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commercial et industriel peut seul rendre exécu: table.
Si, des villes, notre regard se porte sur les campagnés, un spectacle plus désolant encore nous frappe. L'émigration nous enlève la fleur de notre population, sans que nous puissions atteindre la cause, ni blâmer le motif qui nous dérobent toutes ces forces vives. Qui pourrait condamner ceux qui émigrent quand, pour ne pas émigrer, il faut manquer vraiment d'énergie et de force morale ; quand il faut étouffer l'ambition qui vous sollicite pour vous endormir dans l’inertie qui vous condamne à une gène perpétuelle ? Et cette émigration qui nous affaiblit ne cessera pas ; elle durera autant que les causes qui l'ont fait naître ; et pour ramener au pays les 500,000 Canadiens industrieux qui habitent les Etats-Unis, il faudrait faire disparaître ce qui les a fait partir : le manque d’industrie, la rareté du travail, la modicité des salaires,
À côté de l’émigration qui enlève les actifs, les vaillants, il y a l'usure qui ronge et dépouille ceux qui restent. On travaille, on lutte pour se ruiner à la fin, pour voir son champ devenir la proie des marchands d'argent ; et cenx qui n’émigrent pas à l'extérieur, émigrent à l’intérieur : recommençant sans cesse un édifice qui s'écroule sur eux avart qu'il soit achevé, et dont les Aébris leur servent à reconstruire plus loin un abri qni ne tarde pas à leur être disputé.
Ni pénible que soit la situation des classes ouvrières, des habitants de la campagne, ce n’est rien pourtant comparé à la situation de la jeunesse instruite. Celle-ci est absoiument sans avenir. Il n'y à de positions dans les professions que pour un petit nombre ; et dans les bureaux publics, il
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n'yen a plus pour personne. Un exemple frappant du sort désespéré auquel cette jeunesse est condamnée, se passe en ce moment devant nous, et est fait pour ouvrir les yeux aux plus aveugles. Il y a trois ans, deux ou trois cents jeunes gens, pris presque tous dans l'élite de notre population, partaient pour Rome af: de s'y vouer à la défense du Saint Père. Ils sont revenus après avoir sacrifié à une noble cause un temps précieux à cette époque de la vie. Ils avaient droit de s'attendre, ils s'attendaient à trouver, en arrivant, de l'emploi, des carrières ouvertes à leur énergie, la récompense de leur dévouement, Entourés d’un incontestable prestige, protégés tout particulièrement par le clergé, ils étaient dans les meilleures conditions pour réussir. S'ils ne réussissaient pas, aucun groupe, au-
.cune autre classe de jeunes gens ne pouvait espé-
rer réussir. Vous savez aussi bien que moi ce qui leur est advenu. Ils ont trouvé devant eux, à leur retour, des sympathies plein les cœurs, mais rien deplus. C’est comme s'ils avaient abordé au désert, Et si aujourd’hui, on les appelait de nouveau sous les drapeaux, ils repartiraient, tous, ou presque tous, non pas seulement par amour d’une srande cause, mais parce qu'ils seraient convaincus, cette fois, de ne rien laisser derrière eux. Si de telles déceptions les attendaient au pays, ce n’est la faute de personne cependant : nous ne pouvons leur donner que ce que nous avons ; or, nous n'avons à offrir que des terres incultes, et nous n’avons pas manqué de leur en présenter. Une seule consolation ler reste : c’est qu’en voyant le peu d'activité qui règne autour d'eux, la flânerie contemplative qui gagne les plus ardents, ils peuvent se croire encore en Italie.
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