LA CRACK, DE L’ENTENDEMENT
justifier leur conduite, que la foi n’est pas nécessaire , qu’un état de doute suffit , et qu’on n’est pas tenu à autre chose. Elles attribuent à l’impatience d’un esprit inquiet les efforts de ceux des membres de leur communion qui , cherchant à exercer leur foi en la sainte Eglise catholique, comme vérité révélée, — ainsi qu’elles le font elles-mêmes pour la sainte Trinité ou la Résurrection de Notre-Seigneur, — cherchent et demandent de tous côtés ce qu’ils ont à faire pour cela. Elles vont même jusqu’à faire un crime aux catholiques de manifester quelque confiance dans l’Église et son enseignement. 11 arrive que ceux qui quittent une secte protestante pour entrer dans l’Église catholique voient s’évanouir l’incertitude, l’hésitation d’esprit qu’ils montraient avant leur conversion, hésitation qui se trouve remplacée par une confiance pleine et ferme ; ils avaient des doutes sur leur ancienne religion , ils n’en ont point sur la nouvelle. Ils n’orit plus de craintes , plus d’anxiétés, plus de difficultés, plus de scrupules. Ils parlent comme ils pensent, et le monde ne comprend pas que c’est là un effet de la grâce que ces âmes ont reçue (comme nous pouvons humblement le croire). Il ne comprend pas, bien qu’il ait une connaissance parfaite de la région de l’ombre de la mort dans laquelle il est plongé, qu’il n’en a aucune de la cité dont le Seigneur Dieu et l’Agneau sont la lumière, et, mesurant ce que les catholiques possèdent à ce qu’il ne possède pas, il les traite de présomptueux, de fanatiques , d’extravagants. Le monde regarde ce changement de religion comme un changement en pis et la
preuve manifeste que cette démarche a été une faute et une folie, lorsqu’elle a produit exactement l’effet qu’elle devait produire en étant un changement en mieux.
Le monde nous dit que la certitude, la confiance, la hardiesse de langage, ne sont pas des choses chrétiennes ; mais est-ce là plaider une cause ou porter un jugement d’après des faits? Qu’est-ce qui distinguait les martyrs des premiers temps de l’Eglise? Était-Ce la confiance ou le doute, le zèle ou la froideur, la fermeté ou l’irrésolution? La religion de Jésus-Christ futelle propagée par la ferveur de la foi et de l’amour, ou par l’argumentation philosophique? Regardez les premiers martyrs, mes frères : qu’étaient-ils? Pour la plupart, de jeunes garçons, de jeunes filles , des soldats et des esclaves. — « C’étaient, dira le monde, des personnes à têtes chaudes, qui auraient mené une vie sage si elles n’avaient préféré mourir ; ou bien c’étaient des rebelles qui déchiraient les décrets impériaux , qui troublaient l’ordre public , qui n’étaient contents que lorsqu’on les jetait dans la fosse aux lions, et qui, étant chassés d’une ville pour avoir prêché la nouvelle religion, allaient la prêcher dans la ville voisine. » Le monde aveugle s’exprime ainsi à l’égard de ceux qui voyaient l’invisible. Oui ! c’est la vue spirituelle de Dieu qui les faisait ce qu’ils étaient. Personne n’est devenu martyr pour une conclusion, pour une opinion : la foi seule fait les martyrs ! Celui qui connaît et aime les choses ,de Dieu ne peut les nier ; il peut avoir peur des supplices et de la mort, mais sa foi est