‹ Conferences adressees aux protestants et aux catholiques par le r.p. JohnHenry NewmanChapitre 53 sur 68 · PERSPECTIVE DU MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

PERSPECTIVE DU MISSIONNAIRE

est descendue sur Ja terre, dans l’origine, sous la forme, d’un pauvre pèlerin, et son empire sur les âmes est une conquête continuelle.

C’est dans des circonstances analogues à celles où nous sommes que le prince des apôtres, le premier . pape, s’avtuiça, sous la conduite de Dieu, vois la cité' païenne ou il devait fixer son siège. Il se dirigeait avec peine le long de la grande route qui le conduisait directement a la capitale du monde. Il se trouva enfin en coolact avec la foule d’étrangers et d’indigènes, de travailleurs et d’oisifs qui remplissait ses faubourgs.

Il franchit ses pmHes magnifiques; il erra au milieu des palais et des temples entourés de colonnes ; il rencontra des processions de prêtres païens, faites en l'honneur de leurs Idoles-; il vit les dames patriciennes dans leurs litières portées par (les esclaves ; il ren- . contra ces légions sévèros-qui. avaient frappé comme ... « des marteaux de fer » sur ja terre .entière ; il aperçut l'homme politique- inquiet^ àvçc son agent d’af- - ' faires à scs côtés pour l’aider à jwiguer la popularité ; il vit les avocats revenir dq barreau, entourés d’audi-’ tcurs enthousiastes et de clieutS" reèonpaissanls: 11. vit • *■ * partout autour de lui les m.irqiicsjPupe puissance eolossale, les monuments d’une religion établie depuis des siècles, les merveilles id’unc ci Vitiùntioit aussi .ancienne (pic le monde. El qu’était Pierre, 'ççee m’est un pauvre étranger, faible et avance en âge, ne diffé-r. *• l'anten rien de la foule des hommes orduiairesTC’ctait un Égyptien, ou un Chaldéçn, .ou peUt-étce un Juif, un lipunnc originai rc d’une nation quelconque de l’Orient, ; 7 « ‘ * lè

suivant l’appréciation des passants , qui le jugeaient rt’apfès leur connaissance des races humaines, Ctqui le regardaient du même œil que nous regardons aujourd’hui un Hindou ou une Bohémienne que nous trouvons sur notre chemin, sans avoir la moindre pensée qu’il était l’homme qui devait fonder dans cette ville la souveraineté religieuse, destinée à renverser cette civilisation païenne, et à la Remplacer par une civilisation éternelle !

C’est dans des circonstances analogues à celles où nous sommes que le grand doCfeùr sàint Grégoire de Nazianze, qui était, lui aussi, '..un vieillard timide, ami de la solitude et des livres, novice aux choses dumonde, parut dans la ville arienne dé' Constantinople , et, malgré les injures, d’une populace fanatique et d’un clergé hérétique, il osh prêcher la yérité et parvint à vaincre l’Arianisme, a son grand étonnement, à la gloire dè cette grêcé (pu se montre si forte dans les faibles, et dont le triomphe u’est jamais mieux assuré que lorsqu’elle est méprisée V

Dans dts circonstances analogues, un autre saint Grégaire, lé premier pape dê' ee nom, lorsque la société était ôn complète dissolution, que les Barbares occù'paient la terre, que des hordes entières, encore plus sauvages, 'faisaient "irruption^ que la peste, la famine, l’hérésie étendaient leurs ravages sur toute la terres un antre saint Grégoire, dis-jé, -vieux, infirme, smiffrant, ayant pour trône pontifical son lit dè dou- V leur, gouverne, règle, consolide l’Égliçe, au mifietf dçs malheurs qui, selon lui, présageaient la fin du monde.

.PERSPECTIVE T)l T MISSIONNAIRE.

Ce grand pape convertit les Ariens en Espagne, les DoihttistesenAfrique; il étouffe une troisième hérésie ch Égypte et une quatrième dans les Gaules, «haïsse l’orguciL de l’Oticnt, réconcilie les Goths avec l’Église, fait . rentrer nos ancêtres païens clans le giroil de l’Église, ét, après -avoir ’aihsi aflenni et agrandi la puissance dé l’Église, il en complète l’organisation et en embellit la liturgie.

