‹ Conférences de clinique médicaleChapitre 4 sur 12 · CITÉES DANS LE COURS DE CET ARTICLE · texte numérisé non relu

CITÉES DANS LE COURS DE CET ARTICLE

Obs. 1 . Le 9 avril! 837, est entré Schneider (Caroline), trente-six ans, accouchée le 27 mars à l'hôpital des Cliniques ; sortie le dixième jour, non guérie. On lui avait posé à l'abdomen, près du flanc gauche, un assez grand nombre de sangsues.

La malade est dans un tel état de faiblesse, son intelligence est si obtuse, qu'on n'obtient que des renseignements très-incomplets. Le jour de son entrée à l'hôpital, le soir, on a appliqué à la région iliaque gauche vingt sangsues. A cet endroit, on constate la présence d'une tumeur douloureuse assez volumineuse (à peu près du volume du poing).

Le 10. Immobilité complète; aspect comme égaré, effrayé même; yeux hagards; parole difficile; intelligence obtuse; délire tranquille; langue aride, sèche; diarrhée abondante, involontaire, ainsi que les urines; inappétence complète, soif vive; ventre ballonné; pouls très-petit, trèsfréquent ; peau moite, mais pas chaude ; adynamie extrême ; respiration anxieuse. (Extrait kina, 1 gramme en pilules; bain ; lavement avec huit gouttes de laudanum ; diète; gomme sucrée pour boisson.)

Le 11. Le bain, bien supporté, a produit un assez bon effet. Plus de diarrhée; sommeil assez bon; délire tranquille; soif très-vive; pouls régulier, 112 pulsations; peau moite. — Même prescription, moins le bain.

Le 12. Faciès très-altéré; yeux à demi fermés; bouche demi-ouverte ; respiration pénible, plaintive; immobilité complète; délire; pouls fort, 132. (Même prescription.)

Le 13. A peu près même état. De plus, pommettes colorées; yeux excavés; pouls 136 pulsations; respiration très-pénible, fréquente (48 par minute); ventre très- ballonné; la tumeur est à peine perçue et ne peut plus être circonscrite; large eschare au sacrum, qui existait déjà avant l'entrée à l'hôpital; face anxieuse; subdelirium; pas de toux. (Appliquer un cataplasme de charbon sur l'eschare. Bordeaux, quinquina.)

1 Elles ont toutes été recueillies dans mon service et par mes soins. (Voir la note au bas de la page 471.)

Morte le 13, à deux heures du soir, sans agonie.

Autopsie le 15 avril, à dix heures et demie du matin.

Aucune trace de péritonite; nulle part on ne trouve aucun vestige de fausse membrane, aucune trace de liquide péritonéal. L'utérus, caché dans le petit bassin, sous le paquet intestinal, ne présente non plus à sa surface aucun produit de phlegmasie séreuse. 11 a environ 10 centimètres sur 10 centimètres. Les trompes et leurs pavillons sont sains, les ovaires d'un blanc nacré, sans injection, sans fausses membranes. En incisant le tissu cellulaire, situé à gauche et en arrière de l'utérus, on voit s'échapper d'une veine assez considérable qui se trouve à la paroi postérieure gauche du bassin (veine sacrée latérale) une certaine quantité de pus, coloré en rose par son mélange avec du sang. Cette veine incisée en bas, vers le détroit inférieur, contient encore de ce même pus dans l'étendue d'un pouce et demi environ. En haut, elle remonte jusqu'au tronc de la veine iliaque, interne, lequel est plein du même pus dont on trouve la prolongation clans le commencement de l'iliaque primitive, jusqu'au point où elle est croisée par l'artère; à ce niveau, le pus s'arrête. Quand on cherche à bien se rendre compte de l'état de la portion de ces veines où se trouve le pus, on voit que leurs parois injectées sont, en outre, recouvertes d'une fausse membrane grisâtre, laquelle, au niveau de la terminaison de la collection purulente, au moment où l'artère croise la veine, semble limiter l'épanchement purulent à l'aide d'une sorte, de lame mince, qui ne s'étend pas par une ligne circulaire régulière autour de la veine, mais par une ligne sinueuse, à tracé très-inégal. Audessus de cette ligne, la face interne de la veine est complètement normale et lisse, et ne contient pas de sang. Cette fausse membrane tapisse toute la face interne de la veine iliaque interne comme la portion de l'iliaque primitive que nous avons indiquée. Dans l'iliaque externe, au moment où elle vient se jeter dans l'iliaque primitive, on trouve un caillot fibrineux jaune, sans mélange de pus, qui bouche la lumière de la veine. Ce caillot est peu épais, mais, bien que mince, il est très-ferme et empêche nettement la communication entre le pus contenu dans la veine iliaque primitive et dans l'hypogastrique et le sang sous forme de caillot noirâtre qui se trouve dans la veine iliaque externe sans la distendre. Dans presque toutes les veines qui occupent le ligament large et dans celles qui entourent le vagin, on trouve trois ordres différents d'altérations. Tantôt, dans plusieurs d'entre elles, ce sont de simples caillots denses, fibrineux, mais d'un rouge noirâtre, non adhérents, ou très-peu adhérents aux parois des veines, dont ils bouchent la lumière. Le tissu qui entoure ces veines est dense et un peu injecté; parfois même, autour de la veine, ainsi remplie de caillots, on voit à une coupe nette, faite perpendiculairement à l'axe du vaisseau, un peu de sérosité rosée, dont la couleur tranche et sur le blanc de la paroi veineuse et sur le blanc du tissu voisin densifié, Dans d'autres veines, surtout plus en haut, on trouve

dos caillots d'un rose sale tout à fait adhérents à la veine, et retraçant l'aspect du mélange de pus et de sang trouvé dans la veine hypogastrique et dans la veine iliaque primitive. Ce n'est pas autre chose, en effet, qu'un mélange de cette sorte, densifié par la présence d'une plus grande quantité de fausse membrane et de fibrine. En dehors des veines ainsi altérées et obturées, on trouve, au lieu de la couche de sérosité que nous avons vue tout à l'heure, une couche beaucoup plus épaisse et beaucoup plus consistante, qui est composée à peu près de la même matière que celle qu'on voit dans ces veines. 11 y a là, en un mot, en dedans et en dehors de la veine, une certaine quantité de lymphe plastique en suppuration.

Enfin, dans d'autres veines, on rencontre du pus véritable, bien lié, tout à fait phlegmon eux, avec des parois veineuses non colorées, d'un blanc jaunâtre et revêtues de fausses membranes adhérentes.

Dans le ligament large du côté droit, on ne trouve que des veines distendues par un sang noir poisseux, peu concrète, mais pas trace de pus non plus que dans les rameaux vaginaux ou hypogasiriques de ce côté ou dans la veine iliaque primitive droite. Pas de pus dans les veines ovariques ou dans celles des trompes.

Aucune trace de pus dans le tissu utérin, soit à droite, soit à gauche. Deux ou trois veines de ce dernier côté sont restées volumineuses et distendues par des caillots fibrineux peu adhérents ; autour d'elles le tissu utérin est plus injecté. Mais dans aucun point on ne trouve du pus, et cependant nous avons coupé et haché l'utérus en tous sens, de façon à le réduire en tranches épaisses, à peine de trois millimètres. A sa surface interne, nous n'avons trouvé qu'un mucus épais, d'un rouge noirâtre, sans fausse membrane aérolée.

Le foie ne contient aucune altération; son volume, sa consistance sont normaux. La rate, sans augmentation de volume, est très-diminuée de consistance et réduite à la coupe en une bouillie d'un rouge terne et faux de ton.

Le poumon droit ne présente aucune autre altération qu'un engouement veineux lié à l'agonie. Il est gorgé de sang et de sérosité qui s'échappent à la coupe, en entraînant une grande quantité de bulles d'air, son tissu reste cependant un peu crépitant à la pression.

A gauche, on trouve un épanchement purulent, peu abondant, à peine un demi-verre ; toute la surface de la plèvre de ce côté est chagrinée, inégale, présentant un bruit rude de frottement, quand on applique l'oreille sur la main qui la frotte. Tout le lobe inférieur gauche est d'un noir rougeâtre assez foncé, non aéré ; il s'écoule à la coupe un liquide d'un rouge sombre*, sans mélange de bulles d'air. Le tissu est densifié et se laisse pénétrer par le doigt, mais il est moins dense, moins friable que le tissu véritablement hépatisé. Les éléments anatomiques du poumon y sont d'ailleurs facilement inconnaissables. A la partie postérieure du

lobe inférieur, on trouve un noyau du volume d'une grosse noix, mais qui n'est pas complètement arrondi comme ce fruit et qui présente une couleur jaune verdàtre clair, véritable infiltration purulente. Le pus n'y est pas réuni en collection liquide ; mais, lorsqu'on gratte légèrementla surface, la couche de pus crémeux que le scalpel entraîne ne laisse plus aucun doute possible sur la nature purulente de cette infiltration, qui présente comme la réunion en un seul groupe de plusieurs petits foyers d'abord isolés. La couleur très-nettement purulente de tout le gros noyau, qui s'étend avec le volume indiqué jusqu'à deux travers de doigts au-dessus de la base du poumon, tranche de la façon la plus nette avec la coloration du tissu ambiant. Aucune injection plus marquée ne peut être saisie autour de cet abcès métastatique véritable, dans lequel le microscope démontre clairement la présence de gros globules purulents.

Aucune trace de tubercule dans l'un ou dans l'autre poumon.

Rien non plus de notable dans les autres viscères, si ce n'est l'existence d'une invagination de deux pouces environ de Tune des anses de l'intestin guèle; mais il faut noter qu'il n'existe au niveau de cette invagination aucune trace de phlegmasic péritonéale, aucune fausse membrane, et que, au-dessus de la partie invaginée, on ne trouve aucune accumulation de matière intestinale qui distende l'intestin et puisse avoir produit le moindre arrêt dans la circulation intestinale.

Obs. t bis. Marie Dubray, vingt-quatre ans, cuisinière, non mariée, réglée à dix-huit ans; règles régulières revenant à époques fixes, durant de trois à cinq jours, peu abondantes, sans coliques; première approche à vingt et un ans sans effet sur les règles ; premier enfant à vingt-deux ans, garçon. Le présent, qui est le deuxième, est un garçon aussi. Au premier, elle vomit trois fois pendant le premier mois, pas pendant le reste. Au deuxième, pas de vomissement du tout, pas de varices, un peu d'oedème aux pieds, lors du commencement, pendant les quatre premiers mois, et elle l'affirme nettement; pendant quatre mois aussi elle a vu revenir ses règles avec assez d'abondance, ce qui faisait qu'elle ne se croyait pas enceinte ; pas de lait dans les seins pendant la grossesse. Elle accouche le 11 décembre 1835, à huit heures, l'enfant est fort et vigoureux, beaucoup de caillots au moment de la délivrance ; frissons avant, pas pendant ni après la couche.

Le U . 72 pulsations ; peau fraîche ; rien aux seins ; l'utérus présente 16 centimètres sur 16, un peu de sensibilité à gauche ; la corne de cùté est, au point d'insertion même, un peu volumineuse. L'autre côté l'est beaucoup moins; lochies assez abondantes. (30 sangsues; bain; 2 portions.)

Le 12. 80 pulsations; pas de fièvre ni de frisson; seins pâteux, pas de lait; utérus, 12 sur 12, indolent ; lochies abondantes. (Bain ; 2 portions.)

Le 13. Va bien et a un vif appétit, pouls à 104, peau chaude, un peu de picotement aux seins, l'enfant tetle beaucoup; utérus, 12 sur 12;

seins un peu durs et chauds, pas douloureux, un peu de frisson vers huit heures du matin. (00 sangsues au ventre; une portion.)

Le 14. 124 pulsations, a été à la selle cette nuit, appétit vif, utérus 9 sur 9, indolent à la pression, sommeil la nuit, pas de lait. (2 portions.)

Le 15. 1 12 pulsations, peau sans chaleur ; pas de frisson ; pas de vomissements, un peu de nausées après le repas ; elle a eu plusieurs selles liquides, toujours des lochies ; pas de lait ; faiblesse extrême; rien à la poitrine, cl cependant 20 inspirations; langue rouge au milieu, avec deux bandes blanches; se plaint d'une douleur à la jambe gauche, où on ne trouve rien à noter. Peu de soif, un peu d'appétit pour une portion seulement, (Vésicatoire au ventre; 0g,0o d'extrait thébaïque en trois doses; 100 grammes debagnols; trois quarts de lavem. avec laud., 6 gouttes ; une portion.)

Le 16. Pas de selles; 132 pulsations; peau chaude; n'a de douleur nulle part; n'a pas vomi; pas de frisson; le vésicatoire a bien pris; pas d'appétit, n'a cependant pas été mal cette nuit, selon son dire; 40 inspirations. Se plaint toujours de sa douleur de cuisse; la jambe gauche est un peu plus volumineuse, surtout la cuisse; léger œdème très-difficile à trouver, visible surtout au niveau du tibia. JFriction avec de l'onguent napolitain ; même prescription du reste.)

Le 17. A vomi abondamment dans la nuit, Pas de dévoiement; hoquets; pouls tremblottant, difficile à compter; respiration anxieuse; langue sèche; douleur dans les reins; ventre ballonné, peu douloureux; face pâle, tirée; douleur dans le côté droit du ventre; 52 inspirations.

Morte le 18, au matin.

Autopsie le 20 décembre. — Epanchement trouble, puriforme, mêlé de larges flocons pseudo-membraneux, d'un jaune verdàtre, occupant les deux fosses iliaques, au niveau des annexes, surtout à gauche, et tout le petit bassin. L'utérus offre 13 sur 13 en finissant la hauteur à la fin de la saillie où commence le col. Les trompes ne sont pas très-rouges, elles sont assez volumineuses et comme lavées, mais l'injection du pavillon est moins vive que dans beaucoup d'autres exemples ; les vaisseaux des franges, surtout à la trompe gauche, sont encore visibles et d'apparence analogue à l'agate, mais d'un rose pâle. L'ovaire, de l'un et de l'autre coté, est d'un blanc jaunâtre, de quatre centimètres de large sur deux centimètres et demi environ de hauteur ; les deux ligaments sont fortement injectes, mais d'une injection sombre et non vive en couleur. Cette coloration est surtout manifeste sur le conduit de la trompe gauche.

En incisant l'utérus, on trouve que la cavité est pleine d'un mucus rougeàtre, mêlé de quelques caillots très-petits, comme des tètes d'épingles. Nulle part de coloration verdàtre, nulle part, même au niveau de L'insertion placentaire, on ne trouve de sanie verdàtre, aucune odeur gangreneuse. L'insertion placentaire est inégale, d'un rouge sombre, avec des caillots bruns insérés çà et là à la surface, aucun ramollissement

du tissu de l'utérus ou do la membrane interne. L'incision couche par couche du tissu utérin fait reconnaître à droite, au niveau du col, en côté, une ou deux petites veines pleines de pus, et plus haut, au niveau de la veine ovarique, deux ou trois grosses veines remplies également de pus phîegmoneux épais, concrète en forme de fausses membranes, atec un peu d'épancheinent plastique entourant les veines en dehors de leur lumière. Ces veines, ainsi purulentes, occupent l'angle le plus supérieur et le plus externe du côté droit de l'utérus. A gauche, les veines du même niveau, également à l'angle supérieur de ce côté, sont, en beaucoup plus grand nombre, remplies de pus phîegmoneux avec, çà et là, inliltration séro-puriforme autour des veines. Une surtout, dont le volume égale à peu près une forte plume de corbeau, est remplie d'une sorte de fausse membrane puriforme, véritable pus concret qui bouche toute la lumière du vaisseau. Elle est entourée d'un paquet d'un jaune verdàtre demi-concret, qui n'est que du pus de consistance pseudo-membraneuse ; toute cette masse est en outre infiltrée de sérosité trouble qui s'échappe à la coupe. Cette lésion ne s'étend ni au-dessus ni au-dessous de ce point.

Les veines de la cuisse gauche, examinées avec soin, ont présenté l'élat suivant : Elles sont gorgées d'un sang noir sirupeux, contenant de petits caillots blanchâtres granuleux. 11 en est de même des veines du bassin du même côté, iliaque, externe et hypogastrique. Le tissu cellulaire du membre ne présente point d'infiltration séreuse ou plastique. Les muscles sont d'un rouge vif. Du reste, l'œdème a disparu après la mort, et les deux membres ne présentent point de différence quant à leur aspect.

Obs. 2. Vemel, vingt-quatre ans, domestique, réglée à quatorze ans. Règles régulières, peu abondantes, toujours un peu douloureuses. N'a pas vomi pendant la grossesse ; n'a pas eu de varices; œdème des malléoles pendant les derniers mois.

Accouchée le 30 avril 4855, à la Clinique, d'une fille à terme. Sa couche a été accompagnée d'une perte de sang assez notable ; le lendemain elle souffrit du ventre ; point de traitement. Les lochies ont toujours été modérées.

Elle est sortie de la Clinique après deux jours, et est restée dehors pendant douze jours, avec des douleurs vives du ventre et un frisson intense tous les jours ; pas de vomissements, quelques nausées seulement; perte de l'appétit; peu de fièvre.

Entrée le 13 mai 1855, après la visite. Elle avait une vive douleur du ventre ; le soir, trente sangsues lui ont été appliquées ; un peu de som • rneil la nuit.

Le 1 i. Pouls à 92; peau peu chaude sur le ventre, qui est un peu ballonné. Elle n'a pas urine depuis hier soir; à l'aide de la sonde, on lui retire une grande quantité d'urine d'une odeur ammoniacale ; le globe

que formait la vessie s'affaisse. Le ventre, quoique encore ballonné, est alors moins tendu ; il est douloureux à la pression dans toute La région hypogastriquc, sans qu'on puisse trouver de tumeur précise. Lochies assez abondantes et puriformes, deux ou trois selles involontaires; pas de délire. (30 sangsues sur le ventre ; 0g,0o extrait aqueux thébaïque en trois doses ; frictions avec de l'onguent napolitain ; extrait de kina, 1 gramme; quatre bouillons.)

Le lo. Pouls à 110. Peau chaude, face pâle et jaune ; ventre sensible à la pression ; un peu de ballonnement ; on ne peut mesurer l'utérus. Lochies moins abondantes; pas de lait; agitation; on est obligé de la maintenir dans son lit ; langue humide ; pas d'appétit ; soif vive. (40 sangsues; 1 gramme de kina. — 2 bouillons, 2 potages.)

Le 16. Pouls 120, petit, tremblotant ; peau sèche, face jaune, décolorée ; soif vive. Langue blanche, humide, nausées; vomissements porracés; frisson d'une demi-heure ce matin ; délire la nuit; ventre peu ballonné, partout douloureux à la pression, surtout à gauche. (30 sang" sues; frictions avec de l'onguent napolitain.) .Morte à une heure.

Autopsie le 18, à dix heures un quart du matin. — Un peu de liquide puriforme dans le petit bassin. La trompe gauche a 0,0i> de long sur 3 centimètres de large; la droite est moins volumineuse. Les ovaires, placés plus bas et en dehors, sont tous deux augmentés de volume et arrivent à la grandeur d'une très-forte fève, qui aurait 3 centimètres de long sur 2 de large. L'ovaire, la trompe du même côté sont rouges, injectés, reunis à la fosse iliaque par des fausses membranes. L'ovaire et la trompe du côté droit sont moins volumineux, moins injectés, moins durs. L'utérus a 11 centimètres de large sur 6 de haut environ, en comprenant dans la largeur les deux trompes et les deux ovaires. Le ligament rond gauche est gonflé et énorme. L'extérieur de l'utérus offre une teinte rouge marbrée de verdàtre. Dans tout le côté gauche du petit bassin existe, entre ses parois et l'utérus, une adhérence qui circonscrit au-dessous de l'ovaire un épanchement puriforme ; au sommet de cette collection se trouve l'ovaire, qui contient du pus dans une logette tout à fait inférieure et dont le tissu, dans le reste do son étendue, est infiltré de lymphe plastique d'un blanc grisâtre et de sérosité qui s'écoule à la oupe. Entre la face antérieure de cet ovaire et la face postérieure de la trompe est renfermée une petite collection purulente. La trompe est, comme on l'a dit, volumineuse ; elle est accolée, par son côté interne, avec le corps de l'utérus par des adhérences faciles à rompre ; on voit alors que son canal est très-volumineux, un peu plus gros qu'une plume à écrire; un coup de ciseaux en fait sortir un pus louable, crémeux ; l'incision continuée montre tout ce canal rempli de pus. La surface intérieure est villeuse, inégale, et présente comme de petites valvules conniventes longitudinales, dont la coloration est d'un rouge violacé. Les franges de la trompe sont rouges, boursouflées, imprégnées de fausses

membranes qui la soudent et de pus qui s'échappe au centre par le canal. La trompe droite est volumineuse, injectée, mais ne contient pas de pus, non plus que son canal, qui est répondant rempli par un liquide louche et opalin. Les parois utérines sont peu épaisses, comparativement à ce qu'on voit chez les femmes récemment accouchées. Des coupes pratiquées sur sa face antérieure montrent, au milieu des fibres musculaires , de petits corps d'un blanc bleuâtre qui, examinés de près, ne sont autres que des vaisseaux utérins revenus sur eux-mêmes et encore un peu épais, vu leur ancien volume. Ils ne renferment aucune fausse membrane et ne sont entourés par aucune trace de lymphe plastique. La face intérieure de l'utérus est d'un rouge brun, remplie de putrilage sans fétidité, véritables caillots sanguins altérés. On n'y trouve pas de plaques pseudo-membraneuses analogues à la pourriture d'hôpital. L'insertion placentaire, qui avait lieu à droite en avant, est surtout occupée par cette matière noirâtre. Lorsqu'on incise à ce niveau de l'insertion placentaire, on voit que toute la couche immédiatement sous-jacente est composée de vaisseaux encore d'un rouge noirâtre qui se trouvent trèsrapprochés et présentent presque l'apparence d'un tissu érectile, ce qui semble s'expliquer par la diminution d'épaisseur des parois utérines, les vaisseaux étant restés développés. Quand, partant de cette surface, on les suit plus profondément, on les trouve volumineux et gorgés d'un pus crémeux; les vaisseaux ainsi altérés sont en très-grand nombre et se rendent vers les parties latérales du corps de l'utérus. Ce lacis veineux ainsi rempli de pus entoure le col utérin de chaque côté et aussi quelques points de la face antérieure. L'altération est surtout marquée dans les vaisseaux du côté droit et elle s'étend plus haut vers le fond de l'utérus qu'à gauche.

Rien à noter dans les autres organes, foie, rate ou poumon.

Obs. 3. Druez (Adeline), trente-deux ans, journalière, entrée le 21 février 1862 à l'hôpital de la Pitié, salle Saint-Charles, n° 36. Menstruation habituellement très-régulière. Première apparition des règles à dix-sept ans et demi. Un accouchement antérieur, il y a quatre ans, n'ayant donné aucune suite fâcheuse. Dans la grossesse actuelle elle a éprouvé, à des époques irrégulières, des douleurs assez vives dans l'abdomen, survenant brusquement, de courte durée, et disparaissant de même. Vers le quatrième mois écoulement sanguin peu abonbant, ayant duré une journée environ, et s'étant accompagné de légères douleurs abdominales. Tout rentra bientôt dans l'ordre.

Un mois avant son entrée, la malade fut prise d'une violente diarrhée (10 à l'.i selles par vingt-quatre heures); pas de sang dans les garderobes; ténesme assez vif, matières fécales peu abondantes, semi-liquides ; miction normale ; urine épaisse. Cette diarrhée ne cessa, au dire de la malade, que la veille de son entrée à l'hôpital.

Le samedi 1er février 1862, huit jours avant l'entrée de la malade,

apparition des douleurs de l'enfantement sans cause connue (elle était alors au septième mois de sa grossessej ; les douleurs durèrent jusqu'au, mardi suivant, c'est-à-dire trois jours, pendant lesquels il n'y eut pas trace d'écoulement sanguin.

L'accouchement fut facile ; l'enfant vécut douze heures. La poche des eaux se rompit au moment de l'accouchement. La délivrance fut simple. Quelques instants après l'accouchement, frisson léger, mais bien caractérisé cependant, ayant duré un quart d'heure environ ; deux jours après, apparition d'un frisson semblable,, à peu près de même durée. A partir de ce moment la malade sentit des douleurs assez vives dans l'abdomen, la lièvre s'alluma; le ventre devint douloureux à la plus légère pression et ballonné. Hoquet. La langue lui semblait sèche et encroûtée ; la diarrhée n'avait pas cessé. Dés vomissements survinrent la veille de l'entrée de la malade à l'hôpital.

