‹ Conférences de clinique médicale, faites à la Pitié, 1861-1862Chapitre 3 sur 25 · MEMBRE DE L'INSTITUT · texte numérisé non relu

MEMBRE DE L'INSTITUT

Bien cher et bien vénéré maître,

Entre toutes les marques d'intérêt et de bienveillance que vous avez daigné me donner tant de fois dans ma vie, je tiens pour une des plus précieuses l'honneur que vous avez bien voulu me faire en me permettant de placer ce travail sous le patronage de votre nom.

Je désirais vivement cette occasion de témoigner de mon profond respect pour vous et de l'affectueuse reconnaissance que je vous porte. Votre nom, ceux de Biett et de Guersant sont unis au fond de mon cœur par les liens d'une même gratitude, car c'est à vous trois que je dois mes directions premières ; ce sont vos enseignements à tous trois qui m'ont ouvert la voie, indiqué le sillon, appris chaque jour, par un exemple éminent, par des conseils salutaires et pleins de bonté, la conduite à tenir pour la meilleure pratique de l'art et la plus fructueuse culture de la science.

J'éprouve donc un véritable bonheur à vous offrir ce travail.

Dans le cours de ces conférences, j'ai fait un effort constant

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v ht chacun à leur manière. Je sais bien que ces auteurs ont V\ de prêter à ceux qu'ils attaquent des opinions étranges ; il sei; blêmît presque, en vérité, à entendre leurs critiques, que, pot nmis qui ne sommes pas des leurs, qu'ils déclarent oi^aniciens et voués h un sensualisme grossier, le cœur soit une boite i compartiments, garnie de charnières, que les organes diu noient en caoutchouc ou en sapin. Nous ne sommes pas ait simples et aussi grossiers. Non, sans invoquer sans cesse « la « vie, la force, l'unité vitale dans la pluralité, » ftOOS savons que la v ie existe, tout autant que on auteurs peuvent le savoir ; tout n mime eux, nous en tenons constamment le plus grand compte; seulement nous pensons que les conceptions de l'esprit humai r ne sont pas? à elles seules, assez sûres, assez fermes, ass exemptes d'illusions et d'erreurs, pour asseoira elles seules ne connaissances sur la vie et sur ses faits ; nous pensons que les forces (la vie comme toutes les autres) ne peuvent Mrc conçues et connues que par leurs effets ; nous acceptons pleinement que h la force, en dehors du composé qui la réalise et quelle a réa- <* lise est une abstraction impossible, une fiction pure, et que « fonder la notion de la \ie sur cette illusion, c'est, à la « suite, fonder la science entière sur une base impalpable et « imaginaire. » C'est parce que nous acceptons cela que nous nous croyons obligés, pour arriver à une notion plus vraie de la force, d'étudier avec grand soin les phénomènes sensibles qui seuls [teuvent nous révéler ses propriétés ; de réunir ces phénomènes, de les grimper de telle sorte, qu'ils se prêtent à tous les procédés de l'expérimentation, contrôle nécessaire des théorù dherses que l'esprit peut concevoir à leur sujet; et nous no disons pa <trine$y parce que nous ne pensons pas qu'une

doctrine, 11*11111 1 Jllti une synthèse répondant pleinement I et les expliquant tous d'une façon démonstra* tive, ittH êtjk pûiâihto dans la science médicale, en ce moment L'étude analytique des faits qu'elle comporte est loin, selon nous, d'être terminée; il y a encore beaucoup à faire,

▼II tf nomène qui l'a traduit au dehors sans relâche, une unité « se développant en une pluralité incessante, une activité évo- « luant en une chatne continue d'effets.

« Il semble qu'il y ait un point où la force et la vie s'iden-

« tifient au composé, la force devenant une sorte de matière « simple, la matière se perdant dans l'activité de la force. A a ce point, nous tombons en éblouissement, comme dit Munir taigne.

« La vie est donc une, et à la fois projetée dans l'infinie

« divisibilité des tissus vivants, et elle la suit sans l'abandonner, « à quelque division que notre esprit la pousse. »

Je ne sais si vous serez de mon avis, mais tout d'abord il me semble que cette notion de la vie, qui doit faire le point de départ, la base, le fondement inébranlable de la doctrine est un peu bien mal assise, un peu nuageuse, un peu confuse, et surtout un peu abusivement développée, puisqu'elle va au point de produire Téblouissement.

Quand on regarde attentivement h tous les énoncés doctrinaires qu'ont émis les auteurs enrôlés sous cette bannière vitaliste, la concorde ne semble guère de mise dans le camp d'A*gramant, et les opinions de l'un sont assez dissemblables des opinions de l'autre. Mon ami Dechamhrele leur montrait, il y a peu de temps encore *. Ce qui reste de commun entre eux et de plus clair, c'est que, pour ces auteurs, l'organisme humain est doué delà vie, que toutes ses parties sont animées par une force qui leur est propre, sans laquelle elles retomberaient sous l'empire des forces physiques comme les substances inertes, et qu'il faut toujours tenir grand compte de ce fait primordial, de ce fait principe. Eh, mon Dieu! faut-il donc, à ce sujet, tant de tumulte et tant d'agitation? Qui donc, parmi ceux que ces Messieurs traitent avec un dédain quelquefois courroucé , a jamais nié que les végétaux et les animaux fussent doués de

t GautU hebdomadaire, 4864, n° 51 et n° 32.

vie chacun à leur manière, le sais bien que ces auteurs ont de prêter à ceux qu'ils attaquent des opinions étranges : il ma* bleraît presque, en vérité, à entendre leurs critiques, que, pou nous qui ne sommes pas des leurs, qu'Us déclarent organicien et voués à un sensualisme grossier, le cœur soit une bulle à compartiments, garnie de charnières, que les organes divers soient en caoutchouc ou en sapin. Nous ne sommes pas aussi simples et aussi grossiers. Non, sans invoquer sans cesse u la « vie, la force, l'unité vitale dans la pluralité, » nous savons que la vie existe, tout autant que ces auteurs peuvent le savoir ; tout comme eux, nous en tenons constamment le plus grand compte; seulement nous pensons que les conceptions de l'esprit humain ne sont pas, à elles seules, assez sûres, assez fermes, assez exemptes d'illusions et d'erreurs, pour asseoir à elles seules nos connaissances sur la vie et sur ses faits ; nous pensons que l

H (la vie comme toutes les autres) ne peuvent être conçues «t m m nues que par leurs effets ; nous acceptons pleinement qui « la force, en dehors du composé qui la réalise et qu'elle a réa u lise est une abstraction impossible, une fiction pure, et que * fonder la notion de la vie U cette illusion, c'est, à 1, «c suite , fonder la science entière sur une base impalpable el « imaginaire, » C'est parce que nous acceptons cela que nous nous croyons obligés, pour arriver a une notion plus vraie la force, d'étudier avec grand soin les phénomènes sensibles qui seuls peuvent nous révéler ses propriétés ; de réunir ces phén mènes, de les grouper de telle sorte, qu'ils se prêtent à tous! procodés de l'expérimentation, contrôle nécessaire des f&éeti diverse çus l'esprit peut roncevoir à leur sujet; et nous n< disons pas des doclrims, parce que nous ne pensons pas qu'un doctrine, rVst-à-dire une synthèse répondant pleinement h long les cas et les expliquant tous d'une façon démonstra iiv<*, soit déjà possible dans la science médicale, en ce im ment. L'étude analytique des faits qu'elle comporte est loin, *elon nous, d'être terminée; U y a encore beaucoup h faire,

et nous serions désespérés de voir les efforts s'arrêter. Le temps ne nous semble pas venu de monter au Capitole pour rendre grâce aux Dieux.

Nous ne refusons nullement d'accorder, dans l'étude de la médecine, une certaine part aux théories que l'esprit peut so créer quand il cherche à interpréter les faits, pour en déduire les rapports qu'ils peuvent présenter entre eux. Mais vous nous avez appris, mon cher maître, dans l'excellent article * que vous nous avez donné jadis à ce sujet, que le rôle des théories dans la science est un rôle purement temporaire ; qu'elles sont des moyens et non pas un but, et que le contrôle del'expérimenta- Uon,la découverte et l'établissement de rapports rigoureusement démontrés entre les faits renversent souvent les théories, qui disparaissent quand elles ont duré leur temps et rendu leurs services.

Vous nous avez montré clairement que rien n'était plus sujet à l'erreur que les combinaisons de l'esprit humain, et partant que rien n'avait un besoin plus impérieux, plus constant, d'un contrôle rigoureux et sévère. C'est ce contrôle exercé par la méthode expérimentale, employée avec soin et persistance, qui a permis de constituer ce que M. Berthelot, dans un article remarquable, a si heureusement décrit * sous le nom de science positive, en opposition avec ce qu'il a désigné sous le nom de science idéale. Cette dernière est justement la science des auteurs que je vous indiquais tout à l'heure. Elle répond à la fois à ce besoin de l'infini, que l'orgueil inspire à l'homme, et à cette soif du surnaturel, témoignage éclatant de notre éternelle infirmité, et qui, dans cette époque, a pour extrêmes, d'un côté, la foi aux tables tournantes, quand on regarde la mauvaise extrémité, et de l'autre, les doctrines idéalistes, quand on examine le pôle respectable et honorable de cette chaîne. Or, ce besoin de l'idéal, qui transporte la science

1 Journal hebdomadaire, 1828, 1. 1, p. 123. 5 Revue des Deux Mondes, novembre 18G3.

dans des régions intermédiaires à la raison et à l'imagination, me parait être justement ce que tout homme sensé doit combattre chez soi-même, ce dont il doit soigneusement se défendre. La science idéale n'est pas, à vrai dire, la science. Elle est en dehors d'elle, à côté d'elle. Comme Ta montré si bien M. Bcrthelot, la seule conquête que la science idéale ait faite dans les temps modernes, c'est d'être toujours obligée maintenant de prendre pour point de départ les faits que la science positive a démontrés, et au delà desquels ensuite elle se laisse emporter, sans mesure et sans contrôle, jusqu'à l'éblouissement.

Je suis pleinement de l'avis du docteur Ghalmers, et je crois que notre rôle est encore beaucoup plus de indagare que de divinare. Gomme lui, il me paraît juste de dire que « la vraie philosophie ne fait point d'excursion « hors du territoire de la nature actuelle, car ce sont les « phénomènes actuels de la nature qui ferment les pre- « miers matériaux de la science, et ce sont les rapports acte tuels de ces phénomènes qui forment le lien, le ciment, « auquel les constructions de la science moderne doivent leur « solidité et leur durée. C'est là ce qui distingue essentielle- « ment la philosophie de notre temps de la philosophie des « temps anciens. Celle-ci était surtout inventive; la notre est ce surtout descriptive ; son travail descriptif s'applique aux ce rapports similaires des choses aussi bien qu'à leurs traits u particuliers , et c est à l'aido de ces rapports , mais seuo lement de ces rapports observés en fait, que la science mocc derne arrive souvent h une harmonie plus magnifique et « plus glorieuse que les plus brillants tableaux créés jadis par a l'imagination des théoriciens.

« Cette philosophie sacrifie l'idéal h l'actuel, et quelque ci brillante ou charmante que puisse être une hypotluVe, si « dans l'histoire réelle de la nature un seul phénomène s'y « opjM)se, riiy|H>thèsc est de droit et expressément abandon-

<r née. Pour certains esprits, cet abandon peut ôtre aussi dou- « loureux que de se faire couper la main droite ou arracher

• l'œil droit ;jnéanraoins, si Ton est fidèle au grand principe de i l'école de Bacon, on accepte cette douleur. Pour les disciples i de cette école, une preuve solide pèse davantage que mille i conjectures plausibles, et la fermeté avec laquelle ils repousi sent les spéculations de l'imagination n'est égalée que par c la docilité avec laquelle ils se soumettent aux leçons de l'e\- « périence.

... « Ni la grâce, ni la grandeur d'une idée, quelles qu'elles « soient, ne suffisent pour la faire accepter , sans preuve, de « l'esprit philosophique ; il feut que cette idée subisse d'abord « et sans cérémonie le libre examen des yeux humains et le « libre travail des mains humaines ; tantôt qu'elle descende i au fond d'un creuset, tantôt qu'elle travorse les filtres et les

• fumées d'un laboratoire, ou bien qu'elle résiste très-longe temps à toutes sortes d'épreuves multipliées et compliquées ; « et ce n'est qu'après avoir été soumise et avoir survécu h cette t inquisition intellectuelle qu'une idée prend place dans le f temple de la Vérité et est admise au nombre des lois d'une • saine philosophie. »

J'ai cité ce passage parce qu'il me semble qu'il est bien difficile de mieux tracer le rôle de la méthode expérimentale dans les sciences, cette méthode qui n'est que sensualisme pour les auteurs dont je vous parlais tout h l'heure. Ingrats qui ne voient pas que c'est à elle qu'ils doivent ce qu'ils ont de connaissances réelles sur la vie !

S'il me fallait caractériser la méthode et les procédés de ces auteurs, je dirais qu'ils me semblent employer beaucoup plutôt une méthode et des procédés de croyants que des procédés de savants ; car ils font appel h l'infini pour étudier et comprendre le fini. Et a l'infini est pour nous objet de t croyance, non de science. »

De plu*, vous les entendez crier au sensualisme, au maté-

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rialisme, quand ils analysent avec une exagération quelque \* abusive les opinions et lefl t.iaïuux qui leur 80Ht antipathique Or, ces appellations n'nnt réellement de sens que quai sont placées en présence de questions philosophiques ou gieuscs. Lancées ainsi vivement dans le débat scientiliqiK elles sont, en médecine surtout, un emprunt fait à titre pur ment désobligeant. Il serait cependant bien temps de ne pli utiliser ces formuler de discussion, qui ont entre autres inconvénients celui de manquer un peu de loyauté; car elli mêlent allusivement au débat des idées dont la science doit s occuper que d'une façon relative. Matérialiste est ut épithète flétrissante en usage dans la philosophie, cl sur dans la philosophie théologistc. De l'objet de cette philc phie, comme des di se lissions souvent stériles qu'elle agit nous n'avons pas heureusement à nous mêler, nous qui ii'j vons qualité que pour nous occuper de la vie corporelle rhomme et de ses déviations.

Laissons donc chaque dune à sa place et ne créons pMj comme à plaisir, des a infusions inutiles et qui entraînent à perdre la bienveillance que Ton se doit les uns aux autres, La fui philosophique ou religieuse de chacun lui appartient, et je respecte trop l'indépendance de mon prochain pour ne pas la lui laisser tout entière* Li foi, « cette vertu surnaturelle, # selon la définition orthodoxe, ne se discute pas, La scienc au contraire, ne s'établit que par la discussion. Croire et voir sont loin d'être synonymes, et c est seulement par mouvement poétique que Corneille a pu mettre dans la buu< de Pauline : Je vais t je sais^ je croisr comme trois expression^ graduées d'une mime idée.

Les auteurs dont je vous parle ici ont tellement des pruoédés de croyants, qu'ils sont, involontairement, amenés h une vivacité de langage qui, d'ordinaire, se rencontre principalement chez ceux que la ferveur de leur foi religieuse entraîne malheureusement jusqu'à manquer de charité; mais dans

le, »

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la science, c'est-à-dire quand il s'agit de ce qui est matière à la discussion (à laquelle le monde entier a été livré depuis le commencement des siècles), il est encore plus regrettable de trouver ces formules sous la plume de gens honnêtes, et qui, sur ce point, semblent véritablement s'ignorer eux-mêmes. Ainsi l'ensemble des idées de leurs adversaires est destructeur de toute vraie science... c'est un enchaînement de tophismes et de préjugés... ils regrettent ces abaissements inouïs... les intelligences de ceux qu'ils combattent sont impuissantes à penser... elles systématisent hardiment les plus infimes préjugés, . . . déjà vieux et qui semblent s'éteindre dans [impuissance. . . ce sont conceptions sans force et sans portée . . . Ce n'est pas sans amertume et sans honte qu'est entreprise l'étude de ces sophismes décrépits, de ces idées malsaines, débités devant un auditoire énervé et dont on ne comprend pas X abjection, etc.

Pourquoi tant de violence et d'âcreté dans les termes ? La science ne saurait-elle être examinée et discutée sans ce langage qui rappelle pour beaucoup l'intolérance active qu'on voyait aux mauvais jours des discordes religieuses? Vivons donc, nous autres ouvriers de la science, en gens plus courtois. Nous ne rions pas, nous ne haussons pas les épaules à l'exposé et à la lecture de vos opinions, pourquoi avez-vous amertume et honte à la lecture des nôtres ? Il faut, n'est-ce pas, mon cher maître, plus de tolérance, plus d'égard pour les idées d'autrui, si peu fermes, si peu rigoureuses qu'elles parassent ; car qui oserait avoir la pensée d'une infaillibilité dont l'homme ne doit jamais se croire capable, s'il veut rester dans les limites de la raison? N'est-il pas bon de se remémorer un peu son La Fontaine, et, tout en regardant dans la poche de devant où nous mettons les défauts d'autrui, de ne pas oublier qu'il y a aussi une poche de derrière pour nos propres imperfections?

Quant à moi, qui m'étudie à respecter les idées des autres,

môme alors que je les combats, dussé-je passer pour un oi-ganicien, pour un homme abruti par le baconisme et livré à un sctisualisme honteux, je continue à croire que la médecine est, comme vous vouliez bien me le dire vous-même, il y a peu de temps, une partie des sciences naturelles , qu'elle doit procéder comme elles par l'observation et sous le contrôle de la méthode expérimentale. Fermement convaincu qu'il s'agit de connaître, mais non d'imaginer les lois de la vie pour bien saisir la valeur de ses déviations et y remédier de mon mieux, je continue et continuerai à demander h des physiologistes comme MM. Elourens, Claude Bernard, Goste, Robin, Longet, Uéclard, Vulpian, etc., des enseignements sur les lois de la vie normale ; je persisterai à ne pas faire partie des superbes, comme les appelle M. le professeur Grisolle, et à employer, dans l'étude des faits cliniques, l'observation rigoureuse et la méthode numérique; je m'efforcerai d'appliquer cette dernière méthode de mon mieux; et, procédant comme vous et M. le professeur Gavarret avea si bien démontré qu'il est nécessaire de procéder, je réunirai les faits en aussi grand nombre que possible, je les analyserai scrupuleusement, je les grouperai avec le plus de rigueur qu'il me sera donné, uiin d'aider, si je le puis pour ma part, à en tirer la connaissance de rapports bien établis, bien démontrés, rapports qui seuls représenteront les faits vraiment scientifiques, les éléments d'une synthèse qu'il s'agit toujours d'édifier, bien loin qu'elle soit accomplie. Et si, pour arriver à interpréter ces observations cliniques, je hasarde quelques hypothèses ou quelques théories, je me garderai bien de permettre jamais qu'elles s élèvent dans mon esprit à la hauteur d'une idée ayant subi les épreuves qu'indiquait le docteur Chalmers, et qui seules peuvent ouvrir le temple de la Vérité. En agissant ainsi, en cherchant avant tout à me mettre en garde contre mes sens et même contre mou esprit, car je les sais humains et par conséquent imparfaits, je ne crois nullement rabaisser

mon intelligence, encore moins faire œuvre purement matérialiste. Je demeure convaincu qu'il me faudra , pour suivre utilement cette marche, autant d'efforts de travail, autant de méditations sérieuses, autant de mouvement et de dextérité d'esprit, que pour procréer et pousser au loin les conceptions les plus hardies sur « le fini et l'infini, » comme sur « l'unité «dans la pluralité, » ou encore sur « la raison humaine se «sentant cause et force, et saisissant directement et sans « sortir d'elle-même cette idée mère au sein de laquelle «couve toute connaissance de l'être. »

Ce que je souhaite surtout, mon cher et très-vénéré maître, cest de conserver votre estime, et de vous voir pleinement convaincu de la reconnaissance et du respect bien affectueux que je vous ai voués à toujours.

