‹ Conferences adressees aux protestants et aux catholiques par le r.p. JohnHenry NewmanChapitre 16 sur 68 · P CB ETE ET AMOER · texte numérisé non relu

P CB ETE ET AMOER

bien que sur la miséricorde de Dieu ; mais néanmoins, dans l’ensemble, le principe régénérateur qui anime sa nouvelle vie, qui l’excite et le soutient, est la flamme de la charité. Ce principe seul est assez fort pour détruire le vieil homme , briser la tyrannie des habitudes, éteindre les feux de la concupiscence et réduire en cendres Iç's dernières retraites de l’orgueil.

C’est par suite de cela que l’amour nous- apparaît comme la grâce distinctive des hommes qui ont été pécheurs avant de devenir des saints. iNon que l’amour ne soit la vie de tous les saints, de ceûx qui n’ont pas eu besoin de se convertir, de fei très-sainte Vierge, des deux saints Jëân et de tant d’autres qui sont consacrés « à Dieu et à l’Agneau comme les 'prémices » mais cela signifie que , tandis que -ce principe se présente, chez. ceux qui -n’ont jamais péché, à du état si-contemplatif, qu’il devient -presque la sainteté de Dieu lui— même x chez' eeu.x où il réside comme principe de régénération, nous le voyoqs si plein de dévotion, de zèle, d’activité, de' bonnes œuvres, qu’il donne un caractère spécial à h'irr histoire , et qu'il s’associe toujours à- nos pensées quand nous songeons deux.

Tel a été le grand apôtre sur'lequcl l’Eglise est bâtie, et qu’en commençant j’ai mis en. contraste avec saint Jean' son compagnon d’apostolat. Soit que nous le considérions après sa première vocation, ou après sou repentir, de tons lçg apôtres, celui qui a renié son Seigneur brille d’ape manière toute spéciale par. sou amour pour lui. Cet auiour de Jésus-Chris^ débordant avec impétuosité et exubérante en amour pouç ses fié-

res, le fit choisir comme premierpasteur du troupeau.

« Simon, fils de Jean, m’aimez-vous plus que ne font ceux-ci? » Notre Seigneur l’éprouva par cette question, et la récompense que lui valut sa réponse fut : « Paissez mes agneaux, paissez mes brebis. » On ose à peine le dire, njais l’apôtre que Jésus aimait fut surpassé en anlour pour Jésus par un de ses frères qui ne brillait pas comme lui par la virginité, car ce n’est pas à Jean que Notro-Seigneur adresse cette question et fait cette réponse, mais à Pierre:

-Un peu plus haut , dans le mèmè récit, nous voyons encore les deux apôtres mis en contraste dans le caractère particulier dont ils brillaient. Étant dans leur barque, et Notre-Seigneur s’adressant à f eux du bord du rivage, «ils ne savaient pas si c’était Jésus» qui leur parlait, lorsque « le disciple que Jésus aimait dit à Pierré : C’est le Seigneur. » Et tout à coup « Simon- Pierre, ayant ouï que c’était le Seigneur, mit son habit de dessus et se jeta à la mer » pour arriver plus vite à lui. Saint Jean contemple, et saint Pierre agît.

Ainsi , à la seule vue de Jésus,, le cœur de Pierre S’enflamme, et il se précipite vers lui. De même, dans une autre, occasion, quand il vit son Seigneur marcher sur la mer, sa première impulsion fut, comme plus tard, de quitter sa barque et de courir à son côté :

« Sejgncur, si c’est vous , ordonnez- pi oi d’aller vers vous en marchant -sur les eaux . "» Quand il eut suc.-

combé à sa grande faute, le regard de Jésus suffit pour le foire rentrer en- lui-même'; «le Seigneur, sé journant, regarda Pierre, et Pierre, se rappelant la parole

PPRETÉ ET AMOCK.

du Seigneur, sortit et pleura amèrement. » Dans une circonstance antérieure, rjuand plusieurs des disciples se retiraient de sa suite et n’allaient plus avec lui, Jésus sur cela dit aux douze apôtres : a Et vous, ne voulez-vous point aussi me quitter? » Simon-Pierre lui répondit : « A qui , irions-nous,- Seigneur? Vous avez les paroles do la vie éternelle; nous croyons et nous savons que vous ête3 le Christ, tlls de Dieu. » Tèl-fut aussi cet autre grand apôtro, le docteur des Gentils, qui a été associé à saint Pierro de tant de manières. Il fut converti d’une farôn miraculeuse par l’apparition de Notre-Seignçtir’sur la route de Damas, où il se rendait pour mettre les chrétiens à mort. Or, comment s’exprime saint Fa ul? « Soit que nous soyons emportés comme-hors de nous-mêmes, c’est pour Dieu; soit que nous nous modérions , c’est pour vous ; parce que l’âmour de Jésus-Christ nous presse. Si donc quelqu’un est en Jésus-Christ, il est devenu une nouvelle créature; èé-qui était devenu vieux est passé, et'tout est devenu rfouvcàth » Ailleurs le même apôtre nous dit: « J’ai été crucifié avec Jésus-Christ, et je vis, ou plutôt ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus-Christ qui vit en inoi; et si je vis maintenant dans ce corps mortel, j’y vis cilla foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé, efqui s’eât livré lui-même à la mort pour moi. » Et ailleurs': « Je suis Je moindre des apôtres; et je ne suis pas digne d’être appelé 'apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis , et sâ grâce n’a point été stérile en moi ; mais j’ai travaillé plu» que foui

