‹ Conférence sur la littérature canadienne [microforme]Chapitre 2 sur 5 · LORS · texte numérisé non relu

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à l'honneur national. Aussi notre poésie prometelle une glorieuse destinée.

Hier comme aujourd'hui un souffle nouveau anime cette poésie de la Nouvelle-France, un parfum particulier s’en exhale que j'appellerai volontiers, de Concert avec un de nos écrivains “La senteur du territoir Laurentien.” En effet qui dit poésie Canadienne dit poésie religieuse, ou la pensée de Dieu rayonne à travers tous les sujets comme un feu, pour les éclairer et les fructifier : poésie originale, tantôt mâle et guerrière, forte et vibrante comme l'ai-

rain; tantôt aussi fraîche qu'une rose épanouie ;

mais toujours simple, toujours usant de l’art pour vêtir la pensée de formes elégantes, d'expressions choisies non pour la parer d’oripeaux bizarres.

Maintenant si nous ouvrons le “Répertoir National” parmi les poésies recueillies par M. Huston, la plus ancienne en date est le “Tableau de la er” par M. Jean Taché, ancêtre de la respectable famille de ce nom. Ce petit poème didactique, nous dit M. Chauveau n’est pas sans mérite ; il a surtout celui de la difficulté vaincue. On y trouve tous les termes de marine en usage alors.

Le narrateur poéte semble avoir voulu, nous mettre mieux en garde contre les dangers de la mer, en nous initiant aux secrets de la manœuvre à bord d'un trois mats à voi!e :

Votre raison se perd (s’exclame:t-il) les dangers, la tempête Ne vous peuveut sortir ce dessein de la tête, Vous voulez voir la mer et ses tristes hazards Courir au précipice ouvert de toutes parts Elle est calme à ses bords, mais quittant le rivage Souvent vous rencontrez la tempête et l’o Si vous ne craignez pas les injures de Pair ngez que vous devez un tribut à la mer n agitation n’en exempte personne.

Enfin si tout cela n’a rien qui vous étonne Allez si vous avez le courage assez fort Le navire est tout prêt à sortir du port.

Mais apprenez encore avant de partir

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Ce que l’on fait dedans, soit en paix, soit en guerre

Quand la voile et le vent s’éloignant de terre

L’humeur des gens de mer, leur occupation,

Et quel ordre requiert la navigation

Œn un mot) Chérissant la vertu qui fleurit dans la guerre La mer a ses lauriers aussi bien que la terre.

Evidemment l’auteur de ce petit code nautique a vérifié,( en bon marin qu'il était,) pendant les longues semaines que duraient alors les traversées de l'océan les faits et gestes de l'équipage avant d'arriver au port.

L'histoire nous rapporte que certains démélés survenus dans l'Eglise du Canada durant la guerre de sept ans firent éclore force chansons et satires, dont les journaux et revues du temps sont remplies et que deux littérateurs Canadiens ont réunies en volume, qui font les délices des vrais analystes des sentiments populaires à cette époque.

C'est armé de cette verve et ironie gauloise, que parut “Quesne!” 1: rival de Boileau sur les rives du St-Laurent. Homme d'esprit et d'un commerce agréable, il se faisait (nous disent ses contemporains) de la poésie une véritable récréation. Comme tous les poétes épris de l'idéal et amoureux de son art M. Quesnel en voulait surtout au gouvernement d’encourager toutes les professions, excepté les rimeurs À ce propos écrivant un jour à son son ami ‘“Labadie” il déverse sa bile sur les réprésentants du pouvoir dédaigneux des talents oétiques qu'ils laissent sans récompense :

Mon cher Labadie,

Toi, qui, trop inconnu, mérite à bon titre

Pour t’immortaliser, que j’écrive un épitre,

Toi qui, si tristement languis en l'univers, Lebadie, c’est à toi que j’adresse ces vers.

Q and je vois tes talents rester sans récompense J’approuve ton dépit et ton impatience

Et tombe d’accord que nous autres, rimeurs Sommes à tort en butte à messieurs les railleurs. Je sais qu’a parier vrai, ta muse un peu grossière

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