BÉHIER.

Paris, octobre 1864.

tous bien que je ne parle ici que des règles véritables et de leur retour pins ou moins régulier, mais nullement des hémorrhagies accidentelles dont l'utérus, comme tant d'autres organes, peut de- Tenir le siège. Dans les affections chroniques, au contraire, la suppression prolongée des règles a une valeur pronostique importante ; elle prouve que l'économie est assez appauvrie pour ne pouvoir suffire à la ponte mensuelle. Cette suppression prolongée, même en l'absence de tout signe pathologique, doit être rapportée à la chlorose, et si elle est observée chez une femme encore jeune, il y a lieu, par le fait seul du trouble menstruel, de suspecter l'état de la poitrine, bien qu'aucun symptôme n'existe encore du côté de cette cavité. Une aménorrhée aussi longue résulte souvent, en effet, de l'espèce de dérivation que produit le travail réel, mais encore latent, d'une évolution tuberculeuse dans le poumon.

Habituez-vous aussi, Messieurs, à tirer promptement parti des signes que les malades peuvent offrir à première vue. Étudiez avec soin l'habitude extérieure qu'ils présentent. Apprenez à vous renseigner rapidement, par cet examen, sur la forme du tempérament et sur la force de la constitution. L'individu présente-t-il un tempérament nerveux, vous penserez à rechercher chez lui la présence d'une névrose ou d'une névralgie ; vous saurez qu'il peut offrir des phénomènes insolites, ou que certaines complications, comme le délire, les convulsions, peuvent se présenter plus facilement chez lui que chez tout autre, par le fait même de la forme de son tempérament. Et encore, chez un sujet d'un tempérament bilieux, tous ires interroger avec grand soin les fonctions digestives, et vous explorerez attentivement les organes correspondants. Ne confondes pas, du reste, le tempérament avec la constitution, comme on l'entend faire de temps en temps. La constitution, c'est la donnée générale que peut fournir l'examen de l'ensemble de l'économie pour apprécier le degré de résistance qu'elle peut offrir. La constitution est forte ou faible , ou reste intermédiaire entre ces deux degrés extrêmes. Le tempérament n'est qu'un des éléments de la constitution ; mais il n'y a pas de constitution bilieuse, sanguine, nerveuse, etc., toutes dénominations qui n'appartiennent qu'aux formes de tempérament. L'une et l'autre de ces notions sont importantes pour apprécier la valeur réelle et les qualités dif erses du terrain sur lequel s'est développée la maladie. Vous ▼errez, en avançant, toute la valeur qu'il faut attacher à cette coudu terrain pathologique.

puiser ?t des sources si fécondas, il n'y aurait plus d'opportunith ce qu'il sembla, pour de* conférences oUniques, quelque mo destes qu'elles fassent*

Mais, Messieurs, si diligents •♦! si habiles que soient les iimi: sonneurs, le soin de veiller à lu moisson tout entière fait que le mains, même les pins soigneuses laisserai échapper parfois qui* i|ms épis, et qu'il reste encore sur les champs qu'ils ont par quelques glanes que d'autres sont heureux de pouvoir rar après eux. C'est là ce que je veux essayer de faire, bien sur que le illustres professeurs de qui je parlais tout à l'heure ont Pesp trop ouvert à un libéralisme avère, et sont trop épris de la que nous cultivons après eux et par eux, pour que Ton nv p;i s assuré d'ini tv:;;ihl hieir.eiiboir et d'un rm"nm'agenMll >v pathiquu quand on s'engage, même, très-loin derrière eux, dan» route qu'ils ont frayée par leurs travaux et qu'il» éclair leurs vives lumières.

Permettez-moi donc d'espérer que ma tentative ne sera pas 4 placée et que mes efforts ne seront pas tout a fait inertie D'ailleurs je n'ai jamais eu et ne saurais jamais avoir la pn? Il rien faire, qui riWioniMH aux leçons élevées auxquelles je i sais allusion. J'ai pensé seulement que, plus rapproché de \ pa r 1 *àge , j e pn u va i s p e 1 1 ! - r 1 1 r , d ans des r o n fé re n c et pi us pies et, permettez-moi de le dire, dune forme plu» familier vous faire saisir drs détails, des coïncidences, «h -. rapporte pour être d'un ordre moïïis élevé et présentés avec une i moins sûrement assise, n'en auraient pas moins quelque utUil pour vous guider dans la pratique difiieile de l'art auquel

Mills l'trs VMh

(k| c'est un art d'une pratique difficile. H ne faut pas nourrir i ce sujet k moindre illusion. Mon premier devoir, devoir que, suis bien décidé à remplir avec conscience, c'est de ne vous rir OMbtr de ce* difficultés.

Quelquefois M intentions dont je ne saisis pas la por

on sVm efforce de prêtante? à certains d'entre vous la pratique i la rie le très-simple et comme d'une exécution des pli

>. Il y a là quelque chose de séduisant au premier ahuri), l'audit**!!!- qui assi-te a de semblables leçons les quitte sihsfaiï bagage commode qu'il emporte avec soi. Mais prenez bien garde : j*aj vu trop souvent, au lit des malades. 1rs nu-comptes que enseignements <û aplanis imposaient a ceux qui les avaient

«as un salutaire avertissement, sans qu'on leur eût signalé les difficultés habituellement inhérentes à la recherche du problème tue nous pose chaque malade. Ces mécomptes, je les ai subis moi-même au début de ma carrière; je sais ce qu'ils causent de trouble et de découragement.

Pour vous les épargner, j'aurai grand soin, au contraire, de vous mettre en garde contre ces espérances pleines de péril, et je ne vous cacherai rien des incertitudes et même des impossibilités dmnt lesquelles le clinicien est souvent arrêté. Au spectacle franchement exposé de ces hésitations votre esprit s'habituera à plus d'activité; vous percevrez plus rapidement les faits, et plus rapidement aussi vous en déduirez les rapports qui lient entre elles les parties d'un même ensemble. Vous apprendrez à bien savoir qu'il ne faut pas s'adresser à un seul ordre de renseignements, mais que, pour quiconque cherche à préciser quelle maladie présente un individu donné, et surtout pour qui veut déterminer les meilleurs moyens d'arriver à la curation de cette maladie, il faut faire, comme on dit vulgairement, flèche de tout bois, et puiser à toutes les sources que l'on peut découvrir.

Permettez-moi donc, à ce sujet, de jeter un coup d'œil rapide sur quelques-uns des faits généraux dont la connaissance habituelle et familière importe au clinicien ; ce sera pour moi l'occasion de faire connaissance médicale avec vous et de vous montrer * par des exemples comment on peut, selon moi, mettre en œuvre les divers moyens qui permettent d'arriver à la connaissance complète d'une maladie.

Je dis. Messieurs, que vous devez acquérir des notions complètes et ne p8s borner vos recherches à ce qui peut vous mener au diagnostic. Que vers le commencement de ce siècle, à ce moment où les études sur l'anatomie pathologique et sur les méthodes dViploration firent de si importants progrès, on accordât surtout beaucoup d'attention au diagnostic, cette préférence un peu excluave était alors naturelle. Il s'agissait de mettre en œuvre les noumux matériaux qu'on venait de découvrir. Il s'agissait, avec l'aide de ces moyens d'exploration, tantôt de décomposer en pluwws maladies certains groupes jusque-là considérés comme ne faisant qu'un seul tout ; tantôt il fallait ailleurs réunir en une ««le affection plusieurs variétés étudiées jusqu'alors comme des espèces distinctes. En s'occupant surtout de bien préciser le diagnostic, de sortir du vague dans lequel certains points avaient été

part

4 TNTHODCCTION.

és, im courait ati plus pressé en quelque sorte; car il faut certainement, pour guérir une maladie, la bien connaître dans tootti wm bnnei el dana tous ses détails» Cette préoccupation d'un diagnostic rigoureux ;i eu, du reste, des résultats trop hcurei; quelle ne soit pas complètement justiUi-e, Mais aujourd but que l'œuvre est plus avancée, il ne faut pas Jarret er on diagnostic; comme je le vois encore faire à plusieurs d'entre vous. S'arrêter une fuis le diagnostic posé, c'est se «'min* arrivé quand la route peine entamée, 11 faut toujours aller plus loin et rerbefcher Ions les autres problèmes que peut offrir le malade : bord nous devons donner à l'étude du pronostic une la de nos soins.

Pour vous montrer l'importance de cette dernière étude, je l dirai pas, Messieurs, qu'à chaque instant dans 1*- monde vous aurez à vous en occuper, alors qu'on vous demandera n* fflê vous pensez «lu malade pour lequel vous aurez été appelés. Cette rai son, sans doute, a sa valeur; mais je veux présenter i prils une considération d'un ordre plus élevé, et unis nmtitrtT que le pronostic importe beaucoup pour le traitement de U maladie; cl eVsl là le but vers lequel doivent tendre tous vos effort*. Suris pronostic nullement précisé, votre thérapeutique aveugle restera sans règles lixes, et quelquefois même sera nuisible, Ainsi, par exemple, si vous n'êtes j>as habitués à liien vous rendre compte du pronostic de. l'affection que vous avez sous les yeux, il arrivera, corn nie on le voit faire encore trop souvent, malheureusement, qu'un ensemble de symptômes extérieurs un peu bruyamment aeoo&é vous conduira à formuler un traitement sérieux rontrr une simple indisposition, qui aurait guéri seule et sans licitement médical.

Quelques exemples frapperont assurément davantage ceu o" Voler \uus qui sont moins familiers avec la pratique médicale. \ il amygdalite se montre chez un sujH vigoureux, sanguin; il y a une réaction très-vive, un mouvement fébrile tr^s-pro nonce; k pouls dépasse cent pulsations à la minute; la face est ti la peau est brûlante, l'anxiété très-vive. Cet ensemble de symj>tomes effraye habituellement le malade et ceux qui l'entourent. Si vous n'avez pas sur le pronostic de cette affection, ordinairement M oigne, des notions bien préi ises, vous partagerez cette inqm et, frappés de la violence d'expression que présente ce cortège symptomatique. vous traiter ea avec njie énergie au moins mutile

uns inutile un

LNTtODCCTION. 5

nuriade à k guérisou duquel le repos, la diète et l'expeotation surlisent d'habitude.

De même encore, si vous ne vous êtes pas habitués à concevoir, touchant le pronostic de la pneumonie, des données bien précises, vous vous laisserez entraîner par l'inquiétude que cette maladie peut causer, et, à propos de son nom, vous poursuivrez d'un traitement énergique et spoliateur telle pneumonie sans réaction vive, sans symptômes généraux graves, et qui tend naturellement à guérir proprio mo/u, comme on l'observe assez fréquemment.

11 est encore un autre conseil de l'importance duquel je désira beaucoup vous voir pénétrés : c'est qu'il importe à tous égards et pour le diagnostic et pour le pronostic, non moins que pour le traitement, d'avoir toujours présentes à l'esprit certaines grandes indications générales capables de vous guider à priori dans les opinions que vous pourrez vous former; ce ne sont, h vrai dire, que les données de la pathologie générale, et à ce sujet permettezmoi d'insister auprès de vous pour bien vous convaincre que la meilleure préparation à la clinique, c'est l'étude attentive de la pathologie. Suivez les cliniques, comme le conseil vous en était donné, il y a encore peu de temps, par un de mes maîtres les plus affectionnés, mais en rentrant chez vous étudiez la pathologie, étudiez-la comparativement, si je puis m'exprimer ainsi. Insistez, dans ce travail, non pas seulement sur les similitudes que les diverses maladies peuvent offrir ; notez exactement aussi les dissemblances qu'elles présentent. Ne vous bornez pas à l'étude des diverses espèces, et maladie par maladie; faites, au contraire, mouvoir votre esprit à travers toute la pathologie, pour aller çà et là chercher les rapports des faits entre eux et vous amener à ces conceptions larges, à visées étendues, et qui, en embrassant la généralité des faits, vous permettent des déductions communes à toutes les espèces diverses.

C'est ainsi que vous pourrez arrêter dans votre esprit ces données générales si utiles, et que vous les manierez avec facilité quand vous en aurez pris l'habitude.

Sans vouloir traiter ce sujet complètement, ce qui demanderait presque tout un cours spécial, je me bornerai à quelques exemples, pour bien vous montrer ma pensée. Et d'abord l'influence de làge. (*r exemple : pour le diagnostic, soit une toux persistante avec fièvr* et coryza ; cet ensemble, si vous l'observez chez un enianU vous fera soupçonner la présence ou l'imminence de

k rougeole. Si ces mêmes syiuptôuieft, an contraire, se présea- \viï\ cba un adulte, vous penserez plutôt tout d'abord à \\ tenec d'une bronchite ou à riminiuenee d'une pneumonie. considération de r%e que présente voiW malade l'est pas seuU> inent Hiipurtitiite pour établir votre diagnostic* mais voue en tii' - indications préoieuSM pouf le pronostic et pour li trail*- HMCtl, Ainsi, une fièvre typhoïde développée ehez un enfant cet moins grave, toutes choses égales d'ailleurs, que si elle attaque un adulte, et elle sent surtout sévère étiez un homme plus âgé, chez lequel elle est, du reste, assez (Parement observée. De. menu* pour la pneumonie : cette affection est beaucoup plus scrimse aux deu extrêmes de la vie que dans rage adulte. Vous voyez, tout d*i 1a valeur de ces données au point de vue du proie >Mi«\

Et maintenant, avez-vous un enfant à traiter : vous ntira que, à priori, vous devez renoncer, jiour lui connue pour le vieillard, aux médiertJOflfl spoliai riees, qui* chez un adulte vigoureux, vous pmil souvent d'une réelle utilité. Si vous savez aussi, par exemple, que chez les vieillards la peau, comme tous les organes, est douée d'une propriété de réaction infiniment moindre, voua sobres d'application de vésicaloires à cette époque de la vie, que vous verriez bellement survenir des érysipéles, promp terminés par la gangrène de la peau* De môme encore vous prendrez que souvent chez les vieillards les médira ment s ont i lli ts très-inégaux et qu'Us dépassent tout à coup la limite qu'où voulait atteindre* Alors vous serez prudents ehez eiL\ dans remploi des purgatifs, même quand ces agents sont très-bien indiqués, parce que voue saurez que très-souvent ils peuvent devenir le point de départ d'une diarrhée incoercible et promptene h funeste.

Le sexe doit aussi à priori vous éclairer sur certains [niinis portants. Chez l'homme, plus habituellement exposé aux iiyi du temps, vous aurez surtout chance de rencontrer cer ladies particulières, comme le rhumatisme, la pleurésie, la monir. Toutefois , dans la classe inférieure de la société* les , mes, étant fréquemment soumises aux mêmes influences que ] hommes, pourront être atteintes du même ordre rie maladies. Vous savez, et je n'insiste pas sur ce point, l'importance de k fonction menstruelle ehez les femmes; toutefois les enseignement que les perturbations de cette fonction peuvent donner n'ont pts une valeur bien démontrée dans les affections aiguës. Et rappelés-

bien que je ne ptrie ici que des règkt véritables et de leur retour plus ou moins régulier, mais nullement des hémorrhagies accidentelles dont l'utérus, comme tant d'autres organes, peut détenir le siège. Dans les affections chroniques, au contraire, la suppression prolongée des règles a une valeur pronostique importante : elle prouve que l'économie est assez appauvrie pour ne pouvoir suffire à la ponte mensuelle. Cette suppression prolongée, même en l'absence de tout signe pathologique, doit être rapportée à la chlorose, et si elle est observée chez une femme encore jeune, il y a lieu, par le fait seul du trouble menstruel, de suspecter l'état de la poitrine, bien qu'aucun symptôme n'existe encore du côté de cette cavité. Une aménorrhée aussi longue résulte souvent, en effet, de l'espèce de dérivation que produit le travail réel, mais encore latent, d'une évolution tuberculeuse dans le poumon.

Habituez-vous aussi, Messieurs, à tirer promptement parti des signes que les malades peuvent offrir à première vue. Étudiez avec soin lhabitude extérieure qu'ils présentent. Apprenez à vous renseigner rapidement, par cet examen, sur la forme du tempérament et sur la force de la constitution. L'individu présente-t-il un tempérament nerveux, vous penserez à rechercher chez lui la présence d'une névrose ou d'une névralgie ; vous saurez qu'il peut offrir des phénomènes insolites, ou que certaines complications, comme le délire, les convulsions, peuvent se présenter plus facilement chez lui que chez tout autre, par le fait même de la forme de son tempérament. Et encore, chez un sujet d'un tempérament bilieux, tous ira interroger avec grand soin les fonctions digestives, et vous explorerez attentivement les organes correspondants. Ne confondes pas, du reste, le tempérament avec la constitution, comme on l'entend faire de temps en temps. La constitution, c'est la donnée générale que peut fournir l'examen de l'ensemble de l'économie pour apprécier le degré de résistance qu'elle peut offrir. La constitution est forte ou faible , ou reste intermédiaire entre ces deux degrés extrêmes. Le tempérament n'est qu'un des éléments de la Constitution ; mais il n'y a pas de constitution bilieuse, sanguine, nerveuse, etc., toutes dénominations qui n'appartiennent qu'aux formes de tempérament. L'une et l'autre de ces notions sont importantes pour apprécier la -valeur réelle et les qualités diverse» du terrain sur lequel s'est développée la maladie. Vous terrez, en avançant, toute la valeur qu'il faut attacher à cette condu terrain pathologique.