les autres; non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu avec moi. v 11 dit encore : '« Soit que nous vivions , c’est pour le Seigneur que nous vivons; soit que nous mourions , c’est pour le Seigneur que nous mourons. Soit donc que nous vivions, soit qfte nous .mourions, nous sommes toujours au Seigneur. »Vops voyez; mes frères, quel est le caractère de l’amour de saint Paul. Son amour étaitfervent, ardent, énergique, actif, plein de grandes œuvres, « fort comme la mort, » ainsi que le dit le Sage ; c’était une flamme que « les grandes eaux n’ont pu éteindre et que lés fleuveS n’auront point la force d’étouffer, » ffanune-qui a duré jusqu’à la lin ; ce qui lui permettait de dire à Timothée :

« J’ai bien combattu ; j’ai achevé ma course ; j’ai gardé la foi. H ne me reste qu’à attendre la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce grand jour. »

H est, mes frères, pne troisième personne, personne ' illustre dans les saintes Écntures, que rieus-pouvons associer à ces deux grands apôtres, quand nous parlons des saints qui ont brillé par leur pénitence et leur amour : c’est Madeleine. Qui nous fournit un exemple plus frappant de ce que j’expose que « la femme quéfut pécheresse, » celle qui a lavé avec ses larmes- les -pieds de Notre-Seigueur, qui les a oints de parfums précieux et les a essuyés avec ses cheveux? Quel uto'mcntchoisitelle pour accomplir cette action? Celle’ qui était venue dans la salle comme dans un but de fête , va se livrer à un acte de pénitence ! 11 s’agissait d’un banquet-d’apparat donné par un riche pharisien pour honorer on

PURETÉ ET AMOUR

plutôt pour sonder Notre-Seigneur. Madeleine arriva, jeune et belle, «se réjouissant dans sa jeunesse, » « marchant dans les voies de son çœur et les regards de ses yeux. » Elle vint comme pour honorer la fête, ainsi que les femmes avaient l’habitude de le faire, portant avec elle de doux parfums et des onguents frais destinés Ou front et aux cheveux des hôtes. Quant à l’orgueilleux pharisien, U tolérait sa présence, pourvu qu’elle ne le touchât pas. 11 la laissait venir, comme nous pourrions souffrir que des animaux domestiques entrassent dans nos appartements, sans nous inquiéter d’eux ; il la supportait comme un Ornement nécessaire de la fête, tout en ne voyant en elle qu’un être sans âme ou destiné à la perdition , mais d’ailleurs ne l’intéressant en aucune manière. Lui, homme orgueilleux, et sos frères pouvaient bien « parcourir la mer et la terre, pour faire un. prosélyte; » mais quant. à jeter les yeux sur le cœur de la prosélyte, quant à prendre son péché en pitié .et à èssayerde le guérir, cela ne pouvait se présenter à leurs pensées. Non, le pharisien ne songeait qu’aux nécessités de son banquet, et il y laissait venir Madeleine, sans s’inquiéter de ce que sa vie pouvait être, afin qu’elle remplit son rôle, pourvu qu’elle s.’en acquittât bien et qu’elle se bornât là. Mais, ô prodige î quel spectacle! était-ce inspiration soudaine ou le résultat de la préméditation? voici cette pauvre femme toute troublée, cet enfant du péché qui s’approche pour couronner de ses doux paffums la tète de celui en l’honneur de, qui la fête était donnée. Voyezla,'sf main s’arrête ; elle regarde, et aussitôt elle dis-

cerne l’immaculé, le fils dq la Vierge, « l’éclat de la lumière éternelle et le miroir sans tache de la majesté" de Dieu. » Elle regarde et reconnaît l’Ancien des jours, le Seigneur de la" vie et de la mort, son jugej elle le regarde de plus près , et voit dans sa figure , dans son . air, une bonté, une douceur sereine, majestueuse, qui la remplit de crainte , qur surpasse celle des fils des hommes, et qui éclipse toute la splendeur de la salle du festin^ Elle le regarde encore avec timidité, mais d’un œil plein d’ardeur, et découvre,, dans son regard et son sourire, la bonté, la tendresse, la compassion, la miséricorde du Sauveur 'des hommes. Elle se considère ensuite elle-même. Oh! qu’ elle se trouve méprisable et hideuse, elle qui jusqu’alor9 avait été si vaine de ses charmes! Que cette beauté dont l’éloge est dans la bouche de tous ses admirateurs lui paraît funéo-l que ce souffle qu’elle avait cru si embaumé lui paraît dégoûtant quand elle songe qu’il porte l’odeur des sept esprits malins qui habitent en elle ! Dans cette attitude, elle se fût arrêtée, elle fût tombée à terre, enveloppée dans sa confusion et son désespoir, si elle n’eût jeté un nouveau regard sur celui dont la physionomie était tout aînoür et tout pardon. Il la regarde : c’est le pasteur qui voit la brebis égarée , et la brebis qui se rend au pasteur. Il ne lui parle pas, mais il fixe ses. yeux sur elle, et elle s’approche de lui. Anges, réjouissez-vous, elle approche, n’apercevant que lui, ne s’inquiétant ni du dédain des orgueilleux-, ni deS plaisanteries des dissipés. Elle approche , sans savoir si elle sera sauvée ou non, si elle sera reçue ou ce qui lui arrivera.

