I. DES ORACLES
(Quoique tout ce plan subsiste indépendamment des Oracles et des Sibylles , il ne paraît pas étranger et hors de propos de les y faire entrer , et d'en justifier la vérité contre les conjectures hasardées dont on tâcherait de l'obscurcir.
Quand on ne serait pas instruit par la lecture des anciens Auteurs ecclésiastiques et profanes les plus recommandables , qu'autrefois les Démons rendaient des Oracles par les Prêtres des Idoles , pour se faire révérer comme des Dieux ; ce que le P. Baltus en a écrit (2) de nos jours pour répondre aux doutes qui pouvaient rester sur ce fait , ne laisse plus aucun prétexte de le combattre. Il y a de quoi se convaincre que ces Oracles ne pouvaient être l'effet du seul artifice des hommes , de la seule su-
(1) Inslar lapidis indïcis. Au premier livre clos Slromatcs.
(2) Dans ses Réponses , imprimées en 1707 et 1703.
34 CONFÉRENCE DE LA. FAELE , etc.
percherie des Prêtres , sans le ministère des Démons.
Si quelque fait historique mérite qu'on y ajoute foi, c'est ce fait aussi éclatant , connu de tout le monde , attesté dans tous les âges et chez toutes les nations , par les x\uteurs de toutes les professions , les plus éclairés , les plus judicieux , les moins suspects.
Les Philosophes , les Princes , les P»épubliques , les Sénats , les plus sages des hommes , les plus intéressés à n'y être pas trompés , qui ont consulté ces Oracles et les ont pris pour guides dans leurs affaires et leurs entreprises les plus importantes , donnent à cette vérité un caractère d'évidence.
On ne peut lire d'Historiens Grecs et Latins , ni d'antres Ecrivains de toute espèce et de tous les Pays , où l'on ne trouve les Oracles révérés , les gens les plus considérables qui allaient de toutes par^s les consultesur l'avenir et autres choses cachées, sur leur fortune , sur la santé et sur la vie des hommes , avec des réponses de ces Oracles. Ce n'étaient donc pas les simples et les idiots qui étaient seuls admis à les consulter.
Platon (1) , après avoir établi que les lois ne devaient pas être changées sans une nécessité pressante, veut que , si cette nécessité paraît , on consulte les Magistrats , l'assemblée de tout le Peuple , et qu'on interroge tous les Oracles des Dieux ; ce qui prouve qu'il comptait et qu'il suppose que tout le monde comptait avec lui que les Oracles n'étaient pas de pures supercheries. Plutarque , clans son Traité de la cause de la cessation des Oracles , suppose et établit qu'il y en avait de vrais , qui ne consistaient pas dans les artifices des Prêtres.
Bien loin qu'on ne commît pour rendre les Oracles que des personnes capables de tromper adroitement, on choisissait dans les commencemens déjeunes fdles , les plus simples et. les moins instruites , pour Prêtresses de Delphes , jusques à ce qu'une ayant été enlevée , on résolut de ne plus choisir pour ces emplois que de vieilles (2) ; et ce qui fait voir quelle bonne foi l'on prenait soin d'y faire observer , le Sénat des Amphictyons , dont l'intégrité fut d'une réputation si reconnue , composé de sept hommes les plus sages , dans toute l'Attique, fut chargé du soin du Temple et de l'Oracle de Delphes , estimé le plus certain de tous , afin que tout s'y passât avecexactitudeetavec religion , au rapport de Strabon. (5)
On voit dans Denys d'Ilalicarnasse , comme dans les autres Historiens Paomains et Grecs , pour quelles granit) Si qua'ncccssitas urgera videbitur , etc. omnia Deorum pelant ur Ofacula. Au 0. Liv. clo ses Lois.
(S) Au rapport de Dioclore de Sicile, liv. 17. n. 12.
(3) Liv. 9. de sa Géographie,
r. Des Oracles. 35
dos affaires et par quelles gens ces oracles étaient consultés.
