LES PONTIFES ROMAINS
En parcourant les annales de l’Eglise, on reste frappé de toutes les œuvres entreprises par les papes pour venir en aide à la faiblesse, à l’indigence et au malheur : c’est à eux qu’appartient la place d’honneur dans l’histoire de la charité. Vicaires du Christ, ils ont été ses imitateurs fidèles ; à travers tous les siècles leurs enseignements sont l’écho de la prédication apostolique. Il est rare que la reconnaissance des peuples n’ait point gravé sur leurs tombearx, le souvenir de leurs aumônes et de leurs bienfaits. Quoi de plus touchant que ces inscriptions funèbres ? On en jugera par celles que nous citons ici: elles sont empruntées du bel ouvrage de monseigneur Gerbet sur Rome chrétienne.
Boniface ler.
Son humble cœur accorda toujours le pardon aux suppliants : sa simplicité déjoua toutes les ruses.
Il empêcha que Rome ne fût consumée par une
année stérile : il chassa la famine par ses prières
comme par sa charité.
Félix IV.
Placé plus haut que les autres, il ne s’éleva audessus d’eux que par la hauteur de son humble
piété: il mérita le raig suprême par sa simplicité.
Large bicenfaiteur des pauvres, consolateur des malheureux, il fit croître les richesses du Siège apostolique.
Pélage Xer.
Que l'Eglise de Dieu énumère les titres de ses ver-
tus, pour les faire parvenir aux siècles futurs.
Recteur de la foi apostolique, il publia les dogmes sacrés, définis par l’illustre sagesse des Pères : sa parole guérissait l'erreur de ceux qui étaient tombés dans le schisme : leurs cœurs apaisés rentrèrent dans la vraie foi.
Il rachotait les captifs, s'empressait de secourir les malheureux, et ne refusait jamais rien aux pauvres
de ce qu'il possédait, Saint Sabinien.
L'auteur de l’épitaphe s'adresse à la Mort :
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APPENDICE 107 Ayant distribué ses biens, il ne laisse rien en partant, et, entraîné par toi, il semble courir après les
L L LA L L richesses qu’il a envoyées devant lui.
La faim et la nudité sentirent qu’il était une nourriture et un manteau: il n’est pas de fléaux qu'il
n'ait vaincus par ses larmes.
Boniface V.
Il demeura également doux dans les fortunes les plus diverses : la prospérité, il la supporta ; Padversité, il l’embrassa. Le cortège des veuves, les phalanges des orphelins, le chœur Ces aveugles te conduiront à la lumière.
Benoit VIT.
Protecteur des veuves, il entoura constamment des plus tendres soins les pauvres orphelins, comme s'ils avaient été ses propres enfants.
Sergius IV.
Il ne fut pas seulement un excellent docteur du peuple, il fut aussi le pain des pauvres et le riche vêtement des nus. Les droits du sacerdoce mettaient
sous sa main une riche moisson: en bon nautonnier, il s’en approvisionna pour les pays des anges.
Ré 27 te, Antec
Nous ne voulons pas multiplier ces témoignages. Ceux qu'on vient de lire peuvent s'adresser aux papes de tous les siècles ; car, “ docteurs du peuple,” ils ont été en même temps les amis et les bienfaiteurs des pauvres.