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est densiliV1, lourd, et tend à gagner le fond de Feau. Cependant il n'y i pas là phlegmasie; cet état tient à de la ooogeatiofl passive. Qa qui le distingue derhépatisalion, c'est que, il;m^ ce cm, T insufflation rend au poumon son volume normal, tl n'y a donc pas d'épancbement plastique dans les mailles de son M. Piorry a parfaitement vu cette différence, et la DOOfC la dénomination qu'il lui a imposée : pneumahénh.
Vous remarquerez encore que cette congestion, qui émane d'une phlegmasie bronchique, mais de modifications plu? Mit*, telles mie l'altération du sang et l'état de collapsus d. le p »u mon, n'est plus distribuée par lobules, comme tout à l'heure, mais qu'elle est plus irrégulièrement répartie.
Enfin, Messieurs, pour tout dire sur les lésions a na1< uniques de la pneumonie, rappelez-vous cet excès de fibrine constaté dans li sang des malades atteints de cet affecteur, excès sur le MM, Àndral et Gavarret ont appelé toute notre attention peut élever la proportion de fibrine de 3 à 7,
Ce processus inflammatoire que vous venez de suivre poumon offre-t-il une apparence, des caractères, un mode transformation qui soient spéciaux à cet organe et qui différencient la pneumonie des autres phlegmasies? Non, assurément; iï est tel exactement que vous le retrouvez dam rinllammation du Usai cellulaire des membres ou de toute autre région. C'est, dans tel deux cas, le même afflux sanguin, le même exsudât plastic mêmes modifications de cette lymphe, qu'elle soit résorbé! m que, se modifiant elle-même par la continuité du mouvement t bide, elle se transforme en globules pyoïdes.
La pneumonie est donc, en quelque sorte, le phlegmon du poumon. C'est la une vue sur laquelle j'appelle votre [dus sétf attention. La connaissance plus exacte de la maladie et de mi verses variétés vous démontrera de plus en plus ta vérité de < assimilation, et celte démonstration vous permettra de comprendre ce qui se passe dans la pneumonie et de \ini!* uu compte ptus facilement exact des nuances anatomique* ' symptoniatologiques qu'elle peut présenter. Et faites Wafl ; tion, Messieurs, que la gravité relative de la pneumonie nôlei à la valeur de la similitude que je pose ici. Si la phlegmasie < tissu pulmonaire est plus grave et se termine moins souveni suppuration que celle du tissu cellulaire, c'est, d'une part, l'organe est plus i mariant dans l'économie, que son inflarana-
tion tue plus tôt par cela même, et d'autre part, la rareté relative du tissu connectif et la grande vascularité de l'organe expliquent •peut-être pourquoi la résolution de l'inflammation y est plus facile et la suppuration plus rare.
Maintenant que vous connaissez les lésions anatomiques que Ton trouve dans la phlegmasie pulmonaire, vous allez saisir bien facilement le mécanisme par lequel se produisent les signes locaux qui la caractérisent et voir, comme je vous le disais tout à l'heure, qu'ils ne sont que l'expression des modifications physiques, anatomiques, survenues dans l'organe pulmonaire. L'effet du travail pathologique que nous venons d'étudier est de changer la densité du poumon ; c'est là, au point de vue qui nous occupe en ce moment, le fait fondamental. Cet organe, dans ses conditions physiques normales, est constitué, ainsi que vous le savez, par un tissu peu dense ; l'air qui le distend, le rend essentiellement spongieux. L'inflammation, en chassant cet air, en y substituant un exsudât plastique demi-liquide, augmente sa densité et le rend plus compact et par conséquent en fait un corps susceptible de transmettre »vcc plus de facilité les vibrations qui l' ébranlent.
Youscomprenez, Messieurs, les conséquences de ces modifications physiques relativement aux signes physiques dont on constate l'existence dans la pneumonie. Ainsi la percussion médiate, au lieu du son clair qu'elle donne à l'état normal, c'est-à-dire alors que le poumon est rempli par de l'air, nous prévient, par le son »w/ qu'elle permet de constater, qu'une cause quelconque est venue densifier le poumon au niveau du point percuté. Cette cause ici, c'est l'infiltration du tissu par l' exsudât plastique.
