CITÉES DANS LE COURS DE CET ARTICLE
Obs. I. Le 9 avril! 857, est entré Schneider (Caroline), trente-six ans, accouchée le 27 mars à l'hôpital des Cliniques ; sortie le dixième jour, non guérie. On lui avait posé à l'abdomen, près du flanc gauche, un assez grand nombre de sangsues.
La malade est dans un tel état de faiblesse, son intelligence est si obtuse, qu'où n'obtient que des renseignements très-incomplets. Le jour de son entrée à l'hôpital, le soir, on a appliqué à la région iliaque gauche vingt sangsues. A cet endroit, on constate la présence d'une tumeur douloureuse assez volumineuse (à peu près du volume du poing).
Le 10. Immobilité complète; aspect comme égaré, effrayé même; yeux hagards; parole difficile; intelligence obtuse; délire tranquille; langue aride, sèche; diarrhée abondante, involontaire, ainsi que les urines; inappétence complète, soif vive; ventre ballonné; pouls très-petit, trèsfréquent ; peau moite, mais pas chaude ; adynamie extrême ; respiration anxieuse. (Extrait Lina, 1 gramme en pilules; bain ; lavement avec huit gouttes de laudanum ; diète; gomme sucrée pour boisson.)
Le H . Le bain, bien supporté, a produit un assez bon effet. Plus de diarrhée; sommeil assez bon; délire tranquille; soif très-vive; pouls tègulier, 112 pulsations; peau moite. — Même prescription, moins le bain.
Le 12. Faciès très-altéré ; yeux à demi fermés ; bouche demi-ouverte ; "aspiration pénible, plaintif e; immobilité complue; délire: pouls fort, •32. (Même prescription.)
Le 13. A peu près même état. I)e plus, pommettes colorées; yeux ex- ^tës; pouls 136 pulsations; respiration tres-penible, fréquente U* par Minute, : ventre très- ballonné; la tumeur est à peine perçue et ne peut ^usètrr circonscrite; large eschare au sacrum, qui existait déjà avant Votrée à l'hôpital ; face aniieusc ; subdelirium; pas de toux. Appliquer ■H cataplasme de charbon sur lVschare. Bordeaux, quinquina.)
1 Elles ont toutes été recueillies chas aoo lenriee a par Mes sotas. • ?/*«r |* «4e ao bas de ta page 471.)
59î MALADIES DES FEMMES EN COUCHES.
femme* anémiées par la gestation, par YêMmtiïummî et pari
conséquences, n'anéantit k farce plastique nécessaire à la prompte cicatrisation de la plaie utérine, et ne mît les malades me )ïmminonce d'une dépression favorable aux mauvaises influtiicri extérieures. J'y ai renoncé» au moins comme traitement usuel, je lu réserve pour des cas où l'inflammation débute violemment chez des femmes fortes et sanguines.
Voici un moyen que je vous conseille, parce qu il est efficace et qu'il ne peut être nuisible : c'est l'application de la glace sur le ventre, mais l'application continue et continuée pendant plusieurs jours.
La glace, qui n'a d'autre but que l'application du froid huuii'.k est destinée à remplacer les irrigations continues â'ûiil froide que l'on emploie eu chirurgie avec tant de succès. C'est à cette pratique que j'ai emprunté cette idée, et j'ai même commencé par les irrigations; mais leur usage est difficile* Elles condamnai U femme à l'immobilité, s'étendent facilement au delà de ce qu'un veut et mouillent les reins et tout le lit de la malade. JTai iffltfpl alors d'appliquer sur le ventre des malades des compresses, i de plusieurs doubles, imprégnées d'eau froide et recouvertes' vessies de caoutchouc qui contiennent delà glace réduite en petite fragments; le tout est maintenu par une alèze attachée, laqi en assurant l'application immédiate de cette sorte d'appareil, f/G met à la malade d'opérer, Bans gène aucune, des tQOitVflUNfitl assez étendus- Pour peu qu'elles soient intelligentes, u n\ maintenant cet appareil, peuvent même se lever pour aller à la selle ou pour uriner. Eu général, toutes les deux heures lagltf» doit être renouvelée, les compresses mouillées de nou\pareil est, vous le voyez, bien simple; à la eau., pourrait être remplacée par de l'eau fraîche contenu* reaaiea de porc ; mais l'eau devrai! être miipJ.i pé rature s'élèverait, et les vessies changées souvent, àctiti l'odeur fétide qu'elles prennent.