En outre, certaines maladies entraînent une attitude Le derubilus, par afttDJ&ft, a un cachet spécial chez Je pieu Vous savez qu'il a lieu d'abord sur le côté opposa au c<Hé n dans la période première, alors qu'existe la douleur de côte, tandis que lorsque L'éponchemenl est bnné, cV>| sur le côté malade que se couche , afin de laisser plus complète l'expansion da

enté de la poitrine qui resh- >etii malade. Je ne dirai n< rorthopnée ; sa valeur vou s est connue; mais j'insisterai beaucoup pour que vous preniez l'habitude d'apprécier rapide neuf les rations que peut présenter le Tacies, C'est là un premier tOOfm de renseignement qui a une grande valeur. Voyez comme exemples! ];i râleur dia^nuMique du faciès dans la fièvre typhoïde et dans le choléra. Rappelez- vou s la stupeur qu nu observe dans la première de ces deux maladies, et ne négligez pas de rechercher les trac^ de sang que Tépistaxis laisse aux narines; c'est là un indice qui souvent dirigera vos recherches, comme aussi ta présence de traces sanguinolentes aux index, surtout à celui de la main droite, traces qui indiquent l'existence du même symptôme, dont la nia in est allée chercher en quelque sorte la manifestation. Pour le choléra, souvenez-vous de cette décomposition profonde des traits pennai tant, d'un même coup d'uùl, de reconnaître et le mal et le terril» danger qu'il fait courir à la vie du malade. Voyez encore la val que la connaissance des altéra lions du faciès peut offrir, noi meut pour le diagnostic des affections aiguës de l'abdomen. Voici, je suppose, une femme qui souffre de violentes douleurs du ventre, avec vomissements; elle offre un appareil fébrile assez dévelop] Est-elle atteinte de mèlrile ou de péritonite? Si la face n'ret grippée, par eda seul vous aurez déjà la presque certitude, ou au moins une forte présomption, que la malade n'est affectée d'une métrîte et que le péritoine n'est pas touché.

Il vous suffira d'un seul coup d <eil pour acquérir toutes DM I lions ; ce sera là une sorte de diagnostic et de pronostic e^aàru/Aù qui vous^imimml vers la recherche plus complète delà mal laquelle vous au rez affaire; cela a une importance réelle. Mais croyes pas que je Vous conseille de vous en tenir làï Non, et vous devez contrôler ces impressions premières par un es approfondi. Ofi a beaucoup critiqué dans ces derniers temps méthode d'exploration appareil par appareil. Il y a peut-être une certaine évaderai inn, Ce procédé méticuleux, Me*sien peut-être moins brillant que le diagnostic rapide et un peu jeté,

mais il est plus sûr, et il doit être suivi par tous peut-être, et sûrement par ceux qui commencent à faire de la clinique.

En examinant avec soin chaque appareil, les complications n'échappent pas. Ne vous contentez donc point d'avoir posé votre premier diagnostic ; interrogez tous les jours les organes importants. Vous avez pu voir encore hier Futilité de cette méthode à propos d'un -de nos malades de la salle Saint-Paul. Cet homme, qui a une fièvre typhoïde, vient d'être pris d'une pleurésie; c'est là un accident peu fréquent dans la fièvre typhoïde, et, comme il ne s'accompagnait 4'aucun symptôme fonctionnel un peu marqué, il eût été certainement méconnu, si chaque jour nous n'avions pris le soin d'ausculter notre malade.

Un point très-important, Messieurs, et sur lequel il faut bien nous entendre, c'est la valeur qu'il faut attribuer à cette expression : signes pathognomoniques. SachezJe bien, en médecine il n'y a positivement de signes pathognomoniques que ceux dont la présence constitue en quelque sorte toute la maladie. Ainsi, par exemple, la sortie d'un ténia ou d'un calcul sont les signes pathognomoniques de ces deux afTections, que la présence de ces produits vivants ou minéraux constitue. De même l'apparition du pus au milieu des organes est le signe pathognomonique d'une collection purulente. Mais, en dehors de ces cas où existe un produit physique constituant le caractère de la maladie, il ne faut pas admettre qu'il existe de signes véritablement pathognomoniques. On a dit que le râle crépitant était le signe pathognomonique de la pneumonie. Cela est loin d'être exact, car dans la bronchite capillaire, dans l'oedème du poumon, on retrouve le même râle, avec ses caractères propres et très-nettement exprimés. Tous ces signes, même ceux qui ont été appelés signes physiques, n'empruntent une signification diagnostique que par leur réunion avec tous les autres, et la pneumonie, loin d'être caractérisée par le râle crépitant, a besoin, pour être constituée, des renseignements que fournissent la percussion du thorax, l'auscultation de la voix *t l'étude des autres symptômes.

Du reste, et c'est là un point sur lequel je reviendrai bien soutenu gardez-vous de demander à ces divers signes physiques, que la percussion et l'auscultation vous permettent de recueillir. k? nom de la maladie que vous observez; ils vous renseigneront sor Tétat physique de l'organe que vous explorez, mais voilà tout. Ce sont les autres symptômes, qui, bien analysés et bien

gfw$lsj mv serviront h déterminer lu valeur ftuao1agî|iii étti physique, M roui urivorez seulement ainsi ;* lacont «lr l.i Mttij.iilir ijur1 mhjs cherchez à dénommer.

Donne* encore une grande Attention h La furme que prda début *ln la maladie. 11 y I là souvent une source faconde d*i« guement. Vous ni W nez, p.-ir exemple, tin ictère : il s'est motut brusqueincnt/<ivec des douleurs atroces s'irradia ut dans i'tbdoi ou bien il est venu graduellement. Voilà un symptôme iden tiqua dans l'un et dans l'autre cas; mois, par la [ait induit* de la Umoà brusque fin début, vous niHarhirt-z tout d'abord l'iclere, d premier cas, à t'tttJlttffifttl da calcula biliaires.

Voiri deu\ Individus ayant tous deux éprouva un point do côté violent. V* h i s vous tafonfDeraa da la forme sons laquelle a débute ce symptôme. Cbêa l'un, vans verrez que l'apparition de 1»

leur a été préeéd i accompagnée d'un fris* tient qui «

manqua rhe* Vautre. Vous devrez croire que, chez le plumier, il s'agît du développement d'une pleurésie on d'une puni munir baadia que chez l'autre voua n'aurez probablement h vqioêÊêM qu'une pleiirndyuic.

Toutes ces considérations paraissent minutieuses à eei prit!!, mais elles sont nécessaires à ceux d'entre vous qui, i peu familiers aux recherches cliniques» \iennent me demander < lai initiera l'étude du nia laite. l'ermellex-moi donc, de continuer

Vu point qu'il est tres-utita de vous signal'' etail

li vous bien façonnera l'emploi des diverses méihodes dVxphi lion ri [liions que vous trouverez dans vos livres ne

ront pas lu ; nos sens ont besoin tle faire tour éducation.

Je me rappelle k ce sujet rembarras d'un de tnes camarades d ♦ tudee qui avait négligé de se façonner à lfanseulLiTmn i»i encore incapable rie reconnaître le raie crépitant, dont il :\\ seulement lu la description, lorsque, reçu interne provisoire, il dt remplir ses fonctions dans le service de M. Louis. Sacha» Mi que, pi «ur ce* signes comme pour tous autres, on ne rencontr [mis toujours <les expressions exactement comparables aux t\pi décrite comme étalons, si je puis m'exprimer ainsi. 11 y a dégradai i nuances qu'il faut vous habituer h. saisir. (Vc

là ce gtta \fius apprend la clinique, et Ton a eu bien vous conseiller de la pratiquer de ixmne heure.

Je voua disais tout à rheure de vous y préparer par l'élue la pathologie»; mais» sachez-le bien encore, lus Udiluau* eomj

les descriptions symptômatiques des diverses espèces morbides que vous présentent les livres qui sont entre vos mains, ont été constitués par la réunion en un seul groupe de tout ce qui a pu être observé dans les divers exemples isolés de chacune de ces maladies. Mais il s'en faut de beaucoup que chaque exemple clinique de quelque affection que ce soit présente la totalité des signes qui lui ont été attribués en pathologie. Vous ne pourrie* que bien rarement arriver à la détermination de la maladie que vous observeriez si, pour le faire, vous vouliez absolument que rien ne manquât aux traits du tableau complet qui vous est donné comme type dans les traités de pathologie. Chaque malade ne représente pas ce type trait pour trait; là encore il y a des nuances et des lacunes* La clinique vous apprend à en saisir la valeur ; elle vous habitue à savoir quels sont, pour les diverses maladies, les signes dont 1a présence est nécessaire ou suffisante pour asseoir le diagnostic et à bien connaître ceux qui ne sont qu'accessoires et non indispensables. Habituez-vous bien à comprendre cette utilité spéciale des études cliniques; j'y insiste, parce que je vois tous les jours beaucoup d'entre vous déroutés par l'absence de tels ou tels signes dont ils pourraient se passer pour arriver au diagnostic de l'espèce morbide présentée par le malade qu'ils examinent. J'avais, par exemple, il y a quelques jours, à donner mes soins à un homme de cinquante-neuf à soixante ans, qui, deux jours avant, pendant qu'il était atteint d'un rhume, avait été pris de frisson marqué, d'an mouvement fébrile intense, et qui expectorait des crachats rouilles. Nulle part on ne pouvait saisir autre chose par l'auscultation que des râles muqueux et sous-crépitants disséminés dans les deux côtés de la poitrine. Nulle part on ne pouvait trouver de diminution du son. Malgré ce que cet ensemble avait d'incomplet, il n'y avait cependant auoun doute possible : c'était là une pneumonie ; le frisson du début, le mouvement fébrile, trop violent pour une simple bronchite, ne pouvaient se rapporter qu'à une poeumonie ou à une pleurésie. Or, pour pouvoir admettre cette seconde maladie, la douleur thoracique, les signes de l'épanchément manquaient, et l'expectoration suffisait, d'autre part, à démontrer l'existence d'une pneumonie, probablement limitée à la partie interne ou au centre de l'un des lobes. Deux jours après, en effet, au sommet du poumon gauche se faisait entendre un mffle tubaire manifeste qui confirmait pleinement le diagnostic un heikttitnt établi, du reste, à l'aide des autres signes.

J'apjK'lais votre attention il n'y a qu'un instant sur les enseignements que certaines données de pathologie pouvaient vous fournir. Vous apprendrez par la clinique à grouper ces données autour de certains signes et à vous faire des jalons de probabilité, si je puis nf exprimer ainsi, qui vous simplifieront le travail et vous mettront à l'abri de Terreur. Ces résumés qu'on se crée dans l'esprit abrègent singulièrement le travail du diagnostic. Ils permettent de syncoper en quelque sorte les opérations qui conduisent à la détermination de la maladie chez le sujet observé.

Ainsi un homme se présente à vous avec la face pâle, un peu anxieuse par le fait d'un certain degré de dyspnée; il a dépassé trente-cinq ans à peu près : vous aurez tout de suite l'idée «l'une lésion organique du c<eur. J'ai vu dernièrement, Messieurs, une curieuse application de ces espèces de lois générales du diagnostic. Tu chirurgien éminent, appelé en consultation pour un enfant de six ans qui, à chaque garde-robe, perdait du sang en assez forte proportion par le rectum, déclara à priori l'existence d'un polype ilu rectum, jMirre que, disait-il, chez un enfant de cet âge, cette cause seule pouvait déterminer l'hémorrhagie signalée. Le polype existait en effet.

Voilà, Messieurs, comment la pathologie peut fournir des données utiles h la clinique.

Dans le cours de ces conférences vous ne me trouverez ni vital isle, ni organicien, bien que, h propos du peu que j'aie déjà publié, on m'ait successivement désigné par l'une et par l'autre ëpithMc. Cela prolixe seulement que, tout en prenant quelque chose a chacune île ces deux doctrines, je ne suis attaché ni à Tune ni a l'autre d'une façon exclusive. C'est là, selon moi, la seule attitude possible dans une science qui n'est point achexee. D'ailleurs, Messieurs, j'ai toujours trouvé que ces grandes querelles étaient, pour beaucoup, «le pures ipierelles de mots. Ouand un eu \ient à l'application clinique, chacun des partisans de lune un de l'autre île ces doctrines si violemmeut et si largement Ni*|Mives s.» rapproche beaucoup de son adxersaire. et un peu du ilr.ipe.iu de chacun déteint sur le drapeau île Vautre. 11 n'est pas un xitahste. m incarne qu'il voit à si doctrine, qui néglige la i-iitisidi-t'iittoii des usions observées dans les unranes : il a beau ilci hier que c est \\ un pu:* effet, il Compte et il compte sérieusement .i\ec cet effet Kl, d'autre part, quel rst l'ortrïmicicn qui ne s nit-iipe jms de l'eut des forces chez ies malades qu'il cherche à

INTRODUCTION. ii

guérir? Pas un n'a l'idée de négliger une telle indication tout en prenant la lésion de l'organe, mais de l'organe vivant pour point de départ ; je ne développerai pas ce sujet devant vous, il y aurait long à dire et tout ce qu'on en pourrait déduire c'est que Ton serait bien près de s'entendre, si, au lieu de dogmatiser à la table de son cabinet, on prenait la clinique pour point de départ, et qu'on pourrait se passer des mots de vitalisme, d'organicisnie, ou même de vitalisme organique, pour faire de' la bonne science et de la bonne pratique.

Les données générales sur lesquelles j'insistais tout à l'heure vous dirigeront surtout, Messieurs, lorsque, après être arrivés au diagnostic et au pronostic des maladies à l'aide des procédés dont je viens de vous entretenir, vous chercherez à atteindre le but véritable vers lequel tendent nos recherches, à savoir la guérison des malades dont la vie nous est confiée. Je dis des malades, et non des maladies : c'est qu'en effet, messieurs, il faut bien vous habituer à ne pas commettre une erreur que l'on entend journellement formuler. Quel traitement faites- vous contre la pneumonie, contre l'érysipèle, etc., disent certains médecins? Comme si pour traiter les malades il suffisait d'avoir à sa disposition une série de compartiments étiquetés : Traitement de la pneumonie, traitement de Férysipèle, et de jeter en quelque sorte sur l'individu affecté la formule correspondante à l'étiquette.

La thérapeutique est la science des indications que fournit chaque individu malade. N'oubliez pas cette définition, elle est trèsbonne et très-complète ; malheureusement cette donnée des indications individuelles paraît s'obscurcir un peu à l'époque à laquelle nous sommes, et l'on voudrait faire prévaloir la spécificité de la maladie et rapporter tout à son génie particulier. Cela est une tendance que je repousse; chaque individu ressent à sa manièrepropre la maladie qui frappe tel ou tel point de son économie et cette manifestation d'une même maladie, différente selon chaque individu, crée des indications très-variées, lesquelles cadrent fort peu avec l'idée de spécificité morbide et de remèdes spécifiques ; mais toutefois prenez bien garde en même temps d'éviter un autre écueil qui n'est autre chose que l'application exagérée de cette donnée des indications individuelles.

Il est facile de dévier et d'exagérer à propos d'indications thérapeutiques. C'est à l'application un peu forcée de ces données saines que la doctrine des états organopathiques, préconisée et

pratiquée par un proles-rur eéW<hre, doit sa naissaneo* Elle e*t le résultat compila y de, h combinaison de tmis idée* dalmn tinetes, savoir : l'idée des indications initltiplefi, celle do l'imlc pendanee des divers organes les uns par rapport aux autres al de l'action spécifique des médicaments, l'n des inconvénienU de cette doctrine est devoir dans ir traitement d'une même maladie le miiiilir»* des agents thérapeutiques s»1 multiplier llUllhlOMmi ■ bien qu'une, formule comporte parfois cinq ou six nvéïUcamenU différents, chargés chacun d'aller à travers l'organisme I la cherche de toile uu telle forme symplomalique. G'ept là une thé* rapeutique peu régulière dont lu moindre in ni est une

sorte de tumulte au milieu duquel r économie a gramVpeine k reprendre la marche régulier de ses acte».

Evitez Boigneust ruent encore une autre application également tumultueuse de la thérapeutique, qui consiste à changer chaque jour de moye ou agents médicamenteux le lange d'é-

tablir leur influence sur l'organisme, et n'en rJumgi laïque

instant, J'aurais & vous signaler bien des exemples du danger d'une telle conduite; trop souvent elle lait repomWC dm dieaments qui, plus patiemment administrés, eussent été efli* races.

La première règle <l* thérapeutique qu'il importe de bien celle qui réaume toutes les autres, r est celle que je vous rapj luis tout à l'heure, et qui domine, même à leur insu, les pai des doctrines les [dus contraires : la considération de l état lie* forces chez le malade qu'il sagil de traiter, ft itti cou Esidê ration doit ùtmet avant toute autre,, c'est à elle que toute action, que quelle soit, doit être subordonnée. Si j ai le bonheur de vo convaincre que c'est là la base indispensable de toute bonne i.4»<n!iqu< »i de toute bonne hygiène, je vous aurai déjà un véritable service.

le n'ai jias besoin, Messie urs, d'insister sur la diffère tioii des médicaments suivant la dose à laquelle on les adniinisl n'oubliez jamais que sur ce point il faut tenir grand compte il

îdkieyncrasie^ autrement vous vous exposeriez à île cruels

compte*. Tous les jours, en effet, vous rencontrerez desuidrvid in ojcoup plus faciles à influencer que d'autres par des é même relativement très-petites, Je voyais, il s a peu de juu

ire, un exemple frappant de ces idiosyncrasies singulières— . J'emploie irè^rrequemment, comme vous le savez, les injectii

INTRODUCTION. ttf

«Nfr-eatanées de sulfate d'atropine ; ce sel est pour un centième dins la solution dont je me sers, et habituellement il faut, pour mt se produire les effets de l'intoxication atropique, dépasser la dose de 15 à 20 ou 30 gouttes : eh bien, j'ai vu tout dernièrement un délire calme, mais très-prolongé, être la suite d'une injection de 5 gouttes à peine de cette même solution.

Il faut aussi, Messieurs, à propos des doses des médicaments divers, savoir que bien souvent les propriétés d'un môme agent changent avec les doses; vous verrez par exemple Popium h doses élevées devenir stimulant, loin d'être un moyen de calme.

Enfin évitez un autre défaut qui est aussi très-général : c'est l'enthousiasme, le parti pris pour tel ou tel médicament, qui devient alors Tunique moyen thérapeutique. Sachez ne jamais être exclusif; la vérité a autant horreur des extrêmes que la nature a horreur du vide.

