UN MOT D'EXPÉRIMENTATION
M. le Président, Mesdumes ct Messieurs,
Par unc belle journée de l'automne dernier, je suivais une de ces longues routes de colonisation, première entaille dans la forêt vierge. Nous avions traversé les gaies Laurentides, contourné plus d’un lac enchanteur et nous arrivions au plus grand de tous, terme de notre voyage, le beau Nominingue.
Nous étions, vous le voyez, en plein pays neuf, partie de ce grand domaine que le zèle et l’activité du père Labelle ont ouvert à notre population, et que nous avons appelé le Nord-Ouest de la province de Québec. De chaque côté de nous, la forêt intacte ; la main de l'homme n’a pas encore porté atteinte à sa rustique beauté. Pas d'indice encore qu'un colon se propose d'y venir réclamer son héritage.
Voilà que sur la route solitaire, c’est presqu'un événement, nous faisons une rencontre,
Quand deux hommes s'abordent aux grands bois, c'est le moment de suppléer au manque de poste, de télégraphe, voir même de téléphone. Non seulement il faut pratiquer l'ancien usage chrétien et
français de se saluer sympathiquement, mais de plus, ne pas passer”
droit et froidement son chemin ; faire un bout de conversation, dispensant généreusement, Mais condensées, les principales nouvelles. Et
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