PURETÉ JET AMOUR

Elle sait seulement que celui qu’elle approche est la source du bien et de la vérité ainsi que de la miséricorde ; et vers qui irait-elle, si ce n’est vers celui qui a les paroles de la vie éternelle? « Votre perte, ô Israël l ne vient que de vous, et vous né pouvez attendre de secours que de moi seul. Revenez, rebelle Israël, et je ne détournerai point mon visage de vous , parce que . je suis saint et que ma colère ne durera pas éternellement. » « Nous voici, Seigneur, nous revenons à vous; car vous êtes le Seigneur notre Dieu. Nous reconnaissons maintenant que toutes lès collines et les montagnes n’étaient que mensonges ; nous reconnaissons que le salut d’Israël est véritablement dans le Seigneur notre Dieu. ». • •

• Merveilleuse rencontre entre ce qu’il y a de pins dégradéet ce qu'il y a de plus pur ! Ces mains impudiques, ces lèvres impures ont touché, ont embrassé les pieds de l’Eternel, et il n’a pas repoussé cet hommage. Pendant qu’elle est penchée sur eux et quelle- les mouille de. ses larmes , son amour pour celui qui se montrait si-grând et si tolérant deviout ardent dans son cœur, et y allume une flamme qui, à partir de ce moment, ne devait s’éteindre plus jamais ! Et quel degré cet amour n’atlejnt-il pas , quand Jésus constate devant tout le monde son pardon et Ja cause qui le lui a mérité l « Beaucoup de péchés lui sont remis , parco qu’elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on remet moins aime moins. » Puis il dit à cette femme : « Vos péchés vous sont remis; votre foi vous a sauvée : allez en paix. » v Depuis cet instant, mes frères, pour elle , comme

plus tard pour saint Augustin et saint Ignace (grands pénitents de leur époque)-, l’amour fut comme upe blessure dans son âme, pleine de désirs jusqu’à la tristesse. Elle ne-pouvâit plus vivre hors de la présence de celui en qtti elle mettait sa joie. Elle languissait après lui quand elle ne le voyait pas, et elle le servait en silence, avec révérence et. attention, quand elle se trouvait en sa sainte présence. Nous lisons d’elle que dans une circonstance elle était assise aux pieds du Sauveur et prêtait l’oreille à ses paroles lorsqu’il l’assura qu’elle avait choisi la meilleure part, et qu’elle ne lui serait pas enlevée. Après sa résurrection , elle mérita par sa persévérance de voir Notre-Seigneur avant les apôtres. Elle ne voulut pas quitter le sépulcre quand Pierre et Jean se retirèrent, mais elle resta debout, versant des larmes. Et lorsque le Seigneur lui apparut et ne permit pas que ses yeux le reconnussent, elle dit d’un ton plein de compassion à celui qu’elle supposait être le gardien du jardin : « Dites-moi où vous l’avez mis, et je l’emporterai. » Quand enfin il se fit reconnaître à elle; elle allait se précipiter vers' lui pour embrasser ses pieds, ainsi qu’elle avait fait au moment de sa conversion ; mais, comme pour mettre à l’épreuve la fidélité de son amour, il le lui défendit. « Ne me touchez pas, dit-il, car je ne suis pas encore monté vers mon Père pinais allez trouver mes frères, etditesleur de ma part : Je monte vers mon Père et votre Père., vers mon Dieu et votre Dieu. » Et il la laissa ainsi soupirer après le temps où elle le reverrait, où elle entendrait de nouveau sa voix, jouirait de son sou-

EBBEtÉ ET- ÀMOTJt, Qt -

rire, et où il loi serait permis de Je servir de nouveau pour l'éternité. • > •. V. -