Le 22. Etat actuel : L'intelligence est un peu obtuse; grande anxiété; respiration entrecoupée, haletante; peau chaude et sèche ; pouls faible, misérable, à 124-128; lochies peu abondantes; pas de trace de lait; face grippée, profonde excavation des yeux; légères convulsions dans les muscles releveurs de la commissure labiale et de l'aile du nez du côté droit; abdomen tympanisé; hoquet peu fatiganl pour la malade et s'accompagnant de nausées. Pas de vomissements ; la pression sur le ventre est peu douloureuse. Les douleurs abdominales, au dire de la malade, ont beaucoup diminué depuis l'application permanente;, faite hier soir, d'une vessie pleine de glace. Diarrhée suspendue; langue sèche ; fuliginosités sur les lèvres et la langue. Pas d'albumine dans les urines. (Glace sur le ventre ; frictions mercurielles sur le ventre et sous les aisselles. Kina, 4 grammes; vin de Bordeaux, 300; opium, 0,1 0.j

Le 23. La malade est morte dans la nuit, sans convulsions, sans délire et presque à l'improviste.

Autopsie. — Péritonite de toute la région inférieure de l'abdomen, avec des fausses membranes très épaisses. Adhérence des circonvolutions intestinales entre elles. Un verre à expérience environ de pus dans la cavité péritonéalc.

L'utérus est volumineux et remonte à peu près jusqu'à moitié de la hauteur de l'ombilic au pubis. Sa face extérieure est rosée ; son tissu est ferme. En incisant sur le côté droit ou au niveau du col dans l'épaisseur du tissu, on trouve une large plaque de pus, paraissant occuper les vaisseaux lymphatiques; elle est, en effet, superficielle, d'une forme arrondie et globuleuse abrùptemeht cessée ea haut et en bas de cette dilatation, bien que le pus occupe le reste du vaisseau.

A l'incision de la paroi antérieure, on trouve dans l'intérieur du tissu, au niveau de la jonction du corps et du coi, une veine pleine de pus. Le col est sain dans le reste de son étendue, et n'a pas été dilacéré dans l'accouchement. On ne trouve pas de pus dans les veines du ni-

veau de l'insertion des trompes, ni à la face postérieure de l'organe.

Les annexes ne présentent rien d'anomal pour le cote gauche. A droite, l'ovaire est sain, seulement la trompe présente une coloration lie de vin très-intense dans toute son étendue. Elle est dans sa moitié terminale d'un volume triple du celui qu'elle devrait avoir et contient un liquide purulent à son intérieur. La face interne de l'utérus n'offre rien de particulier à noter.

L'insertion placentaire était à la face antérieure vers la partie supérieure, et aucune veine ne contenait de pus à son niveau.

Obs. 3 bis. Le 24 février est entrée Antéque (Anisca), vingt-trois ans, couturière, à Paris depuis huit ans. Réglée à dix-sept ans. Règles régulières. Premier enfant. Pendant la grossesse, vomissements fréquents; varices aux deux jambes ; œdème des pieds dans les derniers temps ; douleurs lombaires dans les derniers jours.

Accouchée le 7 février 1861, à la Maternité, d'un enfant bien portant, à terme. Accouchement assez facile. Sang très-abondant. Sortie de la Maternité encore malade. (On l'a renvoyée parce qu'on manquait de lits.) Elle passe huit jours chez une amie, souffrant beaucoup, ayant chaque nuit des frissons intenses.

Le 23, au matin. L'utérus est caché derrière la symphyse. Peu de douleur abdominale à la pression. Elle se plaint surtout de vives douleurs dans les cuisses et le- jambes, qui sont légèrement œdématiées ; l'œdème est [dus considérable au niveau des malléoles et surtout à droite. Pouls à lin. Langue rouge, fendillée, blanche sur les bords. Quelques régurgitations bilieuses. Lu peu de diarrhée. Les lochies coulent encore, mais sont peu abondantes. Pas de lait. (Larges frictions mercuriclles; glace sur le ventre.)

Le 27. Même état. Les frissons se rapprochent ; les traits sont profondément altérés. (Sulfate de quinine, i

Le 28. Elle semble un peu mieux ; les traits sont plus calmes; pouls à 1-20 ; elle a toute sa connaissance.

Le 2 mars. Cette nuit, délire, exaltation sans violence; vomissements bilieux ce matin ; plusieurs frissons hier soir et cette nuit : langue sèche ; enduit épais et rouge brun ; tous les mouvements sont douloureux. Elle se plaint surtout de ses jambes, qui ne sont qu'œdématiées. Mais ce qui frappe surtout ce matin, c'est la teiute ictérique de la face. Les sclérotiques sont surtout jaunes. Embarras de la parole, mais connaissance parlaite dans l'intervalle des moments de délire. Morte le soir, en poussant un grand cri.

Le 4. Autopsie, à dix heures du matin.

Peu de péritonite. Le fond de l'utérus présente une coloration jaunefeuille morte, duc à la mortification de cette partie de l'organe utérin, qui est encore volumineux ; le tissu cellulaire qui l'entoure est un peu infiltré d'une sérosité roussàtrc. Lue petite quantité de pus dans le ligament

OBSERVATIONS. Cl I

rond gauche. Une veine pleine de pus dans le tissu cellulaire rétro-vésical.

Le vagin est noir, gangrené ; le col, déchiré, présente la même coloration ; il est complètement ramolli, putrilagineux.

Une section verticale de l'utérus montre : 1° la surface interne recouverte d'une bouillie rouge brun, exhalant une odeur infecte de pourriture d'hôpital ; 2° l'insertion placentaire qui était placée en haut, au fond et en arrière ; 3° la surface de section montre toutes les veinesdistendues par du pus. On ne trouve plus trace de tissu utérin ; il semble avoir disparu pour laisser le champ libre à l'ampliation des veines purulentes. Pas de trace de sang dans aucune veine du corps de l'utérus. Elles contiennent, ici, du pus phlegmoncux. qui s'écoule à la moindre pression ; là, du pus demi concret. Les parois internes de ces veines sont grises, villeuses, tomenteuses. En quelque endroit qu'on incise le corps de l'utérus on ne trouve que du pus, littéralement que du pus. Dans le point correspondant à l'altération superficielle du fond de l'utérus, il n'y a môme plus de vaisseaux. Vaisseaux et tissus utérins sont transformés en une bouillie sanieuse, putrilagineuse. Ovaires mous, diffluents ; ils ne contiennent plus de traces de leur tissu normal. Les trompes, ramollies, laissent écouler du pus lorsqu'on les coupe perpendiculairement à leur axe.

Le fuie est ramolli, gris noir ; une seule petite portion à gauche a conservé la coloration normale. Incisé, il présente une teinte grise uniforme. Son tissu est méconnaissable. 11 exhale une odeur de gangrène spéciale qui a quelque chose de repoussant. Point d'abcès.

Les veines iliaques primitives et la veine cave inférieure contiennent un sang qui tache le linge en gris.

A la base des deux poumons, en arrière, plusieurs petits abcès métastatiques. Un seul contient du pus phlegmoneux.

Obs. 4. Fauveau, vingt-deux ans, blanchisseuse, non mariée, réglée à quinze ans ; ses règles durent huit jours, primipare ; pas de lait pendant la grossesse ; pas de vomissements, pas d'œdème, pas de varices.

Accouchée le 16 décembre 18o"J, à deux heures du soir.

Le 17. Pouls, 80; peau fraîche; pas de coliques. Appétit. Utérus, 10 sur 12, indolent, mais un peu de saillie des annexes à droite et à gauche. (30 sangsues.)

Le 18. Le lait commence à monter depuis hier matin. Elle ne souffre nullement. Lochies abondantes et sanguines. Pas de coliques. Utérus 10 sur 12, sans gonflement ni douleur. Appétit vif; langue nette. (Une portion.)

Le 19. Pouls, 80. Appétit vif. Le lait a beaucoup monté hier. Elle n'a eu ni frissons ni fièvre. Utérus, 9 sur 9, indolent à la pression. (3 portions.)

Le 20. Pouls, 84 ; peau fraîche. Va bien ; langue nette ; figure gaie. Lochies abondantes. Utérus 8 sur 9, sans douleur. Appétit. (4 portions.)

Le 21. Pouls, 128; peau fraîche. Les seins sont pâteux, sans dureté.

L'enfant tette abondamment. Ni frisson ni nausées. Utérus 7 sur 7, sans douleur ni gonflement. Elle est triste parce que son enfant a des coliques. (4 portions.)

Le 22. Va très-bien. Sortie, malgré nos vives remontrances faites à cause de la fréquence du pouls.

Par un temps froid, malgré nos observations, elle sort de l'hôpital, s'en va à pied à Courbevoie (une lieue et demie environ), portant ellemême son enfant. Elle était assez bien à son arrivée; elle s'est fortement chauffée à un poêle, est sortie de nouveau, a pris froid et est tombée sans connaissance. Frissons vifs, maux de cœur; douleurs à l'estomac; diarrhée. Le lait se tarit. Les lochies continuent, mais sont peu abondantes. Purgation qui agit faiblement; la diarrhée ne continue pas après. Rentrée le 27 décembre 1855.

Le 28. Pouls, 108, développé ; peau très-chaude; langue rosée, enduit blanchâtre. Un peu de toux ; lièvre vive la nuit. La toux lui fait mal à l'estomac. Peu de coliques; un peu d'appétit ; soif vive. Utérus, 8 sur 9, indolent. Ventre peu développé, sans ballonnement ni douleur. 11 y a un peu de gonflement mal précisé à l'annexe gauche. (25 sangsues à gauche ; frictions très-étendues avec l'onguent napolitain ; 1 portion.)

Le 29. Pouls, 104 ; soif vive. Se plaint d'une douleur au côté gauche de la poitrine ; soif toujours vive, peau très-chaude. Appétit assez vif pour qu'on lui donne une portion. Utérus à peine palpable, 3 ou 4 cent. Encore un peu de lochies ; ventre non ballonné, entièrement indolent. Je ne trouve plus l'empâtement que j'ai reconnu hier à gauche. (Frictions avec l'onguent napolitain ; 2grammes;extrait de kina ; une portion.)

Le 30. Elle a été mieux cette nuit. Pas de frisson, pas de nausées ; sommeil bon. Elle a mangé sa portion avec plaisir; soif toujours rive, Plus de lochies; ventre souple ; pas de saillie de l'utérus ; pas de ballonnement. Elle commence à se plaindre d'avoir la bouche empâtée ; 100 pulsations. (Même prescription.)

Le 31. Elle a beaucoup souffert hier dans l'épaule gauche. Pouls, 96, assez plein, un peu mou. Langue pâteuse; mauvaise bouche ; quelques nausées; pas d'appétit; pas de frissons; sensation d'anéantissement vers midi ; pas de matité à gauche ; respiration faible, mêlée de quelques râles sous- crépitants ; pas d'altération notable de la voix. Du reste, la déformation de la poitrine par une incurvation à droite de la colonne vertébrale rend l'auscultation très-difficile et très-incertaine . (0,75 sulfate de quinine; 2 grammes de kina; frictions avec l'onguent napolitain.)

Le 2 janvier. Pouls, 88 ; peau sèche et chaude. Elle a eu de la diarrhée toute la journée. Langue blanchâtre, humide. Elle a très-mal à la bouche. Pas de nausées. Elle entend mal ; bourdonnements d'oreilles. Pas de lochies; aucune douleur de ventre. Le râle sous-crépitant des deux côtés parait un peu diminué. (0,10 extrait aqueux thébaïque en huit doses; 2 grammes de kina; demi-lavement avec 20 gouttes d'extrait

de Saturne et 6 gouttes de laudanum ; frictions avec l'onguent napolitain ; 4 bouillons.)

Absent pour deux jours, j'apprends à mon retour qu'elle est morte le 5, avec de la diarrhée et du délire.

Autopsie le 6.— L'utérus mesure à peine 7 sur 9. On ne trouve aucune trace d'épanchement péritonéal ou de fausses membranes, excepté dans un point très-cireonscrit, à peine de la grandeur d'une pièce de S francs, placé en arrière de l'utérus, à gauche. Là existent des fausses membranes épaisses, d'un blanc-jaunâtre, qui sont limitées à la surface utérine, et ne s'étendent aucunement vers la paroi ou le fond du petit bassin. L'examen attentif de ce point montre que ce paquet pseudo-membraneux fait adhérer à la face postérieure gauche de l'utérus le pavillon de la trompe de ce côté, dont les franges sont agglomérées par la fausse membrane, ce qui recourbe toute la trompe en arrière et en dedans par une adhérence vicieuse. Les deux ovaires sont blancs, peu volumineux. Les deux conduits des trompes, surtout celui de la gauche, sont assez développés et du volume d'un crayon ; le gauche seul est injecté, ainsi que le pavillon engoué de fausses membranes. La surface extérieure de l'utérus es marbrée de rouge ; à droite, vers l'angle supérieur et externe, on voit un petit vaisseau assez superficiel, qui renferme un liquide d'apparence jaunâtre avant qu'il soit ouvert, au-dessus et au-dessous duquel est du sang; en pressant, on déplace le paquet jaunâtre, et le sang en prend la place, ce qui établit positivement qu'il s'agit d'une veine. Ouvrant ce vaisseau, tout doute est levé, et l'on voit que la plaque jaune est du pus très-épais, très-concret, jaune vcrdàtre. Toutes les veines latérales de l'utérus, tous les sinus encore très-développés par places, sont remplis de ce même pus crémeux, et si épais, qu'il ne s'écoule pas à la coupe ; comme le tissu de l'utérus est très-compacte et très-revenu sur lui-même, sans aucun ramollissement, les veines ouvertes et les sinus forment de larges taches vert jaunâtre au milieu du tissu blanc-rosé de l'utérus. La veine ovarique et les deux gros troncs qui rampent dans le ligament large sont distendus par du pus de môme nature. Des veines plus petites vers le col, toujours à droite, sont également distendues par un pus crémeux et épais, comme si la partie la plus liquide avait été absorbée. Cette consistance du pus est partout la même et très-notable.

Aucune veine à la face antérieure ou à la face postérieure, superficielle ou dans l'épaisseur des pavois utérines, ne contient du pus. A gauche, les veines latérales, les sinus, la veine ovarique et une des veines du ligament large en sont remplies, mais elles sont moins nombreuses qu'à droite. Le pus y est aussi épais, aussi consistant que dans les veines de droite ; il ne s'écoule pas à la coupe ; on n'en trouve pas dans le conduit de la trompe. L'intérieur de l'utérus est tapissé d'un mucus grisâtre légèrement sanguinolent, sans odeur, pas de ramollissement. Partout ailleurs que dans les points occupés par le pus, les veines

sont revenues sur elles-mêmes; sous l'insertion placentaire qui a lieu à gauche et en arrière, les veines, petites et tout a fait saines, ne contiennent que fort peu de sang.

Tout le poumon gauche est revêtu de fausses membranes jaunâtres, épaisses ; on voit quelques traces d'épanchement louche de ce même cùté. A la face interne, inférieure et postérieure du lobe inférieur de ce poumon, on trouve des noyaux grisâtres variant depuis le volume d'un gros pois jusqu'à celui d'une pomme d'api et plus; ils sont inégaux, peu arrondis; leur tissu très-dense est friable, et quand on presse, même légèrement, la coupe saillante et comme marbrée d'un gris rosé qu'ils présentent, il en sort, non pas un liquide rosé et trouble, mélangé de pus et de sang, mais du pus jaunâtre véritable. Tout le lobe inférieur droit, sans fausses membranes à la plèvre, est dans sa partie interne et postérieure converti en ce même tissu friable, dur, grisâtre, entremêlé de tissu sain et crépitant, s'étendant autour des noyaux beaucoup plus volumineux de tissu altéré. Les bronches, dans ces points, contiennent du pus liquide. C'est aussi du pus liquide qui s'écoule de ces îlots plus ou moins larges de matières d'un gris rosé. La surface est plus saillante que le reste du poumon, elle est marbrée. Ce qui surtout est remarquable, c'est que ces plaques ne sont pas larges et occupent le tissu pulmonaire, sans observer la division par lobules. Elles ont lieu par ilôts pins ou moins étendus, qui, en somme, réunis, occupent bien les deux tiers du lobe inférieur droit. Ainsi, apparence de points isolés agglomérés ; ensuite, nature très- purulente du liquide exprimé par la pression; nature purulente du liquide des bronches : ce sont là les points qui différencient cette altération de l'hépatisation véritable. Ce n'est pins une affection .du tissu cellulaire qui s'est étendue, mais des points affectés isolément qui se sont réunis.

Rien exactement dans le foie ou ailleurs.

Obs. 4 bis. Le 26 juillet 1860 est entrée Vereuil (Clémence), trenteneuf ans, blanchisseuse, née à l'hospice d'Evreux (orpheline) ; à Paris depuis l'âge de dix-neuf ans. — Règles régulières ordinairement assez abondantes pendant deux ou trois jours; sang rouge, jamais de flueurs blanches dans l'intervalle des règles. M nausées, ni vomissements pendant cette dernière grossesse, qui est la cinquième ; appétit conservé; pas de douleurs lombaires, ni vertiges, ni syncopes; varices à la jambe gauche ; œdème marqué des pieds dans les derniers jours; a continué de travailler.

Accouchée à la Maternité vers le 4 juillet (la malade ne peut préciser de date juste, tant sa mémoire est affaiblie). Elle raconte que son accouchement s'est fait très-facilement, en deux douleurs. Perte de sang abondante après la couche ; frisson consécutif d'un quart d'heure environ. Dans la nuit qui a suivi, elle fut prise d'un frisson tellement violent, que son lit en tremblait ; depuis, elle n'en a plus eu ; elle ne se

rappelle pas avoir éprouve de douleurs vives dans le ventre, ni avoir vomi ; le traitement de la maternité a consisté en cataplasmes laudanisés sur le ventre. Sortie de la Maternité au bout de douze jours de séjour, elle reste chez elle huit jours, mais sans forces, incapable de rien faire. Elle fait appeler un médecin, qui la décide à entrer à l'hôpital. Etat actuel ; prostration; faiblesse extrême; elle ne se plaint que de douleurs vives dans la continuité des membres et les articulations, douleurs telles, qu'elle se tient immobile sur le dos pour ne pas les réveiller. Parole hésitante, haleine courte, faciès altéré, très-pàlc, yeux brillants ; le front et le menton sont couverts de perles de sueur (elle dit avoir transpiré beaucoup dans ces derniers temps). Langue rosée et sèche ; un peu d'appétit ; soif ardente; à la pression, aucune douleur abdominale; diarrhée depuis sa sortie de la Maternité; les lochies ont toujours coulé et coulent encore un peu ; pas de lait ; pouls à 104 ; peau chaude et moite , le coude droit est le siège de douleurs très-vives: on le trouve seulement un peu augmenté de volume ; vers l'union des trois quarts supérieurs avec le quart inférieur du bord interne de l'avant-bras, on sent, en passant légèrement le doigt sur cette' région, une bosselure au niveau de laquelle la peau est rouge et la pression douloureuse. Je crois y constater un peu de fluctuation profonde. (Cataplasmes laudanisés; èitr. kina, 2 grammes; C quarts de lavement avec sous-nitrate de bismuth et laudanum.)

Le 29. La faiblesse et les douleurs dans les membres vont en augmentant ; subdélirium. (Frictions belladoimées sur les points douloureux; le reste ut su prit.

Le 30. L'acuité des douleurs a de beaucoup diminué; moins de diarrhée ; un peu d'appétit ; pouls à 120. (Une petite portion.)

Le 31 . Le mieux d'hier ne s'est pas maintenu ; elle ne peut faire le plus petit mouvement sans ressentir d'atroces douleurs ; pas de céphalalgie ; réponses sensées à toutes les questions qu'on lui adresse sur son état; elle se plaint de dyspnée; absolument rien du côté du ventre; pouls petit, à 120.

Le 1er août. Morte cette nuit, à quatre heures du matin, sans souffrance apparente, sans pousser un cri.

Autopsie, trente heures après la mort.

Intestins distendus par des gaz ; petite péritonite circonscrite à la région postérieure de l'utérus, dans le cul-de-sac. recto-vaginal. Si l'on porte l'utérus en avant pour mieux examiner ce cul-de-sac, voici ce que l'on observe; de chaque paroi se détachent des filaments pseudo-membraneux longs de 1 à 2 centimètres, dentelés sur leurs bords et flottants par leurs extrémités libres au milieu de la sérosité rougeatre qui remplit crtte cavité; quand on a enlevé ce liquide, le péritoine de cette région revêt exactement l'aspect du péricarde recouvert de fausses membranes à surface villeusc, aspect qu'on a comparé au deuxième estomac des ruminants. L'utérus, revenu sur lui-même, a le volume de la moitié du

poing d'un adulte. La surface interne de l'utérus est noir verdàtre, recouverte dans toute son étendue de pourriture d'hôpital sous forme de plaques de diphlhérite.

Dans l'épaisseur du col, foyers purulents multiples, chacun d'eux est entouré d'un petit épanehement de lymphe plastique. Au niveau de l'insertion des annexes gauches, vaste épanehement plastique farci de traînées purulentes. La surface interne des veines qui contiennent ce pus est jaunâtre et tomenteusc ; rien à droite.

A gauche, la veine ovarique est dans toute son étendue distendue par du pus semi-concret, qui s'étend jusqu'à la veine rénale; rien dans la fémorale de ce côté.

On trouve du pus dans le plexus pampiniforme du côté gauche. Au centre de ce plexus, un ahcès gros comme une noisette, et qui, incisé , laisse échapper son contenu. Vnc foule de petits grumeaux purulents dans le tissu cellulaire qui sépare l'utérus de la vessie.

Poumons ; forte congestion des deux côtés ; à la base du poumon gauche, on trouve un grand nombre de points d'un rouge foncé, dus à des épanche menta sanguins sous-pleuraux, et qui retracent le premier degré de l'évolution des abcès métastatiques dans le poumon, selon l'opinion de M. Sédillot. Celte portion du poumon est évidemment ramollie. Foie, rate, reins, rien à noter.

Obs. 5. Le 8 juillet 1857, entre Lemonnier (femme Landry), vingtdeux ans, née à Dal; habite Paris depuis trois ans. Réglée à quinze ans, règles très-régulières, très-abondantes, durant huit jours, sans indisposition. L'arrivée à Paris les a suspendues pendant cinq mois, peut-être parce que dans le voyage, sur le bateau à vapeur, elle a été mouillée au moment où elle les attendait. Première approche à vingt et un ans, sans effet sur les règles. Pendant la grossesse, bouche amère, pas de vomissements; dégoût pour tous les aliments, excepté pour les acides, les fruits verts, la salade, le laitage; œdème aux jambres pendant les deux derniers mois; il a cessé depuis quinze jours; varices aux deux jambes et aux deux cuisses. Quelques traces de lait dans les seins pendant le dernier mois.

Accouchée le 9 juillet, à midi, d'un garçon, lequel meurt peu après ; frisson peu long, peu intense avant d'accoucher ; perte de sang abondante.

Le 10. Pouls, 132 puis., mou ; peau peu chaude, douleurs vives du ventre, langue aride, sèche, jaune, rougeàtre au milieu; utérus li sur 18, avec tuméfaction bien sensible à droite. (40 sangsues, 20 de chaque côté : 2 bouillons, 2 portions; cataplasme de fécule sur le ventre.)

Le 11. Pouls, lo2 ; peau chaude ; ventre ballonné ; variées enflammées à la jambe droite, au côté interne du genou et du mollet; douleurs abdominales à la pression. (GO sangsues sur le ventre; frictions d'onguent napolitain sur le ventre et sur les varices enflammées ; 2 bouillons.)

Le 12. Le pouls ne peut se compter. Prostration, abattement complet,

yeux et bouche demi-ouverts, extrémités froides, pommettes rouges, sueur sur la face, ventre assez chaud, plus de sensation de douleur, respiration difficile, langue sèche, un peu aride, jaune et grisâtre, vomissements verts, pas de selles. (Large vésicatoire sur le ventre, onctions mercurielles aux cuisses. (Bagnols, 100 grammes; bouillon.)

Morte le 13, à huit heures du matin, sans accidents particuliers.

Autopsie le 14 juillet, à dix heures du matin.

L'ouverture de l'abdomen laisse écouler un liquide blanc jaunâtre, lactescent, contenu dans le petit bassin seulement; tous les intestins sont couverts d'arborisations roses. Quelques fausses membranes assez résistantes font adhérer les circonvolutions, principalement près du petit bassin. Des flocons peu nombreux nagent clans le liquide contenu dans cette cavité.

Sur la face extérieure de l'utérus on voit, à droite, sur tout le quart in l'éiieur du corps, des arborisations violacées; sur la moitié gauche, à la hauteur des ligaments larges, il y a du pus infiltré dans tout le tissu qui entoure l'utérus ; une grosse veine transversale, passant à travers cette infiltration, est remplie d'un pus bien lié.

