‹ Conférence de la fable avec l'histoire sainteChapitre 19 sur 63 · HOVA · texte numérisé non relu

HOVA

art , In Gbanaan , liv. 1. cl). 26.

ir la lin de son traité d'Isis et d'Osiris

59. eh. 38 , 39 et 40 de ses Hiéroglyphes. (9) Dan s ses Saturnales , liv. 3. en. !i. (10) Fons sapientias ver b uni Del in excelsis. Eccli. ch. 1. v. 5.

72 CONFÉRENCE DE LA FABLE , etc.

beaux-arts ; elle avait à Mégalopolis un Temple avec ce titre. Elle protège et inspire les Savans et les Ouvriers habiles (1) ; c'est d'elle qu'ils reçoivent leurs connaissances et leurs idées. Nulle vertu et nul grand talent sans elle et que par elle. Ni la nature, ni les maîtres, ni l'étude ne peuvent enseigner les sciences et les vertus ; c'est par son inspiration et son influence seules qu'on peut les acquérir ; on y travaille vainement sans le soutien et en dépit de Minerve; comme c'est de la Divinité seule que la science et la vertu peuvent nous venir, c'est à elle seule que nous devons les demander. (2) Les Poètes recommandent de n'entreprendre aucun ouvrage , si l'on n'y est inspiré et conduit par Minerve. (3)

Rien n'est plus propre à la Sagesse Divine , au "Verbe Eternel ; il est le Père des lumières , qui éclaire tous les hommes (4) ; il les enseigne lui-même , et leur donne les connaissances , il en est le Dieu et le Maître ; c'est lui qui prépare et qui forme les pensées, comme. la Lumière universelle et unique des esprits.

Aussi saint Augustin en plusieurs endroits de ses ouvrages , mais particulièrement dans son Traité intitulé du Maître (5) , prouve qu'il n'y a point de maître sur la terre qui puisse enseigner les sciences et la vertu ; que les hommes n'enseignent que les signes , et non les choses ; et que l'unique Maître qui peut nous enseigner , c'est la Sagesse qui est dans le Ciel ; que Jésus-Christ seul est cette Sagesse et ce Maître, comme il nous l'apprend lui-même dans son Evangile. (6) Il avait fait dire par Isaïe , que pour apprendre à instruire les autres , il faut être attentif aux instructions de cet unique Maître, et recevoir plutôt de lui ce qu'on veut enseigner. (7) L'illustre P. Malebranche (8) a travaillé à rendre sensible cette importante vérité , que Dieu est notre seule Lu-

(1) Pausanias , in Arcadicis.

(2) Virtutem cloceri non posse per prœceptores , ncque naturâ neque doctrinâ illam acquiri, sed divinâ sorte adesse cuicanque adest; et quia à Deo solo esse passant et peti dcbent virtus et sapientia. Plato , in Menone seu de virtutc.

(3) Tu nihil invita faciès dicesve Minervà. Horat. de arle poética. [h) Pater luminum et qui illuminât omnem liominem. S. Jean, ch. J.

v. 9 et 17.

Qui docet hominem scientiam. Psaume 93. Dcus scicntiarum Dominus est, et ipsi prœparantur cogitationcs. 1. Reg. c. 2. v. 3.

(5) De Magistro.

(6) Unus est Magister vester ; et magistcr rester unus est Cliristut, S. Matthieu , 23. v. 8 et 10.

(7) Dominas dédit mihi tinguam cruditam , mane crigit milii aurcm ut audiam quasi magistrum. Isaiae c. 50. v. !i.

(8) Dans la seconde partie , ch. G. du liv. 3° de sa Recherche de la Vérité ; et en d'autres endroits de ses ouvrages.

i4» Minerve. ^3

mière , l' unique .Maître que nous devons consulter et écouter : <|ue c'est la Minerve qu'il faut toujours suivre, si l'on ne veut pas s'égarer.

On voit dans les Histoires du Peuple Juif, et surtout dans ses guerres, que Dieu y parait partout : il inspire et concerte les desseins ; il conduit les armées , dont les chefs ne font que le suivie ; il détourne d'eux les coups que les ennemis leur portent , il dirige et pousse les leurs sur leurs ennemis ; s'ils les battent , c'est parce que Dieu les leur livre ; quand ils sont défaits , c'est parce qu'ils ont obligé par leur ingratitude de les livrer à leurs ennemis. Cela règne si fort dans toutes leurs Histoires , quelles sont moins l'Histoire des hommes que celle de Dieu , qui les favorise, ouïes châtie, suivant qu'ils l'ont mérite.

Les anciens Poètes ont si exactement copié ce modèle , que tous leurs personnages sages, prudens, braves et habiles sont inspirés , conduits et soutenus par l'assistance visible et immédiate des Dieux , et particulièrement de Minerve. Ce ne sont pas les Grecs , qui forcent , qui détruisent Troie , ce sont les Dieux eux-mêmes en personne qui la livrent aux Grecs ; c'est Minerve , qui se rend maîtresse des forteresses. (1) C'est elle , qui dans Homère conduit le sage Ulysse ; et qui dans cet excellent ouvrage , dont Homère lui-même aurait admiré les beautés, assiste Télémaque dans ses merveilleuses aventures.

