‹ Conferences adressees aux protestants et aux catholiques par le r.p. JohnHenry NewmanChapitre 34 sur 68 · LA NAT LIS K ET I.A GRACE · texte numérisé non relu

LA NAT LIS K ET I.A GRACE

savons seulement que si ces hommes sont parvenus an ciel, c’est par la grâce de Dieu et par leur coopération à cette grâce; que s’ils ont vécu et sont morts sans cette grâee, ils ne verront jamais la vie, et que s’ils ont vécu cl srtnt morts en état de péché mortel, ils se trouvent où sont actuellement les mauvais c hrétiens, au séjour de la mort éternelle.

A ne considérer que l'aspect extérieur des choses, à ne voir que les efforts de la nature humaine, elforts généralement heureux, quoique partiels et accidentels, ou ne peut s’empêcher de dire que cet aspect est agréable et brillant, si nous pouvons prétendre à le considérer indépendamment des influences surnaturelles qui ont toujours agi sur lui. Us étaient grands, ces législateurs et ces hommes d’Etat de la Grèce, dont les ouvrages sont connus de quelques-uns d’entre nous, dont les noms sont connus, d’un plus grand nombre!

Us étaient grands, ces austères héros de Home qui conquirent le monde et qui préparèrent les voies à Jésus- Christ! Us étaient sages, ils étaient profonds, ces anciens philosophes et moralistes L Et quelle imagination, quel esprit presque prophétique dans les poètes de l’antiquité ! Le monde actuel n’est jkis, sous bien des rapports, aussi grand que Hauüqùité; mais il l’est assez pour nous faire voir la force et la faiblesse de la nature humaine à cet égard. Considérez la solidité de . notre système iwlitique à l’intérieur, l’expansion de notre puissance au dehors , et vous ne pourrez vous lasser d’ admirer le génie, les vertus et les ressources de la nature humaine. Revenez ensuite sur ce sujet

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avec un esprit plus calme ; hélas! vous verrez que la foi if entre pour rien dans tout cet édifice ; vous apercevrez que l’utile est devenu la, mesure du bien et du mal, que le bien-être temporel est le but de tout ce mouvement'. 11 se publie chaque jour des romans et des poèmes pleins de magnifiques sentiments ; je ne Crois pas me tromper, mes frères, en disant que quelques-unes de ces productions ont pu tomber entre vos maifts, et que vous ayez en vous-mêmes pensé que ceux qui écrivaient si bien devaient être des hommes profondément pénétrés des vérités de la religion et très-zélés à remplir leurs devoirs religieux. En est-il ainsi réellement, mes frères? Non, pas du tout. Pourquoi ? Parce que tout cela est de la poésie et non de la religion ; c’est la nature humaine qui exerce son imagination, sa raison, et qui parvient à exprimer, à force d’art, des sentiments qu’elle n’a pas. De même qu’U y a , comme vous savez , dans le règne animal , des êtres qui peuvent imiter la voix humaine, ainsi la nature peut parvenir à contrefaire la grâce. La vérité est que l’homme naturel voit que tel ou tel principe est bon au jugement de la conscience ; et alors, comme il est doué Je la faculté de raisonner, il sait que si telle idée est vraie, telles et telles autres le sont, et, au moyen de son imagination , il se représente comme vraies une foule d’autres choses qu’il ne comprend pas du tout. En outre, il s’aide des récits, des pensées, des témoignages de ceux qui avaient la grâce, et de tous ces traits épars il complète son esquisse. Puis, il s’y applique ardemment avec ses propres sentiments

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