‹ Conferences adressees aux protestants et aux catholiques par le r.p. JohnHenry NewmanChapitre 61 sur 68 · CONVENANCE DES GLOIRES DE MARIE · texte numérisé non relu

CONVENANCE DES GLOIRES DE MARIE

quiètent pas de. ce qui est agréable à Dieu. Comment Dieu ne prendrait-il pas les mêmes précautions à l’égard de son Verjie éternel, en le confiant à la garde de l’homme? La nature atteste pareillement l’affinité qui existe entre la sainteté et la vérité ; elle prononce d’avance que la source de laquelle jaillit une doctrine pure doit être pure ; que le siège de l’enseignement divin, l’oracle de la foi, doit être l’habitation des anges ; que la demeure consacrée où s’élabore la parole de Dieu et d’où elle sort polir opérer le salut des hommes, doit être sâmte comme cotte parole est sainte. Vous voyez ici la différence entre l’office de prophète et un simple 'don tel que celui des miracles. Les miracles sont une œuvre directe de Dieu; celui qui les fait n’est que d’instrument ou l’organe de Dieu. En conséquence, il n’est pas nécessaire que cot homme soit saint, car il n’a pas , à proprement parler, de part à l’œuvre qu’il exécute. De même, le pouvoir d’administrer les sacrements , qui est un pouvoir surnaturel et miraculeux , n’implique aucunement la sainteté personnelle, et il n’est point surprenant que Dieu accorde ce don ou celui des miracles à un méchant, pas plus- qu’il n’est étonnant qu’il lui accorde un don ou un talent naturel , tel que la force , l’agilité, l’éloquence, la sagacité médicale. 11 n’en est pas de même du ministère de prédication et de prophétie, dont j’ai déjà parlé; car la vérité se révèle d’abord à l’esprit de ceux qui exercent. cés dons; elle s’y mûrit et s’y développe ; ensuite elle en sort comme d’un moule ou d’une source pour se répandre dans le monde. La pa- - ' " 28

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rôle divine s’engendre en eux comme dans le sein maternel; elle' leur ressemble par les traits, et les rappelle comme Je ferait un enfant. Ils ne sont pas cortime ' <t Pânimal mutt » que montait Balaam , et qui « parlait avec une vcfix d’homme; » simple instrument iu- . volontaire de la {«rôle de Dieu ; mais ils ont « reçu une onction du Trè§-Saint et ils savent loitîes choses, » et « ob est l’esprit du Seignfeur, là est là liberté. » En proclamant ce qit’ils ont appris par inspiration, ils expriment ce qrt’ib sentent et ce qu’ils savent. « Nous ayods connu et nous avons cr.1i, » dit saint Jean, « la charité que Dieu a pour nous. » ' *

11 en a été ainsi dans toute- l’histoirë dé l’Eghse. Moïse n’écrit • pas comme David ; Isaïe n’écrit pas comme Jérémie, ni saint Jcàii comme saint Paul. Cette remarque s’appliqué pareillement aux grands docteurs de l’Eglise, à saiitt Atbanase, à saint Augustin, à saint Ambroise, à saint Léon , à saint Thomas.; chacun de ces Pères a une manière à part; chacun exprime sés propres pensées , quoiqu'on mêiné temps il exprime les pensées de Dieu. Us parlent de leur prôpre mouvement, du fond du cteur, en leur nom, d’après leur propre expérience , avec leurs propres raisons, avecleurs déductions et leur style particulier. Or, peut-on admettre, mes frères, que de tels liommës , de pareils sentiments, ne fussent pas saints? Admettre cela , ne, serait-ce pas déshonorer et conséquemment annuler la parole de Dieu? S’il suffit d’une goutte de poison pour corrompre l’eau la plus pure , comme il suffit de la moindre Saveur amère pour gâter les mets les plus

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