La glace ainsi appliquée m'a rendu de tnV. comme moyen préventif, suit comme moyeu curatif. Vota voir salle Saint-Charles, tr 14, un exemple heureux de t cation (obs. 12), Je pourrais multiplier ces citations en très-grand nombre, J'ajouterai que je irai jamais vu d'autre incoa l'emploi de ce moyen que celui que je \uns indiquerai < i qu être facilement évité, Le froid himiidc a l'avantage de
des caillots d'un rose Raie tout à fait «adhérents a la veine, et retraçant l'aspect du mélange de pus et de sang trouvé dans la veine hypogastrique et dans la veine iliaque primitive. Ce n'est pas autre chose, en effet, qu'un mélange de cette sorte, densifié par la présence d'une plus grande quantité de fausse membrane et de fibrine. En dehors des veines ainsi altérées et obturées, on trouve, au lieu de la couche de sérosité que nous avons vue tout à l'heure, une couche beaucoup plus épaisse et Iteaucoup plus consistante, qui est composée à peu près de la même matière que. celle qu'on voit dans ces veines. H y a là, en un mot, en dedans et en dehors de la veine, une certaine quantité de lymphe plastique en suppuration.
Enfin, dans d'autres veines, on rencontre du pus véritable, bien lié, tout à fait phlegmoneux, avec des parois veineuses non colorées, d'un blanc jaunâtre et revêtues de fausses membranes adhérentes.
Dans le ligament large du côté droit, on ne trouve que des veines distendues par un sang noir poisseux, peu concrète, mais pas trace de pus non plus que dans les rameaux vaginaux ou hypogastriques de ce côté ou dans la veine iliaque primitive droite. Pas de pus dans les veines ovariques ou dans celles des trompes.
Aucune trace de pus dans le tissu utérin, soit à droite, soit à gauche. Deux ou trois veines de ce dernier côté sont restées volumineuses et distendues par des caillots fibrineux peu adhérents ; autour d'elles le tissu utérin est plus injecté. Mais dans aucun point on ne trouve du pus, et cependant nous avons coupé et haché l'utérus en tous sens, de façon à le réduire en tranches épaisses, à peine de trois millimètres. A .sa surface interne, nous n'avons trouvé qu'un mucus épais, d'un rouge noirâtre, sans fausse membrane aérolée.
Le foie ne contient aucune altération; son volume, 6a consistance sont normaux. La rate, sans augmentation de volume, est très-diminuée de consistance et réduite à la coupe en une bouillie d'un rouge terne et (aux de ton.
Le poumon droit ne présente aucune autre altération qu'un engouement veineux lié à l'agonie. H est gorgé de sang et de sérosité qui l'échappent à la coupe, en entraînant une grande quantité de bulles dair, son tissu reste cependant un peu crépitant à la pression.
A gauche, on trouve un épanchemeut purulent, peu al»ondaut, à peine m demi-verre; toute la surface de la plèvre de ce côté est chagrinée, wéïrale, présentant un bruit rude; de frottement, quand on applique Tortille sur la main qui la frotte. Tout le IoIk? inférieur pauche est d'un noir rougeàtre ass**z foncé, non aéré; il sVcoub- a la «uiip«' un liquide d'un rouge sombre, sans mélange de bulles d'air. Le tis^u eM densitié Hré» laisse pénétrer par le doigt, mais il est moin* den<e. moins friable que le tissu véritablement hépatisé. L«s élément* aiutoinique^ du limita v sont d'ailleurs facilement reconnaissante*. A la |urtic |*»stérieuiv du
dre pression, était le gUge de douleurs atroces; lu face était hippneratiqur, le pouls àar^ petit, fréquent; l'écoulé était suspendu depuis deux jours. Une Baigné* d'une livre fut pratique<\ des boissons glacées furent ingérées et on appliqua d glace smlr ventre. Trois heures après, les symptômes «rotai p> de leur intensité; la soif nissements nvaienl disparu; le
ventre itait moins ballonne et supportait moins diflkilcnieni h
pression. Le soîr, une amélioration plus grandfl encore se fo remarquer; M ventre s'était .affaissé; une selle naturelle eut liée, et la in:il;ule prit un peu de sommeil, a Lee application! | | turent seules continuées, et le lendemain des sueurs punirent; If» seins se remplirent de lait et furent donnés & l'enfant ne tardèrent pas ;i rep;i mitre, et quatre jours s'étaient à pi écoulés, qu'il ne restait plus di péritonite,
Celte observation semble absolument calquée sur tonl dont j al été témoin et qui ont eu une solution favorable. F i pour être complet, laissez- moi vous signaler des faits don informé ultérieurement. M. Grisolle, par exemple, u MiivanL Mande en consultation à Saint-Germain, il imm:i I ji -mine atteinte de péritonite aiguë; elle était dans Tétai le f grave, semblait destinée à une mort prochaine et inévitable, soulîrait cruellement; elle demandait avec installe adoucir la chaleur pénible dont l'abdomen était jului
luit sur le ventre des serviettes trempées dans de IVan M. Grisolle, lu jugeant perdue» permit cette demi Le lendemain, contre toute attente, il constatai! une ai réelle; quelques jours après, la gtlérison était OOmptt
Ce fait se passait avanl que j'aie eu l'idée d'employer ec ni< 11 parait même, selon une conversation de M. Nélatoo, fu mier aurait été témoin, il y a bien longtemps! d'un togM»
Quoi qu'il en soit de ce poiui purement historique, ce qui ml établi, c'est que sous l'influence du froid humide, j'ai vu de nomènes abdominaux d'apparence grave disparaître 1 1 Mail Bachez-le bien, c'est surtout contre lélémentpérïtoi vu ee moyen elBoace. Je ne voudrais pas prolonger inutilcine conférences déjà longues; aussi je ne \ tréft-nonu llieaet qui prouvent i r
péritonite. J i -dan*
j'ai eu l'honneur de lire à rAcademi
le 1er avril 1862, et ceux d'entre vous qui ont suivi ce service ont pu, Tannée dernière, voir un certain nombre d'exemples de l'emploi heureux de ce moyen, qui si le grand avantage de n'offrir aucun inconvénient réel, même quand il est inefficace.