’ «■ Telle nous appàéalt cette . seconde classé de saints,

. .quand oq la inet en contrasté avec, ta prernifirq: L’a.rrprur çst la: vie des uns et des autres» mais tandis que Tamopr de l'innocent est calme et-sereirt,, Faipour du pénitent est ardent, impêtuoux k généralemeol occupé à lutter 'avec le monde/ . et plein. d’activité ,daHS . les bonnes oeuvres. C’est cet amour que vous devez avoir ; mes frères, si vous entretenez une espérance fondée do -salutiCarvousnveïéfépécheursd’unémanièreoud’nnc -autre; vous l’avez été peHWlre par mépris. ouvert et avoué de la religion, ou par desdrausgi'CgsiOtfsfléérètes, odpàrîndifférehiçe; eu par quelque mauvaise habitude qui Vous était Ohëry , , ou en .donnant vqtr&coBuràgwêb» apie objet de ce monde, on' cii Caisant votre propre volonté àdi place dé la sedcitilé dp Dieu. C’est pourquoi crois pouvoir dire que, vous avez besoin d’eritrer en réconeilialid»- avec lui. Vous avez eu ou vous avez "besoin d’être anienés Vers lui ; vous avez besoin que vbs péchés. soie» t lûvé& panson sang, et que voire.pardon soit .enregistré dans le cîid.Gr, qüi pourra réaliser cela pour voüs, si' eé n’est la contrition? Et qu’est-ce que là contrition ■sans Fawouf? denp dis. pas que vous devezavôir Fattïourqui distingue les saints, afin d’ob-. téidr V^tré pardon, 4 ’aftieifr de sùtnt Pi erré au celui de Saintûltladelfeincrj ipm's eepend;fiit, ; si vdiis n’aviez. vôtre partdé ceMé'tnème ^’àtîÇ céwté, vous seriez dans «ne SrtuatidfTiMed prés»ireid.-oiîrant-peu t}e sécurité. Si ■smtdrz quç vos mu» ce? compilent poiir- votre pér,

98 Q^ATBIÈjf» CONFÉBKNCF..

nitenee, elles doivent être inspirées par la flamme de la charité. Si tous vOuio* être sûrs de persévérer jusqVf à 1\ fin y -vrfu^ devez gagner cette faveur en adressant continuellement de6priercs d’auiour à l ! auteur de la foi et de l’obéissanee, à celui qui peut nous confirmer dans l’une etl'autrô. Si vous votilez avoir la douce perspective do lui être agréable., dans vos derniers moments, somenoi-vousencorequec’esn’amour, l'ainour sorti, qui efface: le péché. Aies frères, à cette heure terrible, vous né pourrez peut-être pas recevoir los derniers sacrements. Vous pouvez mourir suintement ou Voué trouver éloignés d’un prêtre. Vous poiW vez être abandonnés à vous-mêmes, n’âvoir d’autre ressource (Jue votre Componction, Votre repentir, vos ' résolutions d’amendement; Vjous pouvez avoir été, •depuis plusieurs semaines, éloignés. de tout secours spirituel,, et ètre’exppsés à paraître devant Dieu sans" la sauvegarde, la çOinpenSatiOn, la médiation des rites sacrés de l’Église. Oh! qui vous sauvera alors, si cç • n’est la présence <i de la charité divine, répandue sur le coeur par le Saint- Esprit qui nous est donné | » A dette hortre, rien ne vous servira, si vous n’ayez pas eu cette habitude terme de la chéiifé qui préserve du péché tnortel y ousi v,ous ne faites un acte puissant de charité qui vous en purifie.

La charité seule •peut Vous rendre capables, de bien vivre ou dé hiçii mourir. Comment oscz-Vous aller vous coucher le soir, critrepreriilüetm vejàge , a flVonter la présence d’une épidémie, ou inéme l’attaque d’une *

indisposition , quoique légère quelle soit, si vous •

Diçiiüzed by Goeglv

' . ’ i»ÜBEXK F.T \MOCR. 99

n’ètes pas bien pourvus en vous-mêmes d'amour con- • tre cotte transformation terri hic que vous subirez uu jour, sans qu’il'soit possible de'savoir-à quelle, heure èt comment elle nrfiyerïi?' Jlélàs! comment vous présenterez-vous devantie tribunal de Jésus-Christ, avec , les sentiments imparfaits et rrnïtradictoïres qui vous satisfont à présent, ayec. vmè certaine somme de foi^ de conGanc,e gt de crainte en ses jugements , mais sans connaître la jouissnnee'éèelje que l'on goûte en lui, à *on service, dans h contemplation de ses attributs , dans l’accomplissement de sâ volonté et da ses commandements; jouissance .dont- les sa fois sont en possession.avee um sPgrande jilenifude, et qtn seule peut . donner à Pâme un titre - sérieifX’ aux mérites de la passion, et de;1a mort de Jésus-Chi;û?t.?- :

- Avec quelltf différêrtcÔ <(ff sentiment Tàme aimante parait.cft présenté de' son rédempteur , quand elle se sépare du corps f Kl le- sait, bien Qu’elle .«oit depuis plusieurs années réconciliée ,V lui . combien est gfande ■ 1 1 dette de.çbJtimcnt qu’il loi reste à acquitter ; elle sait <jne le purgatoire est devant elle-, et que ce . qu'elle peut espérer de plus raisonnable est d’y étre envoyée. Mais quelle j,,ic ,1c voir sa face mémo un instant 1 de prêter. l’orciHe à; Sa voir, de Kentendie parler , .quoique cé soit pour punir ! (> Sauveur des ’ hommes, Je viens à vous , quoiqqc ce soit poirr êfre aussitôt renvoyé dé votre préséncopje viens' à vous qui êtes ma viè et mon tout ; je viens n vous dans la pensée dout je suis nqnrrie'.Je mersuis donnée à vous 'dès que j’aVpris ma plate dans le monde; de bonne

