de sa construction ; et d’ailleurs n’est-ce pas insulter aux mânes des grands hommes que l’on prétend honorer , que de leur offrir pour asile un temple qu’on n’a pas bâti, qu’on a enlevé d’autorité au culte de la majorité de la nation, dont on a si peu de soin , qu’il n’a pas encore reçu de portes depuis 40 ans qu’il est devenu temple de la gloire.

Saint-Etienne du Mont.

Le corps de cette église, de style gothique, fut construit en 1517. On y remarque plusieurs singularités piquantes, comme le jubé, ou tribune en pierre sus-

rendue à l’entrée du chœur; le travail, dépourvu de goût, en est fort délicat: des galeries de même genre

sont suspendues entre les piliers.

Les curieux s’arrêtent volontiers au-dessous d un cul-de-lampe qui pend de quatre mètres au-dessous de la voûte ; ce tour de force cesse d’être surprenant lorsqu’on sait que des armatures en fer en font le soutien ; 2e n’est pas qu’il ne fût possible d’exécuter une telle merveille en pierre seulement; mais alors il faudrait

des voûtes autrement étoffées. r . .

La chaire à prêcher de St.-Etienne attire aussi 1 attention des curieux ; elle est en bois et richement sculptée : un Samson agenouillé sur un lion mort en est le soutien. La pause de cette statue a quelque chose de pénible et de souffrant ; d’ailleurs les fonctions qu’elle remplit ici sont inconvenantes; faire porter une chaire à prêcher par un héros de l’ancien testament! Les Grecs ont commis l’infamie de charger des statues de femmes d’un entablement; mais encore

étaient-ce les femmes de leurs ennemis. #

On voit dans cette église le tombeau de Sainte-Geneviève ; il est toujours un grand sujet de dévotion pour les fidèles de Paris et des environs ; on y admire aussi plusieurs tableaux, surtout la Prédication de o£.- Ê tienne par Abel de Pujol , tableau qui a fait la réputation de son auteur. t .

L’extérieur de ce temple n’a aucun mente ; le portail, dont Marguerite de Valois, femme divorcée de Henri IV, posa la première pierre en 1610, serait digne de quelque attention si les détails et les ornemens en étaient moins pauvres.

Sibliothèque Sainte-Geneviève.

[Dans les bâtimens du collège Henri JH.)

Elle occupe les combles de l’ancienne abaye Sainte- Geneviève; son plan est celui d’une croix, dont les quatre nefs concourent au-dessous d’un petit dôme. Ces nefs ou galeries sont revêtues de belles boiseries formant des files d’armoires dans lesquelles sont classes

les livres. # .

Après la Bibliothèque du roi, celle-ci est la plus

fréquentée et la mieux pourvue d’ouvrages modernes. Elle est ouverte tous les jours non fériés, depuis 10 heures jusqu’à 3.

/ On voit dans le vaisseau de cette Bibliothèque des bustes, tant en plâtre qu’en marbre , représentant des grands hommes de tout état, anciens et modernes; on y voit aussi un assez mauvais plan en relief de la ville de Rome, et dans le cabinet les portraits de plusieurs rois de France.

Les curieux peuvent jeter un coup d’œil sur la carte de la lune suspendue dans l’escalier.

V al-de-G race ,

(. Abbaye royale de bénédictines.)

Yaste corps de bâtimens situés rue du Faubourg-Saint- Jacques, servant aujourd’hui d’hôpital militaire.

Anne d? Autriche, femme de Louis XIII, ayant eu le bonheur, apres 22 ans de sterélité, de mettre au monde, un fils, qui régna dans la suite sous le nom de Louis XIV, s’acquitta, après la mort de son époux, du vœu qu’elle avait fait de faire construire une église si le ciel la rendait mere d un héritier de la couronne. En conséquence elle posa, le 1er avril 1645, avec le jeune roi son fils, la première pierre du Val-de-Grâce. Le célèbre Mansard donna les plans de cet édifice; mais ils ne furent pas exécutés tels qui les avait fournis, par Mervier , que des intrigues lui donnèrent pour successeur, et qui prit les constructions au rez-de-chaussée.

Les bâtimens du Val-de-Grâce n’ont de bien remarquable que l’eglise , dont le dôme, après ceux de Ste- Geneviève et des Invalides, est le plus imposant de la capitale. Le portique de cette église est un des plus détestables que l’on puisse voir: il se compose de deux; rangs de colonnes superposées d’ordre corinthien; ces colonnes sont inégalement espacées, et chaque rang est couronne d un fronton angulaire; le fronton supérieur s elève sans motif au-dessus du toit de la nef de l’église, et masque d’une manière désagréable la tour du dôme. Ce dernier, imite tant bien que mal du fameux dôme de Saint-Pierre de Rome, est Manqué de quatre campanilles et renforcé d’éperons très-saillans. La courbe de

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