Un autre côté fort heureux des applications de la glace, c'est qu'on peut leur associer l'usage d'autres moyens. C'est ainsi que, concurremment avec elles, j'ai employé le calomel à l'intérieur et l'onguent napolitain en frictions laites sous les aisselles, sur les cuisses et sur la poitrine. Comment agissent ces altérants? Je n'en sais rien. Sont-ce même eux qui guérissent dans ces cas? Je n'oserais l'affirmer. Je crois, quant à. moi, que la salivation qu'ils déterminent n'est pas un moyen de guérison, mais seulement un procédé qui permet d'apprécier l'état réel de l'économie. En produisant la salivation, en effet, les mercuriaux montrent que l'absorption n'est pas impossible ; que l'économie n'est pas entièrement absorbée par la maladie, et qu'elle peut encore accomplir d'autres actes pathologiques, être empoisonnée, par exemple, par le mercure. S'ils ne sont pas utiles au point de vue curateur, il est donc incontestable que ces agents sont utiles au point de vue du pronostic.
Un moyen qui a une utilité plus réelle, c'est Pipécacuanha ; son efficacité est incontestable dans certains cas : il y a des moments où les affections puerpérales débutent toutes par de l'embarras gastrique. Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres maladies, les vomitifs modifient souvent l'accident plus grave, en mémo temps que l'embarras des premières voies contre lequel ils sont surtout dirigés, et qui semblait seulement un épiphénomène. Il ne faut donc jamais négliger cette indication thérapeutique.
Les vésicatoires agissent utilement sur les accidents locaux (gonflement des annexes, menace de phlegmon, péritonite circonscrite). A coté des avantages réels, ils peuvent avoir des inconvénients sérieux : la peau amincie par la distension qu'elle a subie pendant la gestation, déjà irritée par des piqûres de sangsues, peut, sous l'iniluence des cantharides, s'ulcérer, se gangrener même dans une étendue plus ou moins grande. J'ai vu, pur exemple, une femme dans mon service, à l'hôpital Heaujon, chez laquelle, après l'application d'un vésicatoire sur l'abdomen, dont la paroi était flasque et très-distendue, il se produisit une eschare qui s'étendait presque d'une épine iliaque à l'autre, et offrait environ 30 centimètres
de largeur sur 10 à peu près de hauteur. Aucun accident grave ne suivit cette complication.
Contre l'élément péritonéal, outre les topiques glacés dont je vous ai dit l'efficacité, vous pouvez vous servir avec grand avantage de l'opium. J'en ai obtenu de bons résultats, mais il faut le manier hardiment. 20, 30, 40, 50 centigrammes même par jour vous seront parfois nécessaires pour obtenir des effets avantageux; à cette dose, vous voyez les nausées s'arrêter, le ballonnement du ventre tomber, la face devenir meilleure.
Enfin, dans presque tous les cas, vous devrez associer les toniques à tous ces autres moyens : le quinquina, le sulfate de quinine dans le môme but que le quinquina. Je ne vous parle du sulfate de quinine que comme tonique ; il n'agit pas autrement ; nous y reviendrons tout à l'heure. Du reste, sachez-le bien, tous les moyens que je viens de passer en revue ne sont utiles qu'en dehors de l'infection purulente.