heure, je vous ai-recherché pcturjnon bien, parceqUe, dé bonne heure, vous m’aviez enseigné que je ne trouverais pas de bien ailleurs. De qui suis-je en possession dans le ciel , si ce n’èst de vous? Qui ai-je dé- , siré , qui ai-je possédé «pc 4a terre , si ce n’est vous ? Qui aurai-je dans le tourment des flammés du purga- - toire,^i cc n’est. vous? Qui, quoique je doive maintenant y descendre, dans « ce pays désert, sans voies «St sans eaux,,)) je ûe.eramdrafpàs de mèl, parçe que vous serez avec moi. Je vous ai vu aujourd’hui face' à face, et cela me suffit! Je vops ai Vu, et ün regard-de ; vous nie console d-’un siècle de chagrin; dans la. région , inférieure où je vais de^éçndrè! Je yivrai deqU’regard de mon Pieu, quoique privé dé sa vue, jusqu'à ce qàe je revienne vous Voir, pouè ne plus me séparer jamais -de vous-J Ce regard’ sera pou^ moi un rayçn de 'soleil . et uûe consolation pour mon aide accablée et, soupirante; vôtre voix que j'ai entendue résonnéra à'meS : qréillés çomme.'une éternelle 1 harmonie. Rien ne nie fépa mal, rien ne me décourager^;- je supporterai le»' années dé ma -condamnation jusqu’à ce qùe leur fin arrivé, joies supporterai, bravement et patiemment. Du -fond de çette; vallée aride, je ne- cesserai d’élever nia voix et de chanter un'Ceu/îteor perpétuel qui s’a-^ dressera à vous otà vos saints, au Dieu to.ut- puissant, à- la bicnhéùreuse Matiç toujours vierge, vptré mère et la mienne, immaculée dans sa conception,; an bien— . heureux archange Michel , crée dans sa pureté par ta •ftjain même de Dieu; à saint Jean-Baptiste, sanctifié" dans.le sein de. sa. mère, et ; après eux ) aux sàtntsnpô-

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très Pierre et Paul , pénitents que leur expérience du - péché porte à avoir compassion du pécheur, à tous les saints, à ceux qui ont vécu dans la contemplation ou " dans la peine durant les jours dé leur, pèlerinage. J’a-dresserai à tous mes supplications , les, priant de « se souvenir de moi , puisqu'ils sont dans. la félicité, et de me prendre assez en pitié pour faire mention de moi au Roi des cieux, afin qu’il me lire de celte prison. » Et enfin, ic Dieu sèéhera les larmes de mes yeux, et je n’aurai pas à craindre plus longtemps lès- Souffrances, les pleurs, la tristesse ét-la mort, parce. que toutes ces » choses seront passées. » - , . "

la Sainteté est tE crftériuh du principe chrétien...

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Un fait que vous connaissez fort bien et que peu de personnes contestent} c’est que nous avons tous au fond du cœur une voix secrète, un sens intime, qui nous fait distinguer le bien du maly-qui -sert de régulateur à nos pensées et à nos qfitions. Celle voix s’appelle conscience, et, bien qu’elle lie suit pas toujouisi assez ' puissante pour ndus diriger,; elle est cependant, assez forte et assez impérieuse pour jnlluencer uotre manière de voir èt déterminer les jugements que nous portons . sur les divers objets qui tombent sous nos sens. Mais la conscience ne peut môme remplir celte fonction d’une manière adéquate sans un seedurs du dehqrsj. • «lie a besoin d’ être dirigée et soutenue. Abandonnée à elle-même , elle peut encore lions servir fidèlement pendant quelque, temps} mais, bientôt après, elle se trouble, elle Incite et s’égaie j il fout, pour qu’elle ne

sc trompe pas, qu’elle soit maintenue dans "la ligne 'du devoir par de bans enseignements, .par de bons exemples; et malheureuse ment ceé secours extérieurs , ces enseignements, cos exemples , sont rares, et quelquefois ils’ manquent totalement.

Oui, ils manquent. tellement à un très-grând nonvbre de personnes, que leur conscience finit par sortir (lu sentier quelle doit suivre ; elle -ne lès gurde plus vers le ciel que par de longs détours et par un chemin, -indirect. Mémo daps des pays qu’on regarde comme •chrétiens-, cette lumière' intérieure s’ubscurcitj parce que la lumière céleste qulédairc tout homme venant en ce monde s’est éloignée. d’eux. C’est fin spéctacle extrêmement triste et affligeant que de voir, dans c'c pays, chez" un peuple qui se vante d’étre si chrétien -et si éclairé , le soleil divin tellement éclipsé que le miroir de la conscience tven peut recueillir et refléter que-peu de rayons, et tic donne qu’un pauvre cl faible secours pour préserver les homme? de l’erreur. Cette lumière intérieure, quoiqu'elle- soit un don de Dieu , est insuffisante' a éclairer. l'horizon, à nous indiquer la diredkfinquet noü.s<devons suivre, à nous fournir la certitude consolante - que nous marchons vers notre •éternelle pafifié.- Celte- lumière était destinée à nous servir de règle, de boussole intérieure pour discerner le bien' et la vérité ;- elle, devait nous marquer notre devoir <*rt toute occdrrcnce', nous apprendre à connaî- ' tre en détail ce qu’est le péché, à jfiger sainement des objets qui s’offrent à notre esprit et à nos sons, à distinguer les choses préèieuses de celtes qui sont è dé-

CRlTÉBtFM DU PRINCIPE CURÉTlpN.

daigner; elle devait nous empêcher de nous laisser séduire par les faux plaisirs du monde, et dissiper les sophismes dé notre raison.

