Orphée et Eurydice ; et Simonide. i/j
Voilà le fond qui a servi de canevas sur lequel les Poètes ont travaillé , et qu'ils ont brodé de toutes leurs fictions.
IXous pouvons assez à propos joindre ici une autre Fable qu'on reconnaît aisément avoir aussi été prise de l'Histoire de Loth sauvé de Sodome par l'avis et le ministère des Anges, en consideration.de sa piété envers Dieu. C'est la fable du Poète Simonide , rapportée par Valère Maxime (1), par Cicéron (2), par Quintilien. (5) Ils content que Simonide soupait cbez un nommé Scopa , homme considérable et opulent , pour qui il avait composé un panégyrique en vers , dans lequel il avait mêlé bien des louanges des Dieux Castor et Pollux , pour en relever celles de son Héros et pour orner son Poème. Cet homme avare en prit occasion de lui retrancher la moitié du salaire qu'il lui avait promis, en lui disant d'une manière sordide qu'il s'en fit payer par Castor et Pollux qui y avaient autant de part que lui. Ils n'avaient pas achevé de souper , qu'on avertit Simonide que deux jeunes hommes l'attendaient à la porte du logis pour une affaire fort pressante ; il y court : dès qu'il est dehors les deux jeunes hommes disparaissent, et dans le moment le logis où l'on soupait est abîmé ; l'hôte avec toute sa compagnie furent écrasés sous sa ruine , et Simonide seul fut sauvé.
Qui ne voit la piété de Loth récompensée , l'impiété, l'injustice et les insultes de ses concitoyens punies , l'envoi des Anges sous la forme de deux jeunes hommes pour sauver Loth, qu'ils font sortir de la Ville , laquelle d'abord après est abîmée en la manière que nous l'avons vu dans son Histoire ?
11 n'est pas besoin d'autres réflexions.