Quand cet accident si grave est arrivé, le thérapeutiste est à peu près désarmé ; on a parlé successivement d'un grand nombre de spécifiques contre cet état. N'ajoutez aucune foi à toutes ces prétentions, rien ne les justifie. L'alcoolature d'aconit, par exemple, a été préconisée, et on l'emploie encore par une sorte de laisser aller, mais jamais elle n'a rien produit de bon. La digitaline que M. Serres d'Alais vantait, il y a quelques années, ne m'a paru nullement efficace ; elle peut même ne pas être innocente en amenant des nausées, des vomissements et de la diarrhée. Du reste cette inefficacité était facile à prévoir, puisque l'idée qui amenait à l'employer était mal assise. J'ai même quelque peine à m'expliquer comment M. Serres, qui est essentialiste et tient la fièvre puerpérale pour démontrée, en tant que maladie générale et sans substance, a pu admettre une explication aussi mécanique de l'utilité de la digitaline. Il avance, en effet, que la digitaline, ralentissant les battements du cœur, diminue la fréquence du pouls, et partant fait cesser la fièvre. Mais, sachez-le bien, Messieurs, la digitaline ne diminue les battements du pouls que dans les cas où la fréquence de ces battements tient à un désordre du cœur lui-même. Quand l'organe de la circulation est engoué, fatigué, la digitale remonte sa tonicité et par là régularise ses battements ; elle est seulement un tonique du cœur. Quant aux cas dans lesquels la fréquence du pouls est liée à une affection aiguë, quand le mouvement fébrile est symptomatique, la digitale
est absolument impuissante; je l'ai constaté nombre de fois. Et d'ailleurs, quand bien môme elle ralentirait le pouls dans ces cas, la maladie dont la fièvre est le symptôme n'en serait pas amendée; vous amoindririez un des effets de la cause, mais vous n'agiriez nullement sur cette cause.
Que vous dirai-je du sulfate de quinine ? On l'a beaucoup préconisé, les uns comme spécifique, les autres comme antiphlogistique, d'autres contre l'apparente intermittence des accidents. 11 a la môme valeur que l'alcoolature d'aconit et que la digitaline ; il n'est pas bon à. grand'chose; c'est simplement un tonique, et môme un des plus incertains. Donnez-le à doses moyennes, 1b%50 par jour, à fortes doses, 3 grammes par vingt-quatre heures; administrez-le en deux ou trois fois, ou bien toutes les heures, jamais vous n'obtiendrez d'amélioration; je l'ai employé souvent, et toujours sans aucun succès. J'avoue môme bien sincèrement n'ôtre nullement convaincu par une communication plus récemment faite à l'Académie de médecine. Les faits sur lesquels s'appuie l'auteur de cette note sont hors de toute discussion, à cause de leur brièveté; après ce que j'ai vu, je ne saurais leur accorder aucune valeur.
Contre l'infection purulente je ne sais donc rien de bon. Tous les efforts doivent tendre h conjurer son développement, et pour cela, la voie dans laquelle il faut chercher, c'est, selon moi, dans les soins à donner h la plaie utérine, hâtez sa cicatrisation ; empêchez le séjour dans l'utérus du sang, du pus, du mucus, empêchez l'altération, la viciation de ces produits normaux ou pathologiques et vous ferez beaucoup pour la guérison. Mais comment arriver à ce résultat, là est la difficulté. Je suis bien convaincu que le danger est dans ces conditions particulières, que c'est là qu'il faut porter le secours; mais on ne peut pas appliquer facilement des agents de traitement sur la face interne de l'utérus, et les cautérisations au cautère actuel, que Sédillot et Bonnet (de Lyon) préconisaient pour les plaies, ne sauraient être employées ici. Il faut surtout rechercher les procédés capables de rendre faciles les injections à la surface interne de l'utérus, telle est la voie dans laquelle il faut marcher, et je crains qu'on soit encore loin d'atteindre le but. En dehors de cela ce qui nous reste à faire, c'est de combattre les diverses complications, comme je vous l'ai dit, et de soutenir de notre mieux les forces de l'économie.
Quelques accidents spéciaux réclament des soins particuliers.