Du reste, cette matité n'est pas la même dans tous les cas ; les variétés qu'elle présente dépendent de l'épaisseur des parties solidifiées par l'inflammation et de leur densité même. Dans la pneumonie, elle n'est pas toujours absolue. Tantôt, en effet, sous la partie du tissu pulmonaire qui est solidifiée, il existe ericore des parties aérées. Une percussion un peu forte fait entrer alors en vibration les parties profondes, qui sont encore perméables à l'air, et peut ainsi masquer la matité plus superficielle. Cela doit vous faire comprendre pourquoi, dans certains cas de pneumonie superficielle, l'impulsion imprimée au doigt qui percute doit être modérée, si on veut obtenir la perception de la matité caractéristique.
Tantôt, au contraire, la portion de poumon densifiée par le fait
de lu phlegiuasie oeeupe Je centre de l'organe il si* in Wta par une lame plus ou moins épaisse de tissu pulmonaire re^fé perméable à 1 air et qui, entrant eu eousonnance HM bruit de la peieueaûm, rend impossible lapmduetiim de la m&tité. Dette matilé, qui n'est pas toujours absolue dans la ptiftttlMIlif, lVsi, au contraire, dans la plein >Mr, Cette différence très-paii-
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trient encore à l'appui de la proposition sur laquelle j*in Iftii il n\ I que pi- n d'instants, et clé montre bien que les sij physiques ne BO&1 autre chose que la traduction ries nioditlrat
matérielles sur\e is da.ni L'étal physique dea organes. Ko <
les lésions anaTomiques observées dans ces deui maladie* rendent parfaitement cmnpte de la riSWluaÉÉ que Ion constate dans la OH rit«\ Dans la pneumonie, ainsi que je vous le disais tout l'heure* sous la partie malade de l'organe, qui *ai devenue plu dvme parle fait de IVvsudat plastique, existe souvent encore du tissu sain et aéré:, dont les vibrations etlilMaift la raatilé dt partie hépnlisée* Dans la pleurésie, au contraire, le poumon i comprimé sous répanr bernent; il no reste plus de partie* aérée* qui puissent entrer en vibration et diminuer lu mat ite. Bien plu», le liquide qui a remplacé le poumon refoulé ne permet plus la vi< braimn des parois thoraciquas sous le doigt qui le> : delà
la mutité absolue, quelle que soit la Force de la percussion. Et celle malihS dans ce «as, est si absolue, qu'elle est perçue et j*r l'oreille rie 1 observateur, el aussi par le doigt sur lequel la par* cussion a été pratiquée. Il ressent, en effet, alors sous lui un faut d élasticité, sensation qu'on ne peut méconnaître une fo qu'on la perçue et qui ajoute tm renseignement de plus â ceux qu l'oreille peut donner,
BMintHfianl les résultats de l'auscultation thui* pneumonie. Vous allez voir que, couiine les signes fournis par percussion, ils reU-vcnt de l'état unatouiique du poumon, H dmsrut M-ulrmi-ui laa modifications survenue» dans sou état sique, Ainsi, au premier degré, vous entendez du râle crépi; Ce r&le n>st autre chose que le résultat du passage de Fuir i vers les vésicules pulmonaires nu mieux les dernières br intraloln ila ires, qui contiennent un liquide déjà visqueux H < et le timbre de ce raie uVsi aussi éclatant [K>ur l'oreille ni que le tissu conjonrt if qui entoure l*s vésicules et les demi Itùfirations bronchiques, étant déjà épaissi par un lasudat
analogue à celui qui occupe les vésicules, permet, par cette augmentation de densité, une transmission plus sonore des vibrations produites dans les tuyaux les plus déliés des bronches.
Plus tard, le poumon, par suite du dépôt plastique qui l'engoué, ne laisse même plus pénétrer l'air dans les vésicules ni dans les ramifications les plus fines des bronches ; il est devenu de plus en plus compacte. 11 constitue alors un corps solide qui est interposé entre les grosses bronches et l'oreille qui ausculte. Dès lors vous entendez ce qu'en a appelé du souffle bronchique, souffle assez analogue à celui que vous percevez par l'auscultation de la trachée. Pourquoi et comment a lieu ce changement de timbre du murmure respiratoire? La chose est simple : le murmure vésiculaire normal est autre chose que la propagation par la trachée, les bronches et les vésicules pulmonaires des vibrations que produit l'air en s'introduisant à travers la glotte. Le timbre qu'il présente dépend de la constitution physique môme des tissus interposés entre r oreille et les tuyaux dans lesquels l'air aspiré transporte, si Ton peut dire ainsi, le retentissement de la vibration qu'il prod uit en franchissant l'ouverture glottique. En effet, si à l'état normal cette vibration arrive à l'oreille avec une tonalité si douce et sous forme 6e murmure, c'est que le poumon est alors un corps peu dense, dont le tissu représente un mélange de gaz et de parties solides, et que. mauvais conducteur du son, il absorbe pour une part la ribration glottique transmise par les bronches.