Il ne paraît pas hors de propos de placer ici une vieille tradition, rapportée comme fabuleuse par Diodore (2), au sujet de l'Ile de Rhodes , dont nous avons parlé, et d'une Statue de Minerve , qu'on y honore d'un culte qu'il appelé singulier. Cette Ile , dit-il , est consacrée au Soleil , et ses anciens habitans ont excellé dans les grandes connaissances, particulièrement de F Astrologie. Apollon y avait eu sept enfans , d'une Nymphe qui donna son nom de Rhodes à cette Ile. Un de ces sept enfans , nommé Tenages , qui se faisait estimer plus que tous ses frères , périt par leur jalousie ; et les autres ayant été obligés de quitter le Pays , un d'eux se retira en Egypte , où il bâtit la Ville d'Héîiopolis , et enseigna aux Egyptiens l'Astrologie et les autres Sciences , avec la connaissance des Lettres. Dans la révolution des années , les Sciences etles Lettres s'étant perdues à Rhodes et dans toute la Grèce , parles déluges et par les autres accidens qui en avaient détruit et fait perdre tous les monumens , les Egyptiens , qui les avaient conservées et cultivées , et qui s'en attri-

(1) .Tenu stnnmas arecs Tritonia , respice , Pallas Tnsedil , Au 2. liv. do l'Encïtlo.

(2) Liv. 5. de sa Bibliothèque historique.

^4 CONFÉRENCE DE LA FABLE , etc.

huaient l'origine parl'antiquité, les rendirent à la Grèce, qui a passé depuis pour les avoir reçues des Egyptiens } ou , par Cadmus , des Phéniciens , qui les tenaient euxmêmes des Egyptiens.

Qui ne voit daus cette copie fabuleuse l'original de l'Histoire de Joseph , perdu par la jalousie de ses frères , lesquels , ayant été forcés de se retirer en Egypte , s'y établirent, y bâtirent des villes, et y portèrent toutes les anciennes et belles connaissances de l'univers , de sa création , de la véritable Religion , et de l'Astronomie , qu'ils avaient apprises de leurs ancêtres , et qui durant leur long séjour en Egypte en instruisirent si bien les Egyptiens, qu'elles passèrent pour les Sciences de cette nation , nées et cultivées chez elle , et qu'ils passèrent eux-mêmes pour Egyptiens ? Ils leur en laissèrent , avec les traditions , d'illustres monumens sous le nom d'Hermès , ou de Mercure ; sous lequel nom ils cachaient ceux de Joseph on de Moïse. Ils ont aussi confondu ces deux Patriarches dans le nom et la personne de Tenagës ; auquel ils ont donné l'aventure de Joseph , exposé et vendu par ses frères jaloux, et celle de Moïse sauvé des flots du Nil ; d'où a été formé son nom de Tenages , qui en Grec veut dire sorti du limon. Ce fut de ces prétendus Egyptiens et Phéniciens , de la race desquels étaient Joseph et Moïse , que les Grecs apprirent ensuite ces mêmes connaissances ; et c'était chez eux que les Grecs curieux et savans allaient les apprendre , comme dans leur source.

©®®®®®®®®®®®®@®®®®®e®®®®®®®®®@®®®®@® XV. BAGGHUS OU DIONYSÏUS.

JLa singularité de la naissance de ce Dieu , son nom , la grande variété de ses surnoms , pris de ceux que nos Saintes Ecritures ont donnés au vrai Dieu , et la ressemblance de ses plus considérables exploits avec ceux qui sont rapportés dans ces saints Livres , ont fait apercevoir à tous ceux qui ont voulu y faire attention (1) , que la Fable a puisé dans cette source toutes les merveilles dont elle a composé son Bacchus. Il est copié, en partie sur Noô , et sur Nemrod ; mais pour la plus grande partie, sur Moïse et sur ses prodiges , dont la mémoire était récente et célèbre , lorsque Cadmus , se retirant de la

(1) S. Justin, dans sa seconde Apologie pour les Chrétiens , et dans son Dialogue avec Tryphon ; Bochard ; Vossius, de idololat. iib. 1. c 30. M. Muet ; le P. Thomassin , et autres.

i5. Bacelius. ^5

Phénicie dans la Grèce, y porta le culte de Bacelius (1) , que les Phéniciens avaient reçu de l'Assyrie.