En vous parlant des phlegmons circumutérins, je vous ai parlé de la manière de les ouvrir, quand le pus chemine vers les parois de l'abdomen; je ne reviendrai pas sur les détails dans lesquels je suis entré ; je vous rappellerai seulement qu'il faut préférer les caustiques au bistouri pour ouvrir ces foyers ; je n'insiste que sur quelques points que je n'avais pas mentionnés. Par exemple, une fois le foyer ouvert, ne pressez pas sur la tumeur pour la vider plus complètement ; ces malaxations pourraient amener des ruptures fatales, et d'ailleurs cette évacuation factice ne peut avoir pour résultat que l'entrée de l'air dans le foyer. Laissez-le beaucoup plutôt se vider lentement. N'introduisez jamais, dans son ouverture, des mèches ou des tubes à drainage ; redoutez en pareil cas le voisinage du péritoine et ses susceptibilités pathologiques, que ces corps étrangers pourraient éveiller parleur présence. Mais, si vous n'employez aucun de ces moyens artificiels si dangereux, ayez grand soin de faire prendre, autant que possible, à la malade une position qui fasse de l'orifice du foyer le point le plus déclive du corps. Si la suppuration devient fétide dans ces collections, faites, mais avec la plus grande et la plus constante précaution, des injections d'eau tiède ou môme d'eau très-faiblement iodée; mais surtout poussez ces liquides avec une extrême prudence. Dans ces cas, ne ménagez pas les toniques ; ils sont d'une haute utilité pour combatre le développement des phénomènes hectiques. Contre les néphrites et les cystites, employez les ventouses scarifiées, les cataplasmes et les bains, et aussi le camphre à Tintérieur et à l'extérieur.
Voilà les principaux moyens que la thérapeutique met à votre disposition contre les accidents puerpéraux. Ils ne'serontpas nécessairement efficaces, et quoi que vous fassiez, vous aurez d«*s insuccès trop fréquents; mais, sachoz-lo bien, ces insuccès ne prouvent pas que vous ne serez pas dans la vérité quant à l'interprétation de la nature de la maladie et du mécanisme de si production.
Rien n'est moins fondé que cette objection qui a été soulevée contre la théorie que je viens de vous exposer relativement à la façon dont se produisent les accidents chez les femmes en couchas. Avec la théorie que vous soutenez, a-t-on dit, vous ne guérissez pas plus que les autres.
C'est là une assez misérable objection, et cette argumentation est un peu beaucoup de forme extra-scientifique. On est plus loin,
je crois, de toute guérison quand on se retranche dans la nature spécifique et tout à fait inconnue de la maladie, dans une sorte de quid divinum de convention, que lorsqu'on précise et qu'on démontre la similitude complète de ces maladies avec d'autres affections déjà connues. Mon esprit est certainement plus satisfait quand je me dis : La femme en couches est un grand blessé ; les accidents qu'elle subit prennent leur source dans la plaie utérine, que lorsque je le laisse errer sur les caractères douteux d'une fièvre essentielle que rien ne démontre et dont, selon moi, tout repousse l'existence.
Voilà, Messieurs, ce que m'ont appris un labeur de plusieurs années et une étude patiente des divers phénomènes. Le doute n'existe plus pour moi. Puisse-t-il en être de même pour vous ; je le souhaite de toute ma force en terminant ici ces conférences.
Et maintenant, permettez-moi de vous remercier de l'attention que vous avez bien voulu m'accorder ; elle m'a beaucoup soutenu et m'a amplement récompensé du travail, bien salutaire du reste, que m'imposaient ces réunions.
apparition des douleurs de l'enfantement sans cause connue (elle était alors au septième mois de sa grossesse) ; les douleurs durèrent jusqu'au mardi suivant, c'est-à-dire trois jours, pendant lesquels il n'y eut pas trace d'écoulement sanguin.
L'accouchement fut facile ; l'enfant vécut douze heures. La poche des eaux se rompit au moment de l'accouchement. La délivrance fut simple. Quelques instants après l'accouchement, frisson léger, mais bien caractérisé cependant, ayant duré un quart d'heure environ ; deux jours après, apparition d'un frisson semblable, à peu près de môme durée. A partir de ce moment la malade sentit des douleurs assez vives dans l'abdomen, la fièvre s'alluma ; le ventre devint douloureux à la plus légère pression et ballonné. Hoquet. La langue lui semblait sèche et encroûtée ; la diarrhée n'avait pas cessé. Des vomissements survinrent la veille de l'entrée de la malade à l'hôpital.
Le 22. Etat actuel : L'intelligence est un peu obtuse ; grande anxiété; respiration entrecoupée, haletante; peau chaude et sèche ; |>ouls faible, misérable, à 124-128; lochies peu abondantes; pas de trace de lait; face grippée, profonde excavation des jeux; légères convulsions dans les muscles reteveurs de la commissure labiale et de l'aile du nez du côté droit; abdomen tympanisé; hoquet pou fatigant pour la malade et s'accompagnant de nausées. Pas de vomissements ; ta pression sur le ventre est peu douloureuse. Les douleurs abdominales, au dire de la malade, ont beaucoup diminué depuis l'application permanente, faite hier soir, d'une vessie pleine de glace. Diarrhée suspendue; langue sèche ; fuliginosités sur les lèvres et la langue. Pas d'albumine dans les urines. (Glace sur le ventre ; frictions mcrcurielles sur le ventre et sous les aisselles. Rina, 4 grammes; vin de Bordeaux, 300; opium, 0,!0.)
