‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 33 sur 114 · IÔ · texte numérisé non relu

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la coupole est totalement dépourvue de grâce; la lanterne qui couronne toute la construction est du même style que le reste; aussi le Val-de-Grâce est-il peu estimé des personnes qui ont du goût et des connaissances en architecture. C’est peut-être le seul, parmi les gros édifices de Paris, qui n’offre presque rien à louer.

L’intérieur de l’église se compose d’une nef principale, ornée de pilastres corinthiens, au bout de laquelle est une croix dont les bras sont trop courts ; sur cette croix est suspendue la voûte du dôme.

Un baldaquin, soutenu par six colonnes^ toutes de marbre noir, couvre le maître-autel; ce baldaquin est une imitation de celui que le Bernin éleva dans Saint- Pierre de Rome.

Le Val-de-Grâce avait autrefois le privilège de conserver les cœurs et les premières chaussures des princes et princesses de la famille royale.

E/Gbservatoire.

Cet édifice, situé dans le faubourg Saint-Jacques , vis-à-vis le palais du Luxembourg, fut construit sous Louis XIV par Claude Perrault. Il se compose de quatre membres principaux , qui sont une tour carrée centrale dont les faces regardent les quatre points cardinaux ; de la face du nord se détache un avantcorps couronné d’un fronton; les angles de la face du midi sont flanqués de deux tours à huit pans; la hauteur de cette construction se compose d’un rez- dechaussée, d’une espèce d’entresol et d’un grand étage supérieur, éclairé par de grandes fenêtres en arcades: tous les étages sont voûtés. Le toit est en terrasse.

Un trou circulaire traverse toutes les voûtes et communique avec les caves qui sont prises dans des carrières vastes et profondes; ce trou fut pratiqué, dit-on y pour servir à faire des expériences sur la chûte des corps solides. C est une croyance parmi le vulgaire que du fond des caves on distingue en plein midi les étoiles à travers cette ouverture : l’astronome Lalande dit que cela n’est pas.

L’Observatoire est solidement construit, il est d’un style sévère, ses formes ont de la grandeur et de la ma-

Î esté, mais il a un défaut capital, c’est qu’il remplit mal 'objet auxquel il était destiné ; en effet, les astronomes ont été obligés de faire élever à l’orient, et au pied de l’édifice principal, des constructions basses dans lesquelles ils font la plupart de leurs observations.

Si l’on en croit Charles Peri’ault, dans ses mémoires, son frère fut grandement contrarié dans ses plans pour rObservatoire, notamment par l’italien astronome Cassini , que Louis XIV avait fait venir de son pays en france. Il parait néanmoins que l’édifice conserva, à peu d’altérations près, les formes projetées, ce qui ne met point son auteur tout-à-fait à l’abri du blâme.

L’Observatoire, édifice construit dans un espace vide, devait offrir des faces exactement symétriques j la figure carrée lui convenait de préférence à toute autre : c’est ce que Perrault comprit jusqu’à un certain point ; mais pourquoi ces deux tours au midi, cet avant-corps au nord ? il fallait ou quatre tours ou quatre avant-coips; quoiqu’on en ait dit, cet édifice fait peu d’honneur à son architecte sous le rapport des convenances.

Jardin des Plantes.

[Quai Saint-Bernard , en face le pont d’ Austerlitz.)

Hérouard, premier médecin de Louis XIII, obtint de son maître des lettres-patentes en 1626, qui ordonnaient l’établissement d’un jardin où seraient cultivées des plantes médicinales. D’abord ce jardin ne contenait que 2 arpens , puis 14; son emplacement était couvert de tas de boue , de gravois, ou servait de voierie ; son enceinte s’est jusqu’à ce jour considérablement agrandie ; il a reçu d’ailleurs tous les embellissemensque réclamait sa destination. On y trouve des allées magnifiques , des labirinthes, des bosquets, des plantations de toute espèce ; des modèles de cultures, de petits parcs où sont enfermés des animaux provenant de pays étrangers : si ce jardin n’estpas le plus magnifique, c’est assurémentle plus agréable pour les promeneurs de la capitale.