On a compté plusieurs Bacchus. Diodore et Philostrate on reconnaissent trois : l'un de Thèbes en Egypte , l'autre Indien , le troisième Assyrien. Cicéron (2) en compte cinq , dont l'un était né du Ail , suivant Orphée dans ses Hymnes ; mais suivant l'opinion commune Bacchus était né sur les bords de ce fleuve , de Jupiter et de Sémélé Thébaine. La Fable feint que s'élant abandonnée à Jupiter , elle eut l'ambition de vouloir être visitée de ce Dieu , dans toute sa majesté et avec ses foudres ; qu'elle en fut brûlée; que Jupiter tira l'enfant, au milieu des «clairs, du corps de la mère morte , et le cousut à. sa cuisse ; d'où il le fit naître quand le terme naturel fut accompli ; sur quoi l'on dit qu'il avait eu deux mères (5) , ou qu'il était né deux fois. Après qu'il fut né, on l'enferma dans une caisse pour le sauver , et on l'exposa sur le fleuve ; d'où il est appelé Ml dans Diodore et dans Macrobe ; Orphée l'appelle Myses (4) , qui veut dire sauve de l'eau. Il fut aussi nommé Dionysius. On disait qu'il avait été porté et élevé par des Nymphes , dans la ville de Nysa , en Arabie (5) , dont les habitans , issus d'Abraham , s'appliquaient volontiers , pour flatter leur vanité , les Histoires des autres descendans de ce Patriarche. On ajoute qu'il fut mutilé. On le peignait fort beau et toujours jeune ; il se rendit illustre dans les armes , et parcourut l'Arabie avec une armée nombreuse composée d'hommes et de femmes (6) ; il fut grand Législateur , et donna ses Lois en deux tables , comme nous l'apprenons d'Orphée. (7) On le représentait en Taureau avec deux cornes , comme Osiris , et on l'appelait Cornu et Taureau. (S)

Il avait à la main une verge, entourée de serpens entortillés , appelée Thyrse (9) , qui faisait des prodiges fréquens , et qu'on portait dans la célébration de ses Mystères : il était toujours accompagné d'un chien ; on lui attribuait d'avoir le premier planté la vigne , et donné

(1) Bochart , in Chanaan , lib. 1. c. 18.

(2) Cicer. liy. 3. de nat. dcorum.

(3) Bimater, ou Ditliyrambus , ctjff îsgeniïus. Konnus , aucommencernent de sou Poème des Dionysiaques.

[l\] Mysés , dans les Hymnes d'Orphée.

(3) Pausauias , in Laconicis.

(0) Idem , in Corinlhiacis ; et Diodor. liv. 1.

(7) Orpheus , in Hymnis.

(8) Tauriformis, bicornis, cornîger. Plutarque, dans ïsis: Orphée; Euripide , in Bacckls ; d'où Ovide a dit : Accédant capiti cornua , Bac-

;0) Du mot Hébreu Thirza , qui signifie une branche de Pin.

^6 CONFÉRENCE DE LA FABLE , etc.

le vin aux. hommes, après le Déluge universel (1) ; il planta la vigne sur le mont Liban , dans la Palestine , où il étendit ses conquêtes.

On voit clairement , dans ce que nous avons rapporté, les aventures de Moïse , aussi Egyptien , dont la naissance et le berceau , devenus célèbres , ont été l'original de la naissance ridicule de Bacchus et de son berceau , qui le lit appeler par les Grecs , Limites, de Licnon » qui veut dire Berceau. On fut obligé de cacher Moïse, dès qu'il fut né : il fut exposé sur le Nil , et il en fut sauvé par la fdle de Pharaon , qui fut si charmée de sa beauté , qu'elle le fit élever , et l'adopta pour son fils. Philon conte qu'elle feignit même d'être grosse , et ensuite de s'en être accouchée ; d'où vient qu'on a donné deux mères à Bacchus , et qu'on a dit qu'il était né deux fois. Moïse était si beau , qu'on ne pouvait le voir sans en être charmé , dit Josèphe (2) , comme le fut la fille du Boi d'Ethiopie.

La manière de parler, dont l'Ecriture se sert lorsqu'elle dit Ceux qui. étaient sortis de la cuisse de Jacob (5) , pour dire ses enfans , a donné lieu à l'imagination qui fait sortir Bacchus de la cuisse de son père. (4) Moïse passa une partie de sa jeunesse dans l'Arabie , et s'y maria. Ce qu'on a feint de la mutilation de Bacchus , n'est qu'une altération de la circoncision ordonnée au Peuple Juif, que Moise avait subie , et dont il reçut un ordre particulier pour son fils ; ce qui fit dire à sa femme , Fous m'êtes un époux de sang. (5)

La naissance fabuleuse de Bacchus , au milieu des éclairs et des foudres de Jupiter , est une corruption de la tradition de l'Histoire de Moïse , qui fut quarante jours avec Dieu , sur la montagne de Sinaï , enveloppé clans les flammes et les éclairs que les Hébreux voyaient, où ils le crurent consumé, et du milieu desquels ils le virent sortir comme un homme nouveau. C'est ce qui fit nommer Bacchus Ignigena , c'est-à-dire, enfant du feu. C'est aussi de cette montagne qu'on prit occasion de dire qu'il fut élevé à Nysa , par un petit changement dans le mot de Sina où Moïse reçut les instructions et la Loi de Dieu en deux tables qu'il porta au peuple. Vossius a re-

(1) Nonnus, dans ses Dionysiaques, liv. 6. sur la fin. Et genialis consllor avec ; dans Ovide , Metamorph. 1. U.

