‹ Conférence de l'OdéonChapitre 22 sur 57 · LISETTE · texte numérisé non relu

LISETTE

O la i,M-nn(l(' inervoillo Qu'une fille à vingt ans ait la puce à l'oreille!

GÉHONTK

Pourquoi me réponds tu? je ne te parle pas.

LISKTTB

Je me réponds à moi.

OÈRONTB

Réponds-toi donc tout bas....

J'ahrèiîfe la citation, et vous avez encore reconnu le modèle. C était là de ces « elVets sûrs », dont nos pères ne

se choquaient point, si même on ne doit dire que, dans la déférence avec laquelle on les reproduisait, ils voyaient un hommage au maître qui les avait trouvés ou développés le premier....

Vous le voyez, Messieurs, si on le voulait, rien ne serait plus facile que de ramener ainsi trente ou quarante années de l'histoire de la comédie française à l'unique inspiration de Molière; et, sans doute, si nous le faisions, nous n'aurions pas complètement tort. Car jamais homme, en vérité, n'a pesé sur ses successeurs d'un poids plus considérable, plus lourd, et plus difficile à secouer que Molière, si ce n'est peut-être, de nos jours, Balzac sur les romanciers qui l'ont suivi. Allons plus loin ! nous le pouvons ; et disons qu'après cinquante ans écoulés bientôt, de même qu'un bon roman est celui qui se rapproche le plus du roman de Balzac, — d'Eugénie Grandet ou d'un Ménage de Garçon, — à la seule condition d'être un peu mieux écrite de même en France, une bonne comédie, fût-elle de Labiche oud'Augier, sera toujours celle qui nous rappellera le plus la comédie de Molière; et nous ne la louerons peut-être jamais mieux qu'en montrant comment, par où, par quels mérites, et au besoin par quels défauts, elle rappelle celle de Molière -.

1. J'éprouve toujours quelque gêne, sinon quelque remords, à parler ainsi du « style » de Balzac; et cependant je ne puis le nier, s'il y a un art de « bien écrire », il écrit mal. Mais s'il écrivait mieux, je veux dire plus correctement, plus simplement, moins prétentieusement — d'un style qui fit moins l'effet, selon le mot de Sainte-Beuve, « d'être brisé comme le corps d'un mime asiatique », — serait-il Balzac, le peintre de la Comédie humaine et le génie même du roman de mœurs contemporain? C'est une question qu'en passant je soumets à ceux qui savent combien de fois, et avec combien d'apparence de raison, on a reproché aussi leur « mauvais style » à Molière et à Saint- Simon, ces deux grands peintres de la vie.

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