Le 23. La malade est morte dans la nuit, sans convulsions, sans délire et presque à l' improviste.
Autopsie. — Péritonite de toute la région inférieure de l'abdomen, avec des fausses membranes très- épaisses. Adhérence des circonvolutions intestinales entre elles. Ln verre à expérience environ do pus dans la cavité péritonéale.
L'utérus est volumineux et remonte à peu près jusqu'à moitié de la hauteur de l'ombilic au pubis. Sa face extérieure # st rosée : son tissu est ferme. En incisant sur le côté droit ou au niveau du col dans l'épaisseur du tissu, on trouve une large plaque de pus, paraissant occuper les vaisseaux lymphatiques; elle est, en etret. superficielle, d'une (orme arrondie et globuleuse abruptement cessée e.i haut et en bas de cette dilatation, bien que le pus occupe le reste du vaîsvau.
A l'incision de la paroi antérieure, on trouve d.ms l'inU-rieur du tissu, au niveau de la jonction du o»rps et du oïl, un».- v»;ine pleine dr pus. Le col est sain dans le re>te de x>n cteudue, et n'a jhl> »:t«: diiacéré dans l'accouchement. On ut- trouve pas de pus dan- I»** veines du nî-
Morte le i 3, à deux heures du soir, sans agonie.
Autopsie le 15 avril, à dix heures et demie du matin.
Aucune trace de péritonite; nulle part on ne trouve aucun vestige de fausse memhrane, aucune trace de liquide péritonéal. L'utérus, cache dans le petit bassin, sous le paquet intestinal, ne présente non plus à sa surface aucun produit de phlegmasic séreuse. 11 a environ 10 centimètres sur 10 centimètres. Les trompes et leurs pavillons sont sains, les ovaires d'un blanc nacré, sans injection, sans fausses membranes. En incisant le tissu cellulaire, situé à gauche et en arrière de l'utérus, on voit s'échapper d'une veine assez considérable qui se trouve à la paroi postérieure gauche du bassin (veine sacrée latérale) une certaine quantité de pus, coloré en rose par son mélange avec du sang. Cette veine incisée en bas, vers le détroit inférieur, contient encore de ce même pus dans l'étendue d'un pouce et demi environ. En haut, elle remonte jusqu'au tronc de la veine iliaque interne, lequel est plein du même pus dont on trouve la prolongation dans le commencement de l'iliaque primitive, jusqu'au point où elle est croisée par l'artère; à ce niveau, le pus s'arrête. Quand on cherche à bien se rendre compte de l'état de la portion de ces veines où se trouve le pus, on voit que leurs parois injectées sont, en outre, recouvertes d'une fausse membrane grisâtre, laquelle, au niveau de la terminaison de la collection purulente, au moment où l'artère croise la veine, semble limiter l'épanchement purulent à l'aide d'une sorte de lame mince, qui ne s'étend pas par une ligne circulaire régulière autour de la veine, mais par une ligne sinueuse, à tracé très-inégal. Audessus de cette ligne, la face interne de la veine est complètement normale et lisse, et ne contient pas de sang. Cette fausse membrane tapisse toute la face interne de la veine iliaque interne comme la portion de l'iliaque primitive que nous avons indiquée. Dans l'iliaque externe, au moment où elle vient se jeter dans l'iliaque primitive, on trouve un caillot fibrineux jaune, sans mélange do pus, qui bouche la lumière do la veine. Ce caillot est peu épais, mais, bien que mince, il est très-fernic et empêche nettement la communication entre le pus contenu dans U veine iliaque primitive et dans l'hypogastrique et le sang sous forme d-î caillot noirâtre qui se trouve dans la veine iliaque externe sans la distendre. Dans presque toutes les veines qui occupent le ligament larjre et dans celles qui entourent le vagin, on trouve trois ordres différents d'altérations. Tantôt, dans plusieurs d'entre elles, ce sont desimpies caillots denses, fibrineux, mais d'un rouge noirâtre, non adhérents, ou très-peu adhérents aux parois des veines, dont ils bouchent la lumière. Le tissu qui entoure ces veines est dense et un peu injecté; parfois même, «m tour de la veine, ainsi remplie de caillots, on voit à une coupe nette, faite perpendiculairement à Taxe du vaisseau, un peu de sérosité rosée, dont la couleur tranche et sur le blanc de la paroi veineuse et sur le blanc du tissu voisin densilié. Dans d'autres veines, surtout plus en haut, ou trouvt*
dos caillots d'un rose sale tout à fait adhérents à la veine, et retraçant l'aspect du mélange de pus et de sang trouvé dans la veine hypogaslrique et dans la veine iliaque primitive. Ce n'est pas autre chose, en effet, qu'un mélange de cette sorte, densifié par la présence d'une plus grande quantité de fausse membrane et de fibrine. En dehors des veines ainsi altérées et obturées, on trouve, au lieu de la couche de sérosité que nous avons vue tout à l'heure, une couche beaucoup plus épaisse et beaucoup plus consistante, qui est composée à peu près de la même matière (pie celle qu'on voit dans ces veines. H y a là, en un mot, en dedans et en dehors de la veine, une certaine quantité de lymphe plastique en suppuration.
