RÉTRÉCISSEMENT DE L'ŒSOPHAGE
Je voudrais maintenant, Messieurs, m'occuper avec vous de certaines formes de rétrécissement de l'œsophage.
Cette sorte d'accident est généralement assez rare. Par un hasard singulier, nous en avons en ce moment dans les salles deux exemples assez curieux, qui commandent toute notre attention et me conduisent à vous entretenir de ce sujet. Il importe, dans des conférences cliniques, de procéder toujours de l'examen des faits, et aussi de ne pas laisser échapper ces occasions toutes particulières dans lesquelles des maladies peu communes peuvent devenir un sérieux moyen d'étude. J'espère que, par leur rareté même, ces observations vous frapperont assez pour que les renseignements que je vous donnerai sur cet accident et sur les maladies dans lesquelles il peut se produire se gravent dans votre mémoire d'une façon durable.
La dysphagie qui résulte du rétrécissement de l'œsophage n'a pas lieu, à titre de symptôme, dans des cas de rétrécissement qui soient toujours identiques les uns aux autres. On peut la rencontrer dans plusieurs affections différentes. Les deux malades qui sont en ce moment dans nos salles prouvent clairement cette dissemblance d'origine et peuvent montrer aussi la valeur toute différente du symptôme et ses attitudes variables, selon l'état morbide auquel il est lié.
Pour rendre le sujet plus clair à vos yeux, je vais vous présenter d'abord l'histoire du malade couché au numéro 10 de la salle Saint- Paul, chez lequel le rétrécissement de l'œsophage est, si l'on peut
1 Le* chiffra arabes que le lecteur trouvera placés entre deux parenthèses «rmpoiuleit aux résumés des diverses observations des auteurs que j'ai d& H qoi, citées a litre d'exemples, se trouvent annexées à co travail.
si le r*b
éj«rt
48 DE I/ERYSIPÈLE.
modérer l'excitation cutanée. Celte application d'un est véritablement dune grande utilité : <lan< un certain noniJ de cas il agit comme stimulant sur le système nerveuv M sur 11 peau qu'il relève et dont û réveille la réaction: il est pour Imu* coup aussi analogue à ce traitement substitutif, si précieux en médecine, par lequel on remplace unç affection née spontanément Il dont la marche est mal définie par une phlegmasie qui, par cela même qu'elle est criée artificiellement, suit DOW marche déterminée et tendant presque toujours à la guérison.
Mais, dans l'espèce, cette méthode demande à être maniée avec délî- précaution; c'est une arme à deux tranchants; si le
ffrlIfUtiuilCi ainsi appliqué peut faire le bien, il peut aussi fair* mal ; il peut, au lieu d'arrêter rérysîpèle, devenir le point de déj de nouvelles irradiations phlegmasiques ; il peul, soit du où le malade est très-déprimé, soit si l'action du m*< prolongée et trop énergique, gangrener la surface qu'il a occu Dans quelques circonstances o terne, ce n'est plus sur la pi dénudée seulement, c'est encore sur tout un membre que b* sieatoirc déterminera des plaques de gangrène superficielle. imprimant à rempli* m érysipélatcuse une vigueur que la pi mal vivante ne pourra tolérer.
Conformément à ce que je vous disais tout & l'heure, fOQfl M le traitement que vous dirigerez contre le délire qui eiige une dication toute particulière. Mais ce qui importe fort, c'est il© 1 combattre dès son début, parce que le système nerveux s habit vite à certains écarts fonctionnels et perd difficilement ses habitudes. L'opium à hautes doses en pilules ou eu lavement me permit contre cet accident l'agent par excellence ; on a vante le nm^r dans le même but; je Tai essayé, sans en avoir tiré un aussi parti que de l'opium, on peut du reste associer ces deux mojtti l'un à l'autre.
Je vous ai parlé, dans une conférence précédente, des 1*
intermittents; dans un des cas que j'ai observés, le sulfate «3 qtrïnine donné pendant huit jours avant l'époque a Uni par trit» d plier de la maladie; je crois donc que, dans des faits analognm ■ » y I lieu de tenter la même médication; dans l'intervalle des * laques, les toniques et les reconstituants devraient être aA :*=■ nistré*.
LVrysipe.il de la face s'accompagne quelquefois d'un petit m*~i dent dont il est bon d'être prévenu: les paupières restent M^
DE L'OESOPHAGE. >ft
par deux sondes urétrales ajustées bout à bout, dans lesquelles on fixa, pour plus de sûreté, un fil intérieur.
Les premières sondes employées étaient du volume d'une petite plume d'oie, et ce ne fut qu'après plusieurs tentatives infructueuses, et après avoir laissé la sonde à demeure au-dessus du rétrécissement qu'on pat enfin le franchir. A partir de ce moment, le calibre des sondes fut graduellement augmenté. Le malade put bientôt boire facilement ; chaque jour, il gardait, à deux reprises différentes, son appareil dilatateur pendant une heure. Peu après, il put ingérer des aliments solides bien ma* chés. Quand le malade sortit au mois de juin, le rétrécissement laissait passer des sondes urétrales de très-fort calibre ; la déglutition était cependant encore gênée ; le malade avait repris de l'embonpoint et des forces, et se trouvait si bien, que nous ne pûmes le retenir plus longtemps. Nous œ l'avons pas revu depuis.
La marche fut à peu près la même chez une dame que j'ai observée tout récemment encore. Elle éprouva des accidents aigus après l'ingestion d'une certaine quantité d'eau seconde à la potasse avalée précipitamment pour du vin blanc. Ces accidents, assez promptement calmés, furent remplacés un mois après par une difficulté graduellement croissante de la déglutition, devenue enfin presque impossible. Le cathétérisme m'a fait reconnaître, comme chez notre malade du numéro JO, deux rétrécissements, on supérieur, l'autre occupant la fin de l'œsophage.
Dans le premier de ces faits, on fut tout d'abord porté à croire à une inflammation de l'estomac et des intestins consécutive à l'action irritante du caustique. La douleur épigastrique, par le fait même de la coïncidence de la diarrhée, conduisait à cette opinion; et c'est probablement à cette inflammation consécutive de l'intestin que doit être attribué ce dernier phénomène, qu'entretenait peut-être aussi, pour sa part, une alimentation dans laquelle prédominaient les liquides avalés en grande proportion par le malade pour faciliter le passage du bol alimentaire.
Rien de semblable n'eut lieu dans le second exemple; la pblegïMsie gastro-intestinale fut plus promptement et plus nettement aimée, et il en fut de même d'un enfant dont je vous citerai ÏÏùstoire, chez lequel des accidents cérébraux compliquèrent, probablement en vertu de l'âge du sujet, les symptômes de gastrite *iguë développés immédiatement après l'ingestion du poison.
Le phénomène qui frappe tout d'abord dans les deux premières de ces observations, c'est l'expulsion habituelle d'une partie plus