'* C'est encore dans des circonstances analogues que

• les si* pères jésuites, Ignace et ses compagnons, firent leurs vœu* dans la petite église de Montmartre; puis, attirant d’autre? frères par la force sympathique de leur zèle et par l’élôquencé de la sainteté , ils se rdndi-

. Cent tranquillement et sans bruit au* Indes orientales et en Amérique, et, tandis qu’à l’étranger ils faisaient entrer des nations entières dans le sein de l’Eglise catholique, ils ranimèrent le? populations catholiqucsde' l’Europe, au moment même où le monde se réjouis-, sait de la chute de l’Eglise , et où les hommes « rendus joyeux, se faisaient des prôseiJtâ entre èu*, « parce qn’ils croyaient morts les prophètes qui tourmentaient « les habitante de la tcTre. » ' Ç

-'Ainsi, ce n’est pas la première fois, dans dés tempédc x confusion et d’antiété, quand les crimes abondent, iqna'nd l’enrtem'rest à ses portes, que l’Egtise voit ses enfants, loin de se décourager, puiser de nouvelles forces! . ■dans le danger coniinun T et aller à sa reheontré connue-

• dçs hommes robustes qui-acCueillent av ec joie lesocca- 1 sions deprouver leur force'. Geta n’est pas étonnant

car, ainsi que je. viens de le dire, ce ii'f si pas. la pré*-

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mière fois que les enfants de l’Eglise se trouvent exposés à de pareilles épreuves , et qu’ils défendent leur mère persécutée avec autant de zèle que dans lés beaux jours de sa prospérité. L’ancienne Kome, dans ses plus grands désastres , faisait sortir par une porte des légions chargées d’une expédition lointaine, pendant que . . les Carthaginois vainqueurs attaquaient la porte opposée. On peut dire de nous , catholiques , ce qu’on a ditde nos propres compatriotes : nous me savons jamais quand nous sommes battus. NôiiS avançons lorsque, d’après les lois de la stratégie^ nous devrions reculer ; nous ne rêvons que- conquêtes et triomphes , et nous prenons nos défaites (selon lé inonde) pour des victoires. Nous avons pour nous des gages de succès dans les , souvenirs du passe ; nous lisons sur nos drapeaux les noms de bien des chanvps.de bataille et de. gloire y- nous sommes forts de la force de nos pères , et nous comptons suivre, dans la mesuré de nos humbles facultés , l’exemple des saints qui nous ont précédés. 11 n’y a rieiïde gfaiid ni A’étonnaut en nous à penser ainsi ; les saints seuls accomplissent des exploits et sortent vainqueurs dés grandes luttes ; niais eela n’empêche pas que les serviteurs ordinaires de l’Église ne cherchent aussi à tenter, kr fortune. Nous n’avons pas besoin d’héroïsme pour passer parles épreuves qui nous sont -préparées, car, ipes. frères, nous sommes catholiques.

- Nous avons> une expérience qui. date de dix-huit siècles.

Le grand .philosophé dél’antiquité nous apprend que l’expérience est une -espèce de courage, non pas , à la vérité, do l’espèce la plus élevée, mais assez fort ce-

PKHSPECT1VK DC MÏ9S10NJÎ.V1RE. 293

pendant pour affronter le péril qui nous menace et pbur • le maîtriser. Ce n’est pas une défaite, ce ne sont. pas deux ou trois ou douze défaites , si nous devons les essuyer, qui renverseront la majesté du nom Catholique. Nous voulons précisément attaquer la génération présentosur le terrain de sa prédilection et fàirc de l’audace de notre entreprise la preuve même de la divinité de notre missiéh. Nous sommes confiants, zélés, inflexibles, parce que nous sommes les héritiers de saint Pierre, de saint Grégoire de Nazianze , du pape saint Grégoire et dé tous les autres saints et fidèles qui , par leurs paroles, leurÿ actes, leurs prières, ont eu lour . -temps favorisé la cause de l’Eglise. Nous jouissons de leurs mérites et de leur intercession , et nous parlons par leur bouche. C’est pour cela que nous pouvons faire sans héroïsme ce que d’autres ne pourraient faire que par ce moyen. Il y aurait de l’héroïsme à d’autres de se charger de notre tâche. Si les Juifs cherchaient !i convertir celtc'vas}c population aux rites de la Loi ; si les unitairiens essayaicnl.de convertir des catholiques; si la Société des Amis -(les Quakers) entreprenait de convertir la nation française , CO serait de leur part de l’héroïsme; non pas un véritable héroïsme rell- ' gieux , mais ce serait quelque chose d’extraordinaire' ctd’étonnant. Cette idée paraîtrait singulière, étrange, originale; ce serait tenter une grande entreprise bien à l’aventure. Mais il n’y a rien de particulier, rien de personnellement magnanimfe dans les efforts d’un ca- . tholique qui, s’inquiétant peu du monde , commence à lui prêcher, quoiqu’il lui tourne le dos. Les catholi- .