Mais,, hélas! quelle idée la plupart des hommes ontils de la vérité-, de la Sainteté, de l’héroïsme, de la justice et de la grandeur? Je ne cherche pas s’ils sont dominés, s’ils- sont dirigés par une notion de ces importants objets , car c’est un point de vue ultérieur ; je demande seulement s’ils en ont une Idée quelconque , ou s’ils ne peuvent entièrement eflaqer de leur aine les sentiments de justice et de grande u r; je demande §i cependantleür manière d’envisager, de comprendre et d’appliquer ces principes, n’est pas telle qu’elle nous autorise a diré de la.plus grànde partie du genre luimain que « la lumière qui' est en lui n’est qu’nbseurité! » , ~

Faites attention à mes paroles, mes' chers frères-, je ne dis rien de très-difficile 4 comprendre, rien d’inutile; je ne dis que des choses intelligibles, incontestables et d’un intérêt général. Vous savez qn’il y. a des * hommes qui ne voient jamais la clarté du jour; ils vivent au fond des puits et dans des mines ; ils y tra-vaillent, y prennent leur plaisir, et peut-être ils y meurent. Pensez-vous que ces hommes, quoique doués d’yeux connue nous, aient upc idée nette du soleil, de son éclat et de sa chaleur ? Pensez-vous qu’ils puissont concevoir la . beauté dfc ln voûte céleste, la splendeur de son azur, la variété des formes de ses nuages , la pureté de la lune et dos étoiles? Peuvent-ils §e représenter le spectacle des hantes montagHes et des plaines

.406 j : CttQUnîMK CO^FÉBESCE. •

revêtues de verdure?. Oh! Quelle doit être 'la surprise d’unhomme qui passe subitemejal des horreurs de -èette>habitation souterraine, dii il n’a jamais v n d’autre clarté que, la lueuj: ropgéàtrç des torches ou les> reflets monotones d’un artificiel crépuscule, dans lequel Te jour et la nuit se confondent; quelle doit ètre.^ dis-je, la surpriso de net jlolnme quand jl passe subiterij.ent dans Une atmosphère fesplendiusante de lumière,'" qu’il voit le soleil J s’ûvancer majestueusement de l’oriçnt à l’occident, et.qn’il contemple les changements graduels et gfacieuxdc l’air ét du ciel, du commencement à la finrdu jourl Oh J quel spectacle pour'un aveugle-né que d’ouvrir enfin les yeux à là lumière , . d’acquérir Je sens précieux de la vue dont il avait été privé jusqu’alors ! Immense jduissance dont il ne s’ôtait fait qu’une idi'fe bien- imparfaite' par le£ moyens d’information dont if disposait, ou les descriptions qu’il en avait entendues ! Il ne poûvait cohhaUrè des objets que par le tact et l’ouïe, à présent il lès connaît ' parja vue! Cet homme ne.se trouverait-il pas, comme on le dit, .transporté dans « un monde nouveau? » Quelle révolution doit s’opérer U chaqüe . heure dans ses pensées, dans ses habitudes, dans «es ma aie f est Ü ne se -dirige plus seulement à l'aide de ses mains et de ses oreilles; if ne marche plus eu tâtonnant; il voit son chemin-, d’un coup d’œil il aperçoit des-millier» d’objets, et /avantage bien plus précieux encore , -il saisit leurs rapports , iLeopstate le ur posi lipn-rfelati ve,

H distingue ceux qui sont petits du. ceux qui sont * grands, ceux qui sont rapprochés de ceux qui sont

critérium dc Principe chrétien. 107

éloignés , ceux qui sont unis ensemble de ceux qui sont séparés; en un mot, lés Objets lui apparaissent comme formant un seul tout, et se groupant autour. de lui comme autour de leur centre., s*

Mais en outré cet homme pourrait acquérir lamô^ tion dc quelque y chose de plus intéressant pour luiy -qui touche davantage à sa personne que tous ces ob~ , jets , de quélque chose.dc trés-diflérent de toutes ces formes et de tous ces phénomènes où la lumière sé joue comme dans son temple, et qui lui ont inspiré une si vive admiration. Alors il verrait les germes impurs de l’insalubrité et de la maladie s’attacher à son corps, pénétrer en lui et se répandre au loin dans l’air , sous leur forme primitive' la pins élémentaire. Il verrait l’atmosphère ambiante imprégnée d’une poussière fine qui .tombe sur tout \ qui s'introduit partout, qui souille tout , et qui , n’étàrrt point énlôvée aveo soin , comme elle devrait l’ôtre , engendre les maladies et les épidémies*. Cette poussière est semblable à ces cënr dres de la fournaise que Dieu ordonna à Moïse de ramasser et de jeter à la fîice du ciel , afin qu’elle fît naître des ulcères , et des pustules sur le corps des Égyptiens. Ce poisoftÆubtil âttaqtie tous les ôtres vivants, ceux qui voient aussi bien que les aveugles; mais c'est à l’aide de l’organe de fa vue que noùs on distinguons l’origine et les progrès, c’est à la faveur de la lumière du jour que nous remarquons notre ' malpropreté, et que nous jugeons du degré de soins .nécessaire pour nous .préserver de la contagion. ’ *