Enfin, dans d'autres veines, on rencontre du pus véritable, bien lié, tout à fait phlegmoneux, avec des parois veineuses non colorées, d'un blanc jaunâtre et revêtues de fausses membranes adhérentes.
Dans le ligament large du côté droit, on ne trouve que des veines distendues par un sang noir poisseux, peu concrète, mais pas trace de pus non plus que dans les rameaux vaginaux ou hypogastriques de ce côté ou dans la veine iliaque primitive droite. Pas de pus dans les veines ovariques ou dans celles des trompes.
Aucune trace de pus dans le tissu utérin, soit à droite, soit à gauche. Deux ou trois veines de ce dernier côté sont restées volumineuses et distendues par des caillots fibrineux peu adhérents ; autour d'elles le tissu utérin est plus injecté. Mais dans aucun point on ne trouve du pus, et cependant nous avons coupé et haché l'utérus en tous sens, de façon à le réduire en tranches épaisses, à peine de trois millimètres. A sa surface interne, nous n'avons trouvé qu'un mucus épais, d'un rouge noirâtre, sans fausse membrane aérolée.
Le foie ne contient aucune altération; son volume, sa consistance sont normaux. La rate, sans augmentation de volume, est très-diminuée de consistance et réduite à la coupe en une bouillie d'un rouge terne et faux de ton.
Le poumon droit ne présente aucune autre altération qu'un engouement veineux lié à l'agonie. Il est gorgé de sang et de sérosité qui s'échappent à la coupe, en entraînant une grande quantité de bulles d'air, son tissu reste cependant un peu crépitant à la pression.
A gauche, on trouve un épanchement purulent, peu abondant, à peine un demi-verre; toute la surface de la plèvre de ce côté est chagrinée, inégale, présentant un bruit rude de frottement, quand on applique l'oreille sur la main qui la frotte. Tout le lobe inférieur gauche est d'un noir rougeàtre assez foncé, non aéré ; il s'écoule à la coupe un liquide d'un rouge sombre, sans mélange de bulles d'air. Le tissu est densitié et se laisse pénétrer par le doigt, mais il est moins dense, moins friable que le tissu véritablement hépatisé. Les éléments anatomiques du poumon y sont d'ailleurs facilement reconuaissables. A la partie postérieure du
lobe inférieur, atj trouve nu novau du volume d'une grosse noix, n n'est pas complètement arn>mli comme ce fruit et qui présente une conlci jaune verdàtre clair, véritable infiltration purulente* Le plu n\ Nuni en collection liquide ; mais.» lorsqu'on gratte légèrement la sm la. r, couche de pus crémeux que le scalpel entraîne ne laisse plus ;iuciin dont possiblesur la nature purulente de celte infiltration, qui préi Il n ■union en un seul groupe de plusieurs petits foyers d'abord isolé* La couleur Irès-nettement purulente de tout le gros noyau, qui l*4tsn avec le volume Indiqué jusque dem travers de doigta au-dessus de base du poumon, tranche de la façon la ptafi nette avec la coWaièm lu tiSSIl ambiant Aucune injection plus marquée ne peut être saisie au loi de cet abcès nuinstatiquc véritable, dans lequel le microscope fk clairement la présence de gros globules purulents. Aucune trace de tubercule dans l'un ou dans Tau lie poomofL Hien non plus de notable dans les autre* ■ u\>t L'extstenc
d'une invagination de deux pouces ePfîrOfl de l'une des anses de llutestin grêle; mais il faut noter qu'il n'existe au niveau de cette Intag ii.ih-m aucune trace de phlcgmasie péritonéale, aucune fausse membt > et que, au-dessus de la partie inva-iure, M EW trouve aucune acrumQ*
latiou de matière intestinale qui distende l'intestin if puisse avoir m duit le moindre arrêt dans la circulation intestinale.