ques connaissent la nature et les habitudes du' mande, et ils agissent de même depuis un temps immémorial; ils ne font qu’agir conformément à leur vocation; ils ne seraient pas catholiques s’ils agissaient autrement. Ils savent Sur quel navire ils sont montés : c’est ht barque de Pierre, Le plus grand des Romains • se trouvant' 'sur l’Adriatique au milieu d’une tempête, dit au pilote épquvanté ; Casarem lyhis n fwïumm Cftwvis. «Tu portes César et,. Sa fortune. Ce que , César disait présomptueusement r nous, mes chers frères, nous pouvons le dire avec foi de cette barque où Jésus-Christ s’est assis et d’oü il a prêché. Nous ne l’avons pas choisie pour avoir peur ; nous n’y sommes pas entrés pour l’abandonner; nôn, nous, y sommes entrés avec la ferme résolution de traverser cette mer de péché et d’incrédulité, qui engloutirait tout autre navire. Nous avons d’abord commencé notre œuvre - eu prenant Pierré pour notre guide, le joui; même de la fête de sa Chaire et devant la châsse qui contient scs reliques. Donc-, si quoiqu’un bétonne de nous vojr choisir eu lieu et ce temps pour nos travaux aposto- • liques, qu’il sac hé que nous sommes de ceux qui . mesurant le présent suc. le passé, et qui pèsent le monde en prenant loin de lui leur point d’appui. Nous agissons selon mitre nôrti; les catlioliques sont chez eux, en tout temps, en tous lieux, dans toutes les situations de la sodétc, dans toutes les classes de la communauté, à .tous des degrés d.c la civilisation. Quel que sort l’état où sé trouve le monde , un prêtre cajho- '

> PERSPECT1VK 1)1' MISSIONNAIRE. 295

lique a toujours à faire; il a toujours une ample moisson à recueillir. . . - r .

S’il en était autrement, si nous perdions confiance dans les mauvais jours, dans les pays qui nous sont

hostiles, nous abandonnerions une note essentielle de

l’Eglise. Elle est catholique, c’est-à-dire universelle,

»* | • w ' parce qu’elle apporte des remèdes universels à dos

maux universels. Le mal, c’est le péché;,or, tous les hommes ayajit péché, tous ont besoin de se régénérer eu Jésus-Christ ; cette régénération doit être prèchëe et .accordée à toits. Si donc, Un prédicateur et dispensateur est envoyé de Dieu, ce messager doit parler, non pas à une seule âme, mais se mettre à la portée de tputes ; il doit avoir une mission pour tous les descendants d’Adàm, et chacun d’eux doit pouvoir le reconnaître. Je ne prétends pas dire, qu’il doive convaincre tous ses auditeurs, («convertir tous ; cela n’est pas possible, parce que cela dépend de la volonté de chacun en particulier ; niais il doit prouver sa puissance, en convertissant. dess iftdivâdus de tous les rangs, de tous les âgeSf de tous les caractères, dans des temps ét des lieux différents. Si le péché est un mal partiel, que lu remède en soit partiel ; mais sf, au lieu d’être local OU accidentel, il est universel, le remède doit être universel. Toute religion locale est d’institution humaine; elle ne saurait venir de Dieu. Cependant une rqligiop divine peut commencer dans un lieu ; elle peut y rester même durant des siècles, pourvu qu’intérieurement elle se développe et mûrisse, et déclare, en attendant, . qu’elle n’a pas encore atteibt sa perleçtioa. H peut y

