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Si l’infanterie est protégée par de la cavalerie, ii faudra, avant de l’attaquer, diriger une partit de sa cavalerie contre celle de l’ennemi, afin dî la repousser, ou au moins de la contenir pendant qu’on chargera l’infanterie.
Mais ce qui imporie au plus haut degré, c’esl que le général de cavalerie garde toujours sous la main une réserve destinée à poursuivre la victoire ou à repousser une attaque imprévue. Nous revenons encore une fois sur ce principe, parce qu’il a pour la cavalerie une importance particulière, attendu que cette arme, même victorieuse, se désunit facilement. Un escadron qui charge seul mettra donc un peloton en réserve derrière l’une de ses ailes. Un régiment, chargeant en ligne, placera deux pelotons en colonne derrière chaque aile ; s’il charge en colonne, ces deux pelotons pourront être placés déployés sur chaque flanc, à hauteur du dernier escadron.
Ce mode d’attaque est aujourd’hui inadmissible; les escadrons désunis devront se reformer, soit derrière un pli de terrain, soit hors de la portée des armes.
Quant à la charge en échelons, elle a sur la précédente l’avantage d’offrir moins de profondeur au feu de l’infanterie, et elle s’opère également par de§ charges successives qui troublent le fantassin et lui font user rapidement ses munitions.
On doit surtout enfin recommander à la cavalerie de ne jamais charger à proximité de haies, de fossés, de bois ou d’obstacles occupés par l’ennemi et infranchissables pour les chevaux.
Cavalerie contre artillerie.
Lorsque la cavalerie veut enlever une batterie, une partie des cavaliers attaque d’abord les troupes qui soutiennent l’artillerie. Le reste se disperse en fourrageurs et court sur les pièces dont il sabre les servants.
La cavalerie doit toujours chercher à prendre les batteries de flanc ou à revers, pendant qu’elle les menace de front.
Action combinée de la cavalerie et de l’artillerie.
L’artillerie de campagne, devenue propre aux mouvements les plus rapides par son extrême mobilité, aide puissamment de nos jours à l’action de la cavalerie; elle peut en suivre tous les mouvements et produit avec elle les plus grands effets : « Supposons, disent les Observations sur « les combats (p. G7), qu’une troupe de cava- « lerie, soutenue par de l’artillerie qui marche « avec elle, se porte sur les flancs d’une infan- « terie serrée en colonne. Les batteries d’artillerie « à cheval attachées à la cavalerie, aidées au « besoin par celles de la réserve, prennent leur « position de combat hors de la portée des armes « de l’infanterie, et ouvrent leur feu sur elle; « aussitôt, celle-ci se déploie pour donner moins « de prise aux projectiles. C’est a'ors que la ca- « valerie, dont les batteries auxiliaires viennent « de préparer l’action, saisissant le moment oppor- « lun du déploiement de l’infanterie, s’ébranle et « se dirige rapidement sur elle. A cette menace, u l’infanterie se ploie aussitôt en colonne. La ca-
« valerîe se retire rapidement en dégageant ses « batteries et en leur laissant le champ libre. Les « pièces, lancées immédiatement en avant, ou- « vrent de plus près un feu rapide et soutenu.
« L’infanterie canonnée, essaie encore un dé- « ploiement ou s’obstine à rester en masse. Dans « cette dernière hypothèse, l’artillerie, continuant « son tir, cause de tels; ravages que le succès de « la charge suivante n’en est que plus assuré. « Dans la première hypothèse, au contraire, la « cavalerie, apercevant que l’infanterie lui prête « encore le flanc, revient au galop pour la menace cer ou la charger de nouveau.
« Ce jeu alternatif et combiné de l’artillerie et « de la cavalerie sera toujours une difficile épreuve ce pour des troupes d’infanterie. »
Il est nécessaire, on le voit, que l’officier de cavalerie ait une connaissance exacte des mouvements de l’artillerie, de la manœuvre et de la portée des pièces ; et l’on pense qu’il serait bon d’exercer très-fréquemment, dans les camps d’instruction, la cavalerie et l’artillerie à ces manœuvres combinées pour y habituer les chevaux et les cavaliers, et pour que les officiers se pénètrent bien de leur jeu : l’artillerie prépare, avec son feu, l’attaque de la cavalerie et se règle alortf sur les mouvements de cette arme, qui prend à son tour pour guide ceux de l’artillerie, dès que cesse son attaque.
11 n’est pas besoin d’ajouter que la cavalerie ne doit jamais laisser son artillerie sans protection.
Nous terminerons cet énoncé de principes généraux, par le résumé des conseils que le général Lolh de Schreckenstein donne à l’officier chargé d’un commandement de cavalerie :
4° Ne pas se démunir trop tôt du gros de ses forces et n’en engager d’abord qu’une faible partie pour pénétrer les desseins de l’ennemi et lui faire faire des mouvements prématurés.
2° Donner, autant que possible, à toutes ses entreprises et à ses mouvements, un caractère offensif. Apprécier exactement la distance qui sépare de l’ennemi de manière à arriver sur lui serrés et en bon ordre, sans que les chevaux soient essoufflés.
3° Dresser les chevaux et instruire les cavaliers de manière que les escadrons, les régiments et les brigades puissent parcourir rapidement, en ligne ou en colonne, de grandes distances sans que l’ordre disparaisse ; que les formations en colonne et les déploiements se fassent avec autant d’ordre que de vitesse.