nus. I 6iti Marie hubrav, * ingt*qtUtre ans, cuisinière, non marie réglée à dix -huit ans; règles régulières revenant à époqw rant de trois à cinq jours, peu abondantes, sans coliques; pi approche a vingt et un ans sanseffigi sur les règlesi ; preoiief enfc à vingt-deux ans, garçon. Le présent, qui est le den çon aussi. Au premier, elle vomit trois fois pendant le prei pendant le reste. Au deuxième pas de vomissement du tout, pas de varices, un peu d'eedème aux pieds, lors du commencement, ;■ les quatre premiers mois, et elle l'affirma nettement; p> iui itn qu.un mois aus>i elle a vu revenir ses règles avec assez, d'abondance faisait quelle ne se croyait pas enceinte; pas de lait dans I pendant la grossesse. Elle accouche le 11 décembre 1855, à huit I l'enfant est fort et vigoureux, beaucoup de caillots au moment fck délivrance; frissons avant, pas pendant ni après ta OCN
Le M. 72 pulsations; peau fraïclu ; rien aux seins; fui pus |. 10 centimètres sur 16, uu peu de sensibilité à gauche; la ci est» au point d'insertion même, un peu volumineuse. L'autre cûl beaucoup muins; lochies assez abondantes. (30 sangsues; bafo;l par» tiens.)
Le 12. 80 pulsations; pas de fièvre ni de frisson; seins pàlcuv. \ <- >îi laii : tttérua, ! ! sur 12, indolent ; lochies abondantes. (B
Le I î- Va bien et a un vil" appétit, punis à 101, peau de picotement aux seins, l'enfant tetie beaucoup; utérus, ISlŒr^
rond gauche. Une veine pleine de pus dans le tissu cellulaire rétro-vésical.
Le vagin est noir, gangrené ; le col, déchire, présente la inâme coloration ; il est complètement ramolli, putrilagineux.
Une section verticale de l'utérus montre : 1° la surface interne recouverte d'une bouillie rouge brun, exhalant une odeur infecte de pourriture d'hôpital ; 2° l'insertion placentaire qui était placée en haut, au fond et on arrière ; 3° la surface de section montre toutes les veinesdistendues par du pus. On ne trouve plus trace de tissu utérin ; il semble avoir disparu pour laisser le champ libre à l'ampliation des veines purulent***. l'as de trace de sang dans aucune veine du corps de l'utérus. Elles contiennent, ici, du pus phlegmoneux qui s'écoule à la moindre pression ; là, du pus demi concret. Les parois internes de ces veines sont grises, villcuses, Un menteuses. En quelque endroit qu'on incise le coq»s de l'utérus on ne trouve que du pus, littéralement que du pus. Dans le point correspondant à Faltération superficielle du fond de l'utérus, il n'y a même plus de ▼aisseaux. Vaisseaux et tissas utérins sont transformés en une bouillie *anieusc, putrilagineuse. Ovaires mous, diflluents ; ils ne contiennent plu* de traces de leur tissu normal . Les trompe*, ramollie*, laiwnt écouter du pus lorsqu'on les coupe perpendiculairement à leur aie.
Le foie est ramolli, gris noir ; une suie petite portion à gauchi a conservé la coloration normale. Incisé, il présente une teinte çri* uniforme. Son tissu est méconnaissable. 11 exhale une odeur de gangrène spéciale qui a quelque chose de rt poussant. Point d'alo*.
Les reines iliaques primitives et la veine cave inférieur* contiennent un san* qui tache le linge en gris.
A U ba«* le* deux poumons, en arrière, placeur* petit» ate** u#tz*tatiques. I n «eui contient du pu? phxjrn>iOetii~
Ok. I. Fau*«au. ▼mzt-detn an*, bianrn :**:!*«*, bon marve, r*rV< à quinze an* : «es r*rjVr* durent huit /xir», jr:m:frtre ; pa* à* U/t ç*f*i*«i la ^ro*se%*r : -.i* i-: \* &.■*&&* r.t*. pa* d"'e»i-:î:*:, ;** *k i*ri***
L* 17. \*jr^m «•>; y*an frk>.fce: ;.*> de *;,•..;***. A;ç**.t l vr*», \H sur 12. utsaoumU Ea^> sa p^a *■: *.«. ..> -te* *:ii*i^ i ir^v *t a gantfe >/«*fi*sifcv
Le i«. Lr: a: c:«L^Kti« * E#*vr ^w* i*r -*-i*'.. Lr v. **!&«:
port>*.
Le i+ F -ois. M Aaç**-" 1-' ^ •*■- l :•*:**:*, nr- ^•■fi** *•*? El»* * *