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LES LÉPREUX AU MOYEN AGE

On a vu, au cours de cette conférence, la charité de sainte Elisabeth de Hongrie, de saint Louis, de saint François d’Assise pour les pauvres lépreux. Au moyen-âge cette tendre compassion semblait ani-

mer tous les cœurs.

‘ Après les croisades, dit historien de saint François, la lèpre avait pris un caractère sacré aux yeux de l'Eglise et des fidèles ; on la regardait généralement comme une marque toute spéciale de l’attention divine. Cette maladie mystérieuse et inaccessible à la science humaine, était en vénération parmi les chrétiens du moyen âge. Le Christ avait été annoncé au monde comme un lépreux frappé de Dieu et humiué, et nous voyons dans l'Evangile que quand sainte Marie-Madeleine vint répandre des parfums sur les pieds de Jésus, il avait un lépreux pour hôte... En un mot, le Christ avait tant aimé

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les lépreux que les saints ont toujours travaillé à acquérir et à conserver au fond de leur cœur la même affection.”

Les infortunés atteints de ce terrible mal étaient. séparés de la société, dans les lieux où un hospice ne leur était pas spécialement consacré. Mais quelle touchante charité respire dans la cérémonie religieuse qui accompagnait cette séquestration ! Le prêtre célébrait d’abord la messe pour les infirmes, et, après avoir donné de Peau bénite au malade, lui adressait l’exhortation suivante : “* Mon frère, cher pauvre du bon Dieu, pour avoir à souffrir moult tristesse, tribulation, maladie, meselerie et autre adversité du monde, on parvient au royaume du Paradis, où iln’y a nulle maladie, ni nulle adversité, mais sont tous purs, et plus resplendissants que le soleil, où que vous irez, si Dieu plaît; mais que vous soyez bon chrétien, etque vous portiez patiemment cette adversité! car, mon frère, telle séparation n’est que corporelle ; quant à l'esprit, qui est le principal, vous toujours autant que vous fûtes oncques et aurez part et portion à toutesles prières de notre mèresainte Eglise comme si personnellement étiez tous les jours assis-

tant au service divin avec les autres, Dieu ne vous

110 AFPENDICE délaissera point. Seulement prenez garde, et ayez

patience. Dieu demeure avec vous. Amen !? @) LA SOCIÉTÉ DE SAINT-VINCENT-DE-PAUL

Comme plusieurs de ceux qui Hront ces pages appartiennent à la société de Saint-Vincent-de-Paul, nous nous plaisons à mettre sous leurs yeux une autre partie de l’apostolique discours d’Ozanam que nous avons eu occasion de citer: on y trouvera les

plus précieux enseignements :

“Vous voyez devant vous un des huit étudiants qui,ilya vingt ans, en mai 1835, se réunirent pour la première fois, sous la protection de saint Vincent

de Paul, dans la capitale de la France.

# Notre but principal ne fut pas de venir en aide au pauvre, non; ee ne fut là pour nous qu’un moyen. Notre but fut de nous maintenir fermes dans la foi

catholique et de la propager chez les autres par le

(1) Tiré d’un Rituel de Reims publié en 1585. Voir E, Chavin de Malan, Hist. de S. Francois d Assise, p. 25.

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