Dieu, après avoir fait prédire la venue de Jésus-Christ par le Prophète Zacharic , (1) dit : Dans ce temps-là » j'éteindrai dans le monde la réputation des Idoles , » et il n'en sera plus fait mention ; je chasserai de la » terre les faux Prophètes , et l'esprit immonde qui les » inspire ; et si quelqu'un après cela se mêle de prophé- » tiser , il ne passera que pour un imposteur qui veut » ahuser du nom du Seigneur, et il sera puni comme » tel. »>
Ce fut suivant cette prédiction , que les Oracles cessèrent. Plutarque en a recherché vainement les causes, faute de connaître celle qui était la seule vraie.
Tertullien (2) , mieux instruit, fait voir aux Gentils comment les Démons étaient soumis aux Chrétiens ; qu'ils étaient forcés de se taire en leur présence , et de reconnaître leur pouvoir au nom et par la vertu de la Divinité de Jésus-Christ. Celte affirmation d'un fait actuel, et dont Tertullien soutient et offre l'épreuve authentique aux Gentils , sous peine de sa vie , prouve sûrement que les Oracles étaient muets en présence des Chrétiens , non parce que les Chrétiens étaient éclairés pour découvrir leurs artifices, (comme s'ils avaient été les seuls éclairés , ) mais parce que les Démons perdaient toute leur force devant les Chrétiens , qui , par la vertu de Jésus- Christ, les obligeaient de se taire, les chassaient même des hommes par lesquels ils prononçaient auparavant leurs Oracles, et leur faisaient confesser leur propre faiblesse et la Divinité de Jésus-Christ.
Ce qu'on dit contre les Oracles n'est que ce qu'on a dit contre les faux miracles : qu'il ne convient qu'à Dieu de connaître l'avenir et de le prédire , et qu'il se serait prèle aux Démons pour leur aider à séduire les hommes ; ainsi la réponse de M. Pascal aux mauvaises conséquences qu'on voudrait tirer des faux miracles et des fausses révélations , sert contre les mêmes conséquences qu'on voudrait tirer des Oracles.
Dieu a permis aux Démons d'imiter ses Prophètes , comme il permit aux Magicieus de Pharaon d'imiter les miracles de Moïse ; et comme enfin il fit voir la faiblesse de ces singes de Moïse, il a marqué dans les Oracles les erreurs et la faiblesse de ces singes de ses Prophètes.
(1) Au ch. 13. de ce Prophète.
(2) Eclatur hic aliquis , dit-il, sub tribunalibus veslris, quem Dœmonc agi conslet. Jussits à quolibet C/trisliano loqui , spiritus Me, tain se dœmoncm confitebitur de vero , quant alibi Deum de falso ; nisi se dœmones confessi fuerint , Christ iano mentir i non audenies , ibidem Christiani illius orocacissimi sanguinem fundite. Tcrtull. Apologct. n. 23.
% CONFÉRENCE DE LA FABLE , etC.
