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votre vocation, nies frères, dit D’Apôtre.; vous voyez qu’il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de nobles; mais Dieu a choisi les choses insensées du inonde pour con-: fondre les sages; Dieu a .choisi les choses faibles du monde pour confondre les puissants, et les choses qui ne sont pas pour détruire cclles-qui sont, afin qu’aucune chair ne puisse se glorifier en sa présence. » C.’cst pour cela que le même apôtre [Kirle de la « folio.de la prédication. » Notre - Seigneur a 'exprimé la même pensée dans sa prière à son Père. : « Je vous rends grâces , mon Père , Seigneur du ciel et de la terré , de ce que vous avez caché eés choses ailx sages et aux prudents, et de- ce que vous les avez révélées aux petits. » Or, n’est-il pas évident que les hommes de nos jours ont hérité de la fausse sagesse et de la fatale prudeucede ces contemporains de Notré-Seignctir? Us éprouvent, à entrer dans l’Eglise catholique, la même répugnance que les sophistes et les Pharisiens ont eue avant eux. S’il leur répugne de croire à sa doctrine, ce n’est pas tant parce qu’ijs ne trouvent pas en elle tous JeS caractères d’une Eglise fondée par Dieu lui-même, que parce que, s’ils entraient dans son sein, il leur faudrait soumettre leur esprit à des hommes qui n’ont peut-être pas autant d’instruction et de pénétration qu’eux ; e’est qu’ils auraient à accepter, hou gré mal gré, des doctrines que leur imagination trouve étranges , et qui paraissent difficiles à leur raison. Le premier prétexte qu’ils allèguent pour se dispenser de devenir catholiques, c’est le caractère de l’cnseigue-
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ment et des prédicateurs de l’Eglise ; ce prétexte à tant d’empire sur leurs cœurs, qu’il les rend sourds à tous les argurhents, quelque forts qu'ils soient , qu’on peut produire en faveur do la mission de ses prédicateurs et de l’origine de leur enseignement. Bref, ils n’ont pas la foi. . . * ...
Les hommes dont’ je parle n’ont point' en eux le principe de là foi , et , jë le répète , il est inutile de soutenir pour leur justification qu’ils croient fermement que l’Ecriture est la parole de Dieu. En vérité, il est bien à craindre qu’ils n’acceptent l’Ecriture que par préjugé, par un sentiment invétéré qui leur a etc inculqué dans leur enfance. En voici une preuve : c’est que , tandis qu’ils paraissent si' choqués des miracles catholiques , et qu’ils n’hésitent pas à les appeler des « prodiges de mensonges, y> ils ne font pas d’objections contre les récits bibliques, qui sont aussi difficiles à croire par la raisdn que les miracles rapportés dans l’histoire dès saints: - J’ai vu , au contraire, des catholiques qui, en lisant l’Ecriture pour la première fois , avaient de la peine â concevoir l’arche de Noé dans le déluge , la- tenir de Babel, l’histoire de Balaam et de Balac, là fuite des Israélites d’Egypte, leur entrée dans la terre promise, le rejet d’Esàü et de Saiil, tontes-choses que la masse des protestants accepte sans le moindre effort d’esprit: Comment leé catholiques les admettent-ils? Par la foi. Ils disent : « Dieu est véridique, et les hommes sont menteurs. » Comment les protestants acceptent-ils si facilement ces miracles? Est-ce par la foi? Je suppose que
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chez la plupart ce n’est pas par soumission de la rai son , mais par habitude ; ils sont tellement familiarisés avec ces récits, par la lecture qu’ils en ont faite dès leur plus tendre enfance, qu’ils ne présentent aucune difficulté à leur imagination; ils les acceptent sans avoir aucune objection à vainere. Puis, si plus tard ils sont amenés à examiner ces passages en eux-mêmes ; s’ils les pèsent dans la balance de la critique et des probabilités; s’ils commencent à faire des questions à leur gujet, ce qui arrive inévitablement à l’àge où l’esprit est cultivé , rien au monde ne peut les ramener à leur première croyance. Ils ne savent pas ce que c’est que de se soumettre à l’autorité : j’entends à celle de la foi ; ils ne reconnaissent aucune autorité qui ait le droit de leur demander là soumission de leur raison; et alors, ou ils restent, sur ces questions, dans un état de doute, sans éprouver uii grand trouble d'esprit, ou bien ris finissent par devenir tout à fait incrédules, bien qu’ils n’en disent rien. . Ni avant ni durant leurs doutes, on n’aperçoil en eux le moindre signe d’une force morale assujettissant leur raison à la parole de Dieu. Non, chez erix, ce qui ressemble à la foi n’est qu’une persuasion héréditaire; ce n’ést pas un principe qui leur est personnel, mais c’est un sentiment qu'ils ont reefi de leur nourrice, qui ne s’est jamais élevé hienliaui , et qui se dissipe et disparait comme une Vapeur légère devant le flambeau de la raison. Si toutefois il y a des protestants qui ne sont pas dans l’un ou fa utre de ces états, c’est-à-dire dans l’état de crédulité ou celui de doute , nfais qui persistent à
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cioiie co dépit de toutes les difficultés, ils oui. certainement le droit d exiger qu’on les regarde comme étant sous l’influence de la loi; mais rien ne prouve que ces personnes ne sont pas en voie dé devenir catholiques, et peut-être sont-elles déjà appelées de ce nom par leurs amis, et montrent-elles, par leur exemple, qu’il n’v a qu’un pas entre posséder la foi et entrer dans le giron, de l’Eglise.
