‹ Conférence prononcée au Collège de Lévis, le 25 octobre, 1900 [microforme]Chapitre 2 sur 5 · COTON ES SERVER FR · texte numérisé non relu

COTON ES SERVER FR

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les lumières du Christianisme pour |

se guider, a répandu sur le monde

au moins, à rapprocher les hommes |

au lieu de les séparer.

mées victorieuses ont parcouru le monde, l'Evangile d'al

commerce ensuite ont fait encore

surtout quand celui-ci s'est appuyé sur celui-là que la civilisation a marché le plus vite et le plus sûrement.

Mais, messieurs, je n'ai pas l’intention de vous parler de l'histoire du commerce depuis le déluge, ni de faire une dissertation philosophique sur l'influence civilisatrice que les relations commerciales ont

pu avoir sur les peuples qui en ont, | dans le temps, fort impressionné à

entretrenu avec leurs voisins. Mon but-—comme je l'ai dit en commencant—est d'examiner avec vous si ie commerce est bien une carrière enviable, non seule ment à cause des avantages matériels qu'on y trouve, mais au point de vre même de la dignité de la profession, du caractère de l'état de vie. Mon but est de rassurer, si cela est possible, ceux d’entre mes jeunes auditeurs qui, sans s'en douter, donnent peutêtre dans le .ravers de ce bon monsieur Jourdain, et qui, comme d'autres bourgeois gentilshommes de notre époque, s'imaginent que, pour un homme instruit, embrasser la carrière du commerce équivaut à une déchéance, à une abdication de sa dignité.

Car, messieurs, il n'y a pas à en douter: le préjugé existe encore par-mi nous. Je n'ai, “pour le prouver, qu'à citer ce qu'on lisait,il y a déjà quelques années, dans une publication qui avait alors ses prétentions de donner le ton aux discussions sérieuses dans la société canadienne.

Si des al'- |

ord et le |

L'article dont :il s'agit roulait

| presque exclusivement sur les déune influence salutaire qui tendait, |

fauts de l'enseignement dans nos écoles canadiennes, et l’auteur, un homme de loi, y faisait modestement les observations suivantes :

“Le malheur ”, disait-il, “ est

plus de chemin qu'elles, et c'est | que les études classiques, dans tous

les pays, sont pour l'élite, et que, l'élite n'étant que le petit nombre, ceux qui n'en sont pas et qui n'ont que Le talent nécessaire pou ! M faire des hommes d'affaires perdent, dans des études dont ils garderont bien peu de choses, un temps qui serait utilement employé dans un cours plus en rapport avec la position qu'ils sont appelés à remplir.”

Je ne sais pourquoi je me sentis,

la lecture de cette bourde. La pré-

|tention que, pour devenir un homme

d'affaires, il suffisait d'avoir des talents et des connaissances médiocres me sembla une hardiesse qu'il fallait relever, et je crus devoir protester dans un article dont je me permettrai de vous citer l'extrait suivant :

“De quoi s'agit-il? De l'utilité pour tout canadien de savoir la langue anglaise ? De la nécessité de connaître à fond l’arithmé tique ?

De l'importance de pouvoir s'exprimer correctement dans sa langue naturelle ? Eh bien, s'avisera-t-on de prétendre que ce sont les marchands et les hommes d'affaires qui ignorent le plus le calcul et la langue anglaise de notre pays ?

‘ Si l'éducation . nos marchands iaisse à désirer ertes, je suis loin de pr. étendre le ‘contrair: —68til nécessaire d’ouv rir les yeux démesurément pour s'apercevoir qu'un grand nembre des membres des professions libérales — c’est-à-dire de la classe de ceux qui se recon-

naissent bien modestement des ta- |

ble, bon chef de bureau, nous ne

lent supérieurs à ceux des mar-|chicanerons pas là-dessus. .....

chands et des hommes d'affaires, — | accusent chez eux-mêmes une déso- | lante pénurie de ces connaissances de chiffres et de langue anglaise | dont ils parlent, sans compter ce | qui leur manque peut-être encore | dans leurs propres retranchements | des études classiques ?

“ Si, comme on le prétend, l'arith-| métique est mal enseignée dans les collèges canadiens, personne alors | ne doit l 4 bien apprendre, pas plus ceux qui se destinent au barreau ou à la médecine que ceux qu'un sort plus rigoureux devra jeter dans le commerce, Or, ces derniers, | néanmoins, finiront toujours par l'apprendre, eux, soit au contact de leurs aînés dans le commerce, soit en y travaillant tout seuls, par devoir, par nécessité, pour gagner leur vie, comme il y en a tant qui l'ont fait et qui le font encore.

Je vous demande pardon, messieurs, d'avoir appuyé un peu longuement sur cette petite discussion qu'on pourrait appeler “ du temps passé ; ” mais tout cela vous prouve ce que je disais tout à l'heure, à savoir, que dans certains quartiers on entretient encore des préjugés comme ceux de monsieur Jourdain, au sujet de la profession du commerce. On en voyait une autre preuve tout récemnient dans un article publié à Québec, dans un journal que je ne nommerai pas, parce qu'on pourrait m'accuser d'être venu vous faire de la politique :

“ M.un tel” disait-on dans cet article, ‘“ possède les qualités nécessaires à un employé. Il est assidu, soigneux, régulier, attentif aux affaires, exact et ponctuel. Bon

“ Mais TOUTES CES QUALI- TES, ON DOIT L’ADMETTRE, SONT D'UN ORDRE INFE- RIEUR,.......

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