CRITÉRIUM DU PRINCIPE CHRÉTIEN. U
ment céleste ! Los suints apôtres furent introduits par elle dans un nouvel ordre d’idées , dans une pouvelle sphère de contemplation, et saint Pierre s’écria: « Seigneur, il est bon d’être ici ; permettez que nous bâtissions trois tabernacles. » Il aurait voulu rendre ces gloires célestes toujours présentes à ses regards. Toutes les choses de la terre, les plus éclatantes, les plus belles, les plus nobles, pâlissaient, s’éclipsaient devan^ ces magniticences divines, et n’étaient plus, comparées à elles, que misère et corruption. Les biens les plus substantiels du monde n’étaient que vanité; ses trésors les plus précieux, du clinquant; ses joies les plusvive's, de l’ennui, et son péché, une horreur et une abomination. Tel est, dans une certaine mesure, le contraste qui existe lorsqu'il est donné à l’âme de voir les objets qu’elle admire et recherche dans son état de nature, et ceux qui charment sa vue lorsqu’elle entre en communion avec l’Eglise invisible , lorsqu’elle est arrivée « au mont de.Sion, à la cité du Dieu vivant, à , la Jérusalem céleste, à ses myriades d’anges, à l’Eglise des premiers nés, qui sont enrôlés dans le cjel ; à Dieu, le juge de tous; aux esprits des justes, maintenant rendus parfaits, et à Jésus, le médiateur du Nouveau Testament. » Dès ce jour, une nouvelle vie commence pour l’âme. Je ne veux pas dire qu’il s’opère en elle une conversion morale; mais, qu’elle soit ou non portée (et nous sommes certains qu’elle doit l’être) à agir conformément à ce qui s’oifre à. ses regards, considérez cependant le changement qui doit se faire dans sa manière de voir et de juger les choses, aussitôt qu’elle
a entendu la parole de Dieu et qu’elle a cru en elle ; dès qu’elle a compris que la fortune, la célébrité, l’influence, la grandeur, ne sont ni la première des bénédictions de Dieu, ni le critérium du bien; dès qu’elle a compris, au contraire, que la sainteté et scs conséquences, la sainte pureté, la sainte pauvreté, le renoncement au monde , la faveur du ciel , la protection des anges, le sourire de la bienheureuse vierge Marie , les dons de la grâce , l’intervention des miracles , l’intercommurtion des mérites ; dès qu’elle a compris , dis-je , que toutes ces choses sont les seules vraiment sublimes et précieuses , les seules qu’on doive estimer, les seules dont on doive parler avec révérence! C’est pourquoi des hommes d’un esprit mondain, quoique riches, ne peuvent, s'ils sont catholiques, être semblables à ceux qui sont étrangers à l’Eglise, à moins qu’ils ne renoncent entièrement à la foi de leurs pères; ils conservent un respect instinctif pour les personnes qui portent sur elles les signes du ciel , et ils rendent hommage à ce qu’ils n’imitent pas.
Les catholiques ont nécessairement devant eux une idée que les protestants n’ont pas, l’idée d’un saint; ils croient, ils vénèrent l’existence de ces rares serviteurs de Dieu , qui apparaissent de temps à autre dans l’Eglise catholique comme des anges déguisés, et qui répandent la lumière autour d’eux à mesure qu’ils s’acheminent vers le ciel. Ils ne font peut-être pas ce qui est juste ét bon, mais ils savent distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux ; ils savent ce qu’ils doivent penser des choses et comment les juger.. Us ont un modèle pour