(2) Josèphe , liv. 2. de son Histoire , chap. 5.

(3) Qui egréssi sunt de femore Jacob. Genèse , ch. 46. v. 26. et Exod. ch. 1. v. 5.

(il) E Phœnicibus eadem vox femora et verenda signifiait. Bocharfc , Chanaah , liv. 1. c. 18.

(5) Scpkora circumeidit prœpuiiiim filii sui, et ait Mi : Sponsus san* guïnum tu mild es. Exod. ch. It. v. 25 et 26.

i5. Bacchus. 77

marqué , que dans la Chronique d'Alexandrie , on confond \ysa et Sina dans l'Arabie , comme la même montagne. Les deux tables des lois que Bacchus donna à Béroé, prés du mont Liban (0, ne sont qu'une copie de celles de Moïse, comme aussi les cornes qui parurent au front de celui-ci lorsqu'il descendit de la montagne (2) , en ont fait donner à Bacchus.

Le nom de Bacchus , comme Bochard l'a observé (5) , est prit de Bar-chas , c'est-à-dire fds de Chas, appelé aussi Chuséen , qui fut Nemrod ; d'où Bacchus fut aussi appelé Nebrod [\) par les Grecs. Un de ses anciens noms était Zagréus , c'est-à-dire grand et vigoureux Chasseur; C'est le nom par lequel l'Ecriture désigne Xernrod. (5)

On ne doit pas être surpris que Bacchus soit composé de plusieurs personnages de l'Eiistoire Sainte ; mais la plus grande partie en est copiée sur Moïse, comme l'a remarqué Vossius , qui croit que le Bacchus des Indes avait été formé sur Noé ; et celui d'Egypte et d'Arabie sur Moïse. Dans la suite , les aventures de l'un et de l'autre furent confondues, et encore plus altérées.

On a pris de Noé l'invention de planter et de cultiver la vigne , et de l'usage du vin. On avait dit que Bacchus en avait planté près du mont Liban, joignant l'Arménie où \'oé séjourna quelque temps après le déluge.

Bacchus , célèbre par ses conquêtes , avait reçu de Jupiter l'ordre de défaire les Rois d'Arabie et des Indes, d'exterminer leurs peuples , et de faire avec son Thyrse , des exploits dignes du Ciel. (6)

Avec ce Thyrse et une suite de gens sans armes , il mit en pièces des Géans (7) ; il défit de puissantes armées ; il déliait la langue de ceux qui ne pouvaient parler (8) ; il passa au travers de la Mer rouge (9) et des fleuves dont les eaux se reliraient pour lui donner passage. Ce fut en fuyant les Egyptiens qu'il traversa de même l'Oronte et l'Hydaspe, oùles Indiens furent submergés (10), lorsqu'il eut frappé du Thyrse l'eau de ces fleuves. (11) Rien né résistait à celle verge.

(1 ) Orphée . dans les Hymnes ; et Nonnus , liv. Al. Dioirysiac.

(2) E\od. eh. 31 et 3Zj.

(3) lu Phaleg. lib. 1. c. 2. Bar-chus , Cliusi filius , Chusœus in Arabia natiis.

(û) Ncbroclcm. eod. c. 2. Phaleg.

(5) Genèse , c. 10.

|6) Cœlo cligna perfœe.'THonnus, Dionysiac. lib. 13. inprinc.

17) Idem, lib. 3. cap. 25 et Û8.

(«) Idem, lib. 26. v. 288.

[9] Flauum ruUri suOiit fluctum maris persequente Lrcurgo. Idem , lib. 20. et Homère au G. liv. de l'Iliade.

Fugiens /Kgyptios Oronlem et Hydaspen fliwios Thyrso trajeeit . ('» quibus huli submereunidr. Noniius , lib. 24 et 25. (11) Diudore, liv. 3. et Plutarquc dans lsis.

7 8 COEFÉREPTCE DE LA. FA.BLE , etc.

Etant exilé de l'Egypte , il eut affaire au Roi d'Arabie (1) , ennemi puissant et cruel. Il se laissa une fois séduire , et se livra sans précaution à ce Roi , qui défit ses troupes avec un aiguillon dont on pique les bœufs, auprès du mont Carmel dans la Palestine ; mais Bacchus , favorisé des Dieux , défit dans la suite tous ses ennemis , et se rendit maître de leur pays ; le Roi d'Arabie fut pris. De tous les Indiens , il n'en resta qu'un seul pour porter la nouvelle à leur Roi , que tous les autres avaient péri, ou dans le combat, ou sous les eaux , par le Thyrse de Bacchus.