Dieu permettait aux Démons de donner des réponses par la bouche de ceux dont ils se rendaient les maîtres , pour punir la préférence que ces idolâtres donnaient aux Démons sur le vrai Dieu, et à leurs passions sur la raison , en les livrant à leurs mauvais désirs , à toute l'ignominie de ces mêmes passions , à l'idolâtrie et à un sens réprouvé, (i) Mais Dieu donnait dans ces Oracles mômes assez de lumières pour ne s'y laisser pas séduire , et pour faire connaître qu'ils étaient rendus par des Esprits bornés et subalternes , lesquels ne connaissaient pas les causes éternelles et premières des événemens qui ne résident que dans la Sagesse divine ; ils n'avaient audessus des hommes qu'un peu plus de pénétration et de subtilité pour des conjectures , et plus d'agilité pour se transporter en des lieux éloignés ; mais il se trompaient souvent dans leurs réponses , et assez pour en désabuser ceux qui n'auraient pas voulu s'obstiner dans leur aveuglement. (2)
Dieu forçait même ces mauvais Esprits ( et c'était comme un tribut qu'il en exigeait ) de faire , par la bouche de leurs Prêtres, des aveux de leur faiblesse , et des prédictions en sa faveur qui surpassaient leur capacité aussi bien que celle des hommes. Jésus-Christ ( suivant la remarque de saint Augustin ) (5) se laissait connaître aux Démons autant qu'il le voulait et qu'il jugeait à propos , comme quand il permit au faux Prophète Balaam (4) ou qu'il le força de bénir les Israélites et de prédire la venue du Messie , et quand les Démons , en présence de Jésus-Christ , confessaient sa Divinité (5) ; ce que la Pythonisse devineresse fit aussi en présence de saint Paul. (6)
Les Démons pouvaient donner des remèdes pour guérir quelques maladies , par la connaissance de la vertu des plantes , par celle des tempéramens, en apaisant des mouvemens et des dérangemens qu'ils avaient eux-mêmes excités, et en ôtant des maux qu'ils avaient procurés : mais ils étaient ignorans et impuissans contre d'autres maladies ; leurs guérisons étaient incertaines
(1) Suivant S. Paul , au 1. chnp. de l'Epître aux Romains.
(2) Dcvmones non œternas tcmporum causas, et quodammodo cardinales in Dei sapientià contemplantur , sed quorumdam signorum nobis occul- 1 or uni majore experieniia , niulto pïura quant hommes fulura prospiciunt : dispositiones quoque suas aliquando pronuntiant. Unde sape faltuntur. D. August. de Civitate Dei, lib. 5. c. 22.
(3) Jésus dœmonibus innoluit quantum voluit , tant uni a ut cm voluiî quantum oportuit ; ut c uni ci dixerunt , Quid nobis est et tibi , Jesu Nazarene. Eod. lib. 9. do Civil. Boi , c. 21.
(h) Au chap. 23 et 2t\ des Nombres.
(5) En S. Marc , ch. 1. v. 23 , 24 et 25. et en S. Luc. ch. Û.
(6) Au 16. ch. des Actes des Apôtres , v. 10.
i. Des Oracles. 87
et très-rares , et ils ne ressuscitaient point de morts. (1)
Ils pouvaient savoir et publier ce qui se passait au loin. On ne peut démentir les Historiens sur des faits de celte espèce , qui paraissent merveilleux , et qui étaient au-dessus du pouvoir des hommes. L'agilité des Esprits est surprenante, mais incontestable ; ils savent ce qui se passe dans des lieux éloignés ; ils volent avec plus de vitesse que les oiseaux. (2) Le quatrième jour après la défaite de Persée , Roi de Macédoine , la nouvelle en fut publiée à Rome , où l'on n'aurait pu la porter en si peu de temps. La bataille gagnée en Italie par 15 mille Locriens contre 120 mille Crotoniates fut sue le même jour dans le Péloponèse. Une autre contre les Mèdes, dans l'Asie , fut répandue le même jour dans la Grèce ; et la défaite des Tarquins près du Lac Régille dans la Campagne de Rome , fut presque dans l'instant portée et publiée à Rome par deux jennes hommes qu'on crut être Castor et Pollux. Ces faits sont rapportés par Plutarque (5) , par "Valère-Maxime {h), parDenys d'Halicar-nasse (5) , et par Justin (6) , sans compter de pareils faits rapportés par Hérodote. (7) C'est ce qu'il faut nécessairement , avec Tertullien et les autres , attribuer aux Démons; mais ces faits étaient rares , (parce que Dieu relient le pouvoir de ces Esprits , ) et dans toutes les Histoires on en trouve peu d'exemples.