Pour ce qui est des constructions, comme ouvrages d’architecture elles sont nulles ; le bâtiment du cabinet dit d’histoire naturelle est tout bonnement une maison bourgeoise ; ce n’est pas que les architectes n’aient été

de temps à autre dans le cas d'exercer ieui talent , dans cet établissement; le gros pavillon qui sert de loges aux éléphans est certainement un ouvrage a preten* tions ; on peut en dire autant de la grande serre , de là ménagerie, et surtout du sot et riche pavillon en bronze du labyrinthe.

L’homme intelligent et penseur trouvera dans le Jardin des Plantes rme miniature de l’univers ; outre les animaux vivans, comme éléphans, girafïe, lions, tigres, ours, buffles, cerfs, moutons étrangers, singes, oiseaux, il contient trois collections extrêmement intéressantes: la galerie d’histoire naturelle, la galerie d’anatomie, et

la galerie de botanique. .

La première de ces galeries, ainsi que les ménageries, sont ouvertes au public les mardi et vendredi de chaque semaine, depuis midi jusqu’à trois heures pour les ménageries, et depuis cette dernière heure jusqua six en été, et jusqu’à la nuit en hiver pour la galerie.

Les collections de celle-ci sont classées en plusieurs sections subdivisées en genres et espèces ; la galerie du premier étage contient des poissons, des serpens, des reptiles; viennent ensuite des salles consacrées aux minéraux; on y voit des métaux natifs, des stalactites, des pierres tombées du ciel ou aérolithes ; plus loin on se trouve dans la salle des fossiles : rien de plus curieux, rien de plus propre à faire penser, que les onjets qui

sont exposés dans cette salle. #

Le deuxième étage contient des animaux empailles ; tels que quadrupèdes, oiseaux, insectes, etc. Le vulgaire s’arrête devant une horloge dontle mécanisme est à découvert : pour l’époque où nous vivons, cette machine est fort ordinaire. . j. ,

La galerie de botanique est visible tous les jeudis, de 2 à 4 ïteures , pour les personnes qui sont munies de billets délivrés par l’administration.

On entre dans la galerie d’anatomie avec des billets les lundis et les samedis, de 11 à 2 heures; on y voit entre autres choses curieuses, le squelette de ôoujnan , assassin du général Klébert.

Un gros livre de notes et plusieurs jours de promenade suffiraient à peine pour donner au lecteur une idee des nombreuses richesses en histoire naturelle que ren-?.

ferme l’établissement du Jardin des Plan tes. Les bornes* que la nature de ce touvrage nous a imposées , ne nous permettent pas d’entrer dans de plus grands détails.

Malle aux T/ins.

( Quai Saint-Bernard.)

Cette immense halle, ou plutôt cet assemblage de balles, occupe un espace aussi grand qu’une petite ville; on y trouve une place vaste et des rues fort larges ; au reste, comme monumens, ces constructions n’offrent rien de remarquable ; elles sont ce qu’elles doivent etre, simples, solides et commodes.

Lorsqu’on visitera cet établissement, ont pourra monter sur la terrasse pour voir ie dépotoir, c’est un appareil formé d’une suite de vases de cuivre dans lesquels on vide les pièces contenant des esprits , un tube deverre gradué comme celui d’un thermomètre, indique la quantité de litres que contient la pièce.

3?ont d'Ansterlits.

( Auprès du Jardin des Plantes.)

Ce pont, dont les piles et les culées sont en pierre et les arcades enfer coulé, fut commencé en 1801 , et terminé en 1806, sur les dessins de M. Bècquey-Beaupré ; il est formé de cinq arches, dont la longueur totale est de 400 pieds.