Malgré les altérations inévitables, dans les traditions, par le laps de temps et par le passage d'une Nation à une autre , on ne peut méconnaître dans cette copie l'Original de l'Histoire miraculeuse de Moïse , ni désirer une ressemblance plus sensible.

Moïse fut redoutable et célèbre par ses grandes conquêtes dans l'Arabie même , où l'on a placé celles de Bacchus. Il la traversa au milieu des plus grands obstacles (2) ; il y défit et passa au fil de Fépée plusieurs nations •• il tailla en pièces le Géant , roi de Basan (5) , ses enfans et tout son peuple, les Moabites et les Madianites. (4) Il conduisit les Israélites au bord du Jourdain ; et après lui Josué ( qui l'avait suivi , qui lui succéda , et dont on confondait aisément les exploits avec ceux de Moïse , ) conquit la Palestine , en chassa ou extermina les habitans. On appelait anciennement Indes tous les Pays reculés vers l'Orient.

Tous ces succès étaient l'effet d'un ordre exprès du Ciel : Je vous ordonne, ( lui dit Dieu , ) de tirer mon Peuple de l'Egypte , pour aller se saisir des Pays des Chananécns , des Héthéens (5) ; et ne craignez pas tous ces Rois (lui dit-il ensuite) ;je les ai livrés entre vos mains avec tout leur peuple. (6) Dieu leur ordonna encore de faire des prodiges avec sa verge (7) , pour faire voir qu'il était envoyé du Tout-puissant ; sur quoi on a feint des ordres pareils , donnés par Jupiter à Bacchus. (8) Ainsi , avec peu de combattans et sans perte , Moïse , par cette verge, défit des armées nombreuses; il prit des villes très-fortes ; il abattit les Géans de la race d'Enac. Rien n'est comparable aux prodiges de son Histoire. Il avait

(1) lïomerc , au 6. liv„ de l'Iliade : et Dionysiac. liv. 20. v. 235 et 2Q0.

(2) Exod. c. 17.

(3) Kurasr. c. 21.

(ù) Kumer. c. 21 et 31.

(5) Exod. c. 3.

(6) Kumer. c. 21.

(7) Virgam liane sume in manu tua, in quel facturus es signa. Exod. c. b. v. 17.

(8) Cœlojligna perfice. Sup.

i5. Bacchus. 79

naturellement de la peine à parler ; Dieu lui délia la langue , et lui dit : Je ferai qu'on vous entendra. (1)

11 n'est pas nécessaire de faire observer que le passage de la mer rouge par Bacchus , à la sortie de l'Egypte , et celui des fleuves mis à sec, où les ennemis qui le poursuivaient étaient submergés par un coup de sa verge, sont pris du passage de la même mer et de celui du Jourdain , divisés par la verge de Moïse. Les Poètes, qui ne cherchent qu'à briller par tout ce qu'ils peuvent imaginer de merveilleux, n'ont eu dans cet endroit qu'à suivre l'original , dans toutes ses circonstances.

A la sortie de l'Egypte , d'où les Egyptiens publiaient que Moïse et les Israélites avaient été chassés, il eut affaire à de puissans et cruels ennemis , les Rois d'Arabie et du Pays de Chanaan. Le Peuple qu'il conduisait, sur le point d'entrer dans la terre qui lui était promise , voulut , contre les ordres que Moïse lui annonçait de la part de Dieu, combattre les Amalécites et les Cbananéens (2) ; et Dieu le livra à ses ennemis ; il fut taillé en pièces. Mais Dieu s'étant apaisé en faveur de ce même Pe.uple, le rendit enfin vainqueur; les Nations et 1rs Rols lurent exterminés. La Fable a pris de Samgar, qui défit les Phiiistins avec un soc de charrue (5), l'aiguillon à piquer les bœufs , avec lequel elle attribue à Lycurgue d'avoir défait Bacchus. Lycurgue est ici un nom forgé de deux pour signifier un loup furieux et enragé.

Le Thyrse de Bacchus , orné de pampres de vigne ou de feuilles de lierre , qui jeté , par terre , s'était changé en serpent (4) , et ceux dont les Bacchantes se couronnaient , sont une imitation de la verge de Moïse , convertie de même en serpent, quand il la jeta à terre en présence de-Pharaon. Ils peuvent l'être aussi du Serpent de bronze que Moïse fit élever, pour guérir les morsures des serpens dont les Israélites furent affligés dans leur voyage.

L'armée avec laquelle Bacchus parcourut l'Arabie et les autres Pays qu'il subjugua , a été composée et mêlée de femmes et d'hommes (5) , comme était composé le grand Peuple que Moïse conduisit de victoire en victoire dans le désert de l'Arabie et dans la Palestine.