Au point où le corps s'unit au col existe une pareille infiltration; dans une veine du sillon transversal se trouve un caillot volumineux foncé, solide, résistant, s'arrètant brusquement à droite et à gauche, de sorte qu'il n'occupe que la moitié environ de la largeur de l'utérus. De cette veine partent trois ou quatre petits caillots qui se prolongent dans les veines du col.

La face interne est couverte de plaques grisâtres composées de fausses membranes d'apparence diphthéritique ; dans l'épaisseur du tissu, au niveau de l'insertion du placenta, les veines sont violacées; on distingue même sur leurs parois une injection de petits vaisseaux de nuance violette.

A gauche, l'incision du tissu utérin met à découvert plusieurs veines gorgées de pus, et au niveau de l'annexe gauche, il y a dans le tissu cellulaire une abondante collection de pus louable. Toutes les veines de ce côté renferment du pus en abondance, il en est de même des veines qui rampent autour de l'ovaire. La grosse veine tubaire de ce côté est remplie par un caillot résistant, sans mélange de pus.

Infiltration purulente autour d'une grosse veine de l'ovaire droit, dans laquelle est un gros caillot ; le tissu de l'ovaire lui même est littéralement rempli de pus; quelques petites veines qui traversent cet organe donnent aussi écoulement à du pus; il en est de même des veines tubaires de ce côté. A ce niveau, c'est-à-dire vers l'angle supérieur droit, toutes les veines du tissu utérin renferment du pus en abondance.

Dans une des veines variqueuses enflammées, situées au niveau du condyle interne du fémur droit, on trouve du pus en assez grande quantité ; cette veine poursuivie conduit directement à la saphène interne ;

au niveau du point où elle s'y jette, on trouve dans lasaphène un petit caillot qui la bouche. Rien d'autre dans la saphène, non plus que dans les veines iliaques du coté droit ; rien non plus dans les veines iliaques gauches, excepté un petit caillot arrêté au point où la veine croise la terminaison de l'aorte.

Le foie ne présente rien de particulier à noter, si ce n'est là décoloration que l'on rencontre fréquemment dans ces sortes d'autopsies, couleur chocolat au lait. Les poumons sont congestionnés, violets, mais ils sont encore aérés. La congestion n'est autre qu'une congestion ultime.

Ors. 0. Lalan, vingt-six ans, femme de chamhre non mariée, réglée à onze ans. Les règles ont toujours été régulières, non douloureuses ; elles durent de quatre à sept jours et sont très-abondantes. Première approche il y a deux ans, elle ne modifie en rien les règles. Vomissements abondants et répétés, dès le début de la grossesse, et continués pendant quatre mois et demi environ ; pas de varices, pas d'oedème ; lait jusqu'à cinq ou six mois, puis il disparait. Elle accouche le G avril 1855, à onze heures du matin, d'un garçon à terme, qui est son premier enfant ; elle perd un peu de sang avant l'accouchement, qui ne se {faisait pas, et qui est hâté par 50 centigrammes de seigle: peu d'écoulement sanguin, pas de frisson, pas de coliques après l'accouchement.

Le 7. Bon sommeil pendant la nuit; écoulement sanguin médiocre, sans coliques ; 128 puis.; peau chaude; seins souples, mais consistants, assez volumineux, sans noyaux ; elle n'a pas uriné depuis- minuit. Utérus déjeté à droite, 18 sur 12; la sonde amène de l'urine en forte proportion, et l'utérus, revenu vers la partie moyenne, n'a plus que 12 sur J2. (2 bouillons, 2 potages.)

Le 8. Va bien, à ce qu'elle dit; cependant elle a eu hier, vers trois heures, des frissons très-vifs, suivis de chaleur, sans mouvement vers les seins, avec céphalalgie et sueur après, sans douleur de ventre; 108 puis.; peau suante, 11 sur il, sans aucune espèce de douleur ; locbies assez abondantes et d'un rouge brunâtre ; pas de montée du lait, mais les seins sont assez consistants; leur base est un peu empâtée, pas de selles depuis jeudi ; langue un peu blanchâtre ; se plaint seulement du mal de tète ; pas d'appétit. (15 grammes d'huile de ricin ; 2 bouillons.)

Le 9. On trouve adroite de l'utérus un peu d'empâtement des annexes, sans que la malade accuse beaucoup de douleur. Hier, à midi, frisson, chaleur, céphalalgie jusqu'à trois heures ; la fièvre l'a reprise à minuit; nouveau frisson de vingt minutes à quatre heures du matin, picotements dans les seins, vers six heures; un peu de lait ; pas de coliques; langue blanche, humide ; 124 pute, j peau chaude, couverte de sueur; céphalalgie, soif vive ; lochies abondantes, rouges, mais fétides. ;30 sangsues au côté droit du ventre.)

Le 10. Les sangsues l'ont soulagée, mais depuis hier soir elle a été reprise de coliques. Ce matin, la diarrhée est survenue : quatre selles

liquides ; 136 puis.; peau chaude; frisson assez vif ce matin ; lochies assez abondantes et brunâtres; seins consistants, sans noyaux; elle adulait, l'enfant tette; langue blanche, enduit assez épais; elle est faible quand elle remue et souffre considérablement du ventre; quand elle respire même, elle éprouve de la douleur; quelques nausées ce matin sans vomissements; utérus, H c. de hauteur; empâtement de l'un et de l'autre coté; la douleur empêche de pouvoir mesurer la largeur; le ventre n'est pas ballonné du tout. (60 sangsues sur le ventre.)

Le 11. Hier au soir, douleur très-vive dans le ventre; 40 sangsues sont appliquées à nouveau, nuit plus calme; la douleur est, selon elle, considérablement diminuée; le ballonnement était très-fort; elle avait eu quelques nausées sans vomissements. Le pouls était très-fréquent, 100 puis., très-petit, un peu serré, représentant une sorte de trémulation incessante de l'artère ; peau chaude et couverte de sueur. Quand elle tousse, quand elle respire, elle éprouve une forte douleur vive du ventre; seins consistants, peu de lait; le ventre est peu ballonné; il est toujours tellement sensible, qu'on ne peut l'examiner; elle urine bien, sans douleur ; la douleur de ventre parait plus forte du côté droit que du côté gauche; soif assez vive. (80 sangsues.)

Morte le 12, à quatre heures du matin.

Autopsie le 13, à dix heures.

Epanehement peu abondant, mais puriforme, axant lieu surtout en avant de l'utérus, derrière la vessie; le pus j est Liquide, sans grandes fausses membranes, rien aux ovaires; les trompes sont rouges, comme boursouflées et tuméfiées à leurs extrémités, qui sont très-\asculaires. Quantité notable de pus dans répaisseur de l'utérus, à droite du col et un peu en remontant à droite vers les annexes. Le pus remplit les vaisseaux et est très-concret, car on l'énucle avec la pointe du scalpel ; à la face postérieure on en trouve un peu, et à gauche on en revoit une certaine' proportion toujours disposée de même le long du vaisseau et à leur intérieur ; deux ou trois sinus de quatrième ordre laissent échapper une goutte de pus.

Epanchement louche, d'apparence purulente dans les bassinets des deux côtés, sans altération bien évidente de la membrane. L'examen microscopique a démontré à II. Robin que cette apparence puriforme de l'urine tenait à un mélange de cellules épilhéliales, il n'a pas trouvé de globules purulents. Congestion pulmonaire ; çà et là quelques noyaux, comme apoplectiformes et piquetés; aucune trace de pus.

Obs. 7. Huser, trente ans, domestique, réglée à dix-huit ans, époques régulières, durant cinq à six jours, abondantes, mais avec quelques coliques. Première approche à vingt-quatre ans ; premier enfant à vingtcinq ans, une fdle. L'enfant actuel est aussi une fille, dont elle accouche à terme le 10 mars 1856, à onze heures et demie du soir. N'a jamais vomi dans ses grossesses.; n'a jamais eu d'œdème, mais seulement à l'une et

à l'autre elle a eu des varices à la jambe droite. Elles ont débuté au premier mois de sa première grossesse et ont diminué après, en persistant toutefois dans l'intervalle d'une gestation à l'autre ; puis elles se sont exagérées sensiblement dès le début de la grossesse actuelle; pas de lait aux seins dans les grossesses ; perd d'habitude peu de sang à ses couches, pas d'accidents. Elle a eu du dégoût à chaque fois qu'elle a été enceinte et elle a vécu seulement de café au lait clans les trois derniers mois.

Le 11. Quelques coliques après la couche ; n'a pas bien dormi ; a eu un peu mal aux reins et a rendu un caillot peu volumineux. 78 puis.; peau un peu chaude, pouls naturel, langue blanchâtre; peu d'appétit; utérus, 23 sur 15 avant d'être sondée; douleurs, avec un peu de gonflement de la grosseur du crayon aux deux annexes; 15 sur 17 après l'évacuation de l'urine ; la douleur existe toujours des deux côtés ; par l'écartement de la ligne blanche qui est très-marqué on la trouve aussi au niveau du col et sur les côtés. (30 sangues; 2 bouillons, 2 portions.)

Le 12. Va bien ; 11 sur 1 1 ; sans aucune espèce de douleur ; les annexes sont souples et sans dureté ; le lait n'est pas encore monté; les lochies sont abondantes et faciles. (2 portions.)

Le 13. Pouls naturel, 60 puis. ; peau fraîche; utérus, 10 sur 9, sans gonflement ni douleur; le lait commence à monter; l'enfant tette bien ; lochies assez abondantes, moins rouges ; appétit très-vif. (2 portions.)

Le 14. Va bien; 64 puis. ; le lait est très-bien monté ; "lochies abondantes et rouges, mais moins; appétit très-vif; utérus, 8 sur 9; elle offre du côté gauche un peu de gonflement très-net, très-circonscrit, dur, gros comme lin crayon, et paraissant ancien. (3 port.; 0,30 seigle ergoté.)

Le 15. A été bien hier toute la journée : la fièvre la prend vers minuit avec frisson peu marqué; le lait est monté assez fort à ce moment; 120 puis., plein, peau chaude; volume utérin, 8 sur 9, avec encore un peu dégonflement à gauche, sans aucune espèce de douleur; lochies abondantes, seins énormes, gonflés, douloureux; pas d'appétit. (40 sangsues, 20 de chaque côté ; 15 grammes d'huile de ricin ; 4 bouillons,)

Le 16. Va bien ; seins assez gonflés ; l'enfant tette bien; lochies encore abondantes, mais moindres; bon sommeil, appétit; 100 puis. ; peau un peu chaude ; utérus, 8 sur 12 ; gonflement des deux côtés, surtout un peu à droite, avec un peu de douleur. (W sangsues, 20 de chaque côté ; 1 portion.)

Le 17. 96 puis., assez vif et encore plein, assez résistant; a bien dormi; mesure de l'utérus, 7 sur 4, avec gonflement à gauche et un peu de douleur du même point; le gonflement est gros comme le petit doigt; à droite, il n'y a plus rien ; lochies abondantes et jaunâtres. (20 sangsues à gauche; 2 portions.)

Le 18. Hier au soir elle souffrait encore beaucoup à gauche et avait 104 puis. 20 nouvelles sangsues lui sont appliquées; n'a pas bien dormi, à cause des sangsues. Ce matin, elle a 100 puis.; pouls moins vif et

moins résistant; la peau peu chaude; utérus, 7 sur 14; il y a toujours gonflement de l'un et de l'autre côté, mais maintenant sans douleur; n'a pas été depuis cinq à six jours à la selle. (Vésicatoire de chaque côté ; une portion; la grammes d'huile de ricin.)

Le 19. 96 à 100 puis., mais peau moite, sans chaleur; selles très-nombreuses, faciès affaissé, yeux excavés ; langue jaunâtre ; un peu d'appétit ; pas de nausées, pas de frisson, pas de douleur à la pression du ventre. (0,03d'ext. aq. théb.; 8 grammes de sous-nitr. de bismuth; 2 bouillons, 2 potages.)

Le 20. Elle avait été relativement bien toute la journée, lorsque le soir elle est prise d'un redoublement de fièvre, de nausées avec malaise, douleur et refroidissement du nez; pas de frisson, pas de douleur de ventre à la pression; 132 puis.; peau chaude, sèche; quelques selles hier; faciès jaunâtre, yeux toujours excavés. (2 gr. kina ; 120 gr. baguols, 0,05 ext. théb.)

Le 21. 132 puis.; peau chaude, sueur abondante; deux ou Irois selles hier peu copieuses, liquides, elle n'en a pas eu depuis; faciès moins jaune, mais toujours les yeux excavés ; pas de nausées, pas de frisson ; développement du ventre, qui n'est nullement douloureux ; pas d'appétit; langue grisâtre avec enduit. (2 gr. kina; I2U bagnols; 0,03 ext. théb.; 4 bouillons.)

Le 22. 132 puis. ; pouls filiforme, peau fruide à la main et au bras, respiration haute; chaque inspiration étant accompagnée d'une plainte. Faciès profondément altéré, perte à peu près complète des forces; pas de selles, pas de nausées, pas de frisson ; agitation tres-vive cette nuit, sans délire; ne tousse pas ; peu de lochies ; pas de lait ; meurt dans la journée.

Autopsie le 24, à dix heures du matin.

Epanchement assez médiocre dans l'adbomen, surtout dans le petit bassin ; le liquide est jaunâtre, puri forme, mêle de grumeaux pseudo-membraneux, assez peu nombreux, mais plus larges, plus épais et plus abondants au voisinage de l'utérus •. c'est une véritable nappe de pus concret, qui se rencontre entre l'utérus et la vessie. L'utérus ail c. sur 11 ; les deux trompes sont volumineuses, surtout la droite, qui est bien grosse comme un crayon. Leurs pavillons sont d'un rouge un peu fonce, et comme infiltrés. Les conduits de la trompe sont injectés, les ovaires présentent des plaques rouges par place, et l'ovaire droit est de forme allongée présentant environ 7 centimètres de longueur, sur 2 centimètres de large à peu près. Les veines du ligament large à droite sont volumineuses, d'un rouge noirâtre : cela existe moins à gauche. A la face interne de l'utérus on trouve un liquide épais, gluant, d'un rouge sombre et foncé, non adhérent à la surface interne ; aucune trace à cette surface de fausses membranes ou de plaques grisâtres ; point de sanie putride. La surlace est lisse, la consistance bonne, la coloration à peine rosée, avec quelques petites injections par place ; pas d'apparence noirâtre, pas d'o-

deur fétide. Rien de particulier à noter au niveau de l'insertion placentaire ; la surface est inégale, rugueuse, d'une coloration rouge sombre, sans ramollissement du tissu sous-jacent, sans traces de pus. L'incision de la paroi antérieure fait voir que la face interne des veines qu'on y trouve est rougeàtre. et que cette teinte injectée s'étend au tissu péri-veineux. De l'un et de l'autre côté, au niveau du col et latéralement, on trouve de nombreuses veines remplies de pus ; vers la partie moyenne du bord gauche, de larges sinus en sont distendus. Dans l'espace qui sépare le conduit de la trompe du ligament rond, on observe de l'un et de l'autre côté, avant toute incision, une grosse veine du volume d'une forte plume d'oie à écrire, qui fait saillie et qui offre une teinte jaunâtre et puriforme ; de cette veine l'incision de l'un et de l'autre coté fait écouler uu pus louable, phlcgmoneux, épais. Les autres veines de droite sont moins remplies de pus que celles de gauche, ou du moins celles qui sont altérées ainsi sont moins nombreuses. La face interne de ces vaisseaux est blanche, sans injection. Dans la trompe droite on trouve du pus crémeux, qui la remplit daus toute l'étendue ; rien de semblable à gauche. Aucune trace de pus dans les autres organes, ni dans le poumon, ni dans le foie, ni dans la rate, ni dans les reins.

Obs. 8. Guillaume, née Cochet, vingt ans, lessiveuse, mariée. Réglée à onze ans, époques toujours régulières, très-abondantes, mais un peu de coliques, huit h quinze jours de durée. Lymphatique, peau blanche, cheveux rouges, yeux brun clair, fauves. Première approche lors de son mariage à seize ans, sans effet sur les règles. Elle a eu deux autres enfants : le premier, un garçon, le deuxième, une fille; le présent était à terme, un garçon; elle n'avait pas vu ses règles depuis quinze mois. Vomissements dans les deux premières couches, pas dans la troisième ; œdème à chaque fois, commençant vers le troisième mois, jusque deux ou trois mois avant l'accouchement ; l'œdème va jusqu'au jarret et disparait complètement vers le sixième ou septième mois. Pas de varices. La première grossesse a été la meilleure; cependant elle ne pouvait pas bouger, mais était au lit et assise, tandis que dans la seconde elle ne pouvait, ni s'asseoir ni se coucher ; première couche bonne ; deuxième couche, présentation de l'épaule, version, succès, mais grande fatigue de la mère, qui reste sept semaines au lit. Lait aux seins dans les deux premières grossesses, pas à celle-ci. Le 10 décembre 1833 elle accouche à sept heures du matin, d'un enfant qui s'est, encore cette fois, présenté par l'épaule, version, mort de l'enfant, très-fort et très-bien conformé du reste. Frisson vif avant la couche, pas après ; perd peu de sang.

Le 16, à neuf heures et demie du matin, souffre beaucoup dans les reins et dans le côté droit, au niveau du rebord des côtes droites ; cette douleur existait pendant toute sa grossesse; perd peu de sang en ce moment. Pouls, 06, fort; peau chaude; un peu de céphalalgie, qui diminue déjà; pas de vomissements ni de nausées; utérus, 19 sur 19;

saillie du volume du doigt annulaire à gauche, moins marquée à droite, mais plus profonde; celle de gauche, au moment des contractions utérines qui existent encore, est soulevée et poussée en avant. Ces contractions s'accompagnent de douleurs de reins ; au toucher, les deux cordes tuméfiées sont douloureuses , mais la douleur est plus vive encore dans l'angle gauche et supérieur de l'utérus, au-dessus de la corde signalée. Les douleurs spontanées sont assez vives pour empêcher la malade de tousser et de remuer. En examinant avec plus de soin, on trouve au point de l'angle gauche, que j'ai indiqué comme plus douloureux, une seconde tuméfaction bien dessinée du volume d'un crayon ; des deux annexes ainsi gonflées, celle qui est en avant et audessous part très-avant sur l'utérus et s'étend par une corde dure non interrompue jusque dans la fossé iliaque gauche. (60 sangsues, 30 de chaque coté; 2 bouillons, deux potages.) Urines fortement colorées ; rien à l'acide nitrique.

Le 17. On a appliqué 30 nouvelles sangsues hier au soir, parce qu'elle avait encore de la douleur ; utérus complètement indolent à la pression ; à peine une légère saillie là où Ton sentait hier une grosse corde double. Lochies abondantes ; utérus, 16 sur 16; rien aux seins; langue blanche; peau chaude ; pouls, 06 ; frisson vers minuit; n'a pas sué ; douleur dans les cuisses hier au soir. (30 sangsues.)

Le 18. 132 pulsations, pouls assez mou ; peau un peu chaude; langue blanchâtre ; se sent bien soulagée et trouve qu'elle a un peu plus de force; a bien dormi ; appétit; pas de frissons; pas de céphalalgie; pas de sueur ni de chaleur pendant la nuit ; utérus, 14 sur 17 ; lochies abondantes et noirâtres ; odeur assez fétide, non gangreneuse ; pas de lait aux seins. L'utérus est cordiforme, assez dur, non douloureux; les cordes, surtout la gauche, sont encore gonflées, mais elle n'y perçoit aucune douleur. (2 grammes de kina; vesicatoire sur le ventre; une portion.)

Le 19. 117 pulsations. Pas d'appétit; n'a pas dormi; lochies abondantes; pas de lait; douleurs à l'orifice de l'anus; langue blanche, humide ; peau chaude ; face pâle ; pommettes colorées ; n'a pas eu de frissons. (Même prescription.)

Le 20. 140 pulsations ; peau médiocrement chaude ; sentiment d'étouffement; langue humide, blanche; pas de douleurs de ventre; n'a plus la douleur du sacrum, ni de la vulve, mais se plaint du dos; rien à l'auscultation ni à la percussion ; cœur sain ; ventre indolent, non ballonné ; lochies toujours marquées; face pâle. (2 grammes de kina; 120 de bagnols; 4 potages.)

Le 21. 144 pulsations; peau médiocrement chaude; elle a été prise hier vers deux heures d'une douleur violente du ventre. Cette douleur a été croissant ; elle souffre cruellement ce matin ; charpie inspiration est douloureuse et arrache des cris; pas de vomissements; quelques nausées ; le ventre est très-ballonné ; les lochies ont augmenté d'abondance ;

elle souffre beaucoup dans le venlre, mais elle souffre encore plus des reins. La langue est humide, blanchâtre; la face non grippée, mais exprimant l'angoisse. (40 sangsues sur la partie supérieure du ventre, saignée de trois palettes; 0,10 ext. aq. thébaïque en dix pilules, une toutes les deux heures; 120 de bagnols étendu ; 4 bouillons.)

Le 22. Les douleurs se sont un peu calmées, mais elle souffre encore; peau froide; face pâle; lèvres bleuâtres; langue blanche, humide; 44 inspirations ; ventre ballonné ; pas de diarrhée ; n'a pas vomi ; est moins gênée de la respiration. (120 grammes de bagnols ; 2 bouillons, 2 potages.)

Meurt le 22 dans la journée. —Autopsie le 24 décembre 183a, à dix heures un quart. (Utérus, 14 de large, 16 de haut, du fond à la naissance du col, 20 du fond au museau de tanche.) A l'ouverture de l'abdomen, on constate qu'il existe dans cette cavité un épauchement peu considérable d'une sérosité jaunâtre, un peu trouble, et que surtout les anses intestinales , fortement distendues par des gaz, sont recouvertes au niveau des points où elles se rencontrent par de ! fausses membranes d'un jaune-Yerdàtre et d'apparence tout à fait puril'ormes ; elles sont peu adhérentes et ne soudent que très-mollement les unes avec les autres les anses intestinales, dans l'intervalle desquelles elles ne pénètrent pas. Ces fausses membranes existent dans toute l'étendue du péritoine, mais nulle part elles ne sont plus abondantes que dans le petit bassin et dans les deux fosses iliaques. Au côté gauche, la trompe et l'ovaire sont tout à fait couverts par ces concrétions lïbrineuses qui les enveloppent. Le ligament rond du côté gauche se détache de l'utérus beaucoup plus bas que celui du côté opposé; il est accolé à la face antérieure de l'organe dans une étendue de trois cutimètres environ et se dirige presque verticalement en bas, ou du moins par une oblique très-rapprochée de l'axe de l'utérus ; il est très-saillant et du volume d'un gros crayon. L'ovaire de ce côté est gros comme une très-forte amande, jaunâtre et moins dur que le droit, qui est cependant moins volumineux. La trompe est assez rouge, développée, toujours striée en agate, mais à injection sans teinte trop vive ; le conduit est du volume d'une forte plume.

Le col utérin est ver-dàtre et gris, couvert de vésicules arrondies (œufs dcXaboth) très-développéeset ausside plaques pseudo-membraneuses d'un gris clair verdàtre. La face interne de l'utérus est recouverte de putrilage gris verdàtre. Au point où va naître le col et aussi sur le milieu des deux faces de l'utérus on observe des fausses membranes d'un gris verdàtre, aréolées, baignées, comme tout le reste de l'utérus, par une sanie fétide et d'un gris verdàtre. L'insertion placentaire qui a lieu à la face postérieure n'est pas colorée comme le reste, elle est plus rouge ; sous elle, à la coupe, les veines sont béantes et à peine remplies d'un sang noir à moitié coagulé et sans altération apparente. Au niveau du col, à droite, on trouve une

ou deux petites veines remplies, dans un très-court espace, de pus épais et crémeux. Vers le niveau de la veine ovarique, une grosse veine dans l'intérieur du tissu utérin est aussi pleine de pus et entourée de fausses membranes puriformes ou du moins d'un tissu infiltré de pus concret et de sérosité louche demi-transparente. Cette lésion, qui est bien autour de la veine, dans le tissu cellulaire qui la sépare du tissu interne, est aussi répétée autour de plusieurs veines du ligament large. L'ovaire est dur ; son tissu, blanc rosé, n'est nullement ramolli ; à la coupe, on n'y trouve pas de pus. Les lésions des veines, au niveau de l'angle gauche, au niveau de l'insertion des annexes avec l'utérus, sont beaucoup plus considérables; le pus des veines très-nombreuses qui sont atteintes est tantôt concret, tantôt plus crémeux. Beaucoup d'entre elles sont entourées de pus et de sérosité infiltrés en dehors de la lumière du vaisseau. On trouve ces lésions environ dans l'espace de la largeur d'une pièce de cinq francs ; plusieurs veines du ligament large gauche, mais beaucoup moins que de l'autre côté, sont prises de la même altération. La veine qui se dirige de l'ovaire vers l'utérus contient également du pus crémeux. La trompe est trèsrouge; son conduit a la grosseur d'une forte plume; l'ovaire, de 5 centimètres environ 'de long sur 3 environ de large, est rosé et grisâtre à l'intérieur, fortement infiltré de sérosité qui s'échappe à la coupe ; on y trouve çàet là quelques points jaunâtres analogues à des fausses membranes puriformes, bien différentes des corps jaunes qu'on trouve au nombre de deux ou trois, très-développés. Point d'épanchement pleuivtique. Rien à noter dans les autres organes.