Gomme je vous disais, il faut en clinique chercher partout ses renseignements; aussi gardez-vous bien de négliger les sciences naturelles; elles prêtent à la clinique et à la thérapeutique de précieuses notions. Soyez sûrs que vos études cliniques seront d'autant plus fructueuses , que votre esprit les abordera plus orné de notions scientifiques; ne négligez pas, par exemple, la chimie et les renseignements qu'elle peut vous fournir. L'intervention de cette science dans les questions médicales a été particulièrement attaquée dans ces derniers temps : Graves et M. Trousseau n'ont peut-être pas été tout à fait justes envers elle. Là encore, permettez-moi de le dire, il y a pour beaucoup une querelle de mots. Les chimistes qui sont intervenus dans l'étude de la médecine n'ont pas nié et ne nient pas la vie plus qu'ils ne nient l'existence des forces en chimie pure. Ils ont seulement voulu apporter le tribut de leurs connaissances spéciales et démontrer un fait absolument incontestable, savoir que dans l'organisme il s'accomplit des actes qui dérivent des lois ordinaires de la chimie tout en . s accomplissant chez un être vivant. Or, par ces études ils nous ont apporté de précieuses lumières. Sans les travaux chimiques la science médicale ne saurait pas ce qu'elle sait touchant les phénomènes de la digestion, elle ne se serait point enrichie des notions intéressantes qu'elle a acquises sur l'albuminurie, la glycosurie et les dyspepsies.

Sans rien exagérer, je partage, quant à moi, les opinions émises

par mon excellent élevé et ami M. iacooud, dans les notes ajou kées i la traduction qu'il nous a donnée de lu Clinique de G ptje suis loin de repousser L'aide que la chimie peut appo l'étude de la clinique.

Il Ml nu point sur lequel il faut encore tiH^n nous entei Dans ces conférences vous me verrez toujours écarter les opiniOQS exclusives ou aventurées que l'expérience rigoureuse n'aura pa* fait lasser k VèUil de choses, démontrées* Lorsqu'il salira dVxpl quer ou d'interpréter un phénomène morbide quelconque, j'aur grand soin de \<ms soumettre les dîvereee opinions ipii ont et formulées à ce sujet, mais je les laisserai toujours avec grand aoil aussi à leur place véritable, c'est-à-dire à l'état de pures hypt thèses. C'est un grand mal, selon moi, que de donner une in>] forte valeur au\ vues de l'esprit, comme quelques-uns tend à le faire en ce moment. Si j'osais employer une expression tri* viale et peu française, je dirais que dans une science comme la

nôtre donner aux hypothèses, rV-t-.i-dnv au raisonnement sans démonstration, te rang de refîtes établies, c'est endormir la science, La mollesse seule de l'esprit, lequel fonctionne ainsi t<»«i à loisir et sans contrôle traire s<ni compte à une semblable DM elle. J'aime mieux, quant a moi, un aveu net et franc del'igûo ronce dans laquelle on Sri encore de tel ou tel point de la science On y doit joindre *ms aucun doute l'énoncé des opinions di mises en av*«nt, mais en leur laissant leur place et leur rôle pm ment provisoires. Ce sont des lacunes au niveau desquelles retrouve les échafaudages de ceux qui se sont efforcés de combla ces vides, mais sans pouvoir y réussir. Ne vous laissez pas h traîner par le brillant et l'élégance d'une opinion ; n'ayez poir d'engouement pour une Idée parce qu'elle ■ »l singulière, poinl goût pour le joli et L'ingénieux, maintenez-vous dans !»■moyennes, elles ne sont autï^e chose que la mise en (envie du sens. L'imagination est séduisante, et certes il ne faut pas pousser entière De ut ; elle peut marcher devant le bon sens, il ne faut jamais oler h cette folle du logis les lisières par lesqc la raison règle, dirige et contient sa marche. L'imagination mu»* les idées, clic les agite, le bon sens 1rs crible et le- <> dernier est indispensable au t>*m emploi de la méthode v\[ mentale, leette raine des sciences, ce terme de toute spéculation, i

suis l'application de laquelle il n'est |uls «le vérité scientifique qu poisse être constituée. Si brillantes, si pompeuses, j'allais pws-

que dire si dédaigneuses, que soient les théories, il faut toujours qu'elles subissent le contrôle de la méthode expérimentale. En médecine, ce rôle suprême appartient surtout à la clinique, et c'est à ses pieds que viennent expirer les opinions aventureuses et les hypothèses incapables de démonstration.

Enfin, il est un dernier enseignement que vous devez tirer de la clinique, et c'est un enseignement de Tordre moral le plus élevé. C'est elle, en effet, qui doit vous apprendre encore de bonne heure tout le respect qui est dû à l'être qui souffre. Vous traiterez chaqne malade avec bonté, sans brusquerie ; vous aurez soin de ne jamais laisser lire sur votre visage rien qui lui dévoile le danger qu'il court, les craintes que vous avez pour sa vie ; vous ne prononcerez jamais devant lui le nom de sa maladie, même si ce nom est tout à fait technique. On ne sait jamais le chagrin que peut concevoir, à propos d'un mot d'autant plus mal interprété qu'il ne le comprend pas, un pauvre malade avide de savoir le tiort qui l'attend et de se faire une idée de l'opinion que Ton peut concevoir sur son salut ou sur sa perte. Plus il est ignorant et placé bas dans le monde, plus il est capable d'erreur et d'effroi à ce sujet. Rien n'est plus respectable qu'une telle situation, et quand nous ne pouvons pas guérir ceux qui nous sont confiés, luin de leur laisser voir une impuissance qui doit les désespérer, nnus leur devons, au contraire, des encouragements et des mcnaongps pieux qui les soutiennent et les consolent. Dans nos asiles, même au milieu de tant de monde, les pauvres gens qui les peuplent sont seuls, sans une main amie dont le serrement les encourage et les rassure. Pensez-y bien, leur mort, ainsi solitaire et sans larmes, est assez triste pour qu'ils doivent trouver en nous quelque soulagement à une telle angoisse.

Pour bien graver ce devoir dans votre esprit, je ne vous parlerai pas de votre intérêt, je ne vous dirai pas qu'il vous importe d'apprendre à l'hôpital ce que vous devrez faire plus tard dans le monde. Non, Messieurs, je m'adresserai à quelque chose de plus ^ain, de plus vif et de plus généreux que votre intérêt, je ferai appel à votre jeunesse ; c'est elle, ce sont ses élans chaleureux qui vous guideront et vous instruiront dans la pratique de ce devoir. Et, disons-le, à l'honneur de notre profession, plus qu'aucune autre eUV sait conserver intacts dans le cœur de qui la pratique avec z*le ces sentiments d'une charité bien entendue. Fort des services rendus, bien souvent sans gré ni récompense,» notre art

apprend à trouver en soi-même, par la conscience du devoir accompli, une fraîcheur toute juvénile pour les inspirations d'une fraternité véritable et désintéressée. Apprenez donc, messieurs, à pratiquer avec bienveillance pour autrui, avec loyauté, avec indépendance, cette noble profession; vous ne savez pas tout ce qu'elle donnera de satisfaction à votre esprit et à votre cœur, et combien elle vous permettra de vous sentir et de vous plaoer au-dessus de beauooup des puissants de ce monde.

J'ai l'intention, Messieurs, d'examiner avec vous quelques points spéciaux touchant l'érysipèle ; ce n'est pas une histoire complète de cette maladie que je veux vous présenter, c'est un simple aperçu, une simple étude de quelques particularités intéressantes que l'on peut observer sur les malades couchés en ce moment dans nos salles. Nous nous occuperons d'abord de celui qui est placé au numéro 44 de la salle Saint-Paul.

Obs. I. Langlet (Pierre), trente-quatre ans, cordonnier, est d'une bonne santé habituelle, mais sujet aux névralgies et d'un tempérament lymphatique, débilité. Cet homme parait avoir souffert de la misère. Le i i janvier 1863, à son entrée, il raconte qu'il y a deux mois, de nombreux furoncles lui ont poussé sous l'aisselle et derrière le cou; puis, il y a quinze jours, d'autres clous sont survenus au front et sur le nez. Au moment où ces derniers se guérissaient, c'est-à-dire dans les premiers jours de janvier, il s'aperçut de l'existence d'une grosseur dans la région parotidienne, ressentit un violent mal de tète et éprouva un accès de fièvre. Le gonflement des ganglions post-maxillaires augmenta et amena beaucoup de douleur. En même temps le malade écorcha les croûtes qui recouvraient les clous qu'il avait sur le front, et deux jours après il fut prisd'un violent frisson, puis d'une fièvre ardente. Le lendemain (10 janvier) il avait la figure rouge et gonflée.

Le i 1 janvier il vient à la consultation, portant un érysipèle de toute la tète.

Le 12. L'érysipèle occupe non-seulement tout le cuir chevelu, mais aussi la face, qui est rouge et bouffie ; les yeux sont boursouflés. De plus, toute la région parotidienne gauche est extrêmement tuméfiée ; les gan-» glions du cou sont engorgés et très-volumineux. La fièvre est intense, 130 pulsations, le pouls est dur et vibrant, la langue est sale, la céphalalgie est marquée. La nuit a été très-agitée, mais le malade n'a pas dé-

DE L'KRYSIPÊLE.

lire. (Ipéca, lt-%30 en 3 doses, rompisses trempées dans l'infusion de sureau, appliquée» sur les points érysipélateui de ta face.)

U 13. Le malade a vomi abondamment ; la nuit a été meilleur pendant la langue est encore chargée. 1-a rougeur de la face a beaucoup diminuée, ERftti U- gonflement est toujours énorme et toute pression sur la léle i-st douloureuse., te contact des linges trempes dans l'eau de sureau est même désagréable. La fièvre est moindre (96), ainsi que la céphalalgl*. Ipfo, irfSH )

Le II. La nuit a éM bonne, la Jangue n'est plus aussi Manche, le gonflement de la face a diminué sensiblement, la tête est encore douloureuse et toujours gonlice. flans la soirée, le malade est cependant repris d'un petit mouvement de fièvre. ffkÊBBM 'lu!e.» quatre bouillons,)

Ijs 15. la nuit a été agitée, la tievre a persisté. Le malade se plaint toujours de sa tète. En l'examinant, on voit que rénrsipele s'est étendu dMtftn l, eou et a gagné l'épaule droite. (Extr. de q.q , 2 grammes dans un julep; poudre d'amidon sur la tète et sur le cou.)

Le ML lA'rwpéle continue à descendre dans le dos. La lièvre n'est pas 1res- forte, (Même prescription.

Le 17, Lerysi pèle a disparu du cou et tend toujours à descendre* Le ^nullement de la tète et la céphalalgie ont sensiblement diminué. Il j a toujours un mouvement fébrile,

\jù iH> La rougeur diminue dans le dos, Le malade se plaint d'un ma) d'oreille, du coté gauche qui l'a empêché de dormir. La face est en pleine desquamation ; le gonflement des ganglions a beaucoup diminué (ln tSottl 4< gtjcWnf dans l'oreille,)

U 10. I t < 'ouipl* -teiïienl disparu. Le malade ne se plaint que

il. m oreille. (Mèuies injections; bouillons, potages.)

U* M Ll lèfli nTa pas reparu; le malade demande à manger, (I M portion,)

Le tff. Le malade se plaint toujours de l'oreille, dans laquelle i formé un petit aln-ès qui s'est ouvert, ce qui Ta beaucoup sou la .

Le 30. Bon étal; il est seulement survenu quelques douleurs li rhoidales pour lesquelles on prescrit de l'onguent populeum.

I .. ■ 0 !,m t. r Kxttit* La desquamation de la face et de la tète est à peu près tenu m « > ■.

Tn fait, dans cette observation, sur lequel j'appellerai tarai dal«»rd voire ItttOtktt, c'est le point de départ de la maladie; elle s r ment à l'existence de petites plaies; c'est un féritahle érysipMe traumatique. Tous fa «nu leurs, les chirurgiens surtout, ont beaucoup insiste sur le traumatisme comme cause d* férysipiMet tout le monde connaît l influence de cettt* cause; nuis Ot que tt*ut le monde ne sait pas asseï t c'est que, ilans la plupart

des érysipèles dits spontanés, il y a aussi un point de départ pour ainsi dire traumatique. Cette opinion, sur laquelle je vais revenir, peut servir également à interpréter le mode de développement de la maladie dans l'observation suivante :

Ois. 11. Lagrive (Paul), fondeur typographe, .âgé de quarante-trois ans, est entré salle Saint-Paul, n° 48, le 29 janvier, avec un érysipèle à la face. Cet homme est d'une bonne santé habituelle et ne se rappelle pas avoir jamais ét£ atteint d'érysipèle. Le 26 janvier, trois jours avant son entrée, il sentit un peu de mal de tète et perdait l'appétit. H raconte que quelques jours avant ce malaise il avait écorché avec ses doigts, des croûtes qu'il avait autour des narines et qui se rapportaient, si on en juge par les traces qui persistent, à un eczéma.

Le 30 janvier. La face est rouge et gonflée, les paupières et les lèvres sont tuméfiées, ainsi que le nez, qui a été le point de départ de Térysipele. Céphalalgie, rêvasseries la nuit ; langue sale. Pas d'engorgement ganglionnaire. Le malade n'en a présenté à aucun moment. (Ipéca, i«r ,50; compresses d'infusion de fleurs de sureau sur la face.)

Le 1" février. Le gonflement des yeux et de la face est énorme. L'érysipèle gagne le front; la fièvre est toujours intense ; la langue est encore chargée; nuit agitée; délire. (Ipéca de nouveau, i«r,50, et le soir extr. de q.qM 2 grammes; compresses de sureau.)

Le 2. L'érysipèle a gagné le cuir chevelu, la tète est gonflée ; la céphalalgie est très-forte et continuelle ; les yeux, tuméfiés et bouffis, sont très-douloureux; fièvre; inappétence; somnolence. (Catap. synap. aux membres inférieurs; extr. de quinq., 2 gram.)

Le 3. La tète est énormément gonflée. Même état, même prescription.

Le 4. La rougeur de la face a beaucoup diminué ; la tète est encore douloureuse ; moins de fièvre. Les nuits sont meilleures.

Le 5. L'érysipèle apparaît au cou ; l'état général est meilleur ; la face a diminué de volume; la langue devient rosée ; pas de délire; pouls à 96. * bouillons ; extr. de q.q.)

Le 6. L'érysipèle descend vers le dos et s'étend irrégulièrement en larges plaques entre les deux épaules, sans limites bien arrêtées. Les douleurs de tête ont cessé avec le gonflement ; l'état général est bon, mais le malade commence à s'écorcher au siège. (Poudre d'amidon.) Le malade demande à manger. (2 potages.)

Le 9. L'érysipèle reste à peu près stationnais dans le dos, tout en étant diminué. La face commence à passer à la période de desquamation.

Le H. Le malade a été très-agité toute la nuit et s'est plaint de violentes douleurs de tête. La langue est de nouveau devenue sèche ; l accélération du pouls est manifeste. Cependant l'érysipèle reste daus le dos

Si I>E LWrSIPELg.

ce qu'il riait les jnurs précédents, variant seulement un peu d'étendue et de plue.

Lo 12, Le malade a pas>e un< tivs-mauvaisr nuit, la lièvre est trèsforic; rérvsinèle a reparu à la lace; !e< paupières BOfil routes et bouffies; la langue est chargée; la céphalalgie est intense. (Ipéca, i ,50, compresses de sureau, julep avec de l'ettr. de q.qt, 2 gram.)

Le 13. La face est encore gonflée, mais moins ro&£«j la lièvre est u n pan ; le malade se sent trés-faible. ( Vîn de Bordeaux, 30IJ gramm< », ©ttf, de q.q.)

Lr I*. L'i ry>ipè|p n disparu de la face, mais il persiste disséminé dans |r ilos ri ittf la pciliinc. L'etal général est meilleur. (Vin de Bordeaux et extr. de q.q.)

Le 16. Lt malade sr plaint de la gorge; depuis quelques jours il crache abondamment. L'inspection de la gorge ne montre qu un peu de rougeur sans gonflement, les ganglions sous- maxillaires ne sont toujours pas m-

L'en si pèle se maintient diffus dans le dos; rccorchurc du siège va mieux, niais au niveau du grand trochaitter il se fait une nouvelle érosion ; constipai ion . (Htm prescription ; plus, gargarisme, lavement émoll )

\j 17, Le malade a tousse loule II nuit; il continue | cracher beaucoup de s;ilivc> Quelques rAîcs muqueux'dans la poitrine. (Lavement avec 43 grammes de miel de mercuriale; même prescription du reste r)

Le 10. La face est m pleine desquamation ; la rougeur du dos est peu marquée, mais persiste toujours ; le malade continue h tousser; bronchite légère. (Julep diaeodé.)

Le 21. Expuitlon de mucosités toujours abondante ; rougeur dlssémtuée dans le dos ; râles muqueux abondant dans la poitrine ; pas de réaction fébrile* (Julcp diacodé, extr, de q.q., % gram+J et vin de Bordeaux» jOO gram.)

Lé 23. Le malade se plaint de la gorge, on on ne trouve qu'un peu de rougeur. L*érysîpele s*en*arc, le pônfa H rulcve : te malude Sert fHJtl dans peu de temps ; tout semble l'indiquer.

c est une circonstance analogue au traumatisme, une éruption eczémuleuse, qui i été ici le point de départ de la maladie; voas retrouva encore une origine analogue chez un autre malade courbé au numéro 39 de U salle Saint-Paul ; chez lui, en effet, ce sont aussi des érosions survenues aux narines par le fait d'un coryza qui ont présidé au développement de l'érysipcle de la Tare duui il est atteint. L'eczéma, l'herpès et ailleurs des éruptions syphilitiques, comme notre maître vénéré Biett nous Ta fait constater maintes fois, déterminent sotivenl, ainsi cfue vous le verrez, Peuplnsion d'un érysïpèle. L'eczéma n'a pas cette influence seulement

M L'ÉRYSIPÈLË. *g

lorsqu'il occupe les narines. Dans beaucoup d'exemples l'eczéma des oreilles sert aussi d'origine à l'éruption érysipélateuse. J'ai vu l'eczéma des mamelles amener l'érysipèle de ces mêmes parties avec développement des ganglions du creux axillaire.

