‹ Conférence prononcée au Collège de Lévis, le 25 octobre, 1900 [microforme]Chapitre 4 sur 5 · JAN · texte numérisé non relu

JAN

le en

yeux

‘à un

n au-

union

alités

tituer

ontes-

nque, : de ce ù COoncation e, d'un l’affaie d’afà tout.

decin :

pond à aand le an des ornent ffaires.

se fait », pour rtaines > VOCAlement , on ne

l’on dit de des “tannique el e qu'ils

sont; on admet bien que c'est le |

commerce et le commerce seul qui a fait du peuple anglais un peuple | riche et prospère, un peuple heureux. Mais on s'imagine que, pour arriver à tout cela, il n'a fallu que les efforts ques de gens reconnus d'abord pour des médiocrités et favorisés plus

tard par une suite d'événements |

fortuits comine ceux, par exemple, qui réussissent parfois aux chercheurs de pépites d'or dans un terrain fouillé, Parbleu ! pour € hercher des pépites d'or, on n'a pas besoin de culture intellectuelle, pas besoin d'un tas de ces belles connaissances qui élevent et ennoblissent laomme ; il suflit d'avoir bon estomac, bon œil, bons bras, bonnes jambes,

ne pas être sujet aux courbatures | : pas avoir peur de se |

et surtout nt salir les mains, Et, dans l’e sprit de ces mêmes

gens, ce sont là à peu prè s les seules |

qualités nécessaires au jeune hom-

me qui embrasse la carrière du

commerce, Que de fois n'ai-je pas entendu dire :

—AÀ quoi bon faire instruire un enfant que l'on destine au commer-ce? Pour en faire un homme d’affaires, est-1l nécessaire de lui bourrer la tête de géographie, d'histoire, et surtout de latin et ‘de grec ?

Savoir “compter”, c'est l'important ; et puis, un peu d'anglais ne nuit pas.

V@œlà ce que j'ai entendu dire souvent, il y à vingt cinq ou trente ans. Et, remarquez-le bien, c'était des hommes d'affaires, croyant be: auCOUp s y ente ndre,qui pi arlaie nt ainsi. Apparemment que leur opinion se trouvait partagée par bien du monde ; apparemment aussi que leur avis, répété de quartier en quartier et de famille en famille finit par prévaloir même auprès de

gwrossiérement Ineécani- |

nos hommes dirigeants, car bientôt l'on vit surgir, dans un certin canadiennes, des innovations destinées à appuyer la pré ‘tention que, d’un enfant sachant | a peine lire et écrire, on pouvait, € une couple d'années, faire un Yes me d'affaires, par l'unique moyen de l’enseignement de l’arithmétique et des éléments de la langue anglaise,

Eh bien, messieurs, je demande respectueusement la permission de dire mon humble avis sur cette | question que je crois avoir étudiée | quelque peu depuis au deià de trente ans. C'est que le temps n'est |plus où l'on pouvait s'en tirer à aussi bon marché pour la préparation à donner à un enfant destiné au commerce, C’est même, dirais-je, un manquement tres grave aujour- | d'hui que de ne pas lui fournir, | quand on le peut, les moyens de rendre justice à l'importance de la carrière qu'on lui fait prendre et d'y figurer de façon à la faire mieux connaître et mieux apprécier.

Et puis, personne ne niera que, si, | comme nous le disions tout à l'heure,

libérales sont en-

lt nnbre d'éc les

les professions | combrées, il v a de même un assez | fort encombrement de marchands et d'hommes d'affaire ‘8 dans le non de. Ce que j'appellerai cette généralisation du commerce, en créant | les concurrences, a rendu extrême ment plus difficile ee qui se pratiquait presque sans effort lorsque le nombre des marchands était plus restreint, On ne voit vire aujourd'hui de ces fortunes réalisées en quatre ou cinq années d'opérations commerciales, cueillies, pour ainsi dire, comme des pépites dans une mine, Il faut plus de temps que cela pour s'assurer une aisance des

, | plus modestes, et une telle récom-

|pense n'est même pas toujours

accordée au travail opiniâtre et intelligent.

Il est donc de la plus haute impor= tance que ceux qui veulent er brasser cet état de vie se préparent le | mieux possible à en affronter les misères et les périls, humble avis, cette préparation ne saurait se trouver que dans des études complètes, sérieuses et faites avec soin, tout comme celles que l'on exige pour les enfants qui se destinent anx carrières libérales.

Mais, me dira-t-on, vous n'allez nas prétendre qu'il faille avoir fait un cours classique pour entrer dans le commerce ?

Comme nécessité : non. Un marchund peut se passer de cela pour!

faire une vente, tout autant qu'un | médecin n’a pas, à strictement parler, besoin de savoir ce que c'est!

que le car ré de l'hypoténuse pour soigner une fluxion, et de même qu'un avocat peut faire un mémoire de frais sans avoir à s'inspirer dans | les églogues de Virgile. Comme nécessité : non; mais comme utilité: oui. Car, que l’on se lance dans le commerce, dans l’industrie, dans les arts libéraux ou même dans la politique, on n’en sait jamais trop, ces années-ci, et toujours, hélas ! quand | on ne réussit pas, c'est quon n'en sait pas assez.

Ceux qui aspirent aux professions libérales doivent se souinettre à une longue suite d'études sérieuses et à des épreuves dont la sévérité fait le désespoir des négligents et des paresseux. On veut qu'ils apprennent le latin et le grec, ceuxlà Pourquoi ? À coup sûr, pas pour en faire des latinistes et des hellénistes. Ce n'est pas, non plus, pour en faire des guerriers ni des conquérants qu'on exige qu'ils soient au courant de ce que furent

Et, selon inon ! des gens instruits.

ont, parait-il, trouvé que cette condition était nécessaire pour sauvegarder les intérêts du public qui viendra plus tard se confier à ceux que la Faculté aura reconnus.

Alexandre où Thémistocle, Ce n’est pas poètes plus tard qu'on tient à leur faire connaître lesœuvresd’' Homère,

pour qu'ils deviennent des

le Virgile et d'Horace. Non; on

veut tout simplement qu'ils soient

Les législateurs

Eh, du reste, la nécessité de l’ins-

truction est tellement reconnue partout, qu'il n’y à pas même que dans

le service de l'Etat où l’on n’admet plus aujourd'hui un seul ignorant, à moins qu'il... ne soit le député de quelque comté. On fait subir à tous ceux qui se présentent pour obtenir un emploi quelconque dans les bureaux du gouvernement un examen où la variété fantaisiste du questionnaire ferait peut-être le désespoir de plus d’un ministre.

Aujourd'hui, un homme, pour devenir copiste ou conducteur de malles, doit être capable de pre de la Révocation de l’Edit de Nantes, de la Guerre des Deux Roses, des causes qui amenèrent le conflit américano-canadien de 1812 ; et, lorsqu'il aura répondu à tout cela, il ne faudra pas qu'il soit surpris Si, pour éprouver jusqu'au bout ses connaissances de hauts faits historiques, on lui demande encore qui a été le premier maire de Toronto. Qu'on attende un peu ! Ceux qui aspirent à pouvoir diriger un corps de messagers seront peut-être avant lorfgtemps questionnés minutieusement sur les récents hauts-faits de l'armée anglaise en Afrique.

Pourquoi tout cela? Un jeune homme peut bien, pourtant, être un excellent copiste ou un fidèle distributeur de lettres postales sans

Jules (César, Annibal, Scipion,

savoir ce qu'était Henri VIII ou en

Page 1