L'inflammation vient changer ces conditions de transmission ; l'eisudat plastique augmente la conductibilité de l'organe; le même bruit, qui tout à l'heure arrivait doux à cause des qualités peu conductrices du tissu pulmonaire interposé entre les bronches et l'oreille de l'observateur, parvient à cette dernière avec plus de forte, par le fait de l'augmentation de la densité pulmonaire, qui bit de cet organe un corps plus solide et par conséquent meilleur conducteur du son.
D en est de même pour les modifications que présente à l'auscaitation le retentissement de la voix. Dans la pneumonie, la voix «rive à l'oreille, placée au niveau du point du poumon qui est Wpatisé, avec une intensité insolite et extrêmement exagérée : c'est là la bronchophonie. Or la voix est aussi produite par la vi- Wation glottique, et ce retentissement exagéré n'est rien autre chose que la transmission des vibrations glottiques vocales à tra-
'tfi an corps plus dense que le poumon, normalement aéré, et
Ht
PNEIMONIK,
pnnenant à l'oreille par son intermédiaire avec l'intensité pte gronde que leur prête cette densité anomale. Os signes locam. Gomme vt>nn te voyez, sont des signes purement* physi dnils par nue modification physique du tissu pulmonaire.
RuaOOS niiiin tenant 1 examen des signes fonctionnels de U pneumonie. L'expectoration, comme vous lesau*/,, esi \isqtieuat, épaisse colorée de nuances variées, depuis le rouge sanguïnoleBt torts- Hgèfemenl teinté jusqu'au rouge vif, en passant par ivrtainr* dégradai ions de couleurs, qui, tels que le rouge-brique, U kètM jaune-surir d'orge, jus de pruneau et uhricot, ont, comme nous le muni) des significations diagnostiques ou proaœtiqoi rentes. Ces apparences diverses procèdent également de m anat< unique. Le microscope lait reronnaître que ces crachais co tiennent beaucoup de mucus, quelques globule» de pus, quelq cellules épithéliaJes; mais ce qu'ils contiennent surtout m <pJ tîté notable, ce sont des globules de sang, soit intacts, soit à tours crénelés, isoles on agglomérés, de grands globules grain» l*u\, de rhéniatoïdiue et des lambeaux de concrétions finea grenu es. probablement albumineuses.
La composition des crachats que nous venons de <\r<r porte à r expectoration du premier degré de la pneumonie. OOJQpO&iiiOD se modifie quand l'affection est parvenue à la ! et à la troisième période. Dans les crachats dits jus de prwi les globules pyoïdes sont plus abondants; les globules du sont plus altérés, et on trouve" aussi quelques globules H un produit rouge brun, sous forme de grumeaux et de lions isolées.
U est encore un symptôme fonctionnel qui résulte de Tétai I du poumon dans l'inflammation ; je veux parler de la dj tes cas de complication pleurétique ou d'extension de la mila aux (Unix poumons, la dyspnée, quoique réelle, est généflli peu intense. Ce qui fait que ce symptôme n*a pas plus de gffti c'est que la lésion est d'ordinaire localisée à une [petite et que le reste du tissu pulmonaire supplée h la partie | mentanémeut pour The mal ose. C'est alors qu entrent en action ( groupes de vésicules quasi supplémentaires, qui, habitueHc inertes, \ i en nent a fonctionner quand une partie du poumon l sert plus h Y hématose. Quelque forte qu'elle soit, notex que cette dyspnée1 n'est jamais comparable dans la pneumonie à ( que \<ius la royes eïre dans certaines maladies, dans les affectif
cardiaques, par exemple. Ce fait peut vous paraître assez singulier au premier abord, puisque dans la pneumonie le tissu pulmonaire lui-même est malade, tandis qu'il n'en est rien, paraît-il, dans les maladies du cœur; mais, si vous y réfléchissez un moment, votre étonnement cessera bientôt. En effet, dans la pneumonie, le tissu pulmonaire est bien altéré, cela est vrai ; mais la fonction pulmonaire n'est entravée que sur le seul point malade; partout ailleurs l'hématose s'accomplit. Dans les maladies du centre, circulatoire, au contraire, la stase sanguine, que l'action insuffisante du cœur détermine dans le poumon, occupe tous les points de l'organe à la fois, et cette congestion passive, tout en détériorant moius le tissu de Forgane, gêne partout à la fois ses fonctions, puisqu'elle occupe le parenchyme pulmonaire partout à la fois. Nul point ne peut donc suppléer à l'action empêchée des points voisins. De là cette dyspnée, souvent terrible.