Obs. 9. Renouf, vingt-neuf ans, couturière. Après une grossesse régulière, elle accouche naturellement d'un garçon, le 3 janvier 1857. (C'est son troisième accouchement.)

Le 3 janvier. L'utérus mesure il centimètres de hauteur sur 13 de largeur; le ventre est souple, mais douloureux à droite. (20 sangsues.)

Le 4. L'utérus a conservé les mêmes dimensions ; le ventre est toujours douloureux à droite. (20 sangsues.)

Le "6. L'utérus a perdu de son volume, il n'a plus que 9 centimètres sur 11 ; la douleur a notablement diminué ; le pouls, fréquent la veille, est plus calme aujourd'hui; le lait commence à monter.

Le 6. Rien de nouveau; l'utérus a conservé ses dimensions. (30 centigrammes de seigle ergoté.)

Le 7. L'utérus n'a plus que 7 centimètres en hauteur sur 10 en largeur.

Le 8. La malade a eu un frisson violent ; elle a de la céphalalgie et des nausées; le pouls bat 130 fois; la sécrétion du lait est supprimée; l'utérus est plus volumineux que la veille, mais très-difficile à mesurer, parce que le ventre est très-douloureux, surtout à droite. (40 sangsues.)

Le 9. L'état de la malade s'est aggravé ; sa figure est pâle et anxieuse,

la respiration fréquente; le ventre est très douloureux, surtout à la pression. (Vésicatoire ; frictions avec l'onguent napolitain.)

Le 10. Aux symptômes de la veille il s'est joint aujourd'hui des douleurs dans les articulations des poignets et du pied droit, ("o centigrammes de sulfate de quinine.)

Le 11. La fièvre et la sensibilité de l'abdomen ont diminué ; mais les douleurs des articulations ont pris une grande intensité ; l'épaule est le siège d'une douleur semblable. (Liniment laudanise; 1 gramme de sulfate de quinine.)

Le 12. Le ventre est indolent tout à fait ; la malade esttrès-affaissée. cependant les douleurs persistent dans les articulations, prises l'avantveille ; il existe même du gonflement à l'articulation du pied et de l'épaule droite ; les coudes sont douloureux; il existe aussi au mollet droit des varices, au niveau desquelles existe de l'empâtement et de la sensibilité à la pression. Le pouls, assez ferme, bat 120 fois. Morte le 13, à quatre heures du matin.

Autopsie. — Le péritoine n'est pas enflammé; l'utérus mesure 12 sur 12. La veine ovarique droite contient un large paquet purulent, qui remonte jusqu'à son embouchure dans la veine cave ; à ce niveau, la veine cave elle-même contient un paquet de pus très épais, du volume d'une noix, libre dans sa cavité, et qui ne s'est en rien mêlé au sang au milieu duquel il chemine. L'utérus, dans sa partie gaucbe, n'offre rien à mentionner. A droite, on trouve du pus dans une grosse veine qui gagne le ligament large ; ce ligament est infiltré de lymphe plastique ; il est converti tout entier en un tissu dur, blanc, épais, au milieu duquel rampent de nombreuses veines qui contiennent toutes du pus.

L;i face interne de l'utérus est noirâtre; au niveau de l'insertion placentaire, elle est revêtue par des fausses membranes à forme diphthéritique, grisâtres et colorées aussi çà et là par du sang.

On trouve du pus dans l'extenseur du pouce gauche et dans l'articulation tibiu-tarsienne droite.

Les poumons et le foie ne présentent aucun abcès. Oiss. 10. Mongel, vingt-six ans. Elle a déjà eu une fille, son premier enfant, à terme. Dans sa dernière grossesse, quelques vomissements pendant le dernier mois, le matin, au réveil. Pas de dégoût pour les aliments. Quelques varices à la jambe gauche, mais sans œdème. Depuis le .-.ivieme mois le lait a coulé des seius, fort peu, mais assez pour tacher le linge. Elle est accouchée, à six heures, le 12 juin 18S5. Apres l'accouchement frisson peu intense ; un vomissement pendant les douleurs.

Le 12 juin. Tempérament lymphatico-sanguiu, blonde avec des yeux bleus. Depuis l'accouchement, coliques vives avec expulsion de caillots, sans douleurs lombaires; maintenant elles se calment. 88 pulsations; pouls normal ; peau un peu chaude ; quelques légers picotements au sein. L'utérus mesure t-'l sur 15. Au niveau de l'annexe droite, elle éprouve

une douleur assez vive, avec tuméfaction en ce point. L'utérus est déjeté à droite. La malade est allée à la selle tous ces jours derniers. Soif vive; pas d'appétit. (30 sangsues à droite; 2 bouillons, 2 potages.)

Le 13. 84 pulsations; peau fraîche; quelques douleurs abdominales; un peu de céphalalgie ; appétit nul ; lochies peu abondantes, rougeàtres ; pas de frissons ; utérus, 9 sur 10, toujours de la douleur et du gonflement à droite. (30 sangsues.)

Le 14. 100 pulsations; un peu de chaleur à la peau; le lait, monté hier, coule abondamment, car la malade ne nourrit pas son enfant ; la langue est blanche, revêtue d'un enduit épais ; il y a toujours quelques coliques ; les sangsues n'ont pas amené beaucoup de soulagement ; lochies peu abondantes, rougeàtres, mêlées; utérus, 10 sur 10 ; la douleur de droite a disparu, mais l'utérus est douloureux à la partie médiane, à la pression et même lors des mouvements ; vif appétit. (40 sangsues ; une portion.)

Le 15. Céphalalgie; 96 pulsations; pouls développé; peau chaude; ventre non douloureux ; lochies peu abondantes, rouges ; lait abondant ; seins durs ; appétit. (2 portions.)

Le 16. Peu de sommeil cette nuit; 128 pulsations, avec le pouls peu développé ; peu de chaleur à la peau ; lait très-abondant, seins énormes. Morsures de sangsues enflammées ; utérus, 8 sur 8; peu d'appétit ; depuis, hier trois selles ; quelques malaises et de légers frissons. Vers le cote droit, au niveau de l'annexe, on trouve encore un empâtement légèrement douloureux ; langue blanchâtre. (Huile de ricin, 30 grammes; extrait aqueux thébaïque, 0,03 en quatre doses; vésicatoire sur le coté droit du ventre ; 2 bouillons.)

Le 17. Langue blanche et humide; 132 pulsations; bouche trèsmauvaise; lochies peu abondantes; lait abondant; ventre indolent; l'utérus ne peut être retrouvé; face jaunâtre ; pas d'appétit; le sommeil a été assez bon. (Poudre d'ipécacuanha, 1 gramme.)

Le 18. 132 pulsations, pouls petit; douleurs vives dans la tète, de moment en moment ; face jaunâtre ; appétit ; hier beaucoup de vomissements; les lochies se sont alors arrêtées pour reprendre ; seins volumineux, lait abondant. Depuis hier une seule selle ; la malade se trouve mieux. (4 verres de spa; sous nitrate de bismuth, 8 grammes.)

Le 19. 132 pulsations; pouls petit; ni frissons ni nausées; peau chaude ; la céphalalgie a disparu hier pour reparaître ce matin ; lait diminué; lochies encore assez abondantes ; pas de douleurs de ventre; pas de diarrhée; peu d'appétit. (Extrait de kina, 1 gramme; bagnols, 30 grammes; une portion.)

Le 20. 92 pulsations ;, pouls petit; pas de chaleur à la peau; peu d'appétit ; lochies modérément abondantes ; bon sommeil; le lait est de nouveau abondant, la langue nette. 11 n'y a pas de frissons ; le vésicatoire est presque sec ; la malade ne souffre que fort peu dans le ventre,

lors des mouvements. On ne peut trouver l'utérus ; une collection de pus sous-cutanée qui s'est formée sous une piqûre de sangsue gène beaucoup la malade. (Bagnols, 60 grammes; extrait de kina, 1 gramme; un demi-lavement avec 30 grammes de miel de mercuriale; une portion.)

Le 21. 124 pulsations; peau chaude; frisson continuel; face jaunâtre ; toux fréquente avec expectoration, mais sans point de côté, sans que l'on trouve rien, ni par la percussion ni par l'auscultation. Utérus impalpable ; un peu de douleur à la pression à droite ; par de ballonnement, pas de lochies ; le lait est encore abondant, surtout à gauche ; céphalalgie intense; pas d'appétit. (Bagnols, 100 grammes; julep avec extrait de kina, 1 gramme; vésicatoire sur le ventre.)

Le 22. 140 pulsations; pouls petit; peau sans chaleur. 11 y a eu des nausées, des vomissements, cette nuit des frissons. Le sens de l'ouïe est obtus ; hier la vue était trouble; les pupilles sont dilatées ; faciès meilleur. La malade dit se sentir mieux ; pas de prostration ; un peu de sensibilité du ventre à la pression ; ballonnement un peu plus marqué qu'hier. Cette nuit deux selles liquides; pas d'appétit, soif vive ; agitation sans délire cette nuit. (Alcoolature d'aconit, 20 gouttes ; frictions avec de l'onguent napolitain sur le ventre ; chlorhydrate de morphine. 1 centigramme sur le vésicatoire ; bagnols, 1 00 grammes ; solution de sirop de coing.)

Le 23. 140 pulsations ; pouls régulier, assez fort ; la journée et la nuit d'hier ont été meilleures, bien que la malade ait un peu vomi hier au soir et ce matin ; la matière des vomissements était glaireuse. La surdité a diminué; cette nuit ni agitationni délire; la face est moins pâle, vive rougeur à la joue gauche ; un peu de douleur vers le milieu du ventre. Mictions fréquentes et abondantes ce matin, fréquentes et peu abondantes cette nuit. Le ventre est moins ballonné qu'hier ; on ne trouve de douleur qu'à la partie médiane et par une forte pression ; pas de selles depuis hier. Les lochies, dont hier il y avait encore quelques traces, ont cessé ce matin; la malade commence à souffrir des gencives. (Alcoolature d'aconit, 30 gouttes; frictions mercurielles ; chlorhydrate de morphine, 0,01; solution de groseilles; bagnols, 100 grammes.)

Le 24. 140 pulsations; peau un peu chaude ; le faciès est meilleur; la bouche mauvaise; ni vomissements ni nausées. Cette nuit un peu de sommeil; ni céphalalgie ni douleurs dans le ventre. Au poignet gauche un peu de douleur, sans rougeur ni gonflement. La malade se trouve bien, crache beaucoup, mais ne souffre pas de la bouche. (Même prescription.)

Le 2o. 140 pulsations; peau chaude, soubresauts tendineux, surdité très-forte; langue humide avec papilles développées. Cette nuit diarrhée très-abondante, nausées et vomissements. Pas de lochies, ventre non ballonné, vaguement sensible. Douleur des gencives, mouvements de la langue difficiles. Vésicatoire fétide et suppurant abondamment. (Alcoola-

ture d'aconit, 30 gouttes; frictions mercurielles; extrait de kina, 1 gramme; sous-nitrate bismuth, 15 grammes; un demi-lavement avec six gouttes de laudanum.)

Le 26. 148 pulsations; chaleur acre, brûlante; surdité complète; sommeil constant ; pesanteur de tète ; soif vive ; bouche mauvaise ; langue couverte d'un enduit blanchâtre un peu sec, nausées, vomissements glaireux. (Même prescription.)

Le 27. Vers deux heures, hier, dit-elle, elle a été prise de douleurs dans les bras ; elle poussait des cris quand on les lui touchait. En même temps elle avait un frisson marqué ; 1 36 pulsations, pouls assez fort, peau chaude, trois selles liquides. Pas de délire, nuit assez calme ; soif vive, pas d'appétit. La surdité a diminué ; elle se plaint des gencives et des mucosités qui lui remplissent la bouche. Sur la poitrine une tacherosée presque lenticulaire; le vésicatoire va mieux; 52 inspirations; langue humide, rouge, avec des îlots blancs ; pas de douleurs de tète ; hier sueurs abondantes, tremblement léger. (Alcoolature d'aconit, 50 gouttes; frictions mercurielles; extrait de kina, 1 gramme ; sousnitrate de bismuth, 15 grammes; un demi-lavement avec six gouttes de laudanum.)

Le 28. Hier pas de douleurs des bras ; assez de calme, pas de délire; 124 pulsations ; peau très-chaude; 48 inspirations. Ce matin gonflement et douleur dans les deux articulations du coude, avec rougeur érysipélateuse à la partie postérieure du coude droit. Du reste la malade n'éprouve que de la faiblesse ; langue sèche, parole difficile, face jaunâtre. La mâchoire inférieure se meut difficilement quand la malade parle, mais sans contraction tonique et uniquement par faiblesse. Crachats épais, que la malade ne peut détacher. (Même prescription ; alcoolature d'aconit, 60 gouttes.)

Le 29. 124 pulsations ; peau brûlante ; pouls assez vif et peu résistant ; 52 inspirations. Hier la malade n'a pas souffert et s'est trouvée bien ; la gène de la parole est la même ; les coudes sont dans le même état, seulement la rougeur du coude droit est plus foncée, et il y a en ce point une grande chaleur. Langue humide, face jaunâtre ; pommettes très -colorées ; pas de vomissements, pas de délire; dévoiemcnt très-abondant ; le vésicatoire suppure encore. (Alcoolature d'aconit, 70 gouttes, même prescription du reste.)

Le 30. Le dévoiement est toujours très-abondant; 140 pulsations; l'érysipèle du coude droit s'étend sur l'avant-bras ; le coude gauche, toujours gonflé, est moins douloureux, et la malade le remue plus facilement. Peau brûlante ; 34 inspirations; face plus altérée ; langue humide, sans enduit ; douleur des gentives; ni nausées ni vomissements; ni agitation ni délire. (Alcoolature d'aconit, 70 gouttes; extrait de kina, 2 grammes; même prescription d'ailleurs.)

Le 1er juillet. Beaucoup de diarrhée; les bras sont gonflés et doulou-

reux ; 142 pulsations ; pas d'appétit ; peau très-chaude ; soif vive ; pas de céphalalgie; respiration toujours accélérée; la langue est sans enduit, mais extrêmement sèche, ce qui rend encore la parole plus difficile. Faiblesse, sans prostration absolue ; la malade s'occupe de ce qui se passe: autour d'elle ; 40 inspirations. (Même prescription.)

Le 2. Les bras sont dans le même état, rouges et gonflés aux coudes tous les deux; diarrhée très-abondante; 120 pulsations ; pouls toujours vibrant, modérément développé; 44 respirations ; peau chaude ; langue sèche, face plus altérée. (Un demi-lavement amidonné, diascordium 4 grammes; bagnols, 250 grammes ; alcoolature d'aconit, 70 gouttes.)

Le 3. lfiO pulsations; demi-coma hier pendant toute la journée ; les bras sont dans le même état, un peu moins rouges ; 28 inspirations. (Même prescription.)

Le 4. Coma. La malade est à l'agonie et meurt peu après la visite.

Autopsie le S. — Aucune trace de péritonite; point d'épanchement, point de fausses membranes. Avant de diviser l'utérus, on observe que sa face antérieure offre à la partie moyenne et vers son fond une teinte verdàtre. Son volume est mesuré par 7 centimètres du fond au niveau du col et par 8 centimètres d'un côté à l'autre. La cavité est petite et remplie d'un liquide brun verdàtre, très-fétide, d'odeur gangreneuse. Tout le fond et tout le corps pour ainsi dire sont constituées par un tissu mou, comme aérolaire, qui cède sous la plus légère pression. Lorsqu'on gratte le tissu utérin par sa face interne, il semble formé de filaments roses imbriqués les uns dans les autres, qui ne sont autres que les fibres de l'utérus ramollies. Avant ce raclage la surface utérine est recouverte de fausses membranes grisâtres, en forme de plaques, comme écailleuses, séparées par des intervalles qui les font ressembler à ces mousses que l'on trouve sur les arbres.

Toutes les grosses veines qui rampent dans le bord gauche de l'utérus sont pleines de pus phletnnoneux. Rien de semblable n'existe dans celles de droite.

Au niveau du ligament ovarique gauche, une grosse veine dans la paroi utérine est gorgée de sang noir en caillots, et, à partir du point où elle quitte l'utérus pour gagner l'ovaire, elle est pleine de pus.

Les deux ovaires sont volumineux, d'un blanc mat. Le droit est plus petit que le gauche. A l'intérieur son tissu est rosé, dense, comme revenu sur lui-même. La couche la plus extérieure est blanche et firme comme une coque.

Les deux trompes «.IFrent peu de rougeur. Leur pavillon est boursouflé et non injecté Leur conduit ne contient pas de pus. Le volume de la trompe est normal.

Foie un peu ramolli ; rate et intestin grêle à l'état sain. A la base du poumon gauche quelques adhérences pseudo-membraneuses; pas d'épanchement, pas d'abcès.

Le gonflement du bras droit est constitué par un vaste abcès sousmusculaire occupant la partie postérieure et ayant dénudé les os. 11 contient une nappe de pus ayant 8 à 10 pouces d'étendue. Les articulations de ce côté sont saines. A gauche, au contraire, l'articulation du coude est distendue par du pus. Les cartilages sont intacts. Le pus de l'articulation, comme celui des veines utérines, est bien lié et phlegmoneux.

Oiis. il. Thuillier, vingt-quatre ans, domestique, non mariée; réglée à treize ans, durée de l'époque huit jours abondamment, coliques habituelles. Elle a déjà eu un autre enfant, qu'elle a perdu ; ne vomit pas dans ses grossesses; ni varices ni œdème ; pas de lait pendant sa grossesse; accouche le 16 novembre 18o5, à six heures du matin, d'une fille à terme .

Le 17 novembre 1855, 68 puis. ; a bien dormi; pas de coliques; utérus, 9 centimètres de hauteur sur 10 de largeur, indolent. (2 bouillons, 2 portions.)

Le 18. 88 puis.; utérus indolent à la pression, 7 cent, sur 8 ; appétit ; geins durs, lait abondant. (1 portion.)

Le 19. 120 puis.; peau chaude; la fièvre a commencé hier au soir; seing. tendus, chauds, douloureux; ventre non douloureux; utérus peu perceptible ; lochies rouges.

Le 20. 100 puis.; utérus indolent, impossible à retrouver; peau peu chaude; deux selles en dévoicment; pas d'appétit, (2 bouillons, 2 potages . )

Le 21. Elle a eu hier plus de dévoiement, au moins 13 selles liquides avec douleur vers le ventre; pas de sommeil; peu de frisson, mais chaleur vive; 132 puis., assez résistant; peau très-chaude, ventre très -douloureux, sans ballonnement; utérus impossible à trouver, la douleur empêchant L'examen profond; douleur violente, par élancements; p;i s de ballonnement; pende lochies blanchâtres; seins peu volumineux, mais durs et engorgés; soif vive, mais elle ne peut boire sans éveiller la douleur. (0,03, ext. opium.) 80 sangsues au ventre, langue blanche et large; pas d'appétit; pas de céphalalgie; un vomissement ce matin. (2 potages ; solut. sp. groseille.)

Le 22. Elle a été engourdie hier jusqu'au soir; langue blanchâtre, face pale, envie de dormir et vomissements fréquents ; pas de céphalalgie, pas de douleur de ventre à la pression; hier elle était mieux; au soir, on lui a mis 30 sangsues. C'est cette nuit que les vomissements ont repris; lors des vomissements elle souffre un peu dans le ventre; pouls filiforme, 116; peau des bras, qui sont hors du lit, froide; seins petits et souples; face un peu crispée, peau du ventre et des cuisses chaude; hoquet par instant. (0,0o extr. théb., en 4 doses; large vésicatoire sur le ventre; frictions onguent napolitain aux aisselles et sur les cuisses )

Le 23. Face pâle; somnolence; voix éteinte; peau fraîche, conservation de l'intelligence; pas d'envie de vomir, pas de diarrhée; pouls petit, filiforme. (Le vésicatoire n'a pas pris.)

Morte le 23, à une heure du soir.

Autopsie le 23 novembre, à dix heures du matin. -L'abdomen est peu tendu; on ne trouve même aucun ballonnement véritable. 11 existe peu d'épanchement, un verre à peine dans le bassin ; cet épanchement estpuriforme ; l'épiploon, bien étalé sur les intestins, n'est pas rouge, non plus que la surface des circonvolutions. La partie de l'intestin grêle qui est vers le petit bassin offre çà et là quelques adhérences pseudo-membraneuses ; l'utérus, qui a environ 8 centimètres de large sur 5 ij± d'épaisseur, est disposé de telle façon que son fond est la partie la plus visible, par une sorte d'antéversion du corps plié en avant. Les veines sont peu injectées, peu développées ; les trompes sont très-volumineuses ; leur pavillon est rosé, avec stries vasculaires, comme les veines d'une agate; le pavillon semble comme œdémateux. Aucune trace de fausse membrane sur les ovaires, les trompes ou l'utérus. La face interne de celui-ci est couverte d'une couche pultacée, comme pseudomembraneuse, d'un gris verdàtre ; la coupe montre que sur quelques points cette coloration s'étend jusque dans le tissu lui-même, c'est-àdire que sur ces points la séparation n'est pas, quant à la coloration, brusque, mais graduelle; il n'y a aucun ramollissement du tissu intérieur, qui crie sous le scalpel. L'odeur qui s'exhale de la face interne comme celle de la sanie fétide qui s'écoule, est l'odeur de la gangrène .

A droite et à gauche, vers le col, de petites veines contiennent du pus; à droite, au niveau de la veine ovarique, et jusque dans une partie de son étendue en dehors, on trouve deux ou trois grosses veines pleines d'un pus phlegmoneux très-louable. Les veines ainsi prises sont tapissées par une fausse membrane non adhérente et d'aspect purulent, qui pourrait être considérée comme du pus concret, n'était son apparence bien réellement membraniforme après le lavage. La surface interne de ces veines ne présente aucune altération appréciable, elle est d'un blanc éclatant, presque nacré, sans injection ni rougeur. La même altération se retrouve à l'angle gauche de l'utérus, au niveau de la veine ovarique, mais là les veines sont beaucoup plus distendues et ont conservé la disposition de larges sinus, communiquant les uns avec les autres très-facilement, et remplis d'un pus phlegmoneux très-louable ; aucune injection de ces veines ainsi distendues; même apparence de fausses membranes puriformes sur certains points, sans modification de la membrane interne sous-jacente et sans adhérence aucune de ces fausses membranes. Eu poursuivant une de ces veines vers la partie interne et postérieure, on la voit diminuer fie volume. Elle contient un sang noirâtre veineux, sans grande injection des parois, dont la teinte rougeàtre inaccoutumée trancb avec l'apparence blanche des points veineux occupés par le pus.

Aucune altération n'est appréciable dans les autres organes ; pas d'abcès métastatiques; pas de collection ni d'injection des poumons, des reins, du foie. Le cœur est légèrement hypertrophié; rien à la rate.

Obs. 12. Grcslé (Zoé), vingt-trois ans, domestique, née à Buvilly (Jura), fille; habite Paris depuis treize mois. Réglée à dix-neuf ans, sans indisposition. Menstrues régulières, venant toutes les trois semaines, assez abondantes, durant cinq jours.

Pendant la grossesse ni dégoût, ni nausées, ni vomissements, ni varices, ni œdème; pas de lait dans les seins. Accouchée à l'aide du forceps le 5 mai 1857, à dix heures du matin, d'un garçon à terme. C'était son premier enfant; frisson peu intense avant l'accouchement ; perte assez abondante après.

Le 6 mai. 1 48 puis., pouls petit ; 44 inspirations; peu de chaleur à la peau ; soif vive; langue très-sale, enduit blanc jaunâtre; anorexie, sommeil assez bon ; une selle liquide; utérus 18 sur 14, dévié à droite ; après le cathétérisme, 12 sur 14; urines rouges; douleur très-vive des deux côtés de l'utérus au niveau des annexes, qui sont gonflées ; légère déchirure de la grande lèvre gauche.

Prescription. 40 sangsues de chaque côté; diète:

Le 7. Le 6, au soir, on a appliqué 40 sangsues, 25 à droite et 15 à gauche, à cause d'une très-vive douleur dans les annexes ; aujourdhui 140 pulsations; pouls un peu fort; peau très-chaude, surtout sur la poitrine; faiblesse extrême, abattement et immobilité; la malade se plaint d'un point de côté à gauche de la poitrine en arrière. A L'auscultation on croit entendre en arrière un peu de râle crépitant.