4° Inspirer avant tout à ses subordonnés une telle confiance en eux et dans leur chef, qu’ils ne soient arrêtés par aucun danger, aucun obstacle, et qu’ils ne trouvent jamais trop téméraire une entreprise ordonnée. Au signal de l’attaque, qu’ils emploient l’éperon et aient confiance en Dieu !
5° Le succès d’une affaire de cavalerie dépend beaucoup de sa préparation. Sachons faire usage de la cavalerie légère, des tirailleurs, de quelques détachements, pour entraîner l’ennemi à exécuter des mouvements qui nous feront mieux connaître ses forces et sa position. Nous éviterons de la sorte d’être engagés malgré npus dans un combat contre des forces supérieures, en même temps que nous pourrons exécuter une atmque imprévue contre les flancs et les derrières de l’ennemi.
D’après ce que nous savons de la manière de combattre du général Seydlitz, il profitait habilement de ces avantages. En plusieurs circonstan-
ces, il engage l’action avec une faible partie (le son monde, et il attend le moment décisif pour lancer le gros de sa cavalerie contre celle de l'ennemi qu’il jette sur l’infanterie prussienne ; ou birn, il l’éloigne du champ de bataille et la fait * poursuivre par une partie de ses escadrons, pendant qu’il prend en flanc l’infanterie ennemie avec ceux qu’il a gardés sous la main.
6° En agissant ainsi, nous obligerons l’ennemi à régler ses mouvements sur les nôtres, à changer son front et ses plans, et nous remporterons de grands avantages si nous savons profiter de son indécision et du désordre momentané qui en est la conséquence.
Poursuite.
lin des grands rôles de la cavalerie est dans la poursuite de l’ennemi vaincu, et l’on peut dire que les victoires qui ne sont pas suivies d’une vigoureuse poursuite de cavalerie ne sont pas décisives.
Le nouvel armement de l’artillerie et de l’infanterie rend aujourd’hui les poursuites plus difficiles. La distance plus grande à laquelle les armées se déploieront pour combattre, et l’étendue plus considérable des champs de bataille ne permettront plus aussi bien de choisir le point où doit être frappé le coup décisif, et de placer en conséquence les réserves de cavalerie. En second lieu, ces réserves devant rester le plus longtemps possible hors de la portée du feu, le général en chef n’aura pas sous la main les troupes destinées à la poursuite. Enfin de petits détachements d’infanterie, convenablement placés, pourront mettre
en désordre, par leur feu rapide, les troupes qui poursuivent.
Mais ces considérations générales sont plutôt applicables à la tactique des trois armes.
Pour que la cavalerie complète la victoire, il faut que son action se produise au moment opportun, celui où la clé de la position ennemie vient d'être enlevée. Le général en chef fait avancer ses réserves de cavalerie pour appuyer les troupes qui vont frapper le coup décisif ; et le général de cavalerie, plus rapproché du théâtre de 1 action, ss tient prêt à lancer, au premier signal, ses escadrons sur l’ennemi vaincu.
La poursuite de la cavalerie doit être rapide et incessante, pour ne pas laisser à l’adversaire le temps de se reconnaître. Tous les escadrons y prennent part et les officiers n’attendent pas d’ordres pour précipiter leurs cavaliers contre l’infanterie qui cherche à se reformer. Grâce à ces attaques multipliées de la cavalerie, la retraite de l’ennemi se changera souvent en déroute, et de nombreux trophées seront le fruit de ses efforts.
Lorsque l’ennemi ne veut pas prolonger la lutte jusqu’à l’épuisement de ses forces et se retire en bon ordre du champ de bataille, la poursuite doit êlre moins ardente et mieux réglée. En face d’une infanterie non encore complètement démoralisée, le feu est toujours redoutable, et la cavalerie, conservant des réserves très-nombreuses, doit se tenir en garde contre le danger des embuscades.
La poursuite cesse généralement avec le jour à cause de la fatigue des deux armées et de l’incertitude des mouvements de la cavalerie pendant la nuit. Cependant, quelques détachements de cavalerie légère doivent continuer de suivre l’ennemi pour instruire le général en chef de la direction
que prend le gros de ses forces. C’est de là que dépend le succès de la poursuite du lendemain. (Retraite de Biticher après la bataille de Ligny).
Sans nous étendre davantage sur ce sujet, nous renvoyons le lecteur aux Observations sur la cavalerie, et nous rappelons aux officiers de cette arme que c’est dans la poursuite qu’ils trouveront le plus d’occasions de se distinguer.
Retraite.
Si la cavalerie est indispensable pour compléter la victoire, elle peut aussi rendre de grands services pour couvrir une retraite. La retraite exige la plus grande prudence ; elle se fait généralement en échelons, afin d’avoir toujours une partie de la cavalerie à opposer à l’ennemi pendant que le reste se retire. Il ne faut jamais recevoir de pied ferme une charge de l’ennemi ; on doit donc le prévenir dès qu’on le voit se disposer à attaquer. Après chaque charge, il faut bien se garder de poursuivre l’ennemi, mais l’on se remet en retraite sans perdre de temps. En effet, l’objet de la charge, dans une retraite, n’est que de gagner du temps et d’inspirer du respecta l’ennemi qui nous poursuit.
Couvrir une retraite est la tâche la plus difficile delà cavalerie et demande des officiers déterminés. —Le colonel et les capitaines commandants doivent rester derrière leur troupe, lorsqu’elle se retire, pour être plus près de l’ennemi, afin de le mieux voir et de donner leurs ordres en conséquence.
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