Enfin, pour terminer cette énumération, nous devons mentionner la toux, qui généralement ne se présente avec aucun caractère spécial. Il faut seulement savoir que sa fréquence, sa répétition, son opiniâtreté, sont en rapport habituel avec la prédominance de l'élément bronchique ; si bien qu'il est des exemples de pneumonie dans lesquels la toux existe à peine, et, partant, l'expectoration est presque nulle. Je me rappelle qu'un cas de ce genre m'était échu à l'un de nies concours du bureau central.
Messieurs, tous les phénomènes physiques que je vous ai décrits, rtle, souffle, broncbophonie, matité, sont des signes à peu près constants, parce qu'ils sont liés aux modifications anatomiques fondamentales que détermine de toute nécessité l'inflammation du tissu pulmonaire, modifications qui sont représentées par la présence de l'exsudat plastique dans l'épaisseur de l'organe. Les signes fonctionnels locaux sont déjà moins régulièrement et moins franchement exprimés, comme vous pouvez l(i voir. Quant aux phénomènes dont il me reste à vous parler, et qui ont été désignés sous le nom de signes généraux, par opposition h ceux que nous venons d'étudier, lesquels ont été dits signes locaux, ils peuvent, sachez-le bien, varier selon les individus et selon beaucoup de circonstances extérieures. Cela se comprend sans peine, car ils ne sont plus la conséquence directe de la modification matérielle des tissus, mais bien la traduction symptomatique de la façon dont le milieu vivant supporte Faite ration pathologique, de Fimpression
qu'il on reçoit. Or je no saurais trop le redire, le milieu dans quel se produit l'altération pathologique varie selon chaque in vidu. Pour prendre une campa mi son qui rende bien ma pensé*» une même graine ne germe pas et jêê lève pas '1** la nieine manier* dans des terrains différents. Elle reçoit, au contraire, souvent d'il»portantes modifications de 1a part du milieu dans lequel elle se d*V veloppo. Lessingnlii^restransrorniation&que la culture inleUig&nl* des animaux et des végétaux nous montre tous les jours sont ta preuves irrécusables de cotte influence du milieu ambiant sur le développement des germas qui lui sont confié*» La mèmechos*! lieu dans l'organisation bu mairie. Autant d'organisations dil rentes, autant de terrains pathologiques différents* Il en est leurs de même pour lelat normal : nons n'avons pas lou*, exemple, les mêmes facultés intellectuelles, et. dans l'ordre pfa sique, nous ne sommes pas tous sensibles au même degré à ! même douleur.
Ces remarquas vous feront facilement saisir pourquoi les pli nntoènes généraux développes dans fies inflammations naires, offrant d'ailleurs une grande analogie quant aux locales et à rétendue, sont souvent si différents dans les différa cas; pourquoi, par exemple, certains malades viennent À jowH V hôpital, bien qu ils portenl une lésion tres-intense, tandis d'autres, au contraire, ne peuvent plus se lever, à partir du ment où ils oui été pris du frisson qui marque le début de 1 maladie. Du reste, remarquez qu'il en est de même pour 1b sioiis extérieures, et qu un panaris, par exemple, ne produit pa*« symptômes généraux d'une inlonsilé identique Bhei tousleai
Hum h 1 ils sont complètement exprimés, si nous eh* apprécier les caractères véritables de ces phénomènes nous les trouvons, en résumé, tout a fait identiques à phlegmon : le premier symptôme, dans les deux cas, e*l ! son; vous l'observez au début de k pneumonie, comme à ] d'une blessure, d'une plaie, quand le travail de la phle réparatrice dAttltt.