Or, mes frères, cette poussière, cette contagion,

id8 r ' . - (3NÛUIÊHE C0NFKREKC1C. ’

c’est l’image du péché. Le péché, cet ennemi si imperceptible dans son approche, si varié dans ses formes , si persévérant dans ses attaques, si insignifiant dans son aspect , si affreux, si terrible dans ses effets,

• „ cet ennemi , dis-je, sfintroduit dans les cœurs d’une manière presque insensible; mais il y engendre des pl aies- et des nlcères qui amènent la mort éternelle. De même que nous ne pouvons, sans le secours de la lumière, apercevoir- la.ppussière qui se dépose sur nous,

' et comme cette lumière qui nous la fait voir, nous montre, par le contraste qu’elle produit, toute la laideur de affte poussière ainsi la lumière , du monde invisible, les enseignements elles exemples de la vérité révélée, nous &mt connaître l’existance et la diffor-, mité du péché, que nous ignorerions entièrement saus ce secours céleste. Et de même qu’il y a des hommes qui vivent dans les souterrains et dams les mines, qui ne voient jamais la clarté du ciel, qui travaillent * comme ils peuvent à la lueur des torches , il y a également line Joule d’hoinme6, que dis-je ! des nations entières qui, bien que douées du sons de la vue par la nature, ne savent pas faire un bon. usage de ce sens, parce qu’elles vivent dans des souterrains moraux , dans des abîmes spirituels, dans la région des ténèbres,

« dans .le pays de misère et d.’ obscurité où habite l’ombre de la mort et on l’ordre ne règne pas..»

C’est là qu’ils sont nés, qu’ils vivent, qu’ils meu- / rent, et, au lieu de la clarté magnifique, abondante ét pure du soleil, ils ne voient que lés pàlôs rayons d’uue ■ torche à la laveur de laquelle ils marchent à tâtons

CHITÉBIÜM Bt PRINCIPE CHRÉTIFÏ. 109

dans leurs souterrains, le mieux qu’ils peuvent; ou bien ils Ont des lampes suspendues de dislauce en distance, et ils « marchent à la lueur de leur feu et dans les flammes' qu’ils ont allumées, » parce qu’ils n’ont ■ aucun autre moyen, d’éclairer leurs '-ténèbres. Il leur faut une lumière ipfelcunque, et ils s’-èn procurent par des moyens' artificiel», faute de pouvoir faire mipux. . L’homme, étant un être dorié de raison ,. ne peut par cela même vi vre au hasard. H faut qu’il règle sa vie d’après certains principes, qu’il se trace une ligne de conduite, qu’il ait un but, qu’il prenne un modèle, et se propose de se rappfocher de certains exemples. La raison ne le rend, pas indépendant,, comme ou l’a prétendu quelquefois ; elle le force, 411 contraire, à sc soumettre à cprtains-principes, à certaines lois, pour obtenir la satisfaction de 6es besoins; Il faut, par une nécessité de sa nature, que ses actions aient uh but , • qu’il ait Un objet à vénérer, et', lorsqu’il ne sait découvrir cet objet djgnè de ses, hommages, il l’invénte.

Si son esprit n’est pas' instruit des vérités d’en haut, il le meuble d’erreurs qu’il forge lui-inéme,- ou qu’il apprend de son voisin. 8-iLne connaît pas le Dieu éternel et ses saints', ir se fait des dièux'dc sa façon, il* • ’ adore des idole». -Dans lequel de ces deux cas pensezvous, mes frères, que se trouvent nos concitoyens?' Possèdent-ils le Dieu véritable ; digne de notre culte , on adorent-ils un faux dieu? Ont-ils créé ce qiïi n’erst pas, ou découvert ce qui est ? Marchent-ils dans la tiimière du ciel, on sont-ils semblables à ceux qui bais- • sent et vivent dans des cavernes , et qui s’éclairent le

no

mieux qu’ils peuvent d’une lumière, artificielle produite à l’aide d’un caillou et d’un morceau' d’acier?