Quand la guérison prétendue miraculeuse d'un aveugle par Vespasien dans la ville d'Alexandrie serait vraie, comme Tacite et Suétone en la vie de cet Empereur le rapportent , elle ne devrait pas surprendre. Comme ce n'était pas un aveugle-né , que son œil était sain et dans sa vigueur , ( suivant l'attestation de ces mêmes Historiens , ) et qu'il n'était qu'obscurci par une petite peau qui était au-devant de la prunelle, il serait vraisemblable que le Démon l'y aurait élevée et soutenue jusques-là , et qu'il l'abattit par une opération qu'on sait être très-aisée, au moment que Vespasien y mit delà salive , pour le flatter de ce prétendu miracle. Celte vraisemblance est appuyée sur ce que ces mêmes Historiens nous apprennent , que ce fut par l'inspiration et sur les
(1) « Les démons peuvent chasser les dénions, ou ôter des maux » qu'ils ont envoyés eux-mêmes , mais ils ne ressuscitent point de « morts. » S. Irenée . dans son traité des Hérésies , liv. 1. ch. 5G.
(2) Omn is spiritus aies , dit Tertullien , dans son Apologétique , n. 22. (:>) Plutarque , en la vie de Paul-Emile.
('i) Valère-Maxime , dans son 1. liv. chap. de miraculis.
(5) Denys d'Halicar. Liv. 6. des Antiquités Romaines.
(6) Hanc admirât ionem auxit incredibilis famœ velocitas ; namea* dem die qua in ltalia pugnatum est , et Corintlio , et Lacedœmone , et Athenis , nuntiala est Victoria. Justin , liv. 20. de son Histoire.
(7) Hérodote , liv. 1.
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instances du Démon , sous le nom de Sérapis , que cet aveugle s'adressa à Vespasien. (1).
C'était aussi le sentiment de saint Justin, au rapport de Tatien son disciple , que les Démons estropiaient des hommes, puis leur apparaissaient en songe, et leur ordonnaient de venir à eux en public. Alors ils dissipaient le mal , et remettaient ce qu'ils avaient dérangé. Minutius Félix , dans son Octavius , et saint Cyprien (a) parlent de môme. Les Démons guérissent en cessant de faire le mal.
Ils rendaient aussi des oracles , dont la barbarie , la bassesse , l'impudence , l'injustice et les brutalités marquaient qu'ils en étaient les seuls auteurs ; ce qui a été reconnu par les Païens mêmes. (">) Dieu , dit saint Augustin , a donné dans certains temps le pouvoir aux Démons d'exercer en tyrans leurs rages contre les hommes , par le moyen d'autres hommes qui leur servaient d'instrumens , non -seulement en recevant des sacrifices de ceux qui les leur offraient, et en les demandant à d'autres , mais en y forçant même par la violence ceux qui ne voulaient pas y consentir. (4)
Comme ces esprits , quoique très-subtils et très-pénétrans , sont bornés , ils ne voient pas les pensées secrètes des hommes , et ne connaissent ni les premières causes des événemens , ni l'avenir. Ils se trompaient souvent sur tout cela ; ils donnaient des réponses fausses , ou obscures et ambiguës , pour cacher leur ignorance , et poussaient dans leur ruine ceux à qui ils promettaient les plus heureux succès ; quelquefois même ils ne pouvaient donner aucune réponse. On convient que les Prêtres , pour y suppléer et pour conserver leur crédit, forgeaient enx-mêmes avec tout l'art dont ils étaient capables, des réponses qui dans leur obscurité et dans leur incertitude , ne voulaient rien dire, ou se trouvaient fausses , et qui favorisaient ordinairement les plus puissans , ou ceux qui venaient les consulter ; ce qui avait
(1) Quiclem oculorum tabe notus , genua ejus advolvitur , remedium cœcitatis exposcens , monitti Sarapis Dei , quem dedita superstitionibiis gens ante alios colit , precabaturque Principem ut gênas et oculorum orbes dignarctur rcspergcre oris excrément o , liulc non exesam vim tuminis et redit uram, si pellcrentur obslantia medici disserere. Suétone, ch. 7. de la Vie de Vespasien.