Prescription. 15 sangsues sur le point douloureux de la poitrine, 20 sur le ventre. Ext. de kina, 2 grammes.

Le 8. 132 puis., pouls petit, bisferiens ; peau médiocrement chaude ; sommeil assez paisible cette nuit; beaucoup de régurgitations du liquide ingéré (eau de gomme); ventre ballonné, non douloureux; utérus, lo sur 18, sans douleur. L'exploration des annexes est difficile, à cause du ballonnement; 60 inspirations hautes, un peu bruyantes; faciès abattu ; préoccupations vives sur son état; la malade demande à plusieurs reprises si le mieux qu'elle croit éprouver est réel. A droite, en arrière de la poitrine, douleur légère ; matité de cinq travers de doigts de hauteur; éloignement du bruit respiratoire et de la voix, mais sans égophonie, ni souffle. Les mêmes phénomènes s'observent à gauche, mais dans une moindre étendue. Un peu de toux, pendant laquelle elle souffre à droite et à gauche, en arrière, à la base de la poitrine ; pas de douleurs dans le ventre. (Frictions avec l'onguent napolitain ; un vésicatoire de chaque côté de la poitrine. Eau vineuse, 2 pots; 4 bouillons; ext. de kina, 2 grammes.)

Morte le 8, dans la journée.

Autopsie le 10 mai, à dix heures du matin. — Intestins fortement distendus par des gaz, mais en aucun point on ne trouve d'adhérences ni de fausses membranes péritonéales ; arborisations assez abondantes et assez inarquées à la surface du gros intestin et de l'intestin grêle. Le tissu cellulaire du bassin est presque partout infiltré de sérosité rougeàtre et en même temps injecté , si bien que toute la cavité abdominale offre une teinte uniformément rougeàtre. Nulle part cette disposition n'est plus marquée qu'au niveau de la veine iliaque primitive gauche, de l'iliaque externe et de l'hypogastrique du même côté. Le tissu de ces vaisseaux est d'un rouge violacé, coloration que le lavage et le grattage ne peuvent enlever. Ces veines sont remplies par un caillot violet et poisseux, mais peu dur, sans adhérences, sans trace de pseudo-membranes à l'intérieur de la veine. Le tissu cellulaire périveineuv est d'un rouge violacé, infiltré d'une sérosité de même nuance, et tranche par sa coloration sur le reste du tissu cellulaire abdominal, bien que ce dernier soit, comme nous l'avons dit, généralement très-coloré. Au confluent de l'iliaque primitive et de l'hypogastrique, on trouve un ganglion gros comme la moitié d'une noisette et très-fortement injecté. Les veines iliaque et hypogastrique du côté droit n'offrent rien de particulier. Nulle trace de vaisseaux lymphatiques dilatés soit sur l'utérus, soit dans le reste de l'abdomen.

Le volume de l'utérus est 15 sur 15. On observe quelques arborisations sur sa face antérieure; à droite, on trouve du pus dans une veine superficielle située près du col et s'abouchant dans le sinus latéral droit, où l'on trouve aussi du pus, de même que dans toutes les branches veineuses rampant autour de ce point dans le tissu utérin. Au niveau de l'insertion des annexes, les veines du tissu utérin ne contiennent pas de pus, mais un certain nombre d'entre elles sont colorées en rouge violacé, sans qu'il y ait de sang dans leur intérieur. Plusieurs autres veims contrastent avec ces dernières par leur coloration blanche nacrée, qui semble repousser l'idée de tout état morbide. Au niveau de l'insertion de la trompe du côté droit sur l'utérus, l'incision donne écoulement à du pus sortant en quantité assez abondante d'une grosse veine située à ce niveau. La trompe est infiltrée, ramollie, rouge. L'ovaire du même côté est dans le même état et à un degré tel qu'il s'écrase sous le doigt; on y trouve un peu de pus. Une grosse veine rampant dans le ligament large du même côté contient une notable quantité de pus épais, crémeux, jaune vcrdàtre, bien lié, comme est celui que nous avons trouvé partout ailleurs. Au niveau du plexus pampiriforme, tout le tissu cellulaire est imprégné de pus et notablement densifié. La surface interne de l'utérus est couverte d'un enduit putrilagineux d'un gris noirâtre, fétide. Aucun point de cette surface n'est à l'état sain. Cette apparence se continue dans la cavité du col utérin. A gauche, on trouve aussi au niveau du plexus pampiriforme une sorte d'infiltration purulente comme à droite.

Plusieurs veines qui rampent dans ce point sont elles-mêmes pleines de pus. Tout le repli recto-vaginal en est infiltré.

Dans les poumons, la plus grande partie du tissu est violacée, le lobe inférieur gauche densifié, rougeàtre, non crépitant, mais les éléments qui constituent le poumon sont encore facilement reconnus. Ce n'est qu'une simple congestion. Les plèvres présentent quelques arborisations, sans épanchement, ni fausses membranes.

Le cœur est sain. Une certaine quantité de sérosité limpide se rencontre dans le péricarde.

Le foie est mou, jaunâtre, sans injection, sans traces de pus à son intérieur.

Obs. 13. Bastien (Eugénie), vingt et un ans, domestique. Accouchée le 19, à dix heures du soir; présentation du siège. La délivrance n'a pu se faire; le cordon a été cassé. Introduction de la main ; hémorrhagie. (1 gramme de seigle ergoté.)

Le 20 mai 1855. Pas d'hémorrhagie nouvelle. Utérus très-dur, petit. Teint pâle, jaune, bouffissure de la face. La main, introduite dans le vagin, démontre que l'orifice du col est follement resserre autour d'une petite portion du placenta. On introduit difficilement le doigt à travers le col ; la main ne peut y parvenir tout entière. L'utérus est rigide et tout à fait inextensible. On ne prolonge pas les tentatives au delà de quelques minutes. (Onctions sur le ventre et le vagin avec extrait de belladone.) Vers dix heures, même tentative inutile. (Bains, frictions d'extrait de belladone.)

Le 21 . Délire hier dans la soirée ; agitation la nuit ; il a fallu la maintenir dans son lit. Odeur de putréfaction. On trouve le placenta dans le vagin, comprimé, grisâtre, exhalant une odeur infecte; peau chaude. Pouls plein, fréquent, 154. Douleurs vives à la région abdominale. (Vésicatoire au ventre et aux mollets ; bain avant.)

Le 22. Calme dans la soirée et toute la nuit. Peau chaude, sudorale ; pommettes rouges. Pouls à 156, plein, développé, comme frémissant sous le doigt. Souffle continu intense au cou, arrêté par une pression superficielle. Lochies d'un brun verdàtre, fétides. Frisson ce matin à sept heures. Pas de nausées ; soif vive ; ventre ballonné, douloureux à gauche, où l'on sent l'annexe tuméfiée. Pas de diarrhée. Utérus, 14 sur 16. (30 sangsues à gauche ; 1 gramme de sulfate de quinine.)

Le 23. Pouls 140, fort, plein, frémissant. Délire la nuit. Plus autant d'agitation. Ventre assez douloureux pour que l'examen détaillé de l'utérus soit impossible. Lochies peu abondantes, fétides. Soif vive ; langue collante; plaintes continuelles; ni nausées ni diarrhée. (1 sr,;jo de sulfate de quinine.)

Le 24. Pouls à 138, assez vif, sans frémissement sous une compression superficielle. Vomissements abondants ; délire tranquille ; ventre peu ballonné, la douleur n'est plus perçue ; on ne peut saisir de tumeur à cause

de la résistance des parois. Langue sèche ; face pâle, souffrante, sans être trop tirée. Lochies peu abondantes, noirâtres, fétides. Plaintes et somnolence. Pas de selles, (is',50 de sulfate de quinine ; 100 grammes de bagnols ; 4 bouillons.)

Le 25. Délire, agitation ; vomissements. Main gauche œdématiée. Langue sèche ; constipation ; soif vive. Douleur dans le ventre. (Même prescription . )

Morte le 26, au matin.

Autopsie le 27, à dix heures du matin. — Epanchement abdominal trèspeu considérable, non purulent. Pas de fausses membranes à la surface de l'utérus ni des trompes. Les trompes sont, injectées au niveau des pavillons. La trompe gauche surtout l'est fortement, et est doublée de volume. Les deux ovaires sont volumineux et injectés au niveau de ligaments larges. L'utérus est tout à fait blanc, lisse à sa surface externe. Ses dimensions sont 13 sur 13. Sa surface interne est baignée par un liquide verdàtre, sanieux, épais, fétide. Vers le col, ou plus exactement à la fin du corps où commence le col, on observe des plaques assez larges, composées de fragments séparés par des sillons et de formes irrégulières. Ces plaques sont constituées par une pulpe assez solide, adhérente, d'un gris verdàtre, véritable fausse membrane, sous laquelle la surface interne de l'utérus est altérée, comme ramollie et congestionnée. Elles représentent en quelque sorte, pour ce qui est de leur forme, la coupe d'un rayon de gâteau de miel; seulement, les divisions des plaques pseudo-membraneuses ne sont pas régulières comme les logettes d'un gâteau de cire, et elles sont formées par des sillons creux et non par des parois solides ; mais le dessin sur le papier serait assez analogue. Des plaques identiques se rencontrent vers le fond de la matrice ; mais tout à fait au fond il n'en est plus de même ; la surface de l'utérus lui-même est déchiquetée, creusée çà et là de cavités dont les bords sont inégaux, sans forme déterminée. Toutce tissu est mou,|d'un gris verdàtre, baigné par un liquide de même couleur, sanieux, fétide. A ce niveau, les parois sont beaucoup plus minces, comme si une partie de leur épaisseur était détruite ou enlevée. L'incision démontre que, sous toute cette partie, les veines sont béantes, remplies d'un liquide putride et sanieux. Pour quelques-unes, la surface interne est tantôt blanchâtre, lisse, mais paraissant épaissie, tandis que d'autres sont obturées pour une part à l'aide de fausses membranes jaunâtres, pulpeuses ; elles viennent jusqu'à 2 millimètres de la surface. Dans d'autres veines, surtout dans toutes celles qui rampent dans le reste du corps de l'utérus et qui occupent le voisinage du col, on trouve une grande quantité de caillots fibrineux, véritable trace de phlébite adhésive, car tous ces caillots sont unis à la face interne des veines par des adhérences très-faibles.

Le nombre de ces veines ainsi obturées est très-considérable ; vers le côté droit, on rencontre, en approchant du fond, une veine très-dilatée,

qui contient une certaine quantité de ce liquide sanieux et fétide que nous avons indiqué. A droite et à gauche, au niveau de l'insertion des trompes et des ovaires, un certain nombre de veines sont remplies d'un pus phlegmoneux verdàtre, crémeux. La trompe gauche, que nous avons vue volumineuse et rouge, est remplie de pus ; son calibre est très-exagéré. L'ovaire du même côté est d'un tissu assez dense, blanc, infiltré, avec un peu de pus vers sa partie inférieure et interne, mais en très-petite quantité. A droite, on trouve moins de pus dans la trompe, mais plus de pus dans l'ovaire, au niveau de l'insertion de son ligament, dans le corps même de l'utérus, se trouvent des veines gorgées de pus, comme nous l'avons dit plus haut.

Les poumons et les autres organes ne présentent rien de remarquable.

Obs. 14. Carré, dix-huit ans, brossière, réglée à quatorze ans; règles régulières, durant 4 à 5 jours; peu abondantes, sans coliques. Première approche à dix-sept ans, sans effet sur les règles ; gencives malades ; tendance rachitique, jambes un peu arquées, mais cependant elle est forte et vigoureuse, très-développée ; le bassin rétréci n'a que 7 centimètres 1/2 environ de diamètre antéro-postérieur. Premier enfant ; pas de vomissements, pas de dégoût, pas de varices pendant la grossesse ; un peu d'œ-dème des malléoles les derniers jours seulement.

Accouche avec le forceps le 5 juillet 185(3. On entend à ce moment un craquement au niveau du bassin, probablement des symphises.

Le 6. Elle a dormi toute la nuit, se trouve bien; 104 pulsations ; peau chaude; utérus, 22 sur 17 ; déjeté à droite, sans douleur avant d'uriner ; 17 sur 17 après le cathétérisme ; langue blanche; enduit épais ; un peu d'appétit. (2 bouillons, 2 potages.)

Le soir, 108 pulsations ; douleur à droite avec un peu de gonflement ; 20 sangsues sont appliquées.

Le 7. 138 pulsations ; peau chaude ; 15 sur 16 ; sans grandes douleurs, mais vu la fréquence du pouls et la chaleur de la peau , on applique 40 sangsues; appétit vif. (Une portion.) Urine foncée assez albumineuse à la chaleur et à l'acide nitrique. Plaques gangrenées de chaque cùté de la vulve.

Le 8. 164 pulsations; peau chaude; 16 sur 15, sans douleur; elle urine toujours très-diificilement ; lochies abondantes ; 15 sur 15 après avoir été sondée; urine trouble et colorée, précipitée à la chaleur et à l'acide nitrique. (Elle a été excessivement affaissée, sans syncope après la sortie de l'enfant par le forceps ; elle avait violemment crié au moment de l'application.)

Le 9. 14 sur 18, avec gonflement des deux annexes; elle ne perçoit pas la douleur; 108 pulsations ; elle s'est levée cette nuit en chemise, bien qu'elle n'ait pas de véritable délire ; ce matin elle ne souffre pas, mais elle a vomi et a eu deux selles ; elle continue à avoir des nausées ; un vésicatoire a été posé hier sur le ventre ; lochies abondantes et fétides ; le

lait commence; les seins sont un peu durs, un peu gonflés. (Eau de Seltz ; lav. laud.; injection chlorurée.)

Le 10. Elle a eu beaucoup de diarrhée depuis hier ; 132 pulsations ; peau chaude; pouls petit ; elle ne souffre pas du ventre; lochies abondantes; la gangrène de la vulve s'améliore; la peau est chaude; pas de douleur à la pression. (2 grammes de ratanhia; 2 grammes kina ; opium, 0,0o en 4 doses; demi-la\em. avec 1 gramme de tannin, et laud., 6 goutt.; friction avec l'onguent napolitain; 2 bouillons.)

Le 11. Pas de selles depuis hier ; pas de sommeil; 120 pulsations; peau chaude; elle dit se sentir très-bien, ne souffre de nulle part; pas d'appétit vif. Le visage est excellent, la respiration libre, la langue nette. Moins le pouls, qui est encore fréquent, ce serait une transformation. (.Même prescription.)

Le 12. N'a pas eu de selles; transpiration abondante; 104 pulsations; peau encore chaude ; 1 1 sur 1 3 environ, sans douleur ; lait assez marqué ; lochies abondantes sans fétidité ; l'enfant est mort il y a deux jours. (Même prescription, friction avec l'onguent napolitain : demi-portion.) Le 13. Pouls à 100, légèrement ouduleux ; selles fréquentes, mais peu copieuses, diarrhéiques ; ventre un peu ballonné, mais sans douleur ; langue blanche, humide ; peu d'appétit ; lochies abondantes; urine bien. 'Même prescription.)

Le 14. A eu encore de la diarrhée hier; depuis hier soir un lavement laudauisé avec 1 gramme de tannin a été gardé sans selles; ventre moins ballonné. ^1 gramme de tannin et lavcm. laud., 12 goutt. ; kina, 2 grain.; opium, 0,05 ; ratanhia, 1 gramme; frictions mercurielles ; demi-portion.) Le 15. 120 pulsations ; même état hier; nausées fréquentes pendant la nuit, avec frisson d'une heure de durée qui a précédé la transpiration considérable qu'elle a maintenant au moment de la visite. (1 gramme de sulfate de quinine.)

Le 16. Toujours des nausées; vomit son sulfate de quinine ; pas die sommeil ; 92 pulsations; peau fraîche; quelques selles liquides. (10 centigrammes ext. aqueux thébaïq. ; 1.20, suif, quin.)

Le 17. Elle a vomi encore hier; face altérée, pâle; 120 pulsations; peau sans chaleur ; un peu de diarrhée, fort peu abondante ; toujours de la gène du côté de la vulve, où une petite place reste gangreneuse ; bon sommeil du reste. (Même prescription; eau de Seltz.) Le 18. Morte à quatre heures du matin.

Autopsie. — Péritonite très-intense ; pus et fausses membranes firèsépaisses et très-abondantes, d'apparence noirâtre gangreneuse et d'odeur analogue, surtout dans le petit bassin. A gauche, abcès du volume d'une noix dans l'ovaire. A droite, vaste paquet veineux au niveau du plexus hjpogastrique rempli de pus épais, crémeux; plusieurs des veines du même plexus sont pleines de sanie noirâtre, fétide, de l'un et de l'autre côte. Apparence gangreneuse du vagin. Dans l'utérus même, bouillie noirâtre

sans odeur gangreneuse. Les symphises sacro-iliaques sont fortement injectées sans suppuration. Le diamètre antéro-postérieur du bassin n'a que 7 centimètres. Le diamètre latéral de la tète de l'enfant était de 8 centimètres.

Obs. 15. Le 13 juillet 1857 est entrée Manceau(Alphonsine), trente ans, corsetière, née à Orléans, habite Paris depuis six ans; réglée à vingt ans; règles très-régulières, sans indisposition, abondantes; durée huit jours, sang très-rouge. A dix-sept ans, elle est tombée dans Feau, et n'a plus vu ses règles qu'à vingt et un ans; pendant ces quatre ans, elle raconte qu'elle a toujours été malade , et qu'il s'est développé à l'épigastre une tumeur qui a augmenté pendant un an, avec coloration noire ; à vingt ans, on a incisé la tumeur, d'où est sorti un sang très -noir (environ deux verres) ; à partir de ce moment la santé est revenue. A vingt et un ans les règles ont reparu ; la santé a été parfaite depuis ; toujours bien réglée, l'arrivée à Paris n'a produit aucun effet sur cette fonction, non plus que la première approche, qui a eu lieu à vingt-six ans.

Pendant la grossesse, bouche pâteuse, goût prononcé pour les acides; dégoût pour tous les autres aliments; vomissements continus de glaires; cet état a duré cinq mois, pendant lesquels elle était obligée de garder le lit ; ni œdème, ni varices, ni lait dans les seins.

Accouchée le 13 juillet 1857, à huit heures du matin, d'une fille à terme ; premier enfant ; frisson assez intense d'une heure et demie avant la couche, rien après; perte de sang modérée.

Le 14. Se trouve très-bien. Le soir du 13, à sept heures, elle avait mal à la tète et des douleurs vagues dans l'abdomen ; on a posé 20 sangsues ; le mal a disparu, dit-elle, comme avec la main; elle a très-bien dormi. Pouls à 68; peau fraîche ; utérus, lo sur 10; n'a plus ni douleurs ni gonflement, lochies bien; pas de lait; 15 sangsues à droite. (Une portion.)

Le la. Pouls, 1 16 ; coliques très-vives; sensibilité très-grande des deux côtés, surtout adroite; assoupissement continuel; langue blanche, bouche pâteuse; pas de garde-robe; elle a rendu des caillots volumineux. (40 sangsues des deux côtés; injections avec teinture d'iode affaiblie.)

Le 16. Pouls à 116; abattement assez grand; pas de sommeil , pas de douleur dans l'abdomen ; elle a perdu beaucoup de sang sous forme de caillots. (Seigle ergoté, 0,35 ; inject. iodées ; 2 bouillons, 2 potages.)

Le 17. Pouls, 120, petit, faible; abattement, un peu d'indifférence à ce qui se passe autour d'elle; vomissements verts, soif vive, langue saburrale, bouche pâteuse, ventre ballonné, à peine douloureux, diarrhée; pas d'appétit, pas de sommeil. (Sur le ventre, 40 sangsues ; frictions merc.; 4 bouillons.)

Le 18. Abattement extrême, faciès étonné, pas de sommeil, pas de délire; quelques hoquets; pouls à 128, petit, serré ; peau fraîche, pas de douleur de ventre; la diarrhée diminue; pas de sommeil. (Ext. aq.théb.

Ogr,lO ; frictions mercurielles ; 4 bouillons.) A la fin de la visite les vomissements verts commencent.

Le 19. Elle a beaucoup vomi ; se dit mieux, mais cette assertion est le fait de rabattement et de l'indifférence ; elle n'éprouve plus de douleurs. (Même prescription.) Morte a onze heures du soir, le 19 juillet.

Autopsie le 21 juillet 1857.

Utérus, 12 sur 12; toute la surface interne est couverte d'une fausse membrane verdàtre, épaisse, tomenteuse, véritable pourriture d'hôpital dont l'odeur est des plus fétides. Le replis celluleux urétro-rectal est infiltré de pus.

Le gonflement purulent des veines du ligament large gauche est visible à l'extérieur ; en ouvrant on trouve les veines de ce point et les grosses veines qui rampent à la partie latérale pleines d'un pus sanieux, brunâtre, aussi fétide que la face interne de l'utérus ; toutes les veines du ligament large, la veine qui se rend à l'ovaire et celle de la trompe sont dans le même état. La veine hypogastrique dans la partie qui avoisinele paquet ovarique est épaissie et contient un caillot sanieux et verdàre, fétide également. Une grande partie de la veine ovarique gauche, enlevée à part, est doublée de. volume , ses parois sont extrêmement épaisses et verdàtres; elles offrent environ 3 millimètres d'épaisseur, et il y a à l'intérieur un caillot mal circonscrit, jaunâtre dans certaines parties et verdàtre dans d'autres. 11 n'est pas fétide, mais adhère fortement dans presque toute son étendue aux parois veineuses épaisses. Un peu de péritonite du petit bassin.

Tout le col et toute la partie supérieure du vagin sont recouverts de la même fausse membrane noirâtre et qui est même plus foncée que dans l'utérus. Dans ce dernier, l'insertion placentaire n'est pas perceptible, à cause de l'épaisseur de la fausse membrane.

Obs. 16. Pierre, trente-deux ans, blanchisseuse, non mariée ; elle accouche le 5 mars 1856, la délivrance est suivie d'une perte abondante et d'un frisson qui dure pendant sept heures.

Le 6. L'écoulement sanguin a continué ; elle perd encore des caillots abondants; pouls à 96, peau fraîche ; la malade a eu quelques coliques; l'utérus mesure 14 sur 15 ; il est douloureux, surtout à droite, où l'on trouve du gonflement de l'annexe. (30 sangsues à droite; 2 bouillons; 2 potages.)

Le 7. La malade se trouve bien depuis les sangsues; la perte est arrêtée ; pouls à 108 ; peau chaude ; l'utérus a 15 sur 15 ; les deux annexes sont gonflées et douloureuses. (Une portion; 20 sangsues de chaque côté.)

Le 8. La malade se trouve bien, elle a de l'appétit; l'utérus ne mesure plus que 10 sur 10, l'annexe gauche n'est plus perceptible, la droite est encore tuméfiée, mais indolente; le pouls est à 108, quoique le lait ne soit pas monté. (2 portions.)

Le 9. Le soir, la douleur a reparu à droite, la malade a eu des fris-

sons, on applique 30 sangsues; ce matin pouls à 108, peau fraîche ; l'utérus mesure 12 sur 10, l'annexe droite est encore un peu gonflée, mais elle n'est pas douloureuse.

Le 10. La journée s'est bien passée, ce matin la malade a eu un frisson vif d'une demi-heure de durée, suivi de sueurs ; elle a eu des nausées, de la céphalalgie ; le pouls est à 144, la peau brûlante, le ventre est indolent, l'utérus a 10 sur 12, l'annexe droite est toujours gonflée, les lochies sont abondantes et fétides. (40 sangsues sur le ventre ; frictions avec l'onguent napolitain; 2 grammes kina; 120 bagnols; 2 bouillons; 2 potages.)

Le 11. 142 puis.; peau brûlante et sèche ; la malade a eu un nouveau frisson, des nausées; sa respiration est anxieuse; l'annexe droite est toujours glonflée ; l'utérus mesure 14 sur 13. (Vésicatoire sur le ventre ; friction avec l'onguent napolitain; 0,0o calomel en 12 paquets; 2 grammes de kina; 120 grammes bagnols ; 4 bouillons.)

Le 12. 128 puis.; l'état général est plutôt un peu meilleur ; cependant elle a eu encore des vomissements. (Même prescription.)

Le 13. Pouls petit et fréquent, 132 puis. ; la malade a eu de nouveaux frissons et des selles en diarrhée ; elle se plaint continuellement ; le ventre est redevenu douloureux; l'utérus mesure 10 sur 10. (Supprimer le calomel ; même prescription du reste.)

Le 14. Le dévoiement a cesse ; la malade est d'ailleurs dans le même état ; elle est anxieuse et souffre de partout ; elle tousse un peu ; l'examen de la poitrine ne révèle que quelques râles muqueux disséminés ; pouls a 132, assez résistant. (Même prescription.)