Mais ce n'est pas la seule particularité que nous offre cette observation :

L'érysipèle, dans ce fait, n'a pas eu la bénignité qu'il présentait dans l'observation précédente; il a en outre revêtu plus nettement aussi une forme toute particulière qui mérite votre attention à plusieurs égards. L'éruption, en effet, s'est successivement et lentement étendue à la plus grande partie du corps, puisqu'elle ne s'est arrêtée qu'à la région lombaire ; cette marche, cette extension ont valu à oette forme le nom (Séryripèk ambulant. Ce n'est pas seul»* ment pour cette extension graduelle que cette forme d'érysipèle doit nous occuper ici; elle offre d'autres particularités qu'il faut voua mentionner. 11 arrive en effet très-ordinairement, dans les cas de oe genre, comme vous l'avex vu chez ce malade, que la coloration des points affectés ne se présente pas sous l'aspect de la rougeur érysipélateuse telle que vous la connaissez ; ce ne sont plus des plaques rouges continues, nettement limitées à leur pourtour par des sur-» faces saines; oe sont des vergetures, des stries rouges, inégales, diffuses, mêlées entre elles, séparées par des surfaces saines, com-? parables, sauf la régularité des lignes, aux stries enflammées do la lymphangite. Cette apparence toute spéciale e6t importante à connaître; elle pourrait, si vous n'étiez pas prévenus, vous en imposer pour ces rougeurs diffuses qui se développent, chez les malades, sur les parties comprimées par la position couchée, et qui sont souvent le prélude des escarres de la peau. J'ai été trompé moi-même tout récemment; voici dans quelles circonstances :

M***, âgé de cinquante-trois ans, d'une excellente santé habituelle, fut pris de dysenterie au camp de Chalons en juin 1864. Négligeant complètement cette affection, peu intense du reste, il resta de juin à décembre éprouvant de temps à autre des attaques de dysenterie plus fortes. C'est là une véritable forme chronique de cette maladie, analogue à celle que l'on observe dans les contrées tropicales. En décembre, après des redoublements fébriles rémittents, il fut pris de douleurs de l'hypocondre droit, exagérées par la pression, d'augmentation de volume du même point (le foie dépassant les fausses cotes d'environ trois travers de doigt) , de vomissements, d'une coloration subictérique de la poau, en même

DE L'ëRYSIPÈLK.

temps qu'existait une diarrhée bilieuse asses intense; c'est à ce moment que j'eus occasion de voir ce malade. Je reconnus facilement l'existence d'uni* complication hépatique chez no sujet ,ilteint de dysenterie chronique, et de plus, j'augurai T malade à propos de deu y circonstances, D'abord la venue de f i i inégaux el irréguliers dans leurs retours, se développant au momenl où se manifesta une prostration considérable ; ils me jiarnrent pouvoir et ce rapportes à une infection purulente véritald ! h r , . : général elauf de tOBS points analogue à celui qu'on observe en pareille omirrence. L'autre circonstance, qui nie parut grave, ce fut il présence d'une eschare très-large et très-épaisse dévelo] ph au ni\rau de l'épigastre, en dehors de toute pression, par l seul fait de frictions avec 30 gouttes d'huile de cm ton. Une tell mortification de la peau, survenue sous l'influence (Puni généralement moins puissante, était l'indice d'une profonde o* pression de l'économie. L'événement a malheureusement ju*ti mes tristes prévisions, le malade a succombé avec tous lee de l'infection purulente la mieux caractérisée. Je vous ai cil observation, |>arce qu'elle est déjà intéressante, en ce que la ttk pliralion hépatique est nue dans nos climats chez les sujets atl* in de d\*enlerie; mais voici surtout pourquoi je vous ai parle de *>» fait, c'est qu'à un certain moment, dans le cours de cette affection, le maladr était relativement mieux, lorsque, sans motif appréciable, il fut pris tout à coup de vomissements et d'un redoublent fébrile, Ires-intense. Cherchant la cause de oes accidents aif visitai la surface cutanée et je trouvai une petite escarre à la ré: sacrée. En même temps, toute la région postérieure des Ioj offrait une rougeur diffuse, mal circonscrite, que je pris tout d'à* bord pour le résultat de la pression causée par le décubitus do Mais je revins bientôt de cette erreur en considérant que la roi geur s'étendait au delà des points qui pouvaient être comprimes* ensuite quv le décubitus latéral, maintenu pendant quelque tenij n'enlevait rien à la rougeur, devenue au contraire plus intense sipèle intercurrent.

Une semblable erreur aurait une grande importance au point vue du pronostic; vous sentez toute la gravité d'un crysipèle si venant au milieu d'un état de maladie, voilà pourquoi j'ap] toute votre attention sur celle coloration inégale et diffoai Flrysipele ambulant, telle que vous avez pu la constater chez nol second malade.

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Il y a encore dans l'histoire de ce même individu d'autres points importants sur lesquels nous devons insister :

Ainsi, à aucune période de sa maladie, cet homme n'a présenté d engorgement des ganglions sous-maxillaires; j'ai observé déjà un certain nombre de fois cette immunité des ganglions, et j'insiste sur cette remarque, parce qu'elle est contraire à l'opinion de certains auteurs, très-recommandables, qui rattachent l'érysipèle à la seule inflammation des radicules lymphatiques et le font toujours précéder de l'engorgement ganglionnaire. Ce dernier est certainement fréquent, mais il n'est pas indispensable; quand il se rencontre, il débute avec la rougeur de la peau ou du moins " ne la précède pas d'assez loin pour qu'on puisse le considérer comme le point de départ de la maladie. L'engorgement ganglionnaire et la rougeur de la peau sont deux symptômes coïncidents, H non pas successifs ; la rougeur de la peau ne procède pas de i engorgement ganglionnaire, l'engorgement ganglionnaire procède beaucoup plutôt de la rougeur de la peau. Il ne serait autre chose que l'extension aux ganglions lymphatiques de l'inflammation des lymphatiques de la peau, inflammation qui est elle-môme en quelque sorte une complication, très-habituelle à coup sûr, mais qui, par cela même qu'elle manque un certain nombre de fois, ne fait pas partie nécessaire de la maladie à son état de pureté et d'in- Kgrité symptomatiques. Dans le cas où manque l'engorgement ganglionnaire, c'est que la maladie n'a pas retenti jusque vers ces organes, abstraction faite de l'état des vaisseaux lymphatiques nu-mêmes. L'opinion qui fait de l'érysipèle une inflammation fa lymphatiques, n'est pas la seule qui ait été émise sur le mode d<" production de cette maladie; on a voulu y voir une phlébite des capillaires cutanés. Je n'accepte pas cette opinion, défendue par Ribes et par M. Cruveilhier. D'abord on ne saurait démontrer rette inflammation des veines capillaires ; on trouve bien des lé- 9|f>ns inflammatoires des veines voisines de la peau dans un certain nombre cFérysipèles, mais ce fait est rare, exceptionnel, et Partant ne prouve rien touchant l'existence constante de la phlébite capillaire comme théorie unique de la maladie. En outre, ces exemples sont spéciaux à certains érysipèles, à ceux surtout qui «ont consécutifs à des plaies graves ou à des opérations chirurgicales: les veines, dans ces cas, sont malades pour leur propre *>mpt<% si Von peut dire ainsi, et leur inflammation, \>\on que coïncidant avec l'érysipèle, en est pourtant absolument mdtpen-

DE L'BHYSIPÈLË.

lîantr* ei m fa comme lui fi l'existence de la plaie i

d'origine commune.

Dans 1rs dsm nbsen niions que nous venons dViamii appartiennent à deux malades de nos salles, rérysipelc avait point de départ une lésion primitive tle la peau ; cette cause eM beaucoup la plus hiiltituolle ; presque toujours, en cherchant hi* vous trouverez, comme je vous l'ai déjà dit, que 1rs [nloidll éryBÎpëles spontané* mit eu pour point de départ une lésion de peau; IVryaîpMe serait alors en quelque sorte une maladie t-hiru girale. Mais, tout en admettant dans les érysipMrs dits *jm) et ibins les ery si pèles chirurgicaux une première inlluenn- p disposante de même ordre, il y i dei djft&emblancei radicales ;iler entre l'un et l'autre de ne» grûOjtës, KkllveOMOl à gravité de rette cause et au rfli qu'elle joue dans l'état du ma Dans un groupe- la cause trnumalique est légère, la lésion ori gravité, superficielle, comme un eczéma, un herpès, une idmf écorchure; dans l'autre lu cause traumatique est sérieuse, la plaie est grave, profonde, et elle intéresse un nombre considérable do parties différent es. Os différences voua expliqueront suffktn pourquoi Ton porte, et à juste titre, un pronostic différent suri érysipèles dits médicaux et sur les érysipelos dits chirurgicaux les seconds, en effet, sont bien plus souvent mortels que 1 premiers.

Pour l'érysipHe spontané des auteurs, le (raumntisnie que voua signale et qui, selon moî, préside presque toujours au dév loppemeiii de la maladie, est sans aucune gravite; il n'est presque rien par lui-mAme dans l'état du malade; il aérait le s**ul accident, qu'il passerai! inaperçu* Le pronostic dépend ulur^ uniqutmefit de la phlegmasie cutanée consécutive et de m sur l'économie. Dans les érysipMes chirurgicaux, le tratin Usine esl habituellemciïl iériettl, et constitue à lui neul danger pour l'économie, qu'il déprime et modille déjà ronsidérableraent pour sa part et pour laquelle il ouvre un grand nouil de voies pathologiques, si je puis rn'exprimer ainsi. L<- pnmn doit déjà tenir compte et du traumatisme lui-même et Am < plîeations diverses qu'il peut entraîner par sa seule préseiu phangilc phlébite, phlegmon). < ' état compta* ri gfiv

• file \jent s'ajoiifer la phlegmasie cutanée,

Dun roté, l'intégrité relative de l'économie et rabsence pr bable de rompt irai ions nu moment où l'érysipèl* se déve

DE I/ÉRY8IPÈLB. 27

de l'autre, l'altération déjà sérieuse qui précède l'érysipèle et les complications graves et presques fatales qu'elle traîne après soi, en voilà bien assez peur légitimer la différence de danger que les auteurs ont notée entre les érysipèles dits spontanés et les érysir pèles traumatiques.

Ne croyez pas, Messieurs, que je nie complètement l'existence de l'érysipèle spontané; ce serait aller plus loin que ma pensée. Je veux dire seulement que les faits de ce genre sont de beaucoup les plus rares. J'en ai vu deux, entre autres, dans lesquels je n'ai trouvé aucune cause traumatique, si minime qu'elle fût.

Je vous demanderai la permission de vous raconter brièvement ces deux cas, d'abord parce qu'ils sont des exemples d'érysipèles spontanés, et surtout parce qu'ils vous feront connaître une variété très-curieuse de l'érysipèle, je veux parler de la forme périodique.

On. III. Je vis au Bureau central, alors que j'y faisais le service, en 1146, une femme de vingt-huit ans, qui avait eu trois enfants. — Cinq aos avant, étant enceinte et presque en travail, elle éprouva une émotion violente (son mari, blessé gravement, fut rapporté mourant chez elle), Taccrachement eut lieu brusquement; l'enfant, qui naquit vivant, fut atteint peu de jours après d'attaques épileptiformes et succomba après quelques mois. Depuis cette couche, la malade était prise, au moment de chaque époque menstruelle (régulière et exacte d'ailleurs) d'un érysipèle occupant souvent la face, quelquefois Tune des épaules ou Tune des jambes. Die a eu depuis un enfant qu'elle a amené à bien et qui , âgé de deux ans en ce moment, est atteint d'une bronchite aiguë. Cette couche nouvelle n'a en rien modifié l'état de la malade, et elle a toujours vu revenir ses érysipèles à chaque époque menstruelle, laquelle est d'ailleurs restée régulière. C'est une femme de constitution moyenne, présentant les signes extérieurs du tempérament nerveux et un peu lymphatique. Elle vit dans (Tassez bonnes conditions hygiéniques. Au moment où elle vint consulter an Bureau central, elle présentait une sorte de bouffissure non aolorée de la face, peu marquée au nez, avec signes de congestion cérébrale, étourdissements, céphalalgie, tous prodromes qu'elle a observés dans les autres attaques. L'érysipèle a manqué seulement à la dernière époque, il y a un mois. Elle avait pris auparavant quelques doses de rhubarbe. Pendant quelque temps elle a pris un peu de quinquina et un peu de fer ; constipation habituelle.

Je prescris pour l'époque actuelle 30 grammes de sulfate de soude, et, pour plus tard, 60 centigrammes de sulfate de quinine répétés pendant trois jtttrs avant l'époque.

DE L'fcRYStPÉLE.

temps qu'existait une diarrhée hilieu intense:

moment que j"%his occasion de voir ce malade. Je reconnus faeilemen ara d'une «^implication hépatique ohec on aqftf ai*

tfiml <le dysenterie chronique, et de plus, j'augurai très- mal du malade a propos dfodras «im instances. D'ftbord la venue de frissons inégaux et irrégulicrs dans leurs retours, se développant an ment où se manifesta une prostration considérable; ils uie parurent pouvoir être rapportés à une infection purulent*- véri lYtat général étant de tous points analogue à celui qu'on ohnmi en pareille occurrence, 1/aulre circonstance, qui me parut ce fut la présence dTune eschare très-lai-ge el très-épaisse dévelof pé6 au niveau de l'épigastre, en dehors de toute pression, par seul fait de friction» avec 30 gouttai d'huile de crolon. Une tell mort ilient ion de la peau, survenue sous l'influence d'une eau généralement moins puissante, était l'indice d'une profond «■ pression de l'économie, L'événement a malheureusement jus mes blffO! prévisions, le malade a succombé avec tous les de l'infection purulente la mieux caractérisée. Je vous ai cité celte observation, parce qu'elle est déjà intéressante, en ce que la complication hépatique rsl tare dans nos climats chez 1rs sujets atteinte de dysenterie; mais voici surtout pourquoi je vous ai parlé de fait, c'est quTà un certain moment, dans le cours de cette affection, le malade était, relativement mieuv, lorsque, sans motif appréciable, il fut pris tout à coup de vomissements et d'un redoublement fébrile très-intense. Cherchant la cause de ces accidents aigus, ji visitai la surface cutanée et je trouvai un»- petite escarre à la région sacrée, En même temps, toute la région postérieure des loi offrait «ne rougeur diffuse, mal eirennseritc, que. je pris tout d bord pour le résultat de la pression causée par le décubîtus doi Mais je revins bientôt de cette erreur en considérant que la roi geur s'étendait au delà des points qui pouvaient être comprimés, ensuite que le décubitus latéral, maintenu pendant quelque te ni] n'enlevait va-ix a la routeur, devenue au contraire plus in c'était un érysipMe intercurrent.

One semblable erreur aurait une grande importance au polo vue du pronostic; vous sentez toute la gravité d'un érysipèle m venant au milieu d'un état de maladie, voilé pourquoi j'appel toute iolre altetition sur cet le roloration inégale et diffusi VérysipHe ambulant, telle que vous avez pu la constater ch«* m second malade.

Il y a encore dans l'histoire de ce même individu d'autres points importants sur lesquels nous devons insister :

Ainsi, à aucune période de sa maladie, cet homme n'a présenté d'engorgement des ganglions sous-maxillaires; j'ai obfeervé déjà un certain nombre de fois cette immunité des ganglions, et j'insiste sur cette remarque, parce qu'elle est contraire à l'opinion de certains auteurs, très-recommandables, qui rattachent l'érysipèle à la seule inflammation des radicules lymphatiques et le font toujours précéder de l'engorgement ganglionnaire. Ce dernier est certainement fréquent, mais il n'est pas indispensable; quand il se rencontre, il débute avec la rougeur de la peau ou du moins il ne la précède pas d'assez loin pour qu'on puisse le considérer comme le point de départ de la maladie. L'engorgement ganglionnaire et la rougeur de la peau sont deux symptômes coïncidents, et non pas successifs ; la rougeur de la peau ne procède pas de l'engorgement ganglionnaire, l'engorgement ganglionnaire procède beaucoup plutôt de la rougeur de la peau. 11 ne serait autre chose que l'extension aux ganglions lymphatiques de l'inflammation des lymphatiques de la peau, inflammation qui est elle-même en quelque sorte une complication, très-habituelle à coup sûr, mais qui, par cela même qu'elle manque un certain nombre de fois, ne fait pas partie nécessaire de la maladie à son état de pureté et d'intégrité symptomatiques. Dans le cas où manque l'engorgement ganglionnaire, c'est que la maladie n'a pas retenti jusque vers ces organes, abstraction faite de l'état des vaisseaux lymphatiques eux-mêmes. L'opinion qui fait de l'érysipèle une inflammation des lymphatiques, n'est pas la seule qui ait été émise sur le mode de production de cette maladie; on a voulu y voir une phlébite des capillaires cutanés. Je n'accepte pas cette opinion, défendue par Ribes et par M. Cruveilhier. D'abord on ne saurait démontrer cette inflammation des veines capillaires ; on trouve bien des lésions inflammatoires des veines voisines de la peau dans un cortain nombre d'érysipèles, mais ce fait est rare, exceptionnel, et partant ne prouve rien touchant l'existence constante de la phlébite capillaire comme théorie unique de la maladie. En outre, ces exemples sont spéciaux à certains érysipèles, à ceux surtout qui sont consécutifs à des plaies graves ou à des opérations chirurgicales ; les veines, dans ces cas, sont malades pour leur propre compte, si l'on peut dire ainsi, et leur inflammation, bien que coïncidant avec l'érysipèle, en est pourtant absolument indépen*

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danle et se lie comme lui h l'existence d'origine commune.