Si donc la foi est aujourd’hui la même fatuité d’esprit, la-mèmè habitude, le même acte que du temps des apôtres , j’ai démontré ce que je Voulais établir. Or, ce doit être la rriêmç, chose; ce ne peut être que cela ; le mot foi ne peut avoir changé de .signification ; il faut ou déclarer que la foi. n’est point nécessaire, ou la prendre comme les apôtres l’çnter datent. — Mais il ne faut pas me dire que vous avez la f , et puis venir inc montrer quelque chose de, diamétralement opposé que vous avez mis à sa place. Du temps des apôtres , la première condition de la Toi était la soumission à une autorité vivante; tel était son frai il distinctif; c’est ce qui taisait de Ja foi un véritable acte de soumission; c’est ce qui détruisait lé jugement privé en matière de religion. Si vous refusez de chercher .une autorité vivante; si vous, voulez faire, prévaloir votre jugement privé, dite/ omertefiient que vous n’jvez pas la foi apostolique. Non, vous ne l’avez pus; la masse de cette nation ne la possède pas ; avouez que' vous manquez de dette foi, et que telle est la raison pour laquelle vçus u’ètes pas catholiques. Vous n’ètes pas catholiques parce que vous n’avez pas la foi.
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Pourquoi les aveugles ne voient-ils pas le soleil? parce qu’ils n’ont poiul d’yéux. De même il esl inutile de discuter sur la beauté , la sainteté, la sublimité des doctrines et du culte catholiques, devant ces hommes privés de la foi qui leur ferait accepter ces doctrines comme venant de Dieu. Ils peuvent en confesser la beauté, la sublimité et la sainteté, sans les croire; ils peuvent reconnaître que la religion catholique est noble et majestueuse ; ils peuvent être frappés de sa sagesse, admirer la manière dont elle s’approprie à la nature humaine; ils peuvent être touchés de sa conduite aimable et séduisante ; ils peuvent être étonnés de sa stabilité. Mais ([liant à se confier à cette rcligiun , quant à la choisir de préférence à d'autres , quant à dire avec la Moabitc favorisée : « En quelque lieu que vous alliez, j’irai ; où Vous demeurerez, je demeurerai ; votre peuple sera mou peuple, et votre Dieu sera mon Dieu , » c’est une autre chose, car ce serait tenir le langage de. la foi. On peut révérer, on peuLlouer-unu doctrine, sans avoir aucun désir de s’y soumettre , aucune propension à la professer. En fait, on rencontre souvent des hommes qui respectent la religion catholique, qui reconnaissent les services qu’elle a rendus à l’humanité, qui encouragent ses progrès et ses adhérents, qui aiment à connaître ceux qui la professent et s’intéressent à leurs actes quand on leur en parle, mais qui ne sont pas, qui ne seront jamais catholiques. Ils mourronl, comme ils ont vécu, hors de l’Eglise, parce qu'ils ne sont pas munis de la faculté par laquelle on peut approcher de l’Eglise.