Dans les deux cas encore, la fièvre est Franche, wve: le | présente les mêmes caractères de développement et damj
IJuant h la douleur de côté observée dans la pneumor offre une acuité, une violence qui ne se rencontre pas phlegmon du tissu cellulaire, dnquel je cherche à rapprocher* moment la pblegmasie parenchyniateuse ; mais cela est
cardiaques, par exemple. Ce fait peut vous paraître assez singulier an premier abord, puisque dans la pneumonie le tissu pulmonaire lui-même est malade, tandis qu'il n'en est rien, paraît-il, dans les maladies du cœur; mais, si vous y réfléchissez un moment, votre étonnement cessera bientôt. En effet, dans la pneumonie, le tissu pulmonaire est bien altéré, cela est vrai ; mais la fonction pulmonaire n'est entravée que sur le seul point malade; partout ailleurs l'hématose s'accomplit. Dans les maladies du centre circulatoire, au contraire, la stase sanguine, que l'action insuffisante du cœur détermine dans le poumon, occupe tous les points de l'organe à la fois, et cette congestion passive, tout en détériorant moius le tissu de l'organe, gêne partout à la fols ses fonctions, puisqu'elle occupe le parenchyme pulmonaire partout à la fois. Nul point ne peut donc suppléer à l'action empêchée des points voisins. De là cette dyspnée, souvent terrible.
Enfin, pour terminer cette énumération, nous devons mentionner la toux, qui généralement ne se présente avec aucun caractère spécial. Il faut seulement savoir que sa fréquence, sa répétition, son opiniâtreté, sont en rapport habituel avec la prédominance de l'élément bronchique ; si bien (pi' il est des exemples de pneumonie dans lesquels la toux existe à peine, et, partant, l'expectoration est presque nulle. Je me rappelle qu'un cas de ce genre m'était échu à l'un de mes concours du bureau central.
Messieurs, tous les phénomènes physiques que je vous ai décrits, rtle, souffle, bronchophonie, matité, sont des signes h peu près constants, parce qu'ils sont liés aux modifications anatomiques fondamentales que détermine de toute nécessité l'inflammation du tissu pulmonaire, modifications qui sont représentées par la présence de l'exsudat plastique dans l'épaisseur de l'organe. Les signes fonctionnels locaux sont déjà moins régulièrement et moins franchement exprimés, comme vous pouvez le voir. Quant aux phénomènes dont il me reste à vous parler, et qui ont été désignés sous le nom de signes généraux, par opposition à ceux que nous venons d'étudier, lesquels ont été dits signes locaux, ils peuvent, sachez-le bien, varier selon les individus et selon beaucoup de circonstances extérieures. Cela se comprend sans peine, car ils ae sont plus la conséquence directe de la modification matérielle des tissus, mais bien la traduction symptomatiquc de la façon dont le milieu vivant supporte l'ai té ration pathologique, de l'impression
PHFUMONtE.
qu'il en reçoit. Or je ne saurais trop le redire, le milieu flans lf quel m produit, l'altération piilliol<r/ique varie selon chaque int vidu. Pour prendre une comparaison qui rende bien ma pensé« une mime pruine ne germe pas et. ne lùve pas «le In même manière dans des terrains différents, Elle reçoit, au contraire, souvent d'importantes modifications de la part du milieu dans lequel elle se développe. Les singulières transformât ions que la culture intellîgenle im animaux et det \e-Haux nous montre tous les jours sont de preuves irrérusalu,es fU rWte influence du milieu ambiant sur développement des germes qui lui sont ronlirs. La mémechos* a lieu dans Torganisation humaine. Autant d'organisations dill'erentes, autant de terrains patholn^iques différents, ïi en est d'ailleurs de même pour l'étal normal i nous n'avons pas tous* par exemple, les mêmes facultés intellectuelles, et, dans l'ordre phfsique> nous m sommes pas tous senetblee au même degré à même douleur.
Ces remarques vous feront facilement saisir pourquoi les phé- ■ues généraux développés dans des inflammations pulmonaires, offrant d'il Heurs une grande analogie quant aux lésiai locales et à retendue, sont souvent si différents dans les duTéreni pourquoi, par exemple, certains malades viennent à pied l'hôpital, hîen qu'ils portent une lésion tres-intense, landis q d'autres, au contraire, ne peuvent plus ta h \- fl . à partir du m ment où ils ont été pris du frisson qui marque le début de maladie. Du reste, remarquez qu'il Ht est de totale pour les ! su m -extérieures, et qu'un panaris, par exemple, ne produit pasd symptômes généraux d'une intensité identique chez tous les siijel
Quîiiui iN sonf complètement exprimés, si nous cherchons apprécier les caractères véritables de ces phénomènes jfém nous les trouvons, es résumé, tout à fait identiques à «al du phlegmon : le premier symptôme, dans 1rs deux cas, est un fri son; vous l'observez au début de la pneumonie, comme à la soi d'une blessure, d'une plaie, quand le travail de la phli répfirut.rii e début*.