Jetez les veux autour de vous, mps frères, et répondez par vous- mêmes. ;Kxaminez les objets dans lesquels ce peuple met $a gloire; examinez ses règles , -pesez ses idées et ses jugements, et puis dites s’il n’est pas clair, en considérant l’idée qu’ii se fait de la grapdeur et du bonlieur, qu’il ignore complètement ce que ç’est que la véritable grau de fié; la véritable bonté, la sainteté, la sublimité, la vérité, pt que non-seulement il ne recherche pas ces nobles attributs de la nature divine, mais qu’il nçiès admire même pas. Voilà le point sur lequel j’insiste ; je n’examinc pas ce que. ce peuple est ni ce qu’il fait actuellement, mqis quels sont les objets de sa vénération, quels sont les dieux qu ? il adorpr. Son dieu, c’csl.Mairfnion. Jc n’cn tends. pas par là que tops cherchent à s’enrichir ; je yeux dire seulement que tons se prosternent devant Ja, fortune. La fortune est la divinité. à laquelle presque ;io us les hommes rendent instinctivement hommage. 41s jugent du bonheur à la fortune ; e’esUür elle qu’ils mesurent le droit à la considération. 11 y en a des milliers qui savent fort bien • 'qu’ils ne seront jamais riches, et qui pourtant éprou- •: vent um-cer.tain respect*, une certaine admiration à l’aspect de la foi’tune, comme si tout homme riche devait être un horçjme recommandable. Ils spnt flattés d’être distingués per tel. personnage connu par sa richesse; ils sont fiers de, s’être trouvés une fois dans' sa société;-ils clierchent-è connaître ses nmis^.à se lier gvec scs subordonnés, à fréquenter sa maison, à le con-

CRITÉRIUM DU" PRIMAIRE CltRÉTIF.S. tH

itaitre, île fût-ce que devué. Cri n’estpas, je le répéter,'

qu’ils cspèrent'de devenir riches? Un jour à leur tout; ce n’est pas qii’ils sojcnt. à moine -de "voir, les trésors dè Phonime opulènt (pi’ils admirrint, car cet Iromme s’habille éf vil peut-être aussi simplement qnc les plus hmnbles mortels; Ce n’est pas qu’ils attendent quelque profit de leurs rapports; uon, leurs hommages sotft désintéressés; ils sont le résultat d’unc-adhiiratioU hontiêto , sincère , cordiale , pour lu fortune elle-même, semblahlé à cet amour pur que lés personnes saintes •éprouvent pour, le créateur de tou tés choses. Lèurs homraàgete naissent d’une tôt profonde en la fortune, d’une cotlvicfioh. intime que, quelle que soit l’apparence d’un Irofiutre, qu’il paraisse pauvre, misérable, . décrépit, commun , cependant, -s’il -«st riche-; il n’èst plus semblable aux autres boulines ,11 possédé un pri- vilégé, u U charüre, ime puissance infinie, et qu’avec • sa richesse il fait ce qir’il ^cu’t, 'V ..•»»

- La richesse est lit première idole, fie notre éj>oqué;, . la notoriété est ta sesontte. Je ne m’occupe -pas, je le répète , de ce que- leÿiiommes recherchent, -je parlé seulement de ce qu’Hj; estiment, de ce quhls-révècentj . car ils peuvertt ne pas sc trouver- dans des conditions favorables fi acquérir ce qu’ils admirent. Jamais, à aucune époque de Phisloire fie l’humanité, la nota- . riété n’a été ee qu’elle est de notre temps; car aujour- . d’hui chaque individu, même le plus. pauvre-des ouvriers et le plus isolé des pnysâns;*est inslmit cbaqüe jour des nouvelles publiques et particulières dé toutes les parties\du globe, par d«s »pnoyeus -si. Unir

ti2 .'- CmOl'VÈME CÔNÉÉftENCE. •

formes, si certains, si prompts, qu'ils ont pris en quelque sorte la forme d’une loi naturelle. Par suite, la notoriété, cé bruif que l’on fait dans le monde, a liai par être regardée comme une chose bonne en ellemême et un objet de vénération. Il y -eut un temps où Ton ne pouvait faire parler de -soi qu’à grands fiais et -moyennant ,<fo fortes sommes dfargent. Le monde regardait avec admiration ceux tjui avaient de grands -hôtels-, dé nombreux domestiques , beaucoup de chevaux, des maisons richement meublées,. des jardins et des pares. On les admire encore, mais on n’en trouvé pas souvent l’occasion.; caTccUc magnificence n’est le partage que d’un très--petit nombre, et l’on peilt dire qu elle n’a pas un grand nombre de témoins. La notoriété ,, ou , comme on pcutl’appcicr, la célébrité que donnent les journaux, est ptor la . plupart des hommesije que lê bon ton et la mode (en me servant du langage -du mondé} sont pour lés élégants . et les fats; elle devient une espèce d’idole que leShommes adorent pour eHc-mème, et sans faire attention à ia formé sous laquelle elle s’offre à leurs yeux. Réputation bonne ou mauvaise, réputation de grand -homme d'Etat, de grand prédicateur v dé grand spéculateur, dé grand, expérimentateur,, de ^graud criminel ;

. réputation de réformateur d’écoles-, d’hôpitaux, de priions, d’ateliers ; Réputation -de ravisseur et d.’ adultère, peu importe ; 'ce qu’enanrttitionne, c(eÿt> d’arriver à la célébrité, de quelque façon qwc-ecsoU. De telle sorte plus nu homme fait parler de lui , plus 1rs joue- * naux s'occupent de. ïui, plus ou l’apprécie ; et quand le

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