Bacchus et les femmes de sa suite faisaient sortir de l'eau des rochers , en les frappant avec le Thyrse (6) ; ils firent aussi sortir des flammes de la terre, en la frap-

(1) Vadc , congrega , et audient vocem tuam. Exod. c. 3. v. 10 , 18.

(2) Nurner. c. 14. in fine.

(3) Juclic. c. 3. v. 31.

('!) Euripide , in Bacchis , Kionnus , in Dionysiac. S. Clément d'Alexandrie , in Gcntites , Arnob. lib. 5. (5) Nonnus , Cochard, et les autres.

(0) Pausanias , in Phocicis , in fine.

So CONFÉRENCE DE LA FABLE , etc.

pant de même (1) ; voilà les eaux du rocher frappé par la verge de Moïse , et les flammes qu'il fit sortir de la terre , pour consumer Coré , Dathan et Abiron. (2^ On a aussi dit que Bacchus changea en vin l'eau d'un fleuve , en le touchant de sa verge (3) , pour copier le changement de l'eau du Nil en sang (4) , par la verge de Moïse.

D'où aurait-on putirer l'imagination que les ennemis de Bacchus étaient dans les ténèbres , pendant que lui et son armée jouissaient d'une claire lumière (5) , si ce n'est des ténèbres dont l'Egypte fut couverte , pendant qu'il faisait un jour fort clair pour tout le Peuple d'Israël (6) , et de la colonne de nuée lumineuse du côté de ce Peuple , et obscure du côté de ses ennemis ? (7)

D'où aurait-on imaginé que le Pays où Bacchus conduisait toute sa suite , découlait de lait , de vin , et de miel (8) , si ce n'est de ce qu'il avait été dit , qu'il découlait des ruisseaux de lait et de miel dans la Terre où Moïse conduisit les Israélites ? (9)

De ce que le Seigneur, dans une colonne de nuée , conduisait son Peuple et marchait à sa tête durant le jour et durant la nuit (10) , les Poètes ont dit que Jupiter en aigle conduisait l'armée de Bacchus dans l'Arabie et dans les Indes. (11)

On mettait à la suite de Bacchus des chantres , des tambours , des danseurs , des flûtes et autres instrumens ; ce qui lni fit donner le nom de Sabazius (12) ; comme Tacite dit (i5) que suivant les Lois de Moïse , les Prêtres des Juifs chantaient et jouaient du tambour et de la flûte.

Ce qu'on a chanté de Bacchus , qu'il arrêta le Soleil , et l'obligea de retarder sa course pour prolonger le jour (i/i) , ne peut avoir été imaginé que sur la tradition du Soleil arrêté par Josué, successeur de Moïse , et souvent confondu avec lui.

La Fable rapportée par Pausanias (i5) , d'Euripyîe puni par Bacchus , pour avoir par curiosité ouvert une caisse ,

(1) Nonnus , in Dionysïac. et Euripides, in Bacchis.

(2) Kumer. c. 16. et Deuteron. c. 11.

(3) Nonnus , lib. 14. in fine ; lib. 15. in princ. etlib. Û8. v. 018. (û) Exod. c. 7.

(5) Nonnus ; Pausanias ; et Bochart , in Chanaan. (ô) Exoc!. c. 10.

(7) Exod. c. lu.

(8) Euripides , in Bacchis.

(9) Numer. c. 13.

(10) Exod. c. 13. in fine.

(11) Nonnus , Dionysiaques.

(12) Be 2«C«£êiv , bacckari , tripudiare , sauter . danser.

(13) TaciLe , liv. 2. de son Histoire.

(14) Ducem astrorumsolem exorauit cxlenclere dulcem luccm ut tardas in occasum vcniret. Nonnus , au commencement du liv. Û2.

(15) Pausanias , au liv. des Achaïques.

i5. Bacchus. 81

où l'effigie de ce Dieu était renfermée, a un rapport sensible avec l'Histoire des Bethsamites (1) punis pour avoir voulu trop curieusement voir l'Arche sainte, comme il sera observé dans un autre endroit.

Bacchus , irrité contre les Athéniens qui n'avaient pas reçu son culte avec assez de respect, les châtia, diton, dans les parties secrètes de leur corps , par des maladies auxquelles ils ne trouvèrent d'autre remède que d'offrir à ce Dieu (2) , avec toutes les marques d'un culte respectueux, suivant l'avis de l'Oracle, des effigies de ces mêmes parties ; nous verrons aussi ailleurs , que c'est l'Histoire assez connue des habitans d'Azot.

