‹ Conférence sur Corneille et son œuvreChapitre 10 sur 19 · MÉDÉE · texte numérisé non relu

MÉDÉE

Jason me répudie 1 Oh ! qui l'aurait pu croire ? S'il a manqué d'amour, manquc-t-il de mémoire V Me peut-il bien quitter après tant de bienfaits? M'ose-t-il bien quitter après tant de forfaits?... Souverains protecteurs des lois de l'hyménée, Dieux garants de la foi que Jason m'a donnée, Vous qu'il prit à témoin d'une immortelle ardeur Quand par un faux serment il vainquit ma pudeur. Voyez de quel mépris vous traite son parjure, Et m'aidez à venger cette commune injure : S'il me peut aujourd'hui chasser impunément, Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentiment. Et vous, troupe savante en noires barbaries. Filles de l'Achéron, pestes, larves, furies, Fières sœurs, si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents me donna quelque droit. Sortez de vos cachots avec les mêmes flammes Et les mômes tourments dont vous gênez les âme? ; Laissez- les quelque temps reposer dans leurs fers : Et pour agir pour moi faites trêve aux enfers !

C'est encore de la bouche de Médée que Corneille fait jaillir un cri d'audace qui ne le cède guère en énergie et en concision aux plus héroïques ripostes du Cid, des Horace ou de Don Sanche.

Voyez en quel état le sort vous a réduite,

lui dit sa confidente qui essaie de lui montrer le danger de ses projets de vengeance,

Votre pays vous hait, votre époux est sans foi ; Dans un si grand revers que vous reste-t-il if

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