Dans lot dm fSMP99fiXBÊÊ que n*>«s nsùDOl d'examiner ei qui iipjmrtienneni h deux malades de DOi salles, IVrysipMe axa il }>■ point de départ une lésion primitive de la peau ; cette cause est d© beaucoup la plus habituelle; presque toujours, en rherchrmi bien, vous trouverez, comme je vous IV déjà dh, qui- b*s prétendus

npMes spontanés ont eu pour point il** départ ane lésion de la jif.Mî ; IVrysipMe serait alors en quelque sorte mie maladie chirurgicale* Mais, tout m ndiuetlnut. dans 1rs érysipMes dltl ipfliïtlflfli et dans les érysipèîes chirurgicaux une première inlluence prédisposante de m A 11 le ordre, il y a des dissemblances mdtcaVs k signaler entre l'un M l'antre de res groupes, relativement à k gravita dp cette cause et au rôle qu'elle joue dans l'étal du uiainilr. Dm us un groupe la cause frnumatique est légère, la lésion Ml gravité, superficielle, comme un eczéma, un herpès, une écorchurc; dans l'autre, la cause trnumatique est sérieuse, la pu e»t grave, profonde, et elle inléresse un nombre considérable parties différentes, i>* différence* WOi expliqueront suffisammf pourquoi Ton porte, et à juste titre, un pronostic différent mu* I érysipMes dits médicaux cl sur 1rs érysipeJes dits chirurgicaut ; les seconds, en elFet, sont bien plus souvent BMrtlIl que premiers,

Puur IVrjsipHe spontané des auteur», le traumatisme 1 vous signale et qui, selon moi, préside presque hujjoiirs au dév loppement de la maladie, est sans aucune gravité; il n'esi pr que rien par lui-même dans Tétai du malade; il serait bnorideul, qu'il |EnailiH inaperçu. Le pronostic dépend alors uni quement de la phlegmasie cutanée conséculîve et de son efl sur l'économie. Dans les êryaipèle* éhirurgumui, le traumatisme est habituellement sérieux, et constitua à lui seul un danger pour l'économie, qu'il déprime et modifie déjà rousulér bleinenl pour si jwirt et pour laquelle il ouvre un grand noml de voie» pathologiques* si je puis m'exprimer ainsi* Le pi-onn doit déjà tenir compte et du t ranima Usine lui-même et tb plicalions diverses qu'il peui entraîner par sa seule lym-

phangite, phlébite, phlegtnon.<. C'esl a cet état complexe et grav» que vient s'ajouter la phteguiasie cutanée.

D'un rnfi\ l'intégrité relative de l'économie et l'absence bable de complications au moment -îpèle se déve

il un ■déra-

«mhre

DE I/ÉRY81PÈLB. 27

de l'autre, l'altération déjà sérieuse qui précède l'érysipèlc et les complications graves et presques fatales qu'elle traîne après soi, en voilà bien assez peur légitimer la différence de danger que les tuteurs ont notée entre les érysipèles dits spontanés et les érysir pèles tranmatiques.

Ne croyez pas, Messieurs, que je nie complètement l'existence de l'érysipèle spontané; ce serait aller plus loin que ma pensée. Je veux dire seulement que les faits de ce genre sont de beaucoup les plus rares. J'en ai vu deux, entre autres, dans lesquels je n'ai trouvé aucune cause traumatique, si minime qu'elle fût.

Je voua demanderai la permission de vous raconter brièvement ces deux cas, d'abord parce qu'ils sont des exemples d'érysipèles spontanés, et surtout parce qu'ils vous feront connaître une variété très-curieuse de l'érysipèle, je veux parler de la forme périodique.

Oh. III. Je vis au Bureau central, alors que j'y faisais le service, en (I4§, une femme de vingt-huit ans, qui avait eu trois enfants. — Cinq ans avant, étant enceinte et presque en travail, elle éprouva une émotion violente (son mari, blessé gravement, fut rapporté mourant chez clic), r accouchement eut lieu brusquement; l'enfant, qui naquit vivant, fut atteint peu de jours après d'attaques épileptiformes et succomba après quelques mois. Depuis cette couche, la malade était prise, au moment de chaque époque menstruelle (régulière et exacte d'ailleurs) d'un érysipèle occupant souvent la face, quelquefois Tune des épaules ou Tune des jambes. Elle a eu depuis un enfant qu'elle a amené à bien et qui , âgé de deux ans en ce moment, est atteint d'une bronchite aiguë. Cette couche nouvelle n'a en rien modifié l'état de la malade, et elle a toujours vu revenir ses érysipèles à chaque époque menstruelle, laquelle est d'ailleurs restée régulière. C'est une femme de constitution moyenne, présentant les sgnes extérieurs du tempérament nerveux et un peu lymphatique. Elle vit dans d*aaex bonnes conditions hygiéniques. Au moment où elle vint consulter an Bureau central, elle présentait une sorte de bouffissure non «torée de la face, peu marquée au nez, avec signes de congestion cérébrale, étourdissements, céphalalgie, tous prodromes qu'elle a observés dans les autres attaques. L'érysipèle a manqué seulement à la dernière époque, il y a un mois. Elle avait pris auparavant quelques doses de rhubarbe. Pendant quelque temps elle a pris un peu de quinquina et un peu de fer ; constipation habituelle.

Je prescris pour l'époque actuelle 30 grammes de sulfate de soude, et, pour plus tard, 60 centigrammes de sulfate de quinine répétés pendant trois jtmn avant l'époque.

28 DE L KKYSll'ÈLE.

Jr ne ro\is pas la malade et ne suis pus ce qui advint de thérapeutique, Peul-eire, dans des cas do ce genre, auriez-vo avantage ù employer en commençant, huit à dix jours avant Vè poque menstruelle, l'acétate d'ammoniaque, qui, à lu dose de H (8 ^riTiinriirs par vingt-quatre heures, régularise souvent forl lui* ta srrjvliiui menstruelle,

Ce médicament n'était pas de mise dans le second eus d'éry*i~ pèle intermittent que j'ai eu occasion d^observer sur une personne de ma famille.

i>bs. IV, il s'agissait» en effet, d'une femme de cinquante-quatre am, chez laquelle, au moin* rit OÙ s'établit la ménopause, les relies tarent époques exactement correspondantes, remplacées par descrysipe1.* race* Les phénomènes généraux ne Turent pus sans gravité et fur presqui-tnujmirs caractérisés par du coma*

L'attaque eu elle-même ne nécessita pas de traitement particulier, i la maladie ne eessu de se repr<>duîre que sous rinfloemv dé 7S grammes de sulfate de quinine donnés chaque jour et dont L'usage mmiiieiicé six jours avant le moment il^s anciennes époques mens utiuué pendant le temps correspondant à leur durée d'autrefois.

Je vous ai signalé cher notre second malade une paitiotdq très-intéressante de rérysipèle : c'est sa marche ambulante. médecins anciens (ri Imr opinion a cours encore aujourd'hui lii *nenee) ont écrit que le pronostic de Vérysipele ambulant plus Elohètix; la mort est, dit-on, la terminaison tres-fréque \\v cette forme de Terysipele. 11 y a dans cette opinion une ei ration kf te grande. J'ai vu un certain no mbre crérysiplaids, efl j'ai vu que la gttérison était beaucoup plus fréquente la mort* Entre autres exemples je vous citerai deux muludrs rï [uels l'érysipMe, né à la faer, un upa successivement ton mis du corps et sembla disparaître lorsqu'il ne trouva plus i nouveaux points à occuper. Chez ces deux malades, qui tu*vii'iiiu-nl surtout en uiéiuoire, la maladie fut li initie, l'étal m* pu tffei grave, l'issue fut favorable*

Cette marche ambulante de la maladie nYst réellement grave par elle-même; si en réalité «die entraîne plus de dî que la furme limiter h régulière, ce n'est qu'indirectement, i-fTet, par cela seul qu'elle *uit une marche errative, qu'elle occupe successivement de nouvelles su rfaoee» elle affecte un*- dur |»ltjs prolongée; elle tient longtemps ainsi l'économie sous sl>ii

fluence; de là une dépression plus grande pour le malade, et en outre par sa présence môme elle crée, comme on l'a dit, une opportunité morbide véritable, elle ouvre la porte à des complications; c'est donc par suite d'un affaiblissement plus prolongé et plus considérable de l'économie, par la durée du temps pendant lequel les diverses complications sont possibles et non pas par luimême, par ses qualités pathologiques propres, que l'érysipèle ambulant présente un peu plus de gravité.

Aussi, loin de s'attaquer à la maladie elle-même, à sa forme et et à sa marche particulière, c'est dans cette dépression, dans cette opportunité morbide qu'il faut aller chercher des indications thérapeutiques. Le malade a une longue période maladive à parcourir, il y a lieu de craindre qu'il ne manque des forces nécessaires pour soutenir la lutte, témoin le défaut de réaction dont il fait preuve : il faut le soutenir par tous les moyens qui sont en notre pouvoir et ne pas prendre le change en quittant le malade pour attaquer la maladie.

Le traitement que je vous conseille et sur lequel je reviendrai est loin des traitements que j'ai vu imposer aux malades, à une époque où les idées étaient moins saines qu'aujourd'hui sur l'érysipèle. Autrefois, par exemple, on insistait sur la nécessité d'arrêter par des moyens locaux la marche envahissante de lVrysipWe : on pratiquait des scarifications ou des cautérisations avec le nitrate acide de mercure ou le fer rouge sur les limites de l'inflammation, afin de l'arrêter dans sa marche envahissante. J'ai vu recourir à ces moyens, je n'ai pas besoin de vous dire quels * n étaient 1** désastreux résultats. A la même époque, alors que l'idée d* j ijifbrnmatkm était l'idée dominante en médecine, les saigné** abondant** et répétées étaient préconisées contre cette forme de X+r\*ky+. Prescrites avec discernement par les maîtres, elles étaient aj*p*#~ quées moins sensément par les disciples, qui, sans se prwoq** de Tétat général du malade, de ses forces, de sa farall* 4^ f****tance, n'avaient qu'un but : abattre l'inflammation ; mj**«rt y$s ces spoliations intempestives, ils arrivaient à abattre kvr ttnuad»- «as avoir arrêté la marche de la maladie, et, comme je lai rv *ov*> . regrettant de n'avoir pas été assez énergique», il* titoànt*^* leurs revers à trop de timidité dans l'emploi de» mr/j**».

Enfin, Messieurs, la gangrène se développe qiy^fuefc»» *k«vfinement dans d'autres formes d'érysipèle. Chez des vieillards; chez des sujets affaibli» par 4** iuujh'.s »". «u-

M I/KRY8IPÊLE.

tiiiruifs, il uYsî pu rare de voir brusquement la maladie tourner vers cette Ut luinaismi l rcs-Krave. ; la routeur prend une teint* violacée, livide ; elle s'étale rapidement; les phlyctenes, au lieu ■! contenir rie la sérosité citrine, renferment de la têtùAté *m$ nolente, puis sons elles on truuve des plaques plus ou moir profondément mort i liées,

Cette forme* presque tOUOUfl mortelle, se rencontre uêê ♦ picnmienî dans les maladies de lïri^ht et dans les affections du uœur; niais ici la gravité tient surtout à V état dans lequel Tiiifla mation cutanée trouve lu peau sur laquelle elle se développe Kien n'est plus facile eu effet, comme vous le comprendrez bien, que. de voir se moililier la peau, qui, soulevée, comprimé par ru»dèrae, n'est plu» alimentée par une circulation pleine

Toutefois, Messieurs, dans ces exemple* mêmes, \] faut encor faire certaines restrictions importantes. En effet, vous vern tes malades atteints d'affections du r<eur, par exemple, surven sur les membres reilèiuatiés *\v TÉffillMtl <ist Iko-s, qui cependar peuvent ne pas appartenir réellement à Térynipèle, Vous troui alors, quand vous examinez sur le cadavre, de vastes coagul sanguines dans les veines du membre. Tel est le fait d'un hcimn que j 'ai en <-.r ,imhii d'observé! à l'hôpital Beau joli, chez lequel, < même temps quexislait une affection du Mur, survint un cedèc considérable du membre supérieur gauche, poil sur plusieurs poi de la peau, sans routeur ér\ si| huileuse bien véritable, se dévelopf renï des plaques noirâtres, bientôt converties en eseharesgai neuses. lies accidents ftÊÂVêXIM Ires-grave* et à fonnoadynainiqtti

dedaréivnf, et Je malade succomba. A l'autopHÎc, non un caillot veineux de consistance médiocre, niais bien réellement développé avant la mort, adhérent en beaucoup de point» aujç mis \eineuses, et qui, occupant la veine sou8*elavière gauche, prolongeait daim plusieurs veines du bras du même côté, Les rois veineuses nlfi aient dans plusieurs points une surface ini et un peu rn^ucii

La gnnmvne, danjce cas et dan» Jes exemple* analogue», beaucoup plutôt sous la dépendance de l'arrêt de la cîivulation i-lle n'est pins seulement, connue nous le VOyidOS tout a l 'heur la (ouséqueni-e ■!♦" Vinllrini nifif ii»n développée sur une peau inca pable de la supporter sans mourir. Il se développe bien, datisi une certaine KKIgCfltr !1U niveau des esrhare*. el il restï»

DE I/KAYSIPÈLE. ftl

savoir à qui appartient le premier rôle, à FérysipMe nu h ParrM de

la circulation veineuse; en d'autre» tormos, cet arrM Hurol»dt*-l-ll

à l'érysipèle ou le précède-t-il ? Les éléments nie manquent pour

faire une réponse; je crois donc devoir rester, h cet égard, dm»*

une complète indécision. Mais il n'en est |>ai mnitm vnil qu'on

doil faire intervenir pour une forte part dans le cl^volnp|MMiiiMil do

la gangrène l'arrêt de la circulation veineuse, quelle que soil In

cause première qui l'ait déterminée. La gungrene est «Ioimî alors

le résultai d'un arrêt mécanique de h circulation, et lion le fait

d'une inflammation de nature spéciale. Remarquez toutefois,

Messieurs, qu'à tout prendre, si l'on voulait un |xmi forcer le*

rapprochements, wtt* stue sanguine est en quelque sort* IV*-

tension, à de plus gn* mm» v&sculaires, de ce qui se panM* dan*

1« capillaires 1m àt riuflu&aiatkiu. puinque les ''lud** inirrowjo-

piquf-» démootnsi qu* it «as*»- de* globule* MMjrujn» daim \*+ **»

pilaire* dikoé» costsm^ a j**vju emetéristiqu* d* J iulUtuiièM-

ima parfaitcsitsc ôtmmujik^

s*** **-i Faii r ±± *• «ii» i" ** ;*i ▼'.»:• - M***#»*vf» . v? )'aj*>

f£- r^HT C«X^ MZBl» taU •*-->• liU»*nr **■ OU- iU. HUM».. **' ci*.>nr

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DE I/KRYSIPKLE.

visions sont surtout empruntât**. Tout d'abord la forme inflamoratoire, celle que priaanfe le malade dont je vous parlais il ri) a qu'un instant et qui vient d'entrer dans nos salles : danioriii.-, h pools rst vif et fort, la céphalalgie intense, la pea! brûlante: la maladie ■ été précédée de frisson, de malaise »-t de courbature, suivie bientôt de tous les symptômes iTun état fébrile franchement exprimé. C'est à cet ensemble, qui rappelle le\pr»>- Sion la plus vive «le l'inflammation, que relie forme empnmlr fl dénomination particulière. Dans la forme dite muqueuse, I pUi coïncide me tous les signes de rembarras gastrique : la L Ml couverte d'un enduit blanc plus nu moins épais, la bouche est paleuse, mauvaise, l' haleine fade, la céphalalgie ^ravalhe,!? veinent fébrile moins vif, moins nettement exprimé. Ou coi aussi une série de phénomènes qu'on ne retrouve pas habituellement dans la Forme précédente : ce s. ml les nausées N b mîssenients utuqucu\| qui signalent le début et même persi {tendant la durée de l'éruption. Tels étaient nos deux premiers malades.

Mutin il est une troisième Forme sous laquelle se manifeste; symptômes généraux qui accompagnent l'éruption érysipâaletw: ♦■"est la forme bilieuse* cl alors, en même temps que lérvsj on observe tous les symptômes rie l'état bilieux : teinl riquedc la face, piut amer et fétide de la bouche, langue jaunâtre, vomissements de matières bilieuses, allaitement pi moins marqué, réaction habituellement peu \

Voilà les trois formes symptonuitiques principales souquelles se présente l'ensipéle. Toutes (rois, Domine vous le vo

sont la coiiséqueure de l 'apparenrr qu'offrent les symptôme* jlltttl q>iï ocroiiipagncnt l'éruption.

Certains ailleurs ont encore admis une forme ataxique et forme adynamique; mais ce m- xuit pas là des variétés parli lières de l'én^i|«« ni de \ e niables coniplicai ions qui

vent survenir au milieu de l'un des trois ensembles que

Illi'liUm

Kn examinant ainsi et en analysa ni les symptômes que peut offrir l'érysipek et les complications qui peuvent Battre pendant su durée, nous sommes n un lu il à rechercher la valeur opinion émise sur la nul un.1 de Pérysipèle et sur la place <juTîl cou vie ni de Lui assigner dans le cadre nosolugique.

D'autres auteurs ont voulu, dans l'appréciation de la vain,,

phénomènes divers, subordonner complètement les phénomènes locaux aux symptômes généraux et retirer aux premiers toute importance.

L'érysipèle est-il une pyrexie, comme l'ont dit et le disent encore aujourd'hui ces auteurs? Est-il une fièvre exanthématique, au même titre que la rougeole et la variole ? Je n'accepte pas, pour ma part, cette opinion qui, je le crois, est née d'une remarque juste assurément, mais dont on exagère les conséquences. Cette remarque, la voici :

C'est que, lorsqu'on arrive à faire disparaître rapidement les phénomènes généraux, comme on y arrive quelquefois, on voit rapidement aussi, dans .ce cas, la lésion cutanée s'améliorer. 11 y a certes dans cette relation connexe entre l'état local et l'état général de l'érysipèle quelque chose qui le rapprocherait de la rougeole par exemple, dans laquelle l'éruption et les symptômes généraux marchent presque du môme pas. Mais c'est aller trop vite que de conclure de l'analogie à la similitude complète, d'autant qu'on peut opposer à cette manière de voir des arguments qui sont loin d'être sans valeur.

Je vous ai dit qu'une lésion traumatique de la peau était un wrde presque obligé de l'érysipèle; cette idée de traumatisme probable exclut déjà, pour sa part, l'idée d'une maladie générale, d'une pyrexie.

Un autre argument contre cette opinion qui voit dans l'érysipèle une véritable pyrexie, c'est l'influence si évidente qu'exercent sur l'érysipèle et sur sa forme, d'une part la constitution médicale, et d'autre part la disposition individuelle de chaque malade. Il y a donc pour la détermination de la forme que prendra la maladie des influences multiples et variées qui la font dévier tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, selon la prépondérance de telle ou telle de ces influences. Ainsi vous savez tous qu'à certains moments tous les érysipèles revêtent la forme muqueuse ou la forme bilieuse, selon que l'état muqueux ou bilieux vient en quelque sorte s'imposer à toutes les affections; il est impossible de rattacher ces formes au génie de l'érysipèle lui-même, puisque, dans un même moment, toutes les maladies de siège différent, pneumonie, pleurésie, érysipèle, etc., revêtent une même apparence générale. Cest là une action étiologique commune, une constitution médicale, mais qui n'est en rien spéciale à l'érysipèle. Bien plus, que cette communauté de forme, que cette constitn-

DE l/KRY&IPÈLK.

mm

QKIt

tion médicale rtjcnr ou ne rtgpe FM* OU voit souvent dans un même lieu, dans une mêlai salle d'hôpital par exemple, deui éry~ sip&las, tims dem d'origine identique, présenter une eipreerien symptomatiquedinVTentejrest tu< que nous voyons en ce inorai dans les miles, puisque, somme je vous l'ai fait remarquer, dernier de nos malades offre une forme purement tuflaumiat donl les mitrci HÉ reproduisaient en rien l'expulsion. Os différenées dans la forme ne peuvent tenir qu'à des manières dé réagir différentes t&M les divers malades. On ne peut voir !à que dt* influences qui émanent de l'individu. Deux sujets ont reçu II même geifBe pathologique; eu vertu de dispositions acquises df longue date, ils développent OC germ6 avec dot apparences dis-

.hlables.