Les catholiques qui n’ont étudié ni les pcrsQimcsdont je parle ni la nature hifrtiaine, s’étonneront de les Voir rester où elles sont, d’autant plus qu’elles iront peutêtre quelquefois jusqu’à exprimer le regret de né pouvoir devenir catholiques. Elles apprécient peut-être si bien le bonheur d’être catholiques, qu’elles s’écrient quelquefois : « Oh ! combien je donnerais pour être catholique ! Oh ! que né piiis-jecroircce que j'admirel Mais jè ne te crois pas, et je ne puis pas plus lé croire par la raison que je le désire* que jô nè puis, sauter pardessus une montagne. Je serais bien, plus heureuse si j’étais catholique"; mais je ne le suis pas, il est inutile de me faire illusion à inoi-méme.Je suis çe que je suis ; je révère* mais je ne puis accepter l’objet de mon respect. »
- Oh?, état déplorable! déplorable parce qu’il est le résultat d’un entêtement aveuglé, et parce que l’Écriture, ces personnes le savent très-bien , i nsiste avec force sur là nécessité de la foi pour le salut. La fol est présentée par l’Écriture comme le fondemenf et lé commencement de toute obéissance agréable à Dieu. Elle çsf présentée comme « l’arguinenf » ou,« la preuve i> des choses qu’on ne Voit pas. Parla foi, lçs hommes oiit.compris ^existence de Dieu, la création du monde, la récompense réservée à ceux qui -le cherchent; l’àpproche du déluge, la naissance .annoncée du Sauveur. «Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ; »' « c^est par la foi que nous nous tenons débout ; » « c’ést par elleque nous marchons ; » « c’est par elle que nous sommes capables de vainéro le monde. » Quand notre Seigneur donna aux apôtres la mission de prêcher par le monde, il leur
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dit : « Tous ceux qui croiront, et qui seront baptisés . seront sautés, et ceux qui ne.croiront pas seront condamnés.» 11 déclara a Nieodème'quc « celui qui croit au Fils n’est pas jugé - T mais que celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il ne croit pas dans le nom du Fils unique de Dieu. » Il dit aux Pharisiens : « Si vous ne croyez pas que c’est moi qui le suis, tous mourrez dans vos péchés. » — H drt aux Juifs : « Vous ne croyez pas, paree qûe vous n’êles pas de niés brebis. » Vous pouvez vous souvenir qu’avant d’opérer ses miracles, il exige ordinairement la foi de ceux qui le supplient.
« Toutes choses sont possibles, » dit-il, « à celui qui a la foi , » et dans un autre passage r.ft il ne pouvait pas faire de miracle» à cause de Tinerédulilé des habitants. Est-ce que -la' foi a ehangé de signification, ou esl-élle moins nécessaire. à présent? îVest-elle pas.encore ce qu'elle était dû temps des apôtres, c’est-à-dire le trait caractéristique; du christianisme, l’instrument spécial de la rénovation, là première disposition requise pour, la justification, l’une des trois vertus théologales t Dieu aurait pu bous régénérer par d'autres moyens, par la vue, par la raison, par l’amour; mais ij a préféré « purifier rios cœurs par la foi. » 11 h voulu choisir un moyen, que le, monde" méprise , mais qui a une puissance immense. Il a ptéféré, dans sa sagesse infinie, ce moyen à tous les autres, et, quaud les hommes fle le’ possèdent pas, ils manquent de l’élément dont sont formes, du fondement sur lequel sont appuyés les saints et les serviteurs de Dieu. Ils n’ont pas ce moyen ; ils vivent et meurent sans les es-
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pérunces, sans les secours de l'Évangile, parce que , malgré fout ce qu’il va de bon en eux, malgré leur sentiment du devoir, leur délicatesse de conscience sur certains points, leur bienveillance, leur droiture, leur générosité , ils sont sous l’empire (je dois le dire) d’un orgueilleux démon ; ils portent ce lier esprit en eux ; ils veulent être maîtres absolus d’eux-rnêmes dans des matières qn’ils connaissent si peu; ils regardent leur raison comme supérieure à celle de tous les autres hommes ; ils ne veulent pas admettre qu’on puisse être envéyé de Dieu dès que l’on combat leur manière d’envisager la vérité. Quoi.! leur sagesse 11’a-t-elle donc point d’égale? N’y a-t-il personne dont la parole puisse être acceptée avec- confiance en matière de religion? ÎS”y art-il personne qui puisse chercher à les déshabituer d’en appeler toujours à ; eux-mêmes comme depiière et suprême autorité? Toute voie praticable- pour parvenir à la. foi leur est-elle fermée? La foi est-eHe une vertu qu’ils doivent renoncer à exercer à cause de leur sa - ■gaeîté ■ transcendante , -de leur prérogative d’omniscienc'e? Si les prétentions de l'Église catholique ne les satisfont pas , qu’ils essaient de S’adresser ailleurs. S’ils sont si difficiles qu’il* ne peuvent la regarder comme l’oracle de Dieu, qu’ils en chefçbent une autre, qui soit plus certainement divine , que la Maisou qu’il à instituée lui-mètno par ses mains, qü} a toujours été appelée de son nom, quia toujours maintenu les mêmes prétentions., qui a toujours- euseigné uu même corps de doctrine et triomphéale tous ceux qui en ont prêché d’autres. Puisque la foi apostolique était