LA NATURE ET LA GRACE
Notre-Seigneur nous prose nie, dans la parabole du Bon Pasteur, un état de choses qui doit paraître bien extraordinaire aux yeux du. monde. 11 affirme que le genre humain se compose de deux corps distincts l’un de l’autre, séparés par une ligne bien marquée, semblable à la barrière qui sépare le bercail de la plaine, a Je suis la porte , dit-il ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé. 11 entrera, il sortira, et il trou- . verades pâturages. Mes brebis,écoutent ma voix , et je lefe connais ; elles me suivent , et je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront point, et personne ne me lesravira. » Et dans la dernière prière qu’il adresse à son Père éternel en faveur doses disciples, il s’écrie : « J’ai fait connaître votre nom aux hommes que vous m’adonnés en les séparant du monde. Ils étaient à vous,
et vous me les avez donnés, et ils ont gardé votre parole. C’est pour eus tjue je prie ; je ne prie point pour le monde, mais pour ceux que vous m’avez donnés,
parce qu’ils sont à vous Père saint, conservez en
votre nom ceux que vous m’avez donnés , afin qu’ils soient un comme nous. » Ces passages ne sont pas les seuls tic ce genre. « Ne craignez rien, petit troupeau , dit-il dans un autre évangile, car il a plu à votre Père de vous donnçr le royaume des deux. » 11 dit ailleurs : « Je vous rends grâces, mon Père , Seigneur du ciel et de la terre , d’avoir caché ces choses aux sages et aux prudents, et de les avoir révélées aux petils. » Et ailleurs : « Que la pprte est étroite, que la voie est étroite qui conduit à la vie, et combien il y en a peu qui la trouvent ! » Saint Paul insiste beaucoup sur cette doctrine du Seigneur : « Nous étions autrefois les ténèbres-; mais maintenant nous sommes la lumière dans le Seigneur. » « 11 nous a ravis du pouvoir des ténèbres, et il nous a- transportés dans le royaume du Fils de son amour. » Saint Jean dit aussi : « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Ils sont au monde; nous sommés à Die.û. » Ainsi,' quand où considère l’ homme sous son aspect religieux, il n’y à que deux partis sur cette terre : ceux, en petit nombre, qui écoutent les paroles de Jésus-Christ, qui les suivent, qui vivent dans la lumière, qui marchent dans le chemin étroit , qui onj. la promesse du cid, et ceux, beaucoup plus nombreux, pour qui Jésus ne fait point de prières, bien qu’il soit mort pour eux, c’est-à-dire qui sont sages et prudents à