Le 15. 124 puis.; rien n'est change dans l'état de la malade; la diarrhée est revenue ce matin; la langue est sèche et fuligineuse. (Même prescription.)

Le 16. 116 puis.; la malade tombe dans le coma, et meurt dans la journée.

Autopsie. Le ventre n'est pas très-ballonné, on trouve dans le petit bassin, entre l'utérus et la vessie, quelques cuillerées de sérosité jaunâtre demi-transparente, dans laquelle nagent quelques flocons pseudo-membraneux.

L'utérus est dans une antéllexion prononcée, il dépasse le pubis d'environ 0 centimètres. Au niveau des deux ligaments ronds, il présente une injection et une coloration noirâtre très-prononcée, le ligament rond gauche a un volume double du ligament droit. La coloration noirâtre à droite s'étend jusque dans les veines du ligament large, qui sont volumineuses, noires, gorgées de sang, sans apparence puriforme ; l'utérus mesure 11 sur 11. Au côté gauche de l'utérus, vers le col, tout le tissu cellulaire qui unit le vagin au rectum et à la vessie est épaissi, comme infiltré de sérosité jaunâtre, toutes les veines qui le traversent et qui ne sont que des rameaux des veines vésicales, vaginales, et la lin

des veines utérines venant se jeter dans l'hypogastrique, sont pleines de liquide d'un noir grisâtre tirant un peu sur le vert, mal lie, sanieux, qui n'est ni du sang ni du pus,mais une véritable sanie putride. Cet épaississement du tissu cellulaire ainsi traversé par des veines altérées offre bien le volume d'une petite orange. Le col de l'utérus présente cette même apparence verdàtre, et, en outre, sur les deux lèvres, mais surtout sur la lèvre antérieure, on trouve des plaques pseudo-membraneuses arrondies, de la largeur de 1 centimètre 1/2 à 1/2 centimètre ; elles sont un peu plus jaunes que le reste du tissu, mais baignées comme lui par un liquide noirâtre, sanieux, analogue à celui que l'on a trouvé dans les veines extra-utérines. Toute la surface interne de l'utérus est elle-même d'un noir verdàtre, couverte çà et là de larges plaques pseudomembraneuses que baigne ce même liquide noirâtre. Cette coloration pénètre à 2 millimètres dans l'épaisseur du tissu utérin, qui est ramolli dans cette même épaisseur.

Toutes les veines qui rampent dans les trois quarts inférieurs de la paroi latérale gauche sont aussi remplies de sanie noirâtre, et quand on examine de plus près, on voit que les veines qui rampent dans l'utérus lui-même, comme les veines extra-utérines déjà indiquées, offrent l'apparence suivante. Toute la veine est tapissée à son intérieur par une couche d'un jaune verdàtre, véritable pseudo-membrane tout à fait analogue à celles que l'on trouve par plaques sur le col et sur la face interne de l'utérus. La veine, dont le calibre est ainsi diminué, est, de plus, entourée à l'extérieur d'un tissu blanchâtre, infiltre de sérosité et de lymphe plastique. 11 y a sur certains points en dehors de la veine un peu de pus. Cette altération se rencontre dans toutes les veines de la partie gauche du col et de la partie latérale gauche du corps, dans celles de la partie supérieure et de la face postérieure du corps, et dans toute la face postérieure du col Sur tous ces points, les veines contiennent la sanie putride indiquée. Dans le ligament rond gauche, rampe une veine pleine de pus jaunâtre bien lié. On en trouve aussi dans presque toutes les veines du bord droit de l'utérus vers le col et vers la partie inférieure et postérieure droite. Bien que ces veines du coté droit contiennent du pus mélangé çà et là de cette même sanie, généralement les fausses membranes ou n'existent pas, ou sont peu marquées à l'intérieur des veines qui ne contiennent que du pus. Les deux ovaires sont petits, d'un blanc nacré, sans altération. Les deux trompes ne contiennent pas de pus. Le pavillon de la droite est à l'état normal, celui de la gauche est un peu rouge, mais sans offrir le développement et la rougeur souvent observés.

En ouvrant la cavité thoracique, on trouve à la face postérieure du sternum, vers la partie moyenne, autour de la veine mammaire interne, une sérosité louche et comme puriforme infiltrant le tissu cellulaire dans une petite étendue. La veine elle-même ne semble pas contenir du pus.

Les deux poumons présentent un grand nombre de petites collections purulentes du volume d'un grain de chènevis à celui d'un fort pois. Ces abcès métastatiques, enveloppés dans un tissu généralement sain, offrent divers âges, si l'on peut s'exprimer ainsi, depuis l'ecchymose sous-pleurale large d'environ 3 à 4 millimètres en tous sens, jusqu'à la collection purulente entourée on non d'injection rouge. Pas de trace d'épanchement purulent ou séreux dans les plèvres. Rien au cœur, ni aux reins, ni à la rate ; le foie est seulement un peu volumineux et un peu mou, sans trace de collection purulente .

Obs. 17. Teisset, vingt et un ans, journalière. Elle accouche, le 21 février 1858, de deux fdles mort-nées. Depuis le commencement du travail elle a perdu du sang; sa délivrance a été suivie d'une perte abondante, contre laquelle on a employé la glace et 30 centigrammes de sel ergoté.

Le 22. La malade se plaint de vives douleurs du ventre; c'est surtout au niveau des annexes gauches que siège cette sensibilité; on trouve de ce côté un gonflement facilement appréciable. 20 sangsues de chaque côté.

Le 23. Le pouls bat au moins 150 ; la douleur, toujours vive, occupe tout l'abdomen, qui présente du ballonnement. 40 sangsues. (2 bouillons, 2 potages.)

Le 24. Le pouls est tombé à 120 ; mais le ventre est toujours douloureux et tendu ; il est, en outre, survenu des vomissements.

Le 25. Le ventre, toujours ballonné, est moins douloureux; la langue est sèche, la peau brûlante. L'affaissement est complet, et cette nuit, la malade, qui ne délire pas, mais est incapable de bien calculer ses mouvements, est tombée de son lit et s'est fait une contusion au coude gauche.

Le 27. La malade vomit depuis hier des matières verdàtres ; elle a le teint jaune, la face tirée, la langue sèche, la bouche mauvaise et la parole tremblante, l' affaissement est à son comble ; le ventre est toujours douloureux et ballonné. Morte le soir.

Autopsie le 20. — Le péritoine ne présente pas de trace d'inflammation, on trouve seulement quelques flocons librineux sur les annexes de l'utérus. La surface externe de cet organe ne présente rien de particulier; sa cavité renferme en abondance de la sanie purulente et fétide. La cavité du col est couverte, dans une épaisseur de 3 millimètres, d'une pulpe noirâtre et fétide que baigne la sanie de la cavité du corps. Cette sanie se retrouve dans les veines de la partie inférieure de l'utérus à gauche, et s'étend dans toutes les veines du plexus pampiniforme. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que dans la partie inférieure do l'utérus les veines contiennent cette sanie, tandis que plus haut, au niveau des annexes gauches, c'est du pus phlegmoneux qui les remplit. On trouve aussi un peu de pus à droite, dans une grosse veine. L'articulation du coude gauche contient un peu de pus bien lié. Les poumons ne présentent rien de particulier.

Dans l'artère pulmonaire existe un gros caillot fibrineux décoloré qui se prolonge dans les vaisseaux, qui se distribue dans les deux poumons sous forme d'arborisations jaunâtres.

Obs. 18. P***, 12 octobre 1857. Femme accouchée au forceps d'un foetus de sept ou huit mois, à sept heures du soir. Elle avait été trouvée, quelques heures auparavant, sans connaissance sur son lit, et depuis ce moment jusqu'à ce qu'on ait terminé l'accouchement, elle a eu quatorze ou quinze attaques d'éclampsie. Aussitôt après la délivrance, on lui fait une saignée de 500 grammes.

Le 13. La malade est dans un coma profond; ses membres et sa figure sont œdématiés ; l'urine que l'on obtient par le cathétérisme renferme des flots d'albumine ; l'utérus est petit ; à l'annexe droite, on trouve un cordon dur et volumineux; 96 pulsations. (10 sangsues derrière chaque oreille, 10 sangsues sur le côté droit de l'hypogastre ; un vésicatoire à chaque mollet.)

Le 14. Même coma; une pression sur l'annexe droite, qui est encore tendue et volumineuse, provoque des mouvements chez la malade. (30 sangsues sur le ventre.)

Le 15. Même coma; cependant la malade parait entendre quand on l'appelle vivement. L'urine est toujours albumineuse. (10 sangsues derrière chaque oreille.)

Le 16. La malade a repris connaissance; pouls à 120 ; peau chaude, Le ventre est tendu et très-douloureux; on ne peut, à cause de cela, mesurer l'utérus. Les urines contiennent moins d'albumine. (10 sangsues sur chaque côté de la région hypogastrique ; potion éthérée.)

Le 17. Pouls à 120; peau chaude. La malade demande incessamment à boire; elle a, depuis le matin, une diarrhée abondante. (2 grammes d'extrait de ratanhia, 1 0 centigrammes d'opium, 10 gouttes de laudanum dans un quart de lavement ; 2 grammes d'extrait de quinquina.)

Le 18. La diarrhée a diminué; la malade est d'une faiblesse eitrème ; la face est profondément altérée; elle a la peau brûlante et 128 pulsations; le ventre est très-sensible. Elle s'éteint le soir.

Autopsie le 20 octobre.— 11 existe une péritonite généralisée, plus intense dans le petit bassin ; l'abdomen renferme en grande quantité du liquide et des flocons purulents. L'ovaire droit est volumineux, il a 9 centimètres de longueur, 5 de hauteur, et 4 en épaisseur; il est recouvert d'une fausse membrane épaisse; au-dessous d'elle, la tunique externe est injectée et tomenteuse. A l'intérieur, le tissu ovarique est d'un jaune ocré, marbré de rouge, de consistance médiocre, quoiqu'il soit dense. On ne peut mieux le comparer qu'au tissu du poumon dans la pneumonie au troisième degré ; on y rencontre de distance en distance de petites loges remplies de sérosité et entourées d'une injection circulaire offrant plusieurs zones. L'apparence de la coupe est comme réticulée, et de même que pour l'hépatisation au troisième degré, malgré la densité apparente du tissu, le doigt

le pénètre avec facilité, et c'est du pus qui s'échappe à la pression des mailles de l'organe. La trompe de ce côté ne présente rien de particulier. L'ovaire gauche a ses dimensions ordinaires, il est légèrement infiltré de sérosité. L'utérus mesure 9 centimètres sur 9. Du côté droit, les veines superficielles de cet organe, celles de la trompe et du ligament large sont gorgées de sang; mais elles ne contiennent pas de pus. Les veines ovariques et celles de la trompe de ce côté droit, contiennent du pus qui les distend. Le ligament large et le tissu cellulaire anté- utérin sont infiltrés de sérosité puiïforme.

A gauche, il n'y a à noter d'autres lésions que du pus dans une des veines du ligament large.

La surface interne du corps de l'utérus est noire, sans fausse membrane, mais comme gangrenée, et une ligne sinueuse rougeàtre, bien évidente, analogue à une ligne d'inflammation éliminatricc, sépare la cavité du corps de celle du col. Un peu plus bas, dans la cavité du col, la muqueuse, noire aussi, est ramollie et a l'aspect et l'odeur de la gangrène. Le tissu du vagin est ramolli, sa muqueuse est gangrenée, réduite en putrilage et fétide.

Les reins sont décolorés à l'extérieur comme à l'intérieur ; la capsule fibreuse adhère intimement à la substance glanduleuse, au point qu'on ne peut séparer ces deux parties sans déchirer le tissu. Le foie est pâle et ramolli. Cerveau : les sinus sont légèrement congestionnés, les vaisseaux des méninges, au niveau du bulbe, offrent une coloration brune trèsfoncée; le tissu cérébral est sain; les ventricules ne contiennent pas plus de sérosité qu'à l'état normal.

Obs. 19. Une femme de vingt et un ans, entrée à l'hôpital le 18 octobre 1837, pour y faire ses couches, commença à souffrir le 19, à cinq heures du soir, et dut être accouchée à l'aide du forceps le 21 du même mois. Elle succomba le 23, et le 2i nous trouvions les lésions suivantes :

La vulve est gangrenée, noire, boursouflée ; son tissu est ramolli. Le col utérin est complètement réduit en pulpe noirâtre, gangreneuse. La lèvre postérieure n'existe plus ; la lèvre antérieure est couverte de détritus noir et mou. Lorsqu'on incise sur ce point, on trouve, un peu au-dessous de la face interne, clans l'épaisseur du tissu du col, une veine assez volumineuse remplie de pus phlegmoneux, tout à fait louable. Du pus de même apparence se retrouve dans un grand nombre des petites veines du tissu du col; elles sont plus nombreuses à droite qu'à gauche. Toute la face intérieure de l'utérus est couverte d'une couche de détritus brunâtre, exhalant une odeur gangreneuse très-fétide. On constate, surtout à la partie postérieure, l'existence d'une ligne de séparation bien tranchée entre le col gangrené et la partie supérieure de la paroi correspondante du vagin qui est resté sain. Cette ligne, sur laquelle la séparation de l'eschare est complète, est inégale, tortueuse et offre tout à fait l'apparence de ce qu'on observe lors de la gangrène de

la peau, au niveau des points où se déclare l'inflammation éliminatrice. Le reste du tissu utérin est d'une couleur violacée, gorgé de sang. Une grosse veine qui siège à la partie postérieure, dans l'épaisseur des parois, est pleine de pus mélangé de sang noir. Sa surface interne est colorée en rouge foncé pour seule altération. Au niveau de l'insertion placentaire, cpji a lieu à la partie droite de la paroi postérieure de l'utérus, toutes les veines sous-jacentes offrent une coloration violacée de leur surface interne, quelques-unes sont grisâtres. L'une d'elles contient un peu de pus, les autres sont remplies de caillots fibrineux, jaunâtres, mêlés de matière colorante noire, assez consistants, non adhérents aux parois. — Le tissu cellulaire qui se trouve au niveau de la partie postérieure du col, en dehors de l'utérus, dans le cul-de-sac utéro-rectal, est infiltré de pus; plusieurs veines qui y rampent laissent échapper aussi du pus en asssez grande abondance. Il en est de même des veines qui rampent dans l'épaisseur du ligament large du côté droit; bon nombre d'entre elles sont distendues par du pus. Quelques-unes de celles qui occupent le ligament large du côté gauche en offrent également, mais en bien moins grand nombre. — Le petit bassin contient une certaine quantité de pus jaunâtre, phlegmoneux, quant à l'apparence, mais un peu liquide, et contenant des débris pseudo-membraneux de même couleur que l'épanchement, qui ne se retrouve pas dans le reste de l'abdomen, où n'existent pas même de débris pseudo-membraneux. — L'ovaire du côté droit est un peu infiltré de liquide et ramolli, sans odeur putride. Celui du côté gauche est entièrement sain. — Les veines du bassin, celles des membres sont saines. Les lymphatiques ne sont nulle part développes ou altérés. —Les poumons sent sains, et offrent seulement, un peu de congestion passive à leur face postérieure, sans trace du moindre engorgement métastatique. — Le foie est de volume normal, jaunâtre, peu coloré et un peu ramolli.

Obs. 19 bis. Le 18 octobre 1857 est entrée Pivot (Léonie), fleuriste, vingt et un ans, née à Lésigny (Vienne). Cette fille habite Paris depuis l'âge de neuf ans. Réglée à seize ans, après avoir eu des indispositions pendant siv mois; règles régulières, abondantes, durant huit à quinze jours. Première approche à dix-sept ans et demi, sans effet sur les règles.

Le 19. Elle ne soutirait pas, était bien à terme et perdait un peu de sang; le toucher montre que le col est à peine dilaté comme une pièce de 2 francs. Le 19, à cinq heures, elle a été prise d'un frisson violent qui a duré plus de trois heures, puis elle s'est réchauffée et a sué.

Le 20. Elle a vomi deux fois le matin, à cinq heures. Pouls à 132 ; peau chaude; vif mal de tête; langue sèche; douleurs très-fortes de chaque côté du ventre, surtout au niveau de l'annexe droite. (Bain dans la salle; 60 sangsues, 30 sur chaque annexe.)

Le 21. Accouchée à l'aide du forceps, à six heures du soir, elle a eu une très-abondante hémorrhagie qui a empêché de poser les sangsues;

toute la nuit elle a été très-agitée, se jetait en bas du lit; on a eu de la peine à la réchauffer. Ce matin, elle se dit un peu mieux, mais elle a la peau très-chaude; le pouls à 140. Utérus, 13 sur 13 ; douleurs vives aux annexes, surtout à droite ; la langue est blanche, un peu gluante. L'enfant (fille) parait assez bien. (30 sangsues, 20 à droite et 10 à gauche; 1,0 quinquina; bordeaux, 100 grammes; 4 bouillons.)

Le 22. Elle n'a pas été agitée comme hier, mais elle a vomi dans la soirée. du 21; un peu de hoquet; pouls à 136; peau chaude, faciès altéré, affaissement; soubresauts des tendons; pas de mal de tète, mais pas de sommeil; langue blanche; la bouche n'est pas mauvaise : soif vive, elle a bu son vin avec plaisir ; le ventre est très-ballonné, tympanique ; urines rouges ; pas de garde-robes ; écoulement noir et fétide par la vulve. (Vésicatoire sur le ventre. 2 grammes kina, 200 grammes bordeaux sucré, avec 60 grammes sirop kina.) Morte le 23, à huit heures du matin. . Autopsie le 24, à dix heures du matin.— La vulve est gangrenée, noire, boursouflée, ramollie. Péritonite locale, circonscrite au petit bassin, dans lequel est un épanchement de la couleur du pus phlegmoneux,mais plus liquide. Le col est complètement gangrené; la lèvre postérieure n'existe presque plus, l'antérieure est recouverte de fausses membranes noires, mollasses; dans le tissu, près de la face interne, une veine est pleine de pus. Tout l'intérieur de l'utérus est couvert d'un détritus brunâtre, à odeur gangreneuse; une ligne sinueuse bien tranchée sépare le vagin de la partie du col qui paraissait devoir être éliminée. Le tissu du col est rempli de petites veines purulentes ; à droite il y en a plus qu'à gauche.

Dans les veines qui de l'utérus vont au ligament large droit, il y a du pus en abondance; à gauche, on en trouve aussi, mais en moins grande quantité. Le tissu de l'utérus est tout infiltré de sang violet.

Il s'écoule du pus de toutes les veines de la face postérieure de l'utérus. Dans l'épaisseur du tissu, une grosse veine, dont la paroi est saine, est remplie de pus et de sang mélangés. Au niveau de l'insertion placentaire, toutes les veines sont violacées grisâtres; l'une d'elles renferme un peu de pus, les autres contiennent des caillots jaunâtres L'ovaire du côté droit est un peu volumineux, ramolli; celui de gauche n'offre rien de particulier à noter. Rien dans les veines du bassin.

Les poumons sont sains. Le foie est décoloré et moins consistant qu'à l'état normal.

Obs. 20. Desvignes, trente-huit ans. Entrée le 24 mai 1858, accouche le 24 dans la soirée.

Le 25 mai. 61 puis. ; peau un peu chaude; l'utérus mesure 17 sur 16; les annexes sont un peu douloureuses à la pression. (15 sangsues de chaque côté.)

Le 26. 104 puis. ; la peau estchaude, la langue blanche; il existe encore de la douleur au niveau des annexes. La malade a eu du frisson cette nuit, après avoir bu de la tisane froide ; elle se plaint ce matin

d'une douleur assez vive dans le genou, qui n'est pas tuméfié, {lo sangsues de chaque côté du ventre.)

Le 27. 1 10 puis. ; la malade a la peau chaude, la face décomposée; elle est très-asritée ; elle s'est levée cette nuit sans savoir ce qu'elle faisait, mais sans avoir exercé la moindre violence ; le ventre est tout à fait indolent à la pression. (Frictions mercurielles sur le ventre ; julep avec 40 gouttes d'éther; vésicatoire.)

Le 28. La douleur a reparu au niveau des annexes ; la malade a eu de nouveau du frisson. Diarrhée, vomissements. Etat fort grave. (Même prescription, un quart de lavement laudanisé.)

Le 29. La malade est dans la même situation, même vomissement, même diarrhée; elle a en plus une très-grande anxiété. Elle meurt le lendemain matin.

Autopsie. — La cavité péritonéale contient du pus. Sur les parties latérales de l'utérus, on voit ramper sous la séreuse quelques lymphatiques dilatés par du pus. Les veines des plexus pampiniformes et quelques sinus de l'utérus sont dilatés et rouges. Ils ne contiennent pas de pus, à l'exception d'une veine du plexus gauche, qui renferme du pus bien lié. La cavité de l'utérus contient des fausses membranes aréolées et d'une odeur gangreneuse. A l'orifice interne du col, ces fausses membranes sont bordées d'une ligne rouge représentant exactement la ligne éliminatrice qu'on observe autour des parties gangrenées. Au niveau de l'insertion placentaire, on trouve du pus dans un sinus. Le ligament large droit est infiltré de sérosité rougeàtre, l'ovaire de ce côté est sain, la trompe est pleine de pus, et son pavillon est complètement diffluent. A gauche, la trompe est malade comme du côté opposé; l'ovaire est infiltré d'une grande quantité de pus. Les deux reins présentent des points noirs au milieu d'une décoloration bien manifeste. Ils sont ramollis ; on fait sourdre des calices une urine trouble; le foie est diffluent; les poumons sont très congestion nés et gorgés d'un sang noirâtre à leur partie postérieure.

Obs. 21. Bach (Rose), trente-huit ans; est amenée à l'hôpital avec un bras de l'enfant pendant déjà depuis longtemps hors de la vulve; la poche des eaux était déjà rompue depuis longtemps; on exécute la version céphalique et on applique le forceps le 5 juillet, à dix heures du soir.

Le 6. La malade est dans un état extrêmement grave; elle est d'une grande faiblesse ; sa respiration est anxieuse , sa face tirée, son ventre tendu et très-douloureux; pouls à 150. (80 sangsues.)

Dans la journée surviennent des vomissements verdâtres très-répétés.

Morte à neuf heures du soir.

Autopsie le 8. — Le ventre est extrêmement ballonné, la cavité péritonéale contient un liquide trouble et sanguinolent. Le tissu cellulaire de la fosse iliaque droite est infiltré d'une sérosité sanglante, qui s'étend jusqu'à l'annexe de ce côté.

Dans la fosse iliaque gauche il existe un foyer purulent autour duquel se voit une infiltration séro-sanguinolente; dans une certaine étendue, ce tissu cellulaire présente l'aspect delà gangrène. L'utérus sur sou côté gauche est rompu au niveau du col et de la partie inférieure du corps, le tissu de l'organe à cet endroit est réduit en une bouillie putrilagineuse noirâtre. L'utérus mesure 16 sur 15; à son sommet gauche on trouve une petite tumeur fibreuse, sa cavité est noirâtre et présente des caillots adhérents au niveau de l'insertion placentaire.

La trompe et l'ovaire gauche sont sains, la trompe droite contient du pus , l'ovaire de ce côté est ramolli et gorgé de sang. Le rein gauche est décoloré et mou ; la substance corticale présente réunis par îlots des grains blanchâtres ; elle paraît avoir refoulé la substance tubuleuse. Le rein droit présente le même aspect que le gauche ; il est de plus mamelonné.

Les autres organes n'offrent rien de particulier.

Obs. 22. Le 6 janvier 1800 est entrée Dilphy (Honorine), trente ans, couturière. Nausées, mais sans vomissements pendant les quatre premiers mois de la grossesse ; appétit conservé ; douleurs lombaires pendant tout le temps de la gestation; douleurs abdominales et tiraillements dans les aines dans les trois derniers mois ; pas de défaillances, pas de syncopes ; pas de varices ; dans les trois derniers mois un peu d'Oedème des pieds, qui se montrait vers le soir et disparaissait pendant la nuit; pas de toux; palpitations violentes; lait dans les seins pendant les quatre derniers mois ; a continué de travailler malgré ces divers malaises.

Accouchée le 6, à cinq heures du soir, d'une fille à terme; c'est son troisième enfant; accouchement très-laborieux; présentation du flanc gauche, version ; vingt minutes à une demi-heure de manoeuvres à l'aide du forceps ; à son second accouchement, il y avait eu présentation vici use et on avait employé le forceps; écoulement de sang abondant ; frisson consécutif très-violent, d'un quart d'heure de durée; avant la délivrance les annexes étaient déjà douloureuses des deux côtés, mais surtout à droite ; la glace est immédiatement appliquée sur le ventre.

Le 7. Toujours douleur et gonflement des annexes; la malade est abattue; langue un peu sale; bouche mauvaise, sèche, pâteuse; pas d'appétit ; soif vive; pas de constipation. (Continuer la glace; 4 bouillons.)