Pure qnfltfifil de terrain, comme vous voyez; Bl je ne sai trop vous le répéter, résistez à cette tendance qui veut pla< la maladie elle-même, dans son essence, dans ses propriétés, la son des formes diverses quelle puul affecter. Ce sont les indhid qui ont des manières spécial es de ressentir les affections divei

La nombre des maladies qui ont un génie spécial ri portin

est beaucoup plus restreint qu'on ne le dit dans ces temps-ci; re sont lit les véritables maladies epécitiques, beaucoup d'entre elles sont virulentes. Je ne veux pas les passer toutes ici en revue; peut-être même serait-il possible d'en supprimer quelques-unes de celles qu'on admet généralement; mais c est là un travail que je ne veux pas leui -r devant vous; il appartient à U pathologie générale. Qe que je liens à vous faire remarquer» c'est que, dans cm affections, dans lesquelles la spécialité n'est pas doul ie de T individualité est considérable, rar la variole de ne sera lias la variole de l'autre, fût-ce dons nue même demie.

Cu nous restreignant à la maladie qui noue occupe, nom pgyOfl* que dans tous les ca* évitants, à un même moment* c'est toujours un érysij>èlc qui se développe; mais chaque sujet s*- l'appropiie en quelque aorte et en modifie le* i na m festations suivant

ptitndat ptrtiefllièree,

>re porté certains médecins à accorder à VérysâpUe un génie spA ial, à en faire une pyrexie, cVsi qu'il quement, r'esl-à-dirr que cette maladie devient surto ut fréquente dans certains moments. Il y a alors, par exemple, impossibilité de produire une plaie, sous peine rie voir presque sureiu

iem apm-

raîire cette complication chez l'individu que Ton opère. Mais cela ne change nullement la place de la maladie dans le cadre nosologique. C'est là une question d'étiologie accidentelle, si je puis ainsi dire. J'admets bien l'existence d'une influence générale inconnue dans son essence, en vertu de laquelle l'érysipèle se développe avec plus de facilité. ; mais la fréquence de son développement à un moment donné ne modifie pas, à proprement parler, sa valeur nosologique, et ne doit pas plus en faire une de ces maladies, encore mal connues dans leurs véritables conditions patbogéniques, que Ton appelle des pyrexies, pas plus que la répétition de la pneumonie sur un grand nombre d'individus, à une même époque, ne doit faire ranger la pneumonie dans un point différent du cadre nosologique et en faire une pyrexie véritable. Ces circonstances d'épidémie, de constitution médicale régnante, sont d'une haute importance pratique; cela n'est pas contestable on seul moment. Il faut vous habituer à en tenir un grand compte, si vous voulez faire de bonne médecine pratique ; mais cela ne fait rien au fond nosologique des maladies, si je puis m'exprimer ainsi. Et pour ne pas sortir de nos sujets, l'érysipèle et la pneumonie sont toujours des inflammations, mais des inflammations offrant , dans ces cas divers, des caractères secondaires et des complications qui modifient leur apparence sans modifier leur nature.

Le rôle de l'influence épidémique, influence dont le secret nous échappe, c'est de créer chez un grand nombre d'individus, à un même moment, la même espèce pathologique, et d'exploiter à son profit tous les éléments morbides. Il en est ainsi de toutes les épidémies ; toutes les influences dépressives favorisent le développement de la maladie régnante chez les individus; les excès de toutes sortes, les fatigues sont autant de causes déterminantes. H en est de même de l'érysipèle; quand il règne épidémiquement, la moindre cause l'attire sur un sujet. C'est en raison de l'épidémie que l'érysipèle attaque un malade, mais c'est en raison des aptitudes du malade que l'érysipèle épidémiquement développé est modifié dans ses formes. Cela est si vrai, que, à côté des malades inventent afffectés et offrant des symptômes très-menaçants, vous t?ei chez certains sujets des érysipèles sans aucun phénomène de réaction soit générale, soit sympathique; pas de fièvre, pas d'état muqueux ou bilieux; un peu de rougeur de la peau avec un peu dr malaise constitue toute la maladie. Les faits de ce pnuv ne sont

DE LT-AYSiPÊLE.

pas rares, Voilà des différences individuelles dans les symptfl généraux.

Il peut s'en présenter dans l'éruption elle-même, et là encore un tel changement est la conséquence de Féiat individuel. Ainsi, chez des individus épuisés, cachectiques, qui portent en eu* des causes d'infiltration séreuse, on voit souvent des érysiprles qui, noiïnint aucune coloration muge de la peau, ont été appelés érjsipMes blancs.

Vous avez pu voir dans nos salles, par exemple, >u mois de novembre dernier, une femme atteinte de maladie de Brighl qui, | irise d'un érysipMe de la face, a offert cette dernière variété dont je vous parle. Elle Tut en effet prise de nausées, de vomissement*, de fièvre, et Ton observa coiiu ne settk trace de l'éruption un gonflement circonscrit en une plaque blanche luisante, nn peu saillante, un peu œdémateuse, sans aucune coloration, même occupant le nez et les joues : c était bien là un érysiptle ; mais lui manquait la coloration rouge. On dirait que, dans ces cas. lin dividu n'a plus assez de globules sanguins pour produire la teinte habituelle de Férysipèle.

J'ai déjà beaucoup insisté sur les symptômes gastriques et encéphaliques qui accompagnent Térysipèle; j'y reviens cependant encore pour rechercher s'il nTest pas possible de comprendre un peu leur développement en examinant ce qui se passe dans d'antres cas de pathologie. On a dit que les troubles du ûôté «lu tube digeslif el du côté de l'encéphale résultaient de l'extension de là pldegniasie cutanée sur la muqueuse intestinale et sur la séreuse encéphalique. Les troubles gastriques oui même été désiglkél par certain» auteurs sous le nom d'érysipeie interne. Celle opinion, I été reprise dans ces temps derniers par un de nos collègues dm hôpitaux ; je dis reprise, puisqu'on la trouve dans Hippoerale et répétée d'Age en âge dans les auteurs, et que Cullen eu pgrtknSeff a insisté sur ce point. L'idée des métastases dans les maladies, si en honneur chea: les anciens, était déjà une des faces pour ainsi dire de cette opinion. Maïs les auteurs dont je veux parler ne se sont pas bornés à l'idée «le métastase, ils sont plus explicites à Fégard de l'émipèle; ils décrivent, en effet, avec le même muii l'extension au dedans d'une inflammation érysîpéïateuse * l'alun extérieure.

Ainsi ouvrez Hippoerale (Âphtirismes, sert, vi, g 25), vous lise/ ers mots : " Il est fâcheux qu'un érysipèle répandu au de-

hors rentre en dedans, mais avantageux que du dedans il vienne au dehors. » (Trad. Littré, t. VI, p. 570.) Ce passage est répété au livre des maladies (liv. I, § 7).

Dans les prénotions, p. 360, le môme auteur signale le lien qui unit Férysipèle à l'angine et répète qu'il est avantageux que l'érysipèle se tourne au dehors et mortel qu'il se tourne au dedans. Mercurialis (p. 598, édit. Lyon, 1673), Cullen (t. I, p. 218, § 276) expriment la même opinion. Brown (p- 237, § 382) décrit l'érysipèle de la gorge, et p. 242 l'érysipèle tonsillaire. Ces citations prouvent clairement l'opinion de ces auteurs touchant l'existence d'un érysipèle interne.

Laissez-moi ajouter, Messieurs, que mon maître vénéré Biett, dans ses leçons cliniques, appelait toujours notre attention sur cette extension au dehors de l'inflammation érysipélateuse de la gorge et sur la propagation à l'arrière-gorge de l'érysipèle delà face, propagation qui, selon lui, s'opérait surtout par l'extension de la rougeur à travers les fosses nasales. Du reste, pour Biett, cette coïncidence d'une éruption interne avec une affection de la gorge et de la bouche, ou, pour mieux dire, cette extension de l'une aux autres ne se bornait pas à l'érysipèle. Il nous a souvent fait remarquer les mêmes faits pour l'angine granuleuse, qu'il considérait comme une sorte d'acné de l'arrière-gorge signalant la coïncidence si fréquente de cette angine avec l'acné de la face ; comme il nous a maintes fois signalé la coïncidence de l'herpès du voile du palais et des amygdales (angine couenneuse commune de Bretonneau) avec l'herpès labialis, et aussi la coïncidence de certaines opbthalmies avec l'herpès. Enfin il nous avait appris à considérer comme de véritables poussées d'eczéma certaines angines qu'on observe chez des sujets atteints d'éruption de cette nature.

En vous rapportant ces citations, mon but n'est pas d'attaquer ou d'amoindrir les travaux dont je vous parlais. Il y a certes de l'inconvénient à vouloir se maintenir dans les seules opinions des anciens, et souvent ce sont, à mon avis, des arguments trèscontestables que leurs opinions, quand les travaux ultérieurs ne les ont pas confirmées. L'autorité d'un grand nom n'a pas, selon moi, une valeur scientifique absolue. Non sapit nisi detur ejtis ntw. Mais s'il y a inconvénient à se laisser absorber par les anciens, il faut aussi se garder de les négliger; on s'expose, en effet, alors à donner comme nouvelles des idées déjà très-anciennes et aussi à hisser échapper certaines idées excellentes et qui, u *yint

58 DE L'Etnsiiui !..

plus cours aujourd'hui, peuvent cependant ttTf des plu* utiles.

Ainsi dune les anriruâ connaisse i»'ni It coïncidence de lVrysipèlr avec l«s angines, avec des 1 roubles gastriques; Us *m\ été plus loin, ils en ont donné l'explication par lVxti-nsinn de la maladie & la surface de la muqueuse; cette explication rajeunie aujourd'hui esl-eile vraie?

Faut-il admettre que rinilammation du pharynx eL de la peau soit une seule et même chose, quand l'érysipele succède k une angine? que la muqueuse gastrique soit le ttégft d'un véritable ♦ ry>ipéle quand, pendant le cours d'une inflammation cutanée, il survient des nausées et des vomissements?

11 y a des distinctions h Taire. Ainsi, quand ou \oir dans une angine la rougeur envahir la bouche, le pharynx, 61 s«nlir par les HNM nasales pour se reqwtudre sur les joues et le nez, on peut admettre qu'il \ I 11 une extension de rinilammation de Tai-rien gorge à lu surface cnlauée. Mais il ne faut désignai1 alors l'angine observée sous le nom d erysipèle interne que si on attache 1

Dût ér$Mtpèà valeur tond à fait jKirticuIière, si on y \*n<

agent spécifique, coinme la syphilis, se reproduisant partout «v Ah caractères spéciaux identiques, Autrement, rumine chaque inflammation a reçu, d'apis son siège, un nom particulier, il semble que ces faits doivent être désignés sous le nom d'éryri] compliqué d'angine ou d'angine compliquée d'érysipèîe (selon 1a succession des symptômes), si Ton ne veut aider encore a la . fusion qui règne sur beaucoup de points en pathologie.

Quant aux troubles gastriques observés dans lu maladie que nous étudions, il n'est plus possible de les interpréter de la même manière et d'y voir la pmpagaiion de l'érysipele sur la muqueuse gastm-iniestinaK Nous ne saisissons plus, en effet, la continuité de cette inflammation sur les surfaces, et il fondrait admettre que k maladie pâMâl par-dessus une certaine étendue de la muqueuse pour se porter sur un point plus éloigné. Rien ne permet d'admettre qu'il eu soit ainsi, rien ne démontre, rien ne peut démontrer HÉ seuil ilahle marche.

Cherchons alors quelle interprétation peut être donnée à la présence de ces symptômes, el cherchons s'il u'est pas en pathologie des faits simples, quant à leurs relations et à leur origine pat hogéniques, qui puissent nous renseigner sur la valeur de »

». Or nous trouvons les mêmes manifestations du côté du tube digestif dans un accident qui est du domaine de la ohirurgk

DB I/ERYS1PÈLE. »

qu'on n'accusera certes pas d'être une pyrexie : je veux parler de la brûlure, si elle a une certaine étendue.

Une grande analogie existe assurément entre les phénomènes locaux de la brûlure au premier et au second degré et l'érysipèle. Les phlyetènes habituellement observées* dans cette dernière maladie complètent pour ainsi dire l'analogie * Or, dans une brûlure au premier degré, il survient très-rapidement de la fièvre et des troubles gastriques, nausées et vomissements, qui varient d'intensité suivant les individus et suivant l'importance de la brûlure; si bien que, dans les brûlures graves, au lieu d'une simple stimulation fonctionnelle du tube digestif, on peut constater, comme je l'ai vu deux ou trois fois dans ma vie, des désordres graves, et même de véritables hémorrhagies intestinales. Lorsque je vous présente ce rapprochement, Messieurs, n'allez pas cependant plus loin que ma pensée : je ne veux pas dire que dans Férysipèle tout est subordonné à la lésion de la peau ; je veux seulement vous montrer que le rapprochement entre l'érysipèle et la brûlure est tout fait en quelque sorte. Or, puisque, dans la brûlure, le tube digestif est pris sympathiquement, il me parait raisonnable d'admettre que dans l'érysipèle la même sympathie du côté de l'estomac peut être mise en jeu, et de rap* porter à cette sympathie les phénomènes dont nous recherchons en ce moment 1'interprétatioh.

N'y a-t-il pas dans le traitement une preuve à l'appui de cette idée, que la souffrance du tube digestif tient seulement à la sympathie et non pas à une inflammation coïncidente ? Le vomitif serait-il tout-puissant contre ces troubles gastriques, s'ils étaient l'expression d'une inflammation érysipélateuse de la surface gastrique? Pourrait-on même admettre ici l'action substitutive du vomitif? Non, certainement. Sans accepter complètement cet aphorisme hippocratique : Naturam morborum oslendunt cura-* /io«e», aphorisme souvent impossible h légitimer, je note cependant qu'un moyen qui n'est nullement untiphlogistique triomphe des phénomènes intestinaux.

Voyons maintenant ce qu'il faut penser des troubles cérébraux «eurent observés dans les cas d'érysipMe.

Chez deux de nos malades, vous avez pu remarquer du délire ; g» délire varie dans sa forme et dans son intensité. On lui a trouvé an* anse de même nature que celle que Ton a voulu nssigner aux traite» gastriques. On l'a rattaché à une inflammation des mé-

la mm itmfl

40 DE L'ERYSIPELE.

gingeeiqui s'établirait fuir voie de propagation, et I os vaisseaux du

velu ont été OQQBidéféfl coninio les conducteurs de U

Il vtn tu enveloppes de IVneéphai. i i admettre «

•t de* relations de continuité entre Jes vaisseaux du cuir che-

ri ceux des méninges ; or ces communications vasctilaim

ittentpas; Dupuytren est venu, pai ui-

EtéftBl la théorie de î'émipele rnéiiiiigAe.

partisans de celte doctrine ne se sont pas tenus pour bauu>;

• iti trouvé, toujours avec l'idée de l'inflammation propap

uni- antre voie de communication. C'est par le tissu cellulaire dm

paupières M àè lurliile i|iitimï | pensé que lintlammation érysîpé-

la jeune pouvait se propager de la face aux méninges, GtttS evpli-

uitioii nVsi pas admissible; il est impossilue qur la phlegmam

Invente ti n tissu cellulaire aussi lâche que celui de l'orbite sans y

lai**er de 1 races; or, chez les sujets morts d'érysipMe de la face

,.|,i. ■•-. .ivnji eu du délire, on ne trouve j>as constamment

d'inflammation dans l'orbite,

sùl faut renoncer à cette explication, et je n'ai sur ce point aucun doute, comment interpréter la présence de ces troubles rére> brau\? le-i encore il Tant invoquer la sympathie; ici encore J exemple que je vous donnais tout à l'heure, à propos des trouble* intestinaux, peut nous fournir d'utiles enseignements, et il confirmera tout à la fuis la valeur de l'analogie que j'ai cherché à établir entre rérvaipfele et la brûlure. Dans cette dernière, en effet, ire est un symptôme fréquent et qui ne tient pas à une inn des méninges, c'est un phénomène purement nefv,uv | pourquoi m détire de l'érystpèk ne serait-il pas de même inihiM ' Sans contredit, il est possible que la méningite o ,

,n *'-i\»ipèh\ elle peut même être favoriser dans son loppi ment par J'eryripèle, mais ce sont là des cas tout à fait eveptlcmnela; dans l'immense majorité des exemples, le déUj f un délire purement nerveux.

/ v bien garde, Messieurs, ce n'est pas ici une simple I. de moU, une simple affaire de rigorisme pathologique, question de savoir si le délire observé chez les indivis du» nlleiiiln d erysipête est lié à une inflammation ries méninges, nu ■ || eut wulement l'effet dune sympathie morbide. A l'opinion , adoptera imr ce sujet se rattache une théra|>eu tique essentielle mHd différent**, et le tniilement du délire survenant dms nou» offre même un de ces exemple» les plus frappants

DE I/ERYSIPÊLE. 41

de l'influence des idées doctrinales sur la thérapeutique. Ouvrez on livre d'un médecin du commencement de ce siècle, comme je le faisais il y a peu de jours, alors que je préparais ce que je voulais vous dire sur ce sujet ; si vous lisez une observation d'érysipèle accompagné de délire, vous y verrez : « Le délire survint pendant Térysipèle, et le malade succomba malgré des émissions sanguines répétées. » Si les idées que je cherche à faire prévaloir auprès de vous sont justes, il faudrait changer cette rédaction et dire : « A coûte des saignées répétées. »

En effet, rien n'est plus dangereux que les émissions sanguines dans le délire nerveux de la brûlure, il en est de même dans lerysipèle compliqué de délire. Vous pouvez voir vous-mêmes par ce qui s'est passé chez un des malades placés dans nos salles, que, abstraction faite des idées théoriques que je viens de vous présenter pour combattre l'opinion qui rattache à une inflammation méningée le délire observé dans Térysipèle, le traitement dirigé contre cet accident a confirmé ma manière de voir sur le point de départ tout à fait sympathique qui doit lui être assigné.