(2) Hœc est de Mis medela , cùm corum cessât injuria , dit S. Cyprien, de idolorum vanitate.
(3) Plutarque , dans son Traité des Oracles qui ont cessé.
(1) Modérât is prcefinitisquc tcmporibus , etiam potestas conccssadœmonibus , ut hominibus quos passent cxcitatis , inimicitias adversus Dei civitatemtyrannicè cxerceant, sibique sacrifie la non solàm ab offerentibus sumant , et à no lent i bus expetant , verum etiam ab invitis persequendo violenter extorqucant. S. August. De Civil. Dei , liv. 10. c. 21.
i. Des Oracles. 3g
Fait (lire que Y Oracle de Delphes Philippisait ; soit que le Démon même , ou qu'au défaut de l'Oracle , les Prêtres voulussent flatter le Roi Philippe. Mais on ne peut pas mettre toutes les réponses des Oracles au même rang. Par celles-ci l'on ne voulait qu'imiter les autres que les Dénions rendaient véritablement.
Ces Oracles s'étaient premièrement établis dans l'Egypte par une fausse imitation des Prophètes du Seigneur qui s'y étaient rendus célèbres , etils avaientpassé dans la Grèce avec les divinations et les cérémonies religieuses formées aussi , dans l'Egypte , de la corruption du culte légitime, (i).
Mais enfin, parla présence des Chrétiens et par le nom de Jésus-Christ, ces Démons perdaient toute leur force , devenaient muets , et étaient chassés des corps ('mit ils s'étaient emparés. Cet exemple suffisait pour convaincre que ces Oracles ne pouvaient pas tous être l'effet de l'artifice des hommes, et pour détromper du culte de ces Esprits qui en étaient les auteurs.
Ces vérités , assez justifiées par toutes les autorités qu'on peut souhaiter , reconnues par les Savans modernes (a) après une exacte discussion , sont confirmées et rendues sensibles par des exemples récens des nouveaux Chrétiens des Indes , qui renouvellent les merveilles du premier établissement du Christianisme. Nous l'apprenons par une Lettre (5) du P. Bouchet, vénérable Missionnaire des Indes , au P. Baltus. Il y rapporte que les Démons rendent encore des Oracles, non par des Statues , mais par la bouche des hommes dont ils s'emparent , et par lesquels ils parlent : que cela s'y voit tous les jours en public, d'une manière qui ne peut être procurée par l'artifice des Prêtres et des hommes : que ces Oracles cessent à mesure que la Religion Chrétienne s'établit en quelques lieux , et qu'ils se taisent en présence de quelque Chrétien , lors même que ce Chrétien n'est pas vu de celui que le Démon a saisi pour lui faire rendre l'Oracle; mais qu'il y a plusieurs de ces Oracles équivoques et faux sur l'avenir et sur d'autres choses cachées , que le Démon ne peut connaître que par des conjectures qui trompent souvent, etc. Voilà une image véritable des Oracles de l'antiquité.
(1) Hérodote , liv. 2. n. 50.
(2) M. Mœbius a fait un livre de la vérité des Oracles contre M. Vandale , et le célèbre Cœlius Iihodigintis qui n'y croyait pas , en fut convaincu après un examen sérieux. Le savant Gérard Vossius , dans son Traité de l'Idolâtrie , est du même sentiment.
(3) Imprimée dans un Recueil de Lettres édifiantes des Missions des Indes, publié en mi.
4o CONFÉRENCE DE LA FABLE , etC,
Le même P. Bouchet , dans une autre de ses Lettres'' à M. Huet, ancien Evoque d'Avranches , montre que les Indiens ont tiré leur Religion et leurs Histoires mêlées de Fables sur lesquelles ils la fondent , des Livres de Moïse et de nos autres Prophètes.