Dans les deux cas encore, la lièvre est franche, vive : ptéattàte les mêmes caractères de développement et d'ampleur.
yuant à la douleur dv côté observée ilans la pneumonj tiffrt une >e îuté, une violence qui ne se rencontre pas dans phlegmon du tis*u cellulaire, duquel je cherche h rapprocher en moment la phlegmasie parenebymateuse ; mais cela eW simpl
puce que cette douleur ri vive tient non pas à la lésion du tissu pulmonaire lui-même, mais bien à la propagation de la phlegmasie vers la séreuse pleurale. Ce qui le prouve, c'est que, dans certains eu, lorsque la plèvre est à peine touchéefpar l'inflammation , comme cela se voit, par exemple, dans la pneumonie dite centrale, la douleur est un symptôme qui manque à peu près complètement. Du reste, remarquez-le bien en passant, tous les parenchymes, lorsqu'ils sont enflammés, sont le siège de peu de douleur. Le foie, le rein, lorsqu'ils sont envahis par la phlegmasie, ne causent pas plus de douleur que le poumon enflammé. C'est par les troubles de leurs fonctions que les parenchymes témoignent surtout de l'inflammation de leur tissu, et les symptômes alors offrent d'autant plus d'importance, que l'organe a une valeur physiologique plus immédiate, si l'on peut s'exprimer ainsi. Voilà pourquoi le poumon, en s'enflammant, éveille plus de trouble que le foie et le rein. Pour ce qui est de la douleur, elle appartient surtout à l'inflammation des séreuses. Et cela est si vrai, dans l'espèce, que, lorsque existe une très-violente douleur, il n'est pas rare de voir la phlegmasie de la plèvre absorber, a. son profit, une part considérable de l'état morbide, et de constater tous les signes d'un épanchement pleurétique très-abondant. Ces phénomènes généraux, sachez-le bien, sont loin d'être toujours nettement accusés et n'offrent pas toujours la forme franchement inflammatoire. Comme je vous le montrerai, ils sont parfois modifiés de façon à se présenter avec une physionomie particulière. Telles sont les formes ata\iques ou ataxo-adynamiques, lesquelles ne sont autre chose que l'expression de la manière dont l'économie du malade ressent la lésion locale du poumon.
C'est toujours de cette façon, Messieurs, qu'il faut comprendre les phénomènes généraux dont s'accompagne l'inflammation des divers organes.
Parmi ces différents signesréactionnels il en est un, connu depuis longtemps, dont la valeur a été successivement acceptée ou nifc». et sur lequel mon collègue M. Gubler a de nouveau appelé plus particulièrement l'attention (Union médicale, avril et mai 1857) ; je veux parler de la rougeur des pommettes.
Cette rougeur, selon cette opinion, se montrerait plus intense, plus vive, sur la joue correspondant au poumon malade, et lorsque Von chercherait la température de la joue ainsi injectée, on trouverait une différence qui a pu être de plus d'un degré, et qui s'est
I7fi
peu
même élevée à 5*\40 (olis. vu). Sans vouloir expliquer complet ement la production de ce symptôme, M. Gubler le rapproche eepeu* danl des expériences de M, Claude Bernard, dans lesquelles, api es l'extirpation du ganglion cervical supérieur du grand sympathique, nu par la section du rordou sympathique entre ce ganglion et le ganglion inférieur, cet illustra physiologiste a toujours ni une élévation considérable de la température du même cfité «I la face, et surtout dans l'oreille. « On pouvait donc se deniam! dit M. Gubler, si la phlcgnmsie pulmonaire, enchaînant, po ainsi dire, l'activité de la portion thoracique de ce nerf, ou Ve ployant exclusivement à son profit, ne s'opposerait pas à Téchan, dynamique qui se fait normalement entre cette portion thoracique et la cervicale, et n'interromprait pas leurs communications à peu prés connue le ferait une véritable solution de continuité. ■ rapprochement, H. Gubler lui-même le trouve un peu a vent reu\. M. Brown Séquard en a discuté la valeur, sans conclure sitivenient ou négativement. (Jour, de physiologie, t. î, p. 41 1838), Quanta la coïncidence habituelle de la rougeur de 11 potn mette avec le poumon enflammé et quant au renseignement qu'on en pourrait tirer pour le diagnostic, j'avoue en toute humilité q les faits, jusqu'ici, ne m'ont pas amené a Ja même opinion q celle de mou collègue. JTai vu très-souvent chez les malades rougeur de k pommette prédominer du côté opposé h celui poumon enllammé. La valeur de ce signe n'est donc pas jusqu' pour rimi bien assise et suffisamment démontrée.