Oas. V. Yung (Léon), dix-huit ans, tonnelier, entré le 4 janvier 1863 salle Saint-Paul, n° 41.

Ce malade avait déjà depuis longtemps de l'eczéma des narines, lorsqu'il y a quatre jours il a été pris de fièvre, mal do tète, perte d'appétit, soif, bouche pâteuse, amère ; pas de vomissements, constipation, douleur dans les ganglions sous-maxillaires, qui étaient déjà gonflés depuis le début de son eczéma.

11 y a trois jours, apparition de la douleur et du gonflement érysipélateux au pourtour du nez ; rougeur et gonflement qui gagnent bientôt les yeux et le cuir chevelu.

A l'entrée, pouls, 84, large, plein, peau médiocrement chaude, réponses nettes, pas de céphalalgie, a bien dormi cette nuit ; langue sèche, couverte (f un enduit épais ; constipation. Rougeur et gonflement érysipélateux occupant la région du nez, des yeux, dont les paupières sont fortement infiltrées et tombantes, du front, des tempes et des oreilles. (Ipéca, l*r,50, bouillon.)

Le 5 janvier. La nuit a été agitée, le malade a beaucoup parlé ; pouls, 88, bis feritns, peau plus chaude et plus sèche qu'hier ; langue sèche, fendillée, pas de vomissements ; sommeil agité,' réponses plus lentes et moins faciles qulûer matin ; Térysipèle a envahi la presque totalité des régions fMhétale et occipitale. (Eitr. aq. d'op., 10 centigrammes; lav. musc, 0,30 ; laud. Syd., 6 gouttes.)

Le 6. Délire, pas de soubresauts des tendons; pouls, 88, bis ferienê,

PK LlHVMIM I !

chaleur et !*échereHse dp la peau; menie état -l< la lanfo«| rér envahi la presque totalité du cuir chevelu- («L extr. aq, d'opium! I lijrrammes; lav. avec musc, 0,40, ImiiL Syd,, (I ^uuttes.l

Le 7, Pouls, 76, plein, large, dur et rebondissant, de telle qu'il semble y avoir deux pulsations ; délire loquace et continu, langue toujours sèche, cuir chevelu envahi dans toute suti étendue. (Bouillon t vu le délire, eitr. aq« d'opium, 0,2;* eu douze doses; lav. iimi^, 0,t Uftid. Syd., 6 gouttes.)

Le 8, changement complet* Puuls, £j6, peau douce, moh>, langue] mîde, couverte d'un enduit blanc peu épais; réponses nettes et sommeil bon ; pas trace de délire, (Bouillons, evlr, aq, d'opium, 0,! biv, musc, 0,10, laud, Syd,, Ô goui1

l,e il. Pouls, 64, sans chaleur de la peau; langue lisse, ifcflbo^i duit, dépouillée comme dans la langue m arlatineuse, mais sans eu avg la rougeur; les yeux s'ouvre ni lac île m eut, le tfontlcinent érysipel la Tace diminua beaucoup; sommeil bon, pas de délire; l'appétit revifl (Extr. aq. d'opium, 0,2"» ; U> musc, 0,40, lamL Syd», 0 goutter.)

Le 10. iVoils. 72, un peu de chaleur de la peau; douleur au niveau i dos; l'énMpéle couvre la moitié supérieure de la région postérieure dot; pas de délire; sommeil bon. [Supprimer le musc et ne plus doiltl que 0,i.i d'opium : quatre bouillons; saupoudrer le dos ave de I amidon

Le ! 1 , Pouls, tiO, peau tonne, langue rose et humide, pas de diurrhr un peu de constipation; pas de délire ; intelligence très-nette ; *on»n très-bon; Térysipeie du dos a lieaucoup pAli et n*3 s'est pas étendu; i rivage, l'épub'i -■■ f- - -i è tube* (Heu* putËj

Le 12, Pouls, 00, peau très-bonne ; l'en si pèle sVm eomp' effacer (Suspendre tout traitement

Le t •!, Les paupières sont ivstérs bouffies, pas de douleurs dtiit* ' reins; jjûa d'albumine dans les urines; |ws de tuméfaction des euremit L*atteiitHni m porte sur cette tuméfaction des paupières, qui est le premier signe d'une gangrène des paupières consécutive à lYrysif' de U face.

Pouts, <»t, peau tonne, langue ml te., appétit, sommeil boa ; pas

éffin

Le H. \jt tuméfaction des paupières a un peu augmenté, surtout droHe : mil i<- malade m toujours eottafei sur ol bMx

Le 15. Le gonflement a envahi le nez et la moitié inférieure du et a pris tfDtUtatl franchement é rvsipé la teuse ; pouls t 70, |ieati chau euduit «aburral d. la ItttgM ; pas de délire, (Compresses d'eau de -

Le 15, Le front et la partie supérieure des joues sont envahi* de l vfcau, les veut s'ouvrent trés-dïflkilenient ; la nuit a Hè airitee, sans < lire à proprement parler; pouls, 84, plein, peau très-chaude, eti tres-énaisde la langue, salive visqueuse; constipation depuis deui j I tache* pa puleuse** À la face, au niveau du menton et

DB 1/ERY81PÈLB. 43

vres ; lâches qui font redouter l'invasion d'une variole, car le malade n'a jamais été vacciné.

Le 17. Délire très-violent cette nuit; ce matin, le malade répond facilement et ne se plaint que de la douleur que lui cause son érysipèle ; celui-ci a envahi une partie du cuir chevelu et les régions temporales. Pools, 96, dur, peau brûlante, sèche ; enduit très-épais et blanc jaunâtre de la langue, salive rare, papules répandues sur toute la surface du «wps; quelques-unes, à la face, sont déjà acuminées et surmontées d'une petite vésicule bien visible à la loupe) l'éruption parait devoir être contante, car à la face ces papules se touchent par leurs bords et déterminent, aidées par la tuméfaction érysipélateuse, un gonllement général de la face. (J. ac. d'ammoniaque, 8 grammes; J. extr. de quinquina, 2 grammes ; bordeaux, 200 grammes, bouillons.)

Le 18. Tout le corps est envahi par une éruption extrêmement confluente, surmontée de petites vésicules acuminées et remplies d'une sérosité lactescente. Cependant on voit que d'autres acnés ont apparu, papules non encore acuminées. Pouls. 92, dur, peau brûlante, salive rare, poisseuse; délire violent. (Extr. aq. thébaïque, 0,15; l'albumine réparait dans les urines.)

Le 19. Pouls, 98, peau très-chaude; a vomi ce matin; pas de rachialgie, Y éruption reste stationnaire, de nouvelles pustules se sont encore ajoutées et soot tellement confluentes et pressées, qu'il y a un véritable soulèvement de la lace et des mains. L'éruption se compose de soulèvements pepuletti très-nombreux et de petites vésicules légèrement blanchâtres et «i volume des vésicules d'herpès; le tout d'une coloration d'un rouge intense. (Même prescription.)

Le 20. L'éruption est stationnaire ; au tronc et sur les membres elle repose sur un fond lie de vin, et même dans la fosse sous-clavière droite et à te face interne de la cuisse droite on voit cinq à six points d'hémorrfcagie sous-entanée ; points très-petits. (Même prescription.)

Le 2t. Même état; quelques vésicules nouvelles se sont montrées sur tes papules, mais toujours très-petites.

Le 22. Hémorrhagies par le nez et par la bouche, les vésicules se sont agrandies, mais restent affaissées ; pouls, 90, dur et plein, narines et booche remplies de sang concrète, sang qui forme de longues traînées «r la figure; gonflement considérable et uniforme de la face, les yeux restent fermés; délire et abattement. (Suspendre l'opium, continuer le iwte de m prescription et appliquer à l'épigastre, aux bras, aux avant-bras, au cuisses et aux mollets de larges vésicatoires.)

Le 23. Pouls, 100, serré, peau extrêmement chaude; nouvelles hé- ■urrhagieft, le sang remplit toujours les narines et la bouche sous forme f endott concret et noir, l'éruption a toujours cette forme pointillée ; il est un peu plus réveillé ; les vésicatoires ont bien pris.

Le 24. A beaucoup moins déliré ; l'éruption sort, mais toujours cette

DE L'ERYSIPÈLE.

apparence erisUtline; pas trace de purulence ; sang dans quelques- une s< nsitr sanguinolente «'échappant des vésîcatoires de Tépigastre et < mollets; pouls, 08, plus relevé.

Le 25, Délit e celle nuit; même état exactement.

Le 26, Nouvelles hémurrhagios par le nez, par La bouche et vésîcatoires ries mollets et de rêpïgastre ; odeur cadavéreuse extrèmen pfODOUcée ; l éruption reste toujours plaie, sans purulence.

Le 27. L'êpiderme des deux bras, dans toute leur hauteur, s'enlève < un seul lambeau et montre le derme ecchymose el surmonté des papilU qui sont érigées ; pouls, 04, très-serre ; a eu du délire, reste insensible i ce qui l'entoure» car il s'aperçoit à peine qu'on le panse; répond cep dent ivee netteté.

Le 28. Mort.

Le "'♦ Autopsie. Odeur extrêmement fétide de décomposition avanc ÛÛOtiriim ecchymotique des téguments dans les parties déclives.

Poitrine. Adhérences générales et extrêmement résistante ta plèvres.

Poumon droit congestionné à sa partie la plus déclive; pommai i lk- de couleur noire dans les deux tiers inférieurs de sa partie post* rieure, coloration qui permet de voir de petits groupes de points jaunes du volume d'un grain de semoule; incisés, ce sont de petits abcès tastatiques; d'autres se rencontrent dans Tépaisseur du poumon, seulement dans la portion ainsi culorée en noir*

Kriabililè extrême du parenchyme dans les trois quarts postérieurs < in fé rieurs; il tombe en quelque sorte en un pu tri luge noir d'où i deur extrêmement fétide, qui est celle de la gangrené..

Itans le reste des poumons pas d'abcès métastatiqm g; rien dans Mb.

Cerveau , Sin > d'un sang noir et épais ; veines superficielUs i

cerveau formant un lacis serré et de couleur noire ; la pie- mère «si filtrée d'une sérosité trouble très- abonda nie à la convexité ; pas de pu ptl de fausses membranes; mais, toutefois, l'arachnoïde est plus épaii au-dessus des hémisphères cérébelleux.

Cœur rempli de caillots gâtée de groseille, pas d'ecchymoses, pas met de sérosité dans le péricarde.

Reins fortement congestionnes ; pas de sang.

Dans cette observation je htisse de côté la terrible affection i reloppa dans la ooimdeseenee et entraîna la mort du malade* Je m* recherche rai jkis quelle gravité elle B empruntée à cette ' DQDflttÉêè, qu'elle élait une affection secuiidahv et qu'elle a chez un sujet déjà durement éprouvé.

Je veux seulement vous faire remarquer l'influence du trait'

ment dirigé contre le délire rattaché à l'érysipèle. Vous voyez que ^administrâmes à ce malade l'opium à la dose de 10, 20, 25 centigrammes par vingt-quatre heures, que c'est lorsque nous arritimeskune dose élevée que le délire cessa brusquement. Est-il possible d'admettre un instant que l'opium triompherait aussi brusquement d'un délire qui serait lié à une méningite? Rien de {tos simple, au contraire, que de voir un délire nerveux, un défe sympathique se calmer ainsi sous l'influence de ce moyen. Ce tût n'est pas le seul dont j'aie été témoin; des faits qui s'étaient psefesous mes yeux alors que j'étais interne des hôpitaux, m'a- ' nient éclairé sur la valeur des émissions sanguines et sur l'absence fréquente des lésions méningitiques dans les cas d'érysipèle. Aussi, depuis que j'ai été placé moi-même à la tête d'un service d'hôpital, j'ai recherché la valeur des phénomènes cérébraux que bws venons d'étudier, et des faits analogues à celui que nous menons d'analyser se sont présentés en grand nombre à mon observation, avec des formes plus nettes encore et avec des résultats constamment identiques.

Ce n'est pas que je veuille dire que cette idée de la valeur puremt sympathique des troubles qui dans l'érysipèle se manifestent vers l'intestin ou l'encéphale soit seulement mienne. Je la défends, voilà tout; et j'insiste auprès de vous sur ce point, parce qae je crois cette idée juste et parce qu'elle est une source trèspérieuse d'enseignement pour le traitement de cette affection et pour cefad de beaucoup d'autres, dans lesquelles un semblable délire peut être observé.

% maintenant nous cherchons à préciser ce qu'il faut penserdu

froDoetic dans la maladie que nous étudions, nous verrons que

pr lui-même* en tant qu'affection cutanée. Féry»ipèle est une

mbdîe assez peu grave, lorsque la peau ne présente pas les

tteheases dispensions «Tinfiltralion oedémateuse que je vous ai

agnlées dans la dernière séance : ce n'est donc pas à la lésion

et k peau qu'il faut demander W élément* du pronostic: il faut.

fm se fixer à cet égard, interroger l'étal du malade, la forte pro-

Ule de m ouistxtution. H apprérn-r la valeur d** symptômes

ffiaéfiux qui se manifestent

J'arrive an tnûteinen: qui ^«orient d'habitude à Jérysipêle : il lipnud deux partie, ï* in*d*a7Jorj trique et la médication gé- •We. Examine*» n^à*"*^ r^nzi d*- «* deux pûnt*. Toot a Hé cwanbé «ony- v^qu-. depuis k* chose* m> piu§

DE L'EBYSIPELB,

mendiantes jusqu'aux moyens les plus énergiques. On a vanté des scarilieations faites nu eenliv il la rougeur pour dégorger les vai»rr.iux ci à titre de saignée locale. Le même moyen a été appliqué aussi aux limites des plaques érs si pria le uses pour empêcher par le met ne mécanisme Voxleiisîim aux points voisina de ta peau. Pour remédiera laphlegmasie cutanée, nu a conseillé des ourlions BVBBili la pommade nu nitrate d'aï 'gonl ; ce sont autant de moyen* à reji ils sont dangereux. D abord les scarifications, eu éteint de i velles plaies, ne peuvent que propager la maladie, les divers mo ifft&a&ti n'ont pas non plus d'autre résultai. En outre, ils pi -m encore, en exagérant la phlegmasie locale, mener à la gangrené i la peau pour peu que l'état de BÉHe membrane nu l'état géri du malade prêtent à cette complication. Les corps gras, s&mpl iiioffensifs n'offrent non plus aucun avantage; quelque bien préparés qu'ils boïpiiU ils ne la nient pas à rancir sur la peau malade et à devenir irritants ; on a beaucoup vaut A la glycérine, je na IV jamais employé** dans rérysïpMe : si je la juge d'après ce qu'i produit sur les surfaces eczémateuses, elle nie parait trop ir Quand rérysipMe esl blanc et oedémateux, on a conseillé des l JM excitants dans la but de relever la vitalité de la p idée me semble peu smitenable; eu effet, la peau n a pas vitalité suffisante dans* OU tii| el r esl au défaut d'énergie de 1 constitution que cette absence de vitalité doit fréquemment attribuée, ou bien si la cause est locale, comme, par eteinpl* J ment H la compression d< m de la peau dans l'a

sarquc si rang augmentez Tin lia m mal ion loeab\ il est à cr ■ I ■ i elle n'arriva à la gangrène, à laquelle la peau mal nourrie I déjà prédisposée.

Lot dêm seules applications topiques qui aient quelque avantage «ans pouvoir avoir d'inconvénient, ee sont Iah mit pulvéruli ii m ■- nnries comme la pondre de riz, l'amidon, la ! ou les compressas trempées iI;iiis des décoctions ou des inf également inertes appliquées, lorsque cela rst possible, sor parties malades. Os moyens oui pour avantage de mettre le» lies à l'abri de 1 air et de leur éviter bs frottements sans \ T inconvénient de les irriter. Ils laissent I éruption Huivn régtdiére et sont un grand soulagement pour les malade*.

La médical ion générale est de beaucoup la plus importatif*, qui réclamera Ions vos soin- » t les indications qu'elle présent* i rient suivant les formes de la maladif Bans la forme

DE L'BRYftIPÈLE. 47

toire, vous pouveg employer les émissions sanguines, mais il ne faut employer que les émissions sanguines générales ; les saignées locales sont mauvaises ; j'ai vu récemment mettre des sangsues à la limite d'un érysipèle, la conséquence immédiate a été une nouvelle poussée érysipélateuse, comme je vous le disais tout à l'heure pour les scarifications. Du reste, l'indication de ces émissions sanguines générales est assez rare, et même lorsqu'elle est formelle comme elle Ta été chez un de nos malades, il faut avoir grand soin de la bien proportionner aux forces du malade.

La forme muqueuse que vous avez vue sur plusieurs de nos malades est beaucoup plus fréquente ; elle nécessite l'emploi des vomitifs, qui réussissent à merveille. Est-ce, comme on Ta dit, en évacuant les matières acres qui irritent les voies digestives? Ge sont là des idées spéculatives que rien ne permet de vérifier ; il parait plus simple de voir dans cette amélioration l'effet de la révulsion intestinale ; la forme bilieuse réclame également l'emploi des vomitifs. Ces moyens, dans Tune et l'autre forme, en même temps qu'ils enlèvent les phénomènes généraux et mettent à l'abri des complications, hâtent singulièrement la marche de l'éruption.

Dans Férysipèle ambulant surtout, ne vous occupez pas de la maladie, ne considérez que votre malade. La marche envahissante de l'affection dépend du mauvais état du sujet, qui ne peut réagir contre le travail inflammatoire pour le limiter et lui faire reprendre sa marche et son expression symptomatique habituelles. Venez au secours de l'état général, relevez le malade, soutenez-le, stimulez-le; donnez un vomitif qui débarrasse les premières voies et réveille les fonctions digestives ; donnez du quinquina, du vin, accordez, imposez même des aliments légers; vous pouvez, pourvu qu'ils soient d'une digestion facile, les prendre dans la catégorie des aliments respiratoires ou plastiques. Mais je ne saurais trop insister sur la nécessité de précautions très-grandes dans la prescription de cette alimentation; elle demande un grand tact. N'ayez pas trop de confiance, n'allez pas trop vite, ne concluez pas du succès d'hier au succès d'une alimentation plus forte aujourd'hui ou même demain.

Si votre malade est plus fortement déprimé, s'il paraît réclamer an prompt secours, mettez un vésicatoire au centre de l'érysipèle ; seulement ne laissez l'emplâtre vésicant que quatre ou cinq heures *n place; et appliquez à sa place un cataplasme de fécule qui remplira le double but et de finir le travail de vésication et de

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