Le 8. Ventre douloureux à la moindre pression, plus à droite qu'à gauche; pourtant un peu moins aujourd'hui qu'hier, selon la malade elle-même; utérus, 24 sur 22, très-dur; pouls à 1 10. Même état du reste. (Même prescription.)

Le 9. Utérus, 20 sur 19, très-dur; coliques, puis expulsion de caillots sanguins, suivie de calme; pouls à 100; pas plus mal qu'hier; presque de l'appétit; lochies peu abondantes. (Appliquer sur le ventre deux

vessies de glace au lieu d'une ; 30 centigrammes de seigle ergoté en trois doses.)

Le 10. La malade se plaint de fatigue; nuit sans sommeil, rêvasseries; utérus, 17 sur 15, encore très-dur ; pas de caillots expulsés ; ventre trèsdouloureux ; un peu d'appétit, soif modérée ; peau normale ; diarrhée depuis hier. (Décoction blanche, diascordium, 4 grammes.)

Le il. Utérus, toujours 17 sur 15; abdomen moins douloureux à la pression ; pouls à 1 1 5 ; coliques passagères ; lochies peu abondantes ; frissons peu violents; quelques nausées sans vomissements. (3 vessies; diascordium; Bouillon.)

Le 12. Mieux général très-sensible, au dire de la malade ; peau bonne, mais pouls à 1 16; langue un peu sèche ; pas d'appétit ; ventre ballonné, mais peu douloureux; encore un peu de diarrhée. (Diascordium, 4 grammes.)

Le 13. Moins bien qu'hier ; faiblesse extrême; 120 pulsations ; bouche pâteuse ; pas de douleurs abdominales spontanées. Elle se dit très-bien. (Même traitement.)

Le 14. Utérus, toujours 17 sur 15; tympanite générale prononcée; un peu d'appétit; larges frictions sur les membres avec l'onguent napolitain.

Le 15. Rien de nouveau à noter. Même état.

Le 16. Utérus, 15 sur 14 ; pouls à 130; face très-altérée, somnolence, respiration fréquente, anxieuse; la tympanite a un peu diminué; langue sale, dents fuligineuses; la parole est brève, précipitée ; intelligence intacte, mais engourdie.

Le 17. La respiration s'embarrasse ; à chaque expiration des râles muqueux s'entendent à distance. La face est terreuse ; les traits expriment l'anxiété ; pouls à 136.

Le 18. Morte dans la nuit, à une heure du matin, avec toute sa connaissance.

Autopsie le 19, trente -trois heures après la mort.

Abdomen : Adhérences de l'utérus, qui est très-volumineux, au côlon transverse, distendu par du gaz ; le tissu qui constitue les adhérences est infiltré de pus phleirmoneux; le petit bassin est rempli du même pus ; le point de départ est dans les annexes ; celles-ci constituent la paroi antérieure d'un foyer purulent circonscrit en arrière par les intestins agglutinés entre eux. Cette disposition est surtout marquée à droite.

Utérus : Une incision médiane verticale fait voir le tissu de cet organe, surtout dans la portion qui correspond au col, gorgé de sany ; à gauche, un vaisseau lymphatique plein de pus placé superficiellement dans le tissu utérin ; surface interne du col noirâtre, gangrenée ; déchirures multiples et profondes de la lèvre postérieure, donnant à celle-ci l'aspect de lambeaux flottants ; tous les petits sinus sont pleins de caillots sanguins. A la corne droite, au niveau de l'annexe correspondante, on trouve du pus phlegmoneux dans une veine et dans le tissu environnant, à l'état

d'infiltration; l'ovaire droit est converti en un tissu grisâtre pulpeux; le tissu qui entoure la trompe de ce côté est infiltré de lymphe. plastique. Mêmes altérations à gauche, mais moins marquées.

Des caillots de sang noirâtre remplissent toute l'étendue de la veine cave inférieure, les deux veines iliaques primitives, et la crurale droite jusqu'au tiers supérieur de la cuisse ; à gauche, on retire par une ouverture de la veine crurale, un caillot qui devait s'étendre jusqu'au creux poplité de ce côté. Le caillot de la veine cave, sans solutions de continuité, s'étend jusqu'à l'oreillette droite, où il se renfle de manière à remplir cette cavité.

Ces caillots de sang obstruent complètement la veine porte ; reins et foie sains. Cœur : le ventricule droit est distendu par un caillot qui se continue avec celui qui remplit l'oreillette ; le ventricule gauche est complètement vide et revenu sur lui-même. L'aorte est pleine de sang noir coagulé. Poumons œdémateux, gorgés de liquide quasi puriforme. A la partie postérieure du lobe supérieur du poumon droit, quelques petits épanchements sanguins, préludes d'abcès métastatiques. Le cerveau n'a pas été examiné.

Obs. 23. Leduc (Léonie), vingt- trois ans; elle accouche à terme le 7 janvier 1858. La délivrance a nécessité l'introduction de la main, et a été suivie d'une petite hémorrhagie.

Le 8. Elle a été prise ce matin, à huit heures, d'un frisson qui dure encore à neuf heures. La peau est brûlante, le pouls à 120 ; l'utérus mesure 13 sur 13 ; les annexes sont douloureuses, surtout à gauche. (20 sangsues à gauche et 10 à droite. 2 bouillons, 2 potages.)

Le 9. Le pouls est petit et bat 120; l'utérus n'a plus que 11 sur 11 ; il est douloureux des deux côtés; la malade est très-affaissée, très-mal à l'aise; la face est altérée. (30 sangsues de chaque côté. 2 bouillons.)

Le 10. 120 puis.; la douleur s'est généralisée par tout l'abdomen. (60 sangsues; frictions mercurielles.)

Le 11. La malade a eu des vomissements verdàtres depuis la veille, elle a la face grippée, le pouls petit, 144 p.; elle est d'une faiblesse extrême et a beaucoup de dyspnée. Morte le soir.

Autopsie le 13. — Le petit bassin contient en petite quantité du liquide purulent et floconneux. Les circonvolutions intestinales présentent des arborisations légères, la surface interne de l'utérus est gangrenée, réduite en putrilage et exhale une odeur fétide ; en incisant l'utérus on trouve près des annexes du pus dans les veines de l'utérus; on en trouve aussi dans les veines du col. L'ovaire gauche est infiltré de sérosité purulente. Les veines ovariques à droite et à gauche contiennent du pus phlegraoneux. On trouve encore du pus dans le conduit de la trompe gauche et dans la veine qui l'accompagne.

Obs. 24. Pauvert (Lucilej, trente-six ans, primipare. L'accouchement a été long et pénible et a duré du 1 1 au 12 avril 18o7, quoique l'enfant

se fût présenté par le sommet ; avant la fin dn travail la malade a eu deux frissons légers, qui ne se sont pas renouvelés ensuite.

Le 13. 120 puis.; peau fraîche; l'utérus mesure. 15 sur 13 avant le cathétérisme ; après l'évacuation de l'urine, il n'y a plus que 9 sur 13. Les deux annexes sont gonflées et douloureuses. (20 sangsues de chaque côté; 2 bouillons.)

Le 14. 128 puis.; peau chaude; le ventre est très-ballonné, très-douloureux ; l'utérus a 1 1 sur 13 ; on ne peut explorer les annexes, à cause des douleurs que provoque la pression sur le ventre. (60 sangsues ; frictions avec l'onguent napolitain. 2 bouillons, 2 potages.)

Le 15. 132 puis.; peau chaude; le ventre est toujours ballonné et moins douloureux; la malade a eu quelques nausées et quelques vumituritions; sa figure s'altère. (4 bouillons.)

Le 16. 144 puis. ; le ventre, toujours ballonné, est beaucoup moins douloureux. La malade se plaint d'un point de côté à droite avec dyspnée ; elle tousse et expectore des crachats très-légèrement rouilles; de ce côté il y a un peu de matité en arrière, et la respiration est soufflante. (Une saignée de deux palettes, 20 centigrammes de tartre stibié ; un vésicatoire sur le côté droit de la poitrine.)

Le 17. 132 puis. ; peau brûlante; la face est paie, les yeux hagards ; la respiration est fréquente et difficile, toujours du souffle du côté droit avec bronchophonie ; le ventre n'est plus douloureux. La malade meurt le 18, à six heures du matin.

Autopsie le 1 9 avril 1 857, à dix heures et demie du matin . —A l'ouverture de l'abdomen on constate la présence dans le petit bassin, et surtout dans les fosses iliaques, principalement à gauche, d'unépanchementpuriforme peu abondant, mêlé de fausses memlmtnes jaunes assez nombreuses et assez épaisses; la proportion de ces altérations est tellement petite dans le petit bassin, qu'elles semblent limitées aux environs des annexes et aux fosses iliaques. Aucune fausse membrane ne réunit les intestins grêles, dont la surface péritonéale est saine. L'utérus mesure 12 sur 12 ; sa surface externe ne présente aucune trace de fausses membranes, une coloration noirâtre est observée aux deux angles supérieurs de l'organe, surtout à gauche. On observe en outre à gauche trois saillies assez volumineuses, jaunâtres, mais recouvertes d'une partie des fibres de l'utérus, et non pas extérieures à cet organe. Elles sont disposées le long du bord gauche de l'utérus, en descendant jusque vers le milieu de l'organe. Les trompes et leurs pavillons sont injectés, surtout à gauche ; les pavillons présentent un peu l'aspect lavé et l'apparence d'agate rouge striée. Au niveau de l'insertion abdominale du ligament rond du côté gauche, on observe dans le tissu cellulaire de la paroi abdominale une surface large comme une pièce de 1 franc, dans laquelle le tissu cellulaire est injecte de pus jaune clair, véritablement phlegmoneux; la face postérieure de ce ligament est elle-même infiltrée de pus, mais cette infiltration ne remonte

pas jusqu'à l'insertion au corps de l'utérus, et cesse à peu près au milieu du ligament.

Lors de l'incision de la partie moyenne de la face antérieure de la matrice, on divise vers la partie supérieure, à environ un centimètre et demi du bord supérieur, une veine du volume d'une forte plume de corbeau, qui, à peine divisée, laisse échapper un flot de pus phlegmoneux. Cette veine peut être facilement suivie jusque vers la corne gauche, et on ne peut en faire de même jusque vers la corne droite. La face interne de l'utérus est recouverte de plaques grisâtres réticulées, baignées par un liquide noir verdàtre très-fétide et d'odeur presque gangreneuse. Lorsqu'on incise le lissu utérin au niveau des saillies jaunâtres que nous avons indiquées, on voit que ces saillies ne sont autres que des sinus veineux distendus par du pus phlegmoneux. La surface interne de ces veines n'offre aucune apparence de fausse membrane ; les autres veines de ce coté qui ne sont pas purulentes, sont fortement colorées en rouge noirâtre; celles qui rampent à la partie postérieure de ce même côté gauche offrent cette même coloration rouge noirâtre ; et, en outre, on trouve une coloration analogue autour de la veine , en dehors de sa lumière, le tissu périveineux étant légèrement œdémateux. Quant au tissu qui entoure les sinus veineux remplis de pus, il est légèrement œdémateux et coloré en jaune, et au niveau des veines ovariques lorsqu'elles gagnent le tissu cellulaire, cette coloration devient plus manifeste et constitue de véritables infiltrations purulentes du tissu cellulaire périveineux qui se continuent dans certains points avec les collections du ligament rond et forment une collection continue.

A droite, on trouve du pus sur les parties latérales de l'utérus, dans le tissu cellulaire qui l'entoure et qui commence le ligament large. Cet épauchement purulent remonte jusque derrière l'insertion du ligament rond ; au-dessous de l'insertion du ligament rond, une grosse veine, qui se rend dans le ligament large, est pleine de pus, sa surface est lisse et sans coloration rouge. Une veine d'un petit calibre, qui se rend parallèlement à la trompe, vers le pavillon, contient aussi du pus phlegmoneux. Rien d'autre à noter dans l'utérus.

La face supérieure du foie et la face inférieure du diaphragme sont recouvertes de parcelles pseudo-membraneuses et puriformes, traces de l'extension de la péritonite vers ce point. Cette apparence est plus marquée à droite. Le foie est volumineux, son tissu est mou, surtout dans le lobe gauche, duquel s'échappe, à la coupe, un sang diffluent. Le tissu du foie est, tant dans ce lobe que dans les autres, décoloré par places, comme s'il était infiltré d'un liquide blanchâtre ; cependant l'examen microscopique ne permet pas d'y saisir la présence de globules de pus. La rate est molle et de deux nuances, sans pus dans son épaisseur. Les grosses veines hypogastrique, iliaque et cave ne contiennent ni pus ni fausses membranes; leur tissu est mince, transpavent, sans épaississement.

Le poumon gauche offre dans son lobe inférieur, vers la partie postérieure, des noyaux du volume d'une forte noix, inégaux, d'une coloration noirâtre assez dense, ne surnageant point, mais n'offrant qu'un degré relatif de ramollissement et nullement semblables âl'hépatisatioii.

Le poumon droit présente tout d'abord, dans son lobe inférieur et sur la partie inférieure du lobe moyen, une lésion singulière, consistant en un lacis inextricable de stries continues, d'un blanc jaunâtre, sous-pleurales et légèrement saillantes ; elles se rendent les unes dans les autres suivant un certain ordre de subordination ; lorsqu'on pique un de ces vaisseaux, il en sort une gouttelette d'un pus phlegmoneux, dont les caractères ne sont nullement douteux et que l'examen microscopique confirme pleinement. La languette est sillonnée par ces vaisseaux; lorsqu'on arrive vers la racine du poumon, ce sont de véritables flaques de pus. Ces vaisseaux, qui ne sont autres que les lymphatiques, laissent tous échapper des gouttelettes de pus lors de la coupe. Dans plusieurs de ces points, le tissu pulmonaire est d'un rouge foncé noirâtre, dans lequel on voit encore la composition du poumon qui ne présente pas l'apparence granuleuse ; la densité est augmentée et la friabilité est aussi plus grande, bien qu'elle ne soit pas aussi grande que dans l'hépatisation. Le poumon, dans ces points, n'est pas aéré et laisse écouler un sang noirâtre à la coupe ; dans un de ces noyaux, vers le centre, on trouve une petite quantité de pus infiltré. Le lobe supérieur ne présente aucune altération.

Le canal thoracique, disséqué et suivi dans toute sa longueur, ne présente aucune altération et ne contient aucune trace de pus.

Obs. 25. Bontemps (Delphine), vingt ans, domestique, entrée le 14 mars 1862 â l'hôpital de la Pitié, salle Saint-Charles, n° 1-i. La malade raconte qu'il y a dix-huit jours elle accoucha d'un garçon à terme, son premier enfant, à l'hôpital de la Maternité. Après neuf jours de séjour â l'hôpital, elle sortit â peu pies en bon état, ressentant, dit-elle, quelques malaises passagers. Les lochies marchaient normalement. L'accouchement avait été facile. (Quatre jours avant son entrée â la Pitié, la malade fut prise, sans cause connue, d'un violent frisson d'une heure environ de durée; ce frisson se renouvela encore deux fois dans les jours qui suivirent. En même temps les vomissements, peu abondants, la diarrhée, les douleurs de ventre, mais sans ballonnement, survinrent. Les lochies continuaient â couler.

Etat actuel, le 15 mars. A la visite, on constate un ictère général intense, un état demi-comateux ; la malade ne répond que très-imparfaitement aux questions qu'on lui adresse. Le foie ne semble pas augmente de volume. Le ventre a un volume peu considérable, il est peu sensible à la pression. La face ne présente que peu d'altération, à part une certaine expression d'hébétude dans le regard. On ne peut sentir la présence de l'utérus au-dessus du pubis ; la langue est humide et revè-

OBSERVATIONS. 6on

tue d'un léger enduit blanchâtre. Les lèvres et les dents sont couvertes de fuliginosités. 11 n'y a pas eu de vomissements depuis l'entrée de la malade. Les seins sont peu développées et contiennent peu de lait. La peau est chaude et humide ; le pouls est à 1 18-122 ; la respiration est légèrement accélérée. Pas de délire. (Glace sur le ventre ; opium, 0,15 en huit doses.)

Le 16. Ictère toujours intense. Coma plus profond que la veille, mais dont on peut encore tirer la malade. Langue humide et blanche ; fuliginosités des lèvres; peau chaude et humide, pouls à 118 ; diarrhée peu abondante; pas de délire; la respiration n'est pas plus accélérée que la veille. Elle meurt dans la journée, sans convulsions et presque sans agonie.

Autopsie le 17. — A l'ouverture de l'abdomen, il s'écoule environ deux litres d'un liquide trouble, d'aspect purulent, ayant une couleur particulière due à l'ictère. H y a peu de fausses membranes ; il existe sur les circonvolutions intestinales quelques petits tractus pseudo-membraneux et purulents. Pas d'adhérences entre les intestins et les organes génitaux. L'utérus est volumineux, 15 centimètres de hauteur sur 12 environ de largeur. La surface extérieure n'offre rien à noter. La surface interne est noirâtre, répand une odeur fétide et gangreneuse, et offre des fausses membranes grisâtres, diphtbéritiques. La face interne du vagin est dans le même état. L'insertion placentaire a lieu sur la face postérieure de l'utérus, près du fond de l'organe. Elle est tomenteuse et présente- la même pourriture que le reste de la surface utérine.

Eu incisant sur le bord droit de l'utérus et sur le bord gauche, on trouve une masse de veines doublées à leur intérieur d'une fausse membrane purulente. Près de l'insertion des trompes à l'utérus, on trouve, dans beaucoup de veines, du pus véritablement phlegmoneux, comme aussi dans quelques petites veines du col utérin. Rien à l'ovaire droit. Dans l'ovaire gauche, on trouve une telle abondance de pus, qu'il est impossible de reconnaître le tissu de l'organe. Les trompes sont saines.

Obs. 26. Bara, vingt- trois ans, couturière. Les règles ne furent jamais très-régulières, niais peu abondantes et douloureuses. Première approche il y a un an ; la menstruation n'en fut pas plus régulière ni plus facile, et fut toujours très-douloureuse. Pas de varices, pas de vomissements, pas d'œdeme dans la grossesse. Accouche, le 9 février 1856, d'un garçon à terme.

Le 10 février. Pouls sans caractère, à 76 pulsations; utérus 13 sur 13 centimètres avec gonflement notable à droite, où existe de la douleur, ainsi qu'à gauche, bien que de ce coté le gonflement soit moins marqué. (Deux bouillons, deux potages; 40 sangsues, 20 de chaque côté.)

Le 11. 68 pulsations; peau fraîche. Elle avoue ce matin qu'hier elle ne pouvait ni remuer ni tousser sans souffrir dans le ventre, ce qu'elle a nié de peur des sangsues. Elle ne souffre plus depuis l'application de celles d'hier. Encore des lochies assez abondantes, toujours rouges : la

malade souffre beaucoup d'une déchirure vulvaire. Utérus, 10 sur 14 centimètres. Des deux côtés, à droite comme à gauche, il y a du gonflement dur, du volume du petit doigt et douloureux à la pression. Montée du lait cette nuit. (20 sangsues de chaque côté; une portion).

Le 12. Utérus, 8 sur 12 centimètres. Les deux côtés offrent toujours du gonflement sans douleur à la pression ; lochies abondantes. Seins trèsgonflés; lait en grande quantité. Appétit vif. (10 sangsues de chaque côté; deux portions.) Le soir, 128 pulsations; agitation, douleur de tète, peau moite.

Le 13. Peau chaude, 132 pulsations, utérus, 8 sur 12 centimètres. Encore du gonflement; lait très-abondant ; lochies fétides; soif vive; appétit marqué ; frisson assez vif ce matin. (30 sangsues; cataplasmes ; frictions mercurielles; deux portions.)

Le 14. Peau moins chaude; 132 pulsations; utérus, 12 sur 12 centimètres; toujours gonflement des annexes; lait et lochies moins fétides, très-abondants; soif vive ; appétit médiocre. (Une portion ; 20 sangsues.)

Le lo. Amélioration ; 128 pulsations. Moins de chaleur; face plus naturelle et moins abattue ; ventre plus souple. Deux selles liquides.

Le 16. La diarrhée a continué depuis hier; plusieurs selles dans la journée, trois cette nuit et trois ce matin, jaunes, liquides, abondantes; les dernières sont verdàtres. l'as de vomissements, pas d'appétit, soif. Cependant état général meilleur en appareuce, et moins d'abattement ; peau plus fraîche ; pouls à 198, assez résistant; utérus, 11 sur 12 centimètres 1/2. Cordon assez dur à droite ; il n'y a rien as ventre, à part la tumeur utérine. (4 grammes de souï-nitrate de bismuth ; 3 grammes de ratanhia ; 0,u3 extrait thebaïque ; frictions mercurielles; une portion.)

Le 17. Peau fraîche ; 100 pulsations; langue nette; utérus toujours volumineux, dejete à gauche. Bon état; bon appétit; moins de soif, mais sécheresse de la bouche. (Prescription ut suprà.)

Le 18. Peau fraîche; 92 pulsations; appétit; utérus moins volumineux. (Même prescription.)

Le 19. 92 pulsations; peau fraîche; salivation commençante, douleur aux gencive's ; lochies abondantes. (Deux portions.)

Le 20. 9b pulsations ; peau fraîche ; rien au ventre, qui est souple sans douleur. Elle souffre beaucoup de la bouche. Peu de selles depuis deux jours ; utérus peu perceptible, 6 sur 6 ; lochies abondantes. (4 grammes sous-nitrate de bismuth ; 1 gramme extrait de kina ; frictions mercurielles.)

Le 24. 84 pulsations ; stomatite ; bon état; un peu d'écoulement blanc par le vagin.

Le 2o. 92 pulsations. Même état delà bouche.

Le 2b\ Ulcération de la grandeur d'une pièce de 20 centimes sur l'amygdale gauche ; douleur dans la bouche. (Gargarisme émollient, cautérisation au nitrate d'argent; quatre soupes.)

OBSERVATIONS. Co7

Le 27. Souffle anémique au cœur. (Quatre soupes ; doux œufs.)

Le 28. Rien à noter.

Le 3 mars. Exeat, guérie.

Obs. 27. Vérité (Céline), vingt-huit ans, conturièrej non mariée ; réglée à vingt ans, irrégulièrement, avec douleurs pendant deux ans; à vingtdeux ans, la menstruation se régularise et devient plus facile. Premier coït, il y a neuf mois. Vomissements pendant les trois premiers mois de la grossesse. Pas de gonflement des jambes ; pas de lait dans les seins. Accouchée, le 24 février 1836, à une heure et demie du soir. Pas de frissons; perte de sang normale.

Le 23 février. Peau fraîche ; 80 pulsations ; langue un peu sale. Les lochies coulent bien ; le lait est monté. Utérus volumineux et douloureux ; gonflement aux deux cornes, surtout à gauche. '20 sangsues de chaque côté , une portion.)

Le 26. Pouls vif, à 112. Les sangsues prescrites n'ont pas été appliquées; ventre un peu ballonné ; toujours du gonflement douloureux; peau chaude. (30 sangsues, 20 à gauche, 30 à droite; une portion.)

Le 27. Pouls très-vif, à 132 pulsations ; peau chaude; langue large et un peu blanche. Frisson, puis chaleur et transpiration; sommeil assez bon ; se dit très-bien. Ventre très -ballonné ; pas de douleur à la pression ; utérus très-volumineux, 1 1 sur 12 centimètres 1/2; douleur et gonflement des deux côtés. (40 sangsues.)

Le soir, pouls à 112-116 pulsations ; ventre plus souple.

Le 28. 1 16 pulsations; peau fraîche ; ventre indolent; moins de gonflement et souplesse à droite; à gauche, plus de gonflement; utérus, 10 sur 12 centimètres; les lochies vont bien; lait abondant, appétit; pas de frissons. (Deux portions.)

Le 29. Pouls vif, à 120 ; peau un peu chaude; pas de garde-robes; langue humide, un peu blanche; utérus 10 sur 10 centimètres; souplesse et indolence des annexes. (Lavement avec 40 grammes de miel de mercuriale ; 30 sangsues.)

Le 1er mars. Utérus, 12 sur 11, sans douleur ni gonflement; pas de ballonnement, pas de frisson, pas de vomissement ni de nausées ; lait et lochies assez abondants ; quatre selles la veille, qui ont paru la dégager ; appétit; langue blanchâtre; pouls à 108. (Deux portions. 2 grammes d'extrait de kina.)

Le 2. Peau fraîche ; 96 pulsations ; pas de coliques ; lait et lochies comme la veille; appétit; utérus 12 sur 12 centimètres; pas de gonflement, pas de frissons, pas de nausées. (Deux verres d'eau de Spa ; 0,30 de seigle en trois doses; 2 grammes d'extrait de kina.)