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avoir, dans les conseils de Dieu, des faisons pour que, la révélation de sa volonté aux hommes ne dût être élaborée et ne se complétât que'graducllefnent, sous la forme élémentaire du judaïsme- mais ce développement, quoique lent, était continu pendant la période juive, elles prophètes annonçaient, prédisaient le jour on le judaïsme se répandrait par tonte la terre. Lp judaïsme fut local d’abord, parce qu’il était imparfait ; mais quand il fut parvenu à sa .maturité inférieure, il se répandit au dehors ; il devint Universel et prit le nom de catholicisme.. . ' ■ \-

Si vous regardez, mes frères, les îormcs dès religions répandues dans le monde, vous trouverez qu’il y en a une, et rien qu’une, qui porte avec elle cette pieuvfe de sa divine origine. La religion catholique a traversé' toutes les révolutions de la société humaine ; elle traversera également les révolutions à venir. Elle a passé par le cycle entier des changements qu’ont subis les mœurs et les lois, et elle n’a point varié, pour montrer qu’elle est indépendante de tontes les institutions humaines. Elle a suhü’épreuvc de l’Orient et de l'Occident, des monarchies et des démocraties, de la paix et de la guerre, de la tyrannie féodale et de la tyrannie impériale, des époques de ténèbres et de celles de lumières, dès temps de barbarie et des temps de civilisation, des peuples libres etdes peuples esclaves, des nations et des cités, des centres industriels et des villes d,e commerce; des nations anciennes et des peuples nouveau*, des métropoles et des colonies. Elle est liée à l’époque la plqs heureuse que ('humanité ait peut-

■ PERSPECTIVE Dt missionnaire. • . 297

'• .être connue. Durant deux ou trois cents aqs, elle a eu ' à lutter contre l’autorité des lois, les cultes officiels, la force dés armés, contre un empire solidement établi, contre des populations contentes et heureuses. Et cet espace de temps suffit à celte société naissante, pauvre, faible, méprisée, pour renverser son jmissnnt oppresseur, malgré lousdes efforts qu’il fit et qti’il renouvela saris cesse pour se débarrasser d’une ennemie si méprisable. Malgré les calomnies, les soulèvements populaires, les persécutions, les tortures, les maîtres du inonde furent forcés., pour conserver leur pouvoir, d’en venir à un accommodement avec un corps dont l’Église aeluelle est l’héritière, corps qu’elle continue et qu’elle représente, dont elle à recueilli le nonr, les' doctrines, les principes, les sentiments. Les maîtres du monde furent obligés dû s’humilier devant l’Eglise, d’entrer dans sou sein, de l’exalter- et d’abaisser ses ennemis. Elle triompha eufin, et srtu triomphe fut le plus beau qu’on ait jamais tu. Maisce n’était pas tout, car à peine sa victoire éCait-elh! assurée ou sur lé point de l’être, que tout s’écroula.: l’empire romain qu’éllc venait de conquérir, au prix, de tant de sang et de patience, fut réduit à néant. Il fût dissous et tomba en poussière, et elle. fut assaillie, au Nord et à l’Orient, par des millions de sauvages sans religion, sans conscience, et même sans pitié. Elle fut obligée de rc- . commencer. Les irruptions des Barbares durent plusieurs siècles ; comme le Ilot suit le Ilot, mje borde suivaitl’autre, ettoutes venaient Iveurterlesfondeinents de l’Église. Ils semblaient se multiplier comme les

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troupes que Je roi d’Israël envoya contre le prophète, et de même qu’il fi( descendre, du ciel le ïen qui les dévorait à mesure qu’ils arrivaient, ainsi, avec une .pareille rapidité, mais avec la suavité qui lui est propre, la sainte Eglise, brûlant de zèle et d’amour, a dévoré ses innombrables ennemis, les une après les autres, avec la flamme que son Seigneur avait allumée,

« amassant des charbons ardents sur leurs, têtes v et « triomphant du mal par le bien. » Elle sut taire de ùeS terribles- étrangers ses, fils les plus -dévoués; et . las plus fidèles ; ces' nouveaux convertis créèrent unie puissance militaire qui eut des institutions plus habilement combinées que celles des anciens Romains eux.mèmee, aved des traditions et des précédents qui durèrent plusieurs siècles. Cglfce puissance, d’abord proiectrice de l’Église, devint eUsuito sa rivale; de là, une nouvelle lutte qui lui procura uh nouveau triomphe.. Et ainsi je pourrais raconter tousses suçcès politiques, toutes ses victoires intellectuelles depuis le commencement ; je pourrais exposer les progrès qu’elle a fait faire à la société, et enfin énumérer ses luttes contre les obstacles que la nature humaine ou les combinaisons de l’esprit humain, quq je. viens d’indiquer, lui ont opposés. Oiytout cela prouve, avec une rigueur presque mathématique, que l’Église n’a pas pris naissance. dans ée monde, qu’elle n’est pas soumise aux volontés de l’ homme ; car sans celai’homma aurai t eu fa puissance delà détruire. ' ■ - ..