Maintenant poursuivons F étude sommaire de notre maladi voyons ce que vont devenir ces divers phénomènes loraux ou néraux suivant la marche que va suivre l'inflammation du pu mon, 81 le travail phlagmasique se limite, si les phéin locaux s'arrêtent, vous verrez cesser k lièvre et le retentisgénéral; mais la pneumonie passât-elle au troisième degré, a-dire Vexsudat dont le tissu pulmonaire est imprégné vienl-il à se convertir en pus, les symptômes généraux vont traduire cette modification : vous voyez apparaître des frissons intermittents erratiques, comme dans les tas où le phlegmon du tissu cellul arrive à la suppuration. Seulement, lorsque la phlegmasie pul naire esfl parvenue à la suppuration bien formée, le malade pisea forces, k prostration le gagne, le cortège des symptômes iy phéfdas al ftdyuuuiques se manifeste avec beaucoup plu» da B quence et de cerlitude que lorsque la suppuration occupe )
membres ou les parois des cavités diverses du corps, et bientôt le malade meurt, après avoir présenté les symptômes qu'on observe chez les individus qui succombent à une infection purulente.
flya, dans ces cas, une analogie de symptômes tout à fait frappante, sur laquelle je dois insister. En considérant la richesse vascolaire du tissu pulmonaire, onapensé que les capillaires si fins et si nombreux de ce tissu pouvaient conduire facilement le pus qui les baigne dans le torrent circulatoire. Sans vouloir rien affirmer touchant cette opinion, qui compte pour soi l'appui de Van Swieten (t. II, p. 687, § 837 •), je crois, Messieurs, que, dans ce troisième degré de la pneumonie, les malades ne succombent pas habituellement par le seul défaut de l'hématose, et j'ai grande tendance à admettre l'influence puissante de l'infection purulente. Du reste, comme nous le verrons plus tard, les phénomènes généraux graves à forme typhoïde peuvent se rencontrer chez certains individus, môme en dehors de cette suppuration du poumon. Us peuvent alors toutefois ne pas avoir des conséquences aussi nécessairement fâcheuses.
La pneumonie n'a pas toujours une terminaison aussi funeste ; elle peut marcher vers la résolution. Ici encore, dans cette période décroissante, si nous analysons les symptômes locaux que nous allons rencontrer, nous verrons qu'ils ne sont autre chose que l'expression des modifications physiques nouvelles qui s'opèrent dans le poumon. En effet, nous l'avons laissé tout à l'heure engoué de toutes parts par un exsudât plastique. Bientôt, lorsque la résolution doit s'opérer, l'économie se met à l'œuvre, en quelque sorte, pour la disparition du produit qui a été déposé dans l'épaisseur de l'organe. Des vaisseaux nouveaux, partant des vaisseaux voisins, se développent et pénètrent la couche de l'exsudat phlegmasique. Sous leur action, cet épanchement plastique devient moins dense; il semble qu'il se trouve pénétré par un liquide séreux qui dissout les éléments déposés naguère au sein des tissus. Cette liquidité plus grande de la substance qui engoue les vésicules place le poumon dans des conditions physiques nouvelles, qui se rapprochent
1 Aller morbtif a peripneumoniâ fit, si purulents jara fada inflammaloria maleria itilra pulmonale* veuulas resorbelur, cruori miscelur in loca qusdam depotiUr, uiide libéra lu r pulmo, meralur pars alia ; quae si minus requisita ad vilain, ni nelastasis b»na ; si verô in hepar, lienem, cerebrum el similia loca (luxeril, K>«an plernmque cril. Uioc fieri abscessusperipiieumonici ad aures, crura, hy- Hàotdria.
do celles qui signalaient le passage de la première période a la ronde. Aussi les signes physïrfirns se r;ipprr>*ifn-iif-ils d<- ce m
lent alora, L'iir commence à pénétrer dan* 1rs frihécu(e*piilmo» naireset, au milieu du souffle tabiire, ! oreille perçoit un rAlerr pitant, c'est te ™î/e de retùttr, comme fin la appelé. Ses bulles, (fl en ayant un timbre analogue à celui qui existait au maladie, sont plus grosses, pitts l.jrçes. Ci changenu-ir facilement, îl tient en effet, d'une part, à ce que le liquide < par riiîr qui pénètre dans les ramifications bronchiques, est épais qui- celai qui garâîssail ces parties lors de la e &9CH
dantedela phlegmasic, et surtout, d'autre part, h ce que h ches, qui deviennent libres 1rs première», sont d'un otltb considérable. Kientot la sécrétion des bronches ra eu diminotol la perméabilité du tissu pulmonaire se rétablit par l'absorption l'exsudat, les (diéaomèfiei généreux jfttmendent, puis s>ffa»B entièrement, et la résolution est contplMe.