Ce pont est d’un fort bel aspect, et très-solide ; il est lac h eux qu’il ne soit pas entièrement en pierre detaille.

Hôpital de la Salpétrière.

[Rue Polir eau, no 7, bouler art de V Hôpital.)

Le premier président du parlement de Paris (Belièvre de Pompone) provoqua Pédit du 27 avril 4656, qui institue un Hôpital général. Les constructions furent eievees d’apres les dessins de Libéral Bruant, sur les ruines d’un château appelé les masures de Bicètreet la maison de la Salpétrière , dont le nom lui est resté.

L emplacement de cet immense hôpital, auquel on a

ajouté successivement de nouveaux corps de bâti mens, occupe une superficie de 55,000 toises carrées (01 arpens de Paris).

Une église, dont le plan est un octogone de 10 toises de diamètre, est comme le centre de cet hôpital ; chacun des côtés de l’octogone est percé d’une arcade à laquelle aboutit une nef; quatre de ces huit arcades servent d’ouvertures à des chapelles. Les constructions de cet hôpital sont ce qu’elles doivent être : grandes, simples et solides.

Depuis 1802, les habitans de la Salpétrière sont distribués en cinq classes :

lo Les reposantes ? ou femmes qui ont vieilli dans le service ;

2o Les indigentes aveugles, paralytiques , infirmes et octogénaires;

3o Les femmes septuagénaires affligées de plaies incurables ;

40 L’infirmerie : elle contient 400 lits;

30 Les aliénés , les épileptiques.

La pension à laquelle ont droit les femmes qui Yeuïentse retirer dans leur famille avec leur consentement, est de 120 francs pour les valides^ et de 130 francs pour les infirmes.

Catacombes.

On a appelé de ce nom l’immense étendue de carrières creusées au-dessous de la plaine de Montrouge et des quartiers de la rive gauche de la Seine, depuis qu’elles reçoivent les ossemens recueillis dans les anciens cimetières.

L’idée de former dans les carrières de Paris ce monument unique, est due à M. Lenoir, lieutenant de police. Ce fut lui qui provoqua la suppression du cimetière des Innocens et sa conversion en place publique.

M. Guillaumot fit commencer, en 1786, les travaux nécessaires pour disposer d’une manière convenable le lieu destiné à recevoir les ossemens exhumés du cimetière des Innocens et autres lieux de repos.

Après avoir fait l’acquisition de la maison dite l'omhe îsoire , ou îsoard , située sur l’ancienne route d’Orléans (la voie creuse) , on fit an escalier de 77 marches^

pour descendre à 17 mètres environ de profondeur ; on construisit en même temps un puits muré pour la jetée des ossemens; les ciels des carrières furent consolidés, des communications ouvertes entre les carrières , tant latérales que supérieures et inférieures.

Trente à quarante générations reposent dans ces vastes souterrains. On estime le nombre de ces morts à huit fois la population actuelle de Paris.

Les ossemens sont rangés et empilés avec ordre entre les piliers qui soutiennent les voûtes des galeries. Trois cordons de têtes forment comme la corniche de ces singulières murailles. Des inscriptions apprennent à quel cimetière, à quelle église ces restes sépulcraux ont appartenu.

Les catacombes ont trois entrées : la première au pavillon occidental de la barrière d’Enfer, la seconde à la Tombe Isoire, la troisième dans la plaine de Montsouris. On n’est admis que sur le vu d’une permission signée de l’inspecteur général ou des ingénieurs-surveillans.

Un escalier étroit, par lequel on ne peut descendre que un à un, à 30 mètres, conduit à la première galerie, dans laquelle on peut marcher deux de front.

Outre les osssemens on voit encore dans les catacombes des échantillons de toutes les substances minérales qui composent le sol des carrières, et une collection de phénomènes, singularités ostéologiques découvertes en faisant le classement des ossemens. Pour y entrer, s’adresser à M. l’ingénieur en chef des domaines, rue de l’Université , n° 29.

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