Combien les autres religions sont différentes de la religion catholique, si sublime et ai invariable ! Leur

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existence dépend des temps et des lieux ; elles vivent à certaines périodes et dans certaines régions. Elles ne croissent que sur un terrain donné j clics ne fleurissent que sous une certaine température, sous un certain climat, dans une certaine exposition ; il lepv faut un air hnmide on sec, chaud ou froid, et, quand on les transplante, elles meurent. Leur sol natal doit nécessairement être mentionné dans leur description scientifique. It en est ainsi du schisme grec,. du nestn- • rianisnie, de l’hérésie de Calvin, du méthodisme ; chacune de ces sectes a ses limites géographiques. Le •protestantisme n’a fait aucun progrès en Europe depuis son apparition. Toutes ces mauifestutions religieuses doivent leur naissance à quelque accident. En hiver pluvieux, un été trop chaud, un marais chargé de miasmes impurs, enfantent une épidémie qui reste pendant des siècles sus)>endue dans les airs sur les lieux où elle a été engendrée.; puis un bouleversement s '•père dans l’atmosphère ou sur la terre, -et le fléau disparaît.- Parfois, il est vrai, ces fléaux de Dieu présentent une certaine analogie avec le catholicisme, et font de vastes progrès. Ils sortent pour ainsi dire de quelque lac pestilentiel de l’Inde ou de l’Ethiopie, ef, s'avançant avec une impétuosité effrayante, ils se répandent de tous côtés et accomplissent sans résistance leur mission funeste. Telle fut l'imposture arabe dont Mahomet est l’auteur. Mais vous me demanderez peut» être si cette imposture n’a pas réalisé ce dont je vous ai dit l’Eglise catholique seule être capable, et si ello n’a pas prouvé par là qu’elle possède une force in-

300 " DOUZIÈME COî»FÉRtofGE'.' - . *

• terne, indépendante de ï’homme, capable de le domp- - 1er en tous temps et ep tous lieux. Non, mes frères ;

- regardez attentivement, et vous verrez une énorme différence entre la religion de Mahoràef et FlEglise dé Jésus-Christ. 11 est vrai que le mahométisme n’a fait guère plus que ce que fait l’Eglise anglicane actuellement. La religion anglicane est’ établie dans plusieurs ' parties du monde; son primat a une juridiction plus étendue qtt’autrefoi8 le patriarche flestorien ; eHe a dés établissements à Malte, à Jérusalem, aux Indeç, crt - Chine, en Australie, dans l’Afrique méridionale et au Canada. Voilà, direz-vous, une catholicité véritable et plus grande que celle du mahométisme. O mes frères, ne vous laissez pas tromper par des mots ; un homme réfléchi soutiendrait-il uù seul instant, quelle que soit là •valeur de cette objection, que la religion anglicane est indépendante des circonstances' de temps et de lieu? Si elle ne l’est pas, pourquoi chercher à prouver qu’elle l’est? Ne serait-il pas plus juste de dire que son exis-

- tence tient à ce qu’elle est la religion de l’Etat ? Son établissement par la loi j n’est-ce pas sa forme même ? Que deviendrait-elle si on l’abandonnait à elle-même? Vivrait-elle dix années? C’est là protection de l’Etat qui fait son unité et son individualité. Peut-on sc la représenter, quelque bonne volonté que l’on y mette, distincte de ses églises, de ses palais; de Ses' collèges, . de ses presbytères, de ses revenus, de ses droits civils çt de sa position 'nationale? BépourlleZ-la de cet en- . tourage; l’Opération sera mortelle; car elle 'cessera de' vivre. Enlevez à ses évêques le- dpoit.de, siéger à la -

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