Dans certains antres exemples sur lesquels j'appelle \ofn* afteo tion, vous verrez les symptômes physiques suivre une aat marche. La résolution s'opérera sans que les points dans lejqtie Torpille percevait du souffle tubaire, offrent (rare de raie de rriftur. Graduellement h rudesse du souffle disparaît, et peu a petï In respiration reprend aon timbre el son moelleux, aucun raie ix tûâniftrte, Cerf qu'alors Ja résorption de IVxsudal o #t*5 accompli* sans* que ce produit ait été, comme dans le cas précé. d'une sécrétion liquide abondante. Les faits de û fl èl re rares; ils devaient vous être signal s.
Il est aussi d'autres exemples dans lesquels la termina que favorable, est moins franche. Dans ces cas, soit que rexhalation nouvelle de sérosité ne soit pas capable de dissocier la lyuq plastique qui occupe le parenchyme, soit encore que vrtuexiste en trop grande quantité, les signes physique fe pertb-
teront; alars vous trouverez à la percussion une mal i té réelle, l'auscultation un souffle parfois intense. Mais vous m
nulle douleur, nulle fièvre, pas de loin, rien, en un mot, qui que l'économie soit encore influent :ée p;ir rei état locaL II ny • plus là maladie, mais bien tnice d'une maladie antérieure. La pe^ sislancede ces signes physiques montre seulement que U» poumon reste imperméable «bus une certaine étendue par le fait de U persistance d'un épajichemenl plastique analogue à peu près à IVuprtfrgeruent que vous voyez persister, par exempte, dans le two ert-
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hilaire, après tin phlegmon qui se termine par induration. Dans «cas, l'économie snppôrte sans irftpdtiehcé cette trace d'une phlegmasie antérieure, et l'ensemble des fonctions se rétablit comme A rien de la maladie ne peféiâtâit localement.
Vous observera cette fofme de terminaison dans un certain nombre de cas de pneumonie , et vous verrez les phénomènes locaux, même le rftledc retout» persister* , pendant plusieurs semaines, «» que d'ailleurs l'économie en soit notablement impressionnée. Une circonstance différente peut encore se présenter : les phénomènes locaux peuvent persister comme dans le cas précédent, mais alors l'organisme, ait lieu de rentrer dans le calme et de reprendre la plénitude et la régularité de ses fonctions, reste notablement troublé: le malade conserve du malaise ; il garde de la dyspnée, de la fièvre, qui augmente le soir, et tout cela dure longtemps. Dans ee cas, il y a maladie véritable, puisqu'il y a retentissement de la lésion locale sur l'économie ; c'est là la pneumonie chronique.
Ktltenbrenner, dont les travati* ont été si utiles pour l'histoire de l'inflammation, a émis, touchant les conditions de ce processus pathologique, des vues sur lesquelles il a insisté, et qui s'appliqnent assez bien à l'interprétation de ces diverses terminaisons de hphlegmasie du poumofi. Selon cet auteur, H faut, pour qu'une inflammation se terttline par résolution, que l'économie au sein de laquelle cette inflammation se développe, conserve encore m certain degré de force. Un degré de résistance, moindre que le premier, est encore nécessaire pour que la terminaison ait lieu ptt suppuration ; que si la force de l'économie est encore moindre, le tissu de l'organe affecté ne pettt plus résister au mouvement pithologkpie, il meurt et il y à gangrène véritable. Ces considérafous ont une valeur considérable. Cet état des forces de l'économie, le tegré variable de résistance qu'elle oppose à la maladie, sont des bits cliniques des plus importants. C'est, par exemple, le défait de force de l'économie, déjà altérée par la maladie antérieure, {ri imprime aux maladies secondaires leur physionomie particulière. Aussi, les pneumonies qui surviennent chez un sujet déjà malade, suppurent-elles plus rapidement et se terminent-elles plus difficilement par résolution. Si les phlegmasies pulmonaires on pleurétiques se terminent plus vite par suppuration chez les f«*mm«»s qui sont récemment accouchées, cela s'explique encore par la gestation et par le travail puerpéral, circonstances qui, en compromettant les forces de l'économie, jouent le rrtle d'un véri-