Des Sacrifices. igg
particulières. Les premiers avaient lieu chez les Juifs à trois principales fêtes , dont l'une était la Pâque , en mémoire de la sortie d'Egypte et des prodiges éclatans par lesquels les Juifs captifs en avaient été délivrés : la seconde était celle des prémices des fruits provenus de leurs travaux, pour reconnaître qu'on les tenait de la main de Dieu , et pour les lui offrir avant de les recueillir ; cette fête était appelée Pentecôte, parce qu'elle avait lieu cinquante jours après celle delà Pàque : et la troisième , qui se célébrait avec la moisson pour en rendre grâces à Dieu , était nommée la Fûte des Tabernacles , parce que le Peuple , pour la solenniser , se tenait à la campagne sous des tentes , en mémoire du long voyage de leurs pères dans le Désert.
Les Sacrifices particuliers étaient ou pour des purifications des impuretés légales, (c'est-à-dire, marquées par la Loi , ) ou pour obtenir le pardon de quelques fautes ; et ceux-ci étaient différens , suivant la qualité des fautes ; il y en avait môme de prescrits pour les fautes involontaires et commises sans dessein. On en faisait enfin pour s'offrir à Dieu , pour lui demander des grâces , ou pour le remercier de celles qu'on en avait reçues.
Les Holocaustes étaient une espèce de Sacrifice, où ce que l'on offrait était tout consumé par le feu , sans qu'on en conservât aucune partie. Dans les autres Sacrifices , une partie des victimes^était réservée pour les Prêtres ou pour ceux qui les faisaient offrir.
Il y avait des cérémonies communes à tous les Sacrifices , et de particulières à chaque espèce.
A l'imitation du Sacrifice de la Pâque, c'est-à-dire, du passage (1) et du voyage, les Païens, quand ils entreprenaient et commençaient un voyage , faisaient un Sacrifice qu'ils appelaient proplcr viam, pour le voyage (2) ; et comme il était ordonné pour celui de la Pâque , que si l'on ne mangeait pas tout l'agneau immolé , le surplus en fût rejeté dans le feu (5) ; dans les mêmes termes , la règle du Sacrifice du voyage chez les Païens était de brûler tout ce qu'il y avait de reste du festin du Sacrifice. (4)
Dans la fête des prémices des fruits avant la moisson, on offrait et l'on portait au Temple des prémices de tous les fruits. (5) Sur cela Diodore de Sicile remarque (6) que les Egyptiens offraient à la Déesse de la terre , qu'ils
(1) A phase , c'est-à-dire , du passage.
(2) Propter viamfacerc. Sacrifier pour un voyage.
(3) Si quid residuum fuerit , igné comburetis. Exod. ch. 12. v. 10. (U) In sacrifîcio propter viam mos erat ut si quid ex epulis super fuisset,
igné combureretur. IWacrob. Satumal. 2. c. 2. cl Turnebus , lib. 9. c. ft.
(5) Chap. 25. de l'Exode ,v. 16 et 19.
(6) Liv. 1. de sa Bibliothèque , partie première.
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appelaient Isis , les prémices de leurs moissons en épis ; et dans les fêtes de Bacchus à Athènes , pour tout appareil du Sacrifice ( chez Aristophane ) une jeune fille porte dans un panier des prémices des fruits avec quelques gâteaux , comme le remarque le Scholiaste d'Aristophane sur cet endroit. (1)
La troisième fête , qui était à la fin de la moisson après la récolte de tous les fruits , était la fête des Tabernacles ou des Tentes. Pendant sept jours qu'elle durait, le Peuple , pour la célébrer , demeurait sous des tentes ou sous des branches d'arbres , en mémoire du temps que leurs pères avaient été dans le Désert sans maisons et sous des tentes , et y avaient été nourris miraculeusement d'une viande envoyée du Ciel. Cette fête était désignée dans l'Exode , ordonnée et réglée dans le Lévititique (2) , pour rendre grâces à Dieu de la récolte des fruits. Josèphe (3) remarque que les Grecs appellent cette fête Scënopégie.
C'est en Grec , comme elle était chez les Hébreux , la fête des Tentes. La première partie de ce nom signifie une Tente ou un lieu à se mettre à l'ombre ; et la seconde partie veut dire ficher ou poser dans la terre. Plutarque (4) parle de celte solennité, durant laquelle, ditil , les Grecs demeurent en repos sous des tentes dans le temps des vendanges , et y dressent des tables couvertes de toutes sortes de fruits. Il nous épargne la peine d'en faire la comparaison avec la même solennité des Juifs ; car il ne peut s'empêcher d'en remarquer la ressemblance et quant au temps et quant à la manière de les célébrer.
Athénée (5) conte que les Lacédémoniens célébraient également cette fête sous des tentes ou des branches d'arbres qu'ils dressaient exprès ; et Casaubon , dans ses notes sur ces endroits d' Athénée , observe , comme Plutarque, que cette fête était semblable à celle des Juifs qu'on appelait des Tentes. Ovide (6) décrit une pareille fête. « Une partie , dit-il , demeurent en pleine campa- » gne à découvert, quelques-uns se tiennent sous des » tentes , et d'autres sous des feuillées de branches » d'arbres. »
Les Païens avaient aussi imité les Sacrifices d'expia-
(1) Scène première del'Acle second des Acharnaniens.
(2) Exode , ch. 23. v. 16. Lévitiquc , c. 23. v. 34 , 39 , 42 et 43.
(3) Livre 4. de l'Histoire des Juifs , ch. 8.
(4) Sympos. lib. 4. Problem. 5.
(5) Au liv. 4. ch. 19. de ses Deipnosoph. et liv. 5. ch. 6.
(6) Sub Jove pars durât , pauci tenloria ponant ;
Sunt quibus è ramis frondea facta casa est. Ovide , au 3. liv» des Fastes.