L'enlèvement d'Ariane, fille de Minos roi de Crète, par Bacchus , rapporté par Pausanias (3) , a été apparemment pris de ce que la fdle du roi d'Ethiopie s'était livrée à Moïse. (4)

Les Arabes , au rapport de saint Epiphane (5) , adorèrent Moïse comme un Dieu , après avoir vu les prodiges qu'il opérait et son pouvoir sur les élémens et sur toute la nature ; ainsi a-t-on dit qu'ils adoraient Bacchus , dont la Statue n'était qu'une pierre noire non polie (6) , posée sur un piédestal d'or ; conformément à ce que la Loi de Moïse ordonnait, que les autels fussent faits de pierres non polies. (7) Strabon (S) assure que les Arabes ne connaissaient que deux divinités , Jupiter , et Bacchus : et Pausanias (^) représente celui-ci porté dans le Ciel par Mercure. Aussi Tacite dit que quelques-uns avaient cru que les Juifs adoraient Bacchus (10) ; mais il rejette cette opinion par la différence de leurs cultes. C'est que ceux-là croyaient que les Juifs adoraient Moïse , qu'ils confondaient avec Bacchus.

Bacchus , qui bâtit un Temple à Jupiter Ammon, n'y mit aucune effigie ; ce qui se rapproche encore de la Loi de Moïse, qui le défendait (n) ; et les Phocéens avaient un temple de Bacchus de même sans statue ni effigie. (12)

Caleb , envoyé par Moïse pour aller visiter la Terre promise, ( d'où il rapporta sur un levier , un raisin d'une

(1) Au 1. liv. des Rois , ch. 6. v. 10.

(2) Bochart , in Chanaan , lib. 1. c. 18.

(3) Pausanias , dans les Phociques.

(4) Josèphe , liv. 1. chap. 5.

(5) Hérésie 55.

(6) Bochart , in Plialeg, lib. 1. c. 9.

(7) De saxis informibus et impolitis. Dculeron. e. 17. (S) Slrabon , liv. 6.

(0) Pausanias , clans les Laconiques.

(10) Liberum patrem coli dvmitorem Orientis quidam arbitrait sunt , nequaquam congruentibus instituas. Livre 5 , ch. 5. de son Histoire.

(11; Non faciès tibi seul/Acte. Exode c. 20 v. û. Lévilique , c. 26. et Dcutéron. e. 27. v. 15.

(12) Pausanias , dans les Phociques.

82 CONFERENCE DE LA. FABLE , etC.

grosseur prodigieuse pour faire voir la fécondité du pays,) signifie en Hébreu , un Chien. De là la Fable a donné à Bacchus un Chien fidèle , qui l'accompagne ; et en mémoire de ce beau raisin , elle a ajouté que Bacchus transporta son Chien au Ciel , et qu'il en fit une constellation dont l'emploi est de faire grossir et mûrir les raisins. (1)

Saint Justin (2) fait voir comment la Fable a horriblement défiguré et corrompu la Prophétie de Jacob , sur la postérité de Juda , d'où devait sortir le Messie , appelé en Hébreu , Silo , pour en composer la fiction ridicule de Silène , compagnon de Bacchus , toujours porté sur un âne , et toujours plein de vin , avec des cornes au front.

La Prophétie porte (5) que « le Sceptre et le Chef du » Peuple de Dieu demeureraient dans la postérité de Jucia » et de ceux qui seraient sortis de sa cuisse ( c'est-à- » dire , de sa race , ) jusques à ce que Silo ( c'est-à-dire , » Celui qui devait être envoyé) en viendrait; qu'il serait » l'attente des Nations : qu'il attacherait l'ânon à lavi- » gnc , et l'ânesse au cep de la vigne , qu'il laverait sa » robe dans le vin , et son manteau dans le sang du rai- « sin ; que ses yeux sont plus briilans que le vin , et ses » dents pins blanches que le lait. »

C'est pour corrompre cette prédiction , dit saint Justin , que les Démons inspirèrent ces fictions, que Bacchus était sorti de la cuisse de Jupiter, et qu'il enseigna à planter et à cultiver la vigne ; qu'ils employèrent les ânes dans ses Mystères ; qu'on représentait Silène avec Bacchus toujours pleins de vin , et leurs vêtemens aussi arrosés de vin ; l'un et l'autre portés sur des ânes et inséparables ; qu'on le représentait d'un visage brillant et toujours jeune ; mais portant des cornes ( ce qui était pris de Moïse ) ; ce fut du nom de Silo , qu'on forma celui de Silène.

Le nom d' Ahbir [l\) qu'on donne souvent à ce Dieu , et qui en Hébreu signifie également Taureau et Puissant, peut avoir aussi contribué à peindre Bacchus en taureau, et à l'appeler de ce nom.

De la même source viennent tant de mots qui paraissent barbares dans le culte et les cérémonies de Bacchus, et tant de noms du vrai Dieu que la Fable lui a transportés de nos saints Livres. (5)

Le nom de Dionysus composé de Dios , Jupiter , et de

(1) Ut uvam maturam rcddal racemi in ubertatem , jaculans sptenderem. Dans les Dionysiac. liv. 10. v. 200.

(2) Dans sa seconde Apologie pour les Chrétiens ; et clans son Dialogue avec Tryphon.

(3) Genèse , cl). 49. v. 9 , 10 , 11 et 12.

(?ij Ahbir , en Hébreu, puissant ou taureau. (5) iïocharcl , liv. 1. du Chanaan , c. 18.

i5. Bacchus. 83

Ptysa , 011 la Fable a placé son éducation , a été pris , suivant Cochard, do l'inscription que Moïse avait érigée à Dieu : Jëliova nissi , ou nissan; c'est-à-dire ; Le Seigneur est mon étendard et ma protection, (i) On mit, au lieu de .hhova, qui est le nom propre du vrai Dieu , celui de Jupiter , ou Dios , et de là Dcnys , qui est Bacchus. C'est ce qui fil ensuite interpréter qu'il avait été élevé à Nysa.

D'shlonaï , Bacchus fut appelé Adonœiis ; de El , Elicl et Ekioe , autres noms du vrai Dieu, Elelœus ; de ce que Dieu est dit un feu consumant (2) , un Dieu jaloux, en Hébreu , Hu-es , on a donné à Bacchus ce même nom liais , ou Ityés.

Le nom de Thyades , donné aux Bacchantes , et celui de Thyan , donné à un Temple de Bacchus (3) , viennent de ce que les devins Chaldéens étaient appelés Thyes.

On a appelé les Fêtes et les Mystères de Bacchus , Orgies , du Chaldéen Arzaia , qui veut dire Mystères. (4)

On l'a appelé en Grec Hyês , (5) comme l'on appelait aussi Jupiter , c'est-à-dire , le maître de la pluie , sur ce que Moïse levant sa verge vers le ciel , fit pleuvoir en Egypte , et fit ensuite cesser la pluie quand il le lui ordonna (6); Narlkecopkorus , portant toujours la verge ou le Tiiyrse , qui est le symbole propre de Moïse; et Mixobarbaros , parce que Bacchus conduisait des troupes mêlées de nations de barbares , comme Moïse conduisait un grand peuple que les autres nations appelaient barbare , et qui était en effet souvent indocile et barbare.

Le nom de Libérateur et de Sauveur (7) , donné en plusieurs endroits à Bacchus , convient parfaitement et proprement à Moïse , connu pour avoir délivré le Peuple de Dieu de la servitude de l'Egypte.

Bacchus était honoré dans î'Achaïe sous le nom Ù! Msymnetés (8) , c'est-à-dire caché et exposé dans le panier qui lui servait de berceau ; ce qui désigne uniquement Moïse : sous le nom de Mësateus , formé du nom de Moïse et de celui de Dieu ; et sous celui d'Antlicus (9) , c'est-àdire , qui fait fleurir , pris de la verge d'Araon , mise par l'ordre de Moïse son frère avec celles des autres Tribus d'Israël , pour discerner le choix de Dieu , laquelle

(1) Exode, cli. 17. v. 15.

(2) Deus igiiis consumais ; enlîé'breu, IIu-cs. Auch. û. du Deutéron. (•">) Pausanias , au livre des Eliaques.

(Û) Bochard , dans sou Chanaan , liv. 1. ch. 18.

(.")) Dans Aristophane ; et dans Plutarque , Traité d'Isis.

(0) Extendit Aloyses. virgam in cœlum, pluitque Dominas; extendit manum , cl cessaverunl tonitrua et grando , nec ultra slillavit pluvia. Esod. <•. l\.

(7) Eleulhcrius , Sauveur.

(8) Pausanias, dans les Acliaïqncs.

(9) Pausanias . dans les Archaïques , et clans les Alliques.

84 CONFÉRENCE DE LA FABLE , elC.

quoique entièrement sèche, fleurit dans une nuit. (1)

Il fut aussi appelé Cadmëen (2) , parce que Cadmus apporta dans la Grèce les Histoires de Moïse. Le nom de Mysés qu'Orphée lui donne au commencement de ce Chapitre comme nous avons dit , est visiblement celui de Moïse. Nous avons marqué l'origine de celui de Dithyrambus , ayant deux mères , et de celui de Licnités , pris du prodige de son berceau.

On lui a donné pour père Jupiter , père des Dieux, et régnant dans les Cieux; le père de Moïse était Amram, dont le nom en Hébreu signifie père haut et élevé. Le nom de sa mère Jocabed , qui signifie ambitieuse (5) , a donné lieu de faire périr la mère de Bacchus , par l'ambition d'être visitée par Jupiter dans tout son éclat, comme il visitait Junon.

Pausanias nous enseigne qu'auprès de Thèbes il y avait un Temple de Bacchus , surnommé JEgobolus (4) , en mémoire de ce que Dieu y avait envoyé et fait trouver un chevreau , au lieu d'un enfant qu'on était sur le point d'y sacrifier ; ce qui ne peut être qu'un reste de tradition du bélier que Dieu envoya pour être immolé au lieu du jeune Isaac. Nous verrons dans la suite d'autres imitations bien marquées de ce sacrifice.

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