Le 3. Peau fraîche, 88 pulsations; constipation ; trois selles difficiles. Utérus, 7 sur 8 ; appétit. (Prescription ut suprà. Deux portions.)

Le 4. Un peu de coliques; utérus à peine perceptible; constipation. (13 grammes d'huile de ricin, le reste comme ci-dessus.)

Le 5. Utérus impalpable ; lochies peu abondantes. Cinq selles la veille.

Le 6. Va de mieux en mieux; appétit vif. (Trois'portions.)

Le 9. Plus de lochies, état excellent. Exeat.

Obs. 28. Chilot, vingt ans, ouvrière en dentelle, non mariée; réglée à treize ans, toujours régulièrement, avec abondance et douleurs pendant trois jours; première approche il y a neuf mois; elle devient enceinte à la suite; pas de vomissements, pas de varices, pas d'œdème; lait dans les seins depuis le quatrième mois; accouche d'une fille à terme, qu'elle ne nourrit pas, le 14 mars 185o, à la Maternité; y reste quinze jours à cause de sa faiblesse, et non à cause de la maladie. Elle en est sortie il y a huit jours, ayant déjà souffert du côté gauche. Entrée le ij avril 4858.

Le 6 avril. Peau chaude ; 120 pulsations ; elle a vomi hier matin et hier soir; elle a eu, étant à la Maternité, des frissons suivis de cbaleur et de sueur; les lochies continuent et sont jaunâtres; pas de sommeil à cause de la douleur. Depuis sa sortie, elle a, en effet, une douleur dans la fosse iliaque gauche, douleur qui a progressivement augmenté ; l'appétit persiste ; selles régulières ; toux légère, qui à chaque secousse augmente la douleur, laquelle autrement ne se réveille que dans la pression de la tumeur au coté gauebe ; beaucoup de lait , bien qu'on l'ait purgée trois fois; anxiété assez grande, car chaque expiration est accompagnée d'une sorte de plainte. A gauche, à 17 centimètres du pubis, on trouve le sommet d'une tumeur qui s'étend jusqu'à 6 centimètres du pubis, située obliquement sur une largeur de 8 centimètres, et séparée de l'épine iliaque par 2 centimètres environ. Cette tumeur, très-douloureuse à la pression, est le siège d'élancements très-vifs. Rien de perceptible par le toucher vaginal; langue blanchâtre; soif vive; un peu d'appétit, L'urine donne un précipité abondant par l'acide nitrique, précipité que redissout un excès d'acide ; rien par la chaleur. (30 sangsues, cataplasmes. 2 bouillons, 2 potages.)

Le 7. Elle a eu de la diarrhée toute la nuit, ainsi que des vomissements verdàtres chaque fois qu'elle a bu. Elle n'a plus souffert du ventre, même pendant la toux et les vomissements, qui ne sont douloureux que vers le creux epigastrique ; pouls à 112 sans caractère particulier; peau lionne ; langue blanche ; goût amer à la bouche par le fait des vomissements. Utérus, 9 centimètres en largeur et 18 en hauteur jusqu'au sommet de la tumeur, qui est moins douloureuse, excepté un peu en bas, au moulent où elle disparaît dans le bassin ; cela permet même, ce matin, de la limiter par la palpât ion. Dévotement abondant hier et cette nuit; prétend avoir de l'appétit. (:J0 sangsues sur le ventre ; cataplasmes ; frictions mercurielles. 2 bouillons et 1 œuf.)

Le 8. Elle a vomi ce matin un liquide vert clair plein deux crachoirs ; selles liquides, très-fréquentes, jaunâtres, sans pus qui y soit mêlé; pas de sommeil la nuit; [dus de douleur de ventre; elle dit ce-

pendant désirer des aliments, qui sont rendus aussitôt qu'ingérés ; 128 puis.; peau chaude; pas d'élancements dans la tumeur; pas de perte blanche ; pas de lait dans les seins. La tumeur est plus facile à circonscrire, parce qu'elle n'est plus douloureuse à la pression; elle s'étend jusqu'à deux travers de doigt des fausses côtes, et vient à un travers de doigt au-dessus du pubis, en forme plus effilée que par en haut. En largeur,, elle s'étend de l'ombilic jusque dans le flanc gauche : longueur 10 centimètres, largeur 14 centimètres. Il semble qu'elle soit un peu fluctuante. (Frictions mercurielles ; 4 verres d'eau île Scltz ; 4 bouillons.)

Le 9. 128 puis.; peu de chaleur à la peau ; elle a vomi ce matin et cette nuit, sans grandes douleurs de ventre; impossibilité de dormir depuis feutrée; pas d'écoulement parle vagin, le dévotement continue; langue blanche, peu humide, mais non pas sèche. La tumeur a pris encore du développement, elle a augmenté dans tous les sens, et est moins douloureuse ; les vomissements seuls fatiguent la malade. (Frictions mercurielles ; eau de Seltz ; vin ; quart de grain de chlorhydrate de morphine sur un vésicatoire à l'épigastre ; demi-lavement avec 12 gouttes de laudanum.)

Le 10, Peau sans grande chaleur; 116 puis.; les vomissements ont continué; pas de selles depuis hier; langue blanche, humide ; un peu de douleur de ventre à la pression de la tumeur, qui maintenant dépasse la ligne moyenne d'environ 3 centimètres ; la pression est pénible, surtout à la partie inférieure; le ventre n'est pas ballonné et n'est pas douloureux à la pression. (Quart de grain de morphine sur le vésicatoire; frictions mercurielles; extrait thébaïque, 0,03 en pilules; quart de lavement avec 10 gouttes de laudanum.)

Le H. Peau fraîche; 108 puis. ; moins de vomissements; moins de douleur dans la tumeur, qui est toujours volumineuse et sans diminution appréciable; langue assez nette à la pointe, blanche sur les côtés ; pas de selles. (Même prescription.)

Le 13. Peau fraîche; 1 0 i puis.; la tumeur, moins douloureuse, occupe toujours toute la moitié du ventre; appétit ; plus de vomissements; meilleur sommeil ; cette nuit moins de souffrance dans le ventre. (Même prescription.)

Le 14. Même état de la tumeur ; salivation mercurielle; la tumeur est peut-être un peu moins tendue; deux selles que nous ne pouvons voir.

Le 17. La salivation continue; plus de selles, à cause du bismuth, 10 grammes, et du tannin, 10 centigrammes, en lavements laudauises. La tumeur a diminué de volume et est beaucoup plus dure. (Même prescription )

Le 1er mai. La salivation a été en diminuant, et la tumeur faisait bien moins de saillie, mais elle était encore très-dure et très -volumineuse

Le 3. Selles très-abondantes jusqu'à la visite du 4 au matin; alors on

ne trouve plus trace de tumeur ; les matières expulsées ont été jetées avant la visite, et la malade, qui est allée sept fois à la garde-robe en tout, dit qu'elles étaient comme à l'ordinaire. (Ext. théb., 0,03 ; 2 portions.) A l'examen microscopique d'une petite portion qui reste aux parois du vase, on trouve une quantité considérable de pus. Le 7. Exeat, malgré nous, mais complètement guérie.

Obs. 29. Le 20 janvier 1861 entre Cécile Schmitt, vingt-trois ans; cette malade est déjà accouchée dans le service le 7 février 1860, et y a éprouvé après sa couche des accidents très-graves qui doivent être rapportés à une violente phlegmasie des annexes des deux côtés, avec un peu de péritonite localisée; vomissements; douleur violente. Les applications de glace ont conjuré en trois jours ces accidents, qui avaient débuté par un frisson violent ; depuis, elle s'est toujours à peu près bien portée ; règles irrégulières qui n'ont pas paru depuis le mois d'octobre précédent. Dans la nuit du 6 janvier 1861, tout d'un coup, vives coliques qui sont accompagnées d'une perte assez abondante ; expulsion de caillots sanguins gros comme le poing, dit-elle. Le 7 au soir, expulsion d'un embryon de trois semaines (d'après l'avis du médecin qui a vu la malade) enveloppé de ses membranes. Deux ou trois jours après, douleurs très-vives dans le ventre; nausées; cris; frictions mercurielles et belladonées ; injections d'eau tiède ; lavement laudanisé. Mieux sensible au bout de quelques jours ; pourtant elle se décide à entrer à l'hôpital.

Le 21. Le ventre est très-douloureux à la pression, sans tumeur appréciable ; douleur si vive dans l'aine gauche, que la marche est impossible ; écoulement vaginal verdàtre sans douleur; sensation d'un poids incommode derrière la symphyse pubienne ; le faciès est cependant bon ; un peu de constipation; un peu de fièvre ; application de vessies pleines de glace sur le ventre.

Le 26. La malade, se sentant mieux, s'est levée depuis avant-hier sans permission ; aujourd'hui, douleurs plus fortes, et apparition d'une tumeur volumineuse dans la fosse iliaque gauche.

Le 28. On trouve la malade soulagée, elle a été abondamment à la selle, et les matières étaient liquides, mais elle n'a pas recherché si elles contenaient du pus. (Même application de glace.)

Le 30. On constate la présence de pus mêlé en quantité très-notable aux matières fécales, la tumeur s'est sensiblement affaissée. (2 grammes kina; glace sur le ventre ; 2 portions.)

Le 31. La malade va très-bien; on constate toujours un peu d'empâtement dans la région inguinale gauche ; pas de fièvre ; un peu de faiblesse. (Ext. de quinquina, 2 grammes ; glace.)

Le 2 février. Les matières fécales sont mélangées de pus, ou du moins de détritus blanchâtres qui en ont tout à fait l'aspect; l'état général est bon ; la malade continue seulement d'être faible. (Même prescription.)

Vers le 5, elle est uu peu plus souffrante, la fièvre la reprend à intervalles inégaux, on ne perçoit cependant plus de tumeur à gauche, mais le côté droit est empâté, douloureux.

Le 7. Hier au soir, apparition d'un frisson d'une heure environ, suivi de chaleur et de sueur ; on constate à droite, par l'examen de la paroi abdominale et par le toucher vaginal, l'existence d'une collection purulente de la fosse iliaque .

Du 9 au H, la malade éprouve deux ou trois fois par jour des crises qui lui arrachent des cris, et à la suite elle perd beaucoup de pus par le vagin. Ces symptômes continuent pendant plusieurs jours, et le 18 elle cesse d'éprouver ces crises douloureuses et n'a plus d'écoulement blanc; elle ressent encore quelques douleurs de temps en temps. (2 portions.)

Le 26. La malade sort pour aller au Vésinet en très-bon état, n'ayant plus d'empâtement des fosses iliaques, même au toucher vaginal, et ne perdant plus de pus, ni par les selles, ni par le vagin.

Obs. 30. Le 2 mai 1861 est entrée la nommée Dubois (Zélie), vingtsept ans, lingère, née au Plessis (Manche). Elle habite Paris depuis sept ans. Apparition, à dix-huit ans, de la menstruation, qui est régulière, peu abondante et dure quatre jours; beaucoup de flueurs blanches; trois enfants ; la dernière grossesse s'est très-bien passée, sauf quelques vomissements et des douleurs de reins. Accouchée chez elle d'une fille à terme le 31 mars; pas de frisson consécutif, sang très-abondant; elle ne s'est pas levée avant le quinzième jour, à cause de frissons répétés qui survenaient irrégulièrement. Depuis le 15 avril jusqu'au 2 mai, il y a eu des alternatives de bien et de mal : de la fièvre, de la faiblesse, qui mettaient la malade dans l'impossibilité de travailler ; elle se décide alors à entrer à l'hôpital.

Le 2 mai. La malade se plaint de grands frissons, d'inappétence, de vomissements bilieux de temps en temps, de diarrhée, de douleurs de ventre, de coliques qui siègent, dit-elle, plus à gauche qu'à droite; pouls à 120. (Glace sur le ventre; ext. quinquina, 1 gramme, dans un julep diacodé; une portion.)

Le 10. Ni mieux ni plus mal; la fièvre existe toujours; diarrhée moindre qu'au début ; pouls à 100.

Le 20. On constate que de la fosse iliaque gauche part une tumeur qui se porte de plus en plus à droite, et qui présente une fluctuation obscure II n'y a pas de changement de coloration à la peau.

Le 25. La tumeur est arrondie, tendue et mesure 20 centimètres d'une fosse iliaque à l'autre, et 18 centimètres de l'ombilic au pubis; plus de frissons; encore quelques vomissements bilieux; on applique un point de potasse caustique sur la partie culminante de la tumeur.

Le 26. Application nouvelle de potasse sur l'eschare de la veille.

Le 27. En pressant la tumeur, il s'écoule avec peine quelques gouttes de pus.

Le 28. Hier, dans la journée, il s'est écoulé environ un bon verre de pus infect.

Le 29. Par une pression très-douce, on fait sortir facilement plus d'un gobelet et demi de pus; santé générale bonne, du reste.

Le 16 juin. La malade se plaint ; le ventre est douloureux à la pression ; les douleurs ont commencé la nuit précédente, sans avoir été précédées de frissons; pouls à 96; pas de vomissements. La cicatrisation de la peau est complète au niveau de l'ouverture qui avait été pratiquée.

Le 18 juin. Douleurs très-vives dans le ventre à la moindre pression ; vomissements bilieux depuis deux jours ; faciès caractéristique de la péritonite ; pouls, 72 ; coliques qui arrachent des cris à la malade. (Frictions mercurielles sur le ventre ; ext. théb., 0,02 ; eau de Vichy ; calomel, 0,05, en douze paquets.)

Le 19. Il y a un peu de mieux ; pas de diarrhée; la voix est cassée ; pouls à 96.

Le 20. Grande amélioration ; plus de vomissements; plusieurs selles hier, dans lesquelles on n'a pas recherché la présence du pus; langue à peu près nette; plus de coliques; crampes d'estomac; presque plus d'altération des traits; pouls à 108; traitement ut suprà.

Le 22. Le visage a repris son expression naturelle ; plus de vomissements ; un peu de diarrhée ; pouls à 96 ; l'amélioration continue.

Le 2o. Rien à noter, si ce n'est une gingivite mercurielle très-douloureuse; gargarisme au chlorate de potasse.

Le 1er juillet. Les douleurs gingivales ont peu diminué; citron frotté sur les gencives.

Le 14. La malade est emmenée par ses parents, se trouvant beaucoup mieux, et actuellement sans accidents abdominaux.

Obs. 31. Saget (Françoise), quarante-trois ans, sans profession, mariée, réglée à treize ans, règles régulières, un peu douloureuses, abondantes, a eu sept enfants. Le premier a quatorze ans, c'est une fille ; le second, fille de treize ans; a encore un garçon de neuf ans; a fait une fausse couche il y a seize mois, a été trois mois malade avec un abcès dont on voit encore l'ouverture dans l'aine droite. Depuis ce temps, elle a toujours eu des varices et les jambes enflées, elle n'a jamais vomi dans ses grossesses, qui, moins une, ont été toutes à terme. Dans la dernière, l'enflure des jambes a beaucoup augmenté et elle a eu des crampes violentes.

Accouchée, le 7 février 18oo, à onze heures du soir, d'une fille bien portante, les douleurs ont duré cinq heures; a eu une hémorrhagie qui s'est arrêtée spontanément.

Le 8. Sommeil la nuit, pas de frissons, sueur, 72 pulsations; appétit ; n'a pas été à la selle, pas de coliques; toux; ventre indolent à la près-

sion; utérus 15 sur 15; lochies abondantes, rouges; seins un peu sensibles, un peu de lait, l'enfant tette ; crampes dans les jambes. (Gomme édulc; deux bouillons ; deux potages.)

Le 9. 90 pulsations ; le lait est monté cette nuit ; vomissements, frisson à ce moment ; une selle ; langue nette et rose; coliques fréquentes ayant pour effet l'expulsion d'une forte proportion de sang; 11 sur 9, dur et sans aucune douleur; l'enfant tette bien; appétit. (Gomme édulc. ; une portion.)

Le 10. 128 pulsations; le lait est monté ; pas de frisson, chaleur vive la nuit; sentiment de faiblesse, coliques assez vives, qui, dit-elle, se réveillent au moment où elle entend pleurer son enfant. Les lochies sont assez abondantes, rouges, et coulent surtout quand l'enfant, en tétant, prend le sein, dont le bout est douloureux ; ventre entièrement indolent ; une selle; utérus mal perceptible, 9 centimètres environ; langue nette, appétit vif. (Une portion.)

Le 1 1. 108 pulsations, pas de frisson, un peu de sueur ; se sent faible ; les lochies, rouges, sont toujours a boulantes ; le lait coule abondamment ; les seins sont souples et indolents, sauf au mamelon; utérus 8 centimètres. Langue nette et un peu pâle; ne tousse pas et se sent mieux; peu d'appétit et pas de céphalalgie; lus lochies sont toujours augmentées par l'allaitement. (0,02 exl. thébaïque ; 1 gramme de kina; une portion, 2 portions de vin.)

Le 12. 100 pulsations ; peu d'appétit ; peau chaude ; soif vive ; pas de frisson; utérus 7 centimètres, sans aucune douleur ; lochies abondantes et jaunâtres; les seins, très-douloureux hier, le sont moins ce matin; une selle hier ; langue nette et rosée ; l'enfant tette beaucoup ; pas de céphalalgie. (Limonade; 2 soupes; 2 bouillon-*.

Le 1 3. Frisson d'une demi-heure, hier, vers quatre heures du soir, suivi de sueur; le lait a monté vers le même temps; peau cbau'le ; les seins, un peu durs, sont le siège d'une grande pesanteur; lochies rougeàtros nu peu abondantes; n'a rien mangé hier ; un peu d'appétit aujourd'hui; soif vive, bouche pâteuse ; une selle ; ventre indolent ; utérus impalpable, (Même prescription.)

Le 1 i. 96 pulsations; pouls petit ; a eu hier un frisson de peut-être un quart d'heure, qui a été accompagné d'une montée de lait; lochies abondantes et jaunes;, seins indolents et poulies de lait: crevasses aux deux mamelons; douleurs dans la jambe et dans la cuisse droite ; utérus impalpable, ventre indolent; pas de délire la nuit; dit qu'elle n'a pas dormi ; l'enfant tette ; la cuisse droite est gonflée modérément et œdémateuse, ainsi que la jambe. La cuisse a '6 centimètres de diamètre de plus que la cuisse gauche, et la jambe 2 centimètres de plus que la gauche, 1 centimètre au niveau du mollet ; on ne sent aucun conduit noueux, on m; voit aucune rougeur. Cuisse, 42 centimètres; jambe, 22; mol-

lot, 29. (40 sangsues répandues sur la jambe et sur la cuisse ; un pot de limonade vineuse; 2 grammes de kina; une portion.)

Le 15. 108 pulsations; pouls pas trop petit; peau chaude, mais pas acre; pas de frisson; chaleur constante; le lait a donné beaucoup; langue nette et rose -, se sent mieux qu'hier et moins inquiète ; n'a pas été à la selle ; nuit pas trop agitée, moins mauvaise que la précédente, pas de délire; la cuisse est moins douloureuse, elle en souffre cependant toujours beaucoup dans les mouvements. Aucune douleur de ventre, même à une forte pression; il est un peu distendu par des gaz; l'utérus est impalpable ; Inclues abondantes et jaunâtres, un peu fades quant à l'odeur; la cuisse et la jambe n'offrent presque plus de douleur à la pression; quant au gonflement, on le peut difficilement mesurer, à cause des trous de sangsues qui l'augmenteraient pour leur part ; l'œdème de la jambe est bien moins fort; face pâle, bouche mauvaise, langue nette. (30 sangsues, 15 à la cuisse, 15 à la jambe ; un pot de limonade vineuse ; 2 grammes de kina ; 0,60 de bagnols ; 2 bouillons, 2 potages.)

Le 16. Se trouve très-bien, est sûre, dit-elle, de ne pas avoir déliré, ce qui parait exact; face pâle, non tirée, langue pâle, humide; 120 puis.; peau chaude ; pas de douleur de tète, pas de frisson, pas de sueur ; lochies moins abondantes, pas de selles; urine assez bien; ventre indolent; trouve le potage trop salé et refuse pour cela de manger; désire ardemment du lait, soif vive, désirs d'aliments froids, sensation de sécheresse à la bouche, que nous trouvons humide ; ventre entièrement indolent, presque sans ballonnement; la cuisse et la jambe ne sont plus du tout douloureuses, l'œdème est tout à fait disparu; la malade remue elle-même sa jambe sans difficulté. (Limonade vineuse un pot ; 2 grammes de kina; 60 grammes de bagnols ; 2 laits, 2 potages au lait.)

Le 17. Se trouve faible, a mal dormi, se réveille en sursaut ; soif vive, nausées ce matin, après un effort de toux. Pouls, 108, assez plein ; peau fraîche ; se sent mal à l'aise ; ne peut, dit-elle, remuer sa jambe comme hier. Se sent engourdie; langue nette, humide, sans enduit; n'a plus de lait ; ne souffre pas des seins. Beaucoup de pus s'échappe par la vulve lorsque l'on comprime pendant quelque temps la région inférieure du ventre, qui n'offre cependant aucune tumeur et n'est nullement douloureuse, ce sont probablement des lochies; pas d'appétit. (Elle nous apprend qu'à une fausse couche, elle a eu aussi mal à la jambe et à la cuisse droite, qui sont toutes deux restées gonflées après, pendant longtemps.) Bruit continu avec ronflement au cou. A la partie supérieure de la cuisse droite, en remontant vers l'aine, on trouve un noyau dur et résistant, non douloureux; au niveau de la veine crurale, la cuisse et la jambe sont plus lourdes et plus gonflées, un peu d'oedème de la jambe. (Limonade vineuse, trois pots; 4 grammes de kina; 120 de bagnols; 15 sangsues sur le gonflement; 2 laits, 2 potages au lait.)

Le 18. 108 pulsations, pouls assez fort; peau sans grande chaleur, a eu

hier des coliques sans garde-robes ; lochies moins abondantes, jaunâtres ; un peu de frisson hier au soir, pas de délire; se trouve plus souffrante ; elle éprouve une pénible agitation intérieure, la position couchée lui est désagréable; souffre moins delà cuisse et de la jambe. L'œdème de ce dernier point est très-sensiblement diminué, la cuisse elle-même est moins grosse, et dans quatre travers de doigts, à leur base, en partant du pli de faine, on trouve toujours l'engorgement veineux profond qu'elle avait avant-hier, mais il a moins de volume. Pas d'appétit. Les forces sont amoindries, sentiment général d'affaissement, face pâle, jaunâtre ; yeux cxcavés, sans cependant présenter d'aspect trop grave et trop menaçant. (Limonade vineuse coupée d'eau de Seltz ; trois pots ; 120 grammes de bagnols; 4 grammes de kina; 2 pots de lait; 2 potages au lait; injections chlorurées.)

Le 19. S'est trouvée relativement bien hier, n'a pas eu de frisson, n'a pas eu de délire cette nuit ; a mangé une soupe au lait ; langue nette, sans enduit, humide ; 100 pulsations; peau sans trop de chaleur ; les seins sont flasques et sans lait ; pas de nausées; les lochies sont toujours jaunâtres, mais elles ont beaucoup diminué d'abondance. Le ventre est entièrement indolent, on n'y trouve aucune tuméfaction limitée ; il y a encore un peu de ballonnement; une selle solide hier, peu abondante, très-dure. La cuisse ne présente plus aucune trace de phénomène inflammatoire ; l'œdème est diminué et les tuméfactions veineuses du sommet de la cuisse sont beaucoup moins volumineuses ; le faciès est toujours pâle, les yeux excavés, mais il est meilleur comme expression ; elle a plus de confiance et plus d'entrain. (Trois pots de limonade ; 8 grammes de citrate de magnésie ; même prescription du reste.)

Le 20. 108 pulsations. Se sent assez bien, pas de selles ; appétit meilleur, quoique peu développé; langue humide, collante, épaisse, n'a souffert de nulle part, et peut un peu remuer sa jambe ; lochies bien moins abondantes et même peu abondantes et jaunâtres ; pas de lait ; toujours assez de soif ; pas de coliques ; ventre toujours indolent, même à une forte pression, ballonné; la jambe et la cuisse sont toujours sans douleur, légèrement œdématiées, avec toujours le même engorgement à la partie supérieure de la cuisse. (Même prescription.)

Le 21. 115 pulsations, énorme frisson sans douleur, deux selles à peu près involontaires ; hier, elle avait bien sa connaissance ; elle n'avait pas été mal cette nuit ; la peau n'est pas très-chaude, un peu de toux ; depuis le frisson, pas de douleurs ; un peu d'envie d'aller à la selle ; émission de gaz et de matières liquides ; ne souffre pas de la jambe et de la cuisse à la pression. (Lim. vin., 3 pots ; 0,75 de sulfate de quinine en trois doses; 120 grammes de bagnols; 2 grammes de kina; 2 potages au lait, 2 laits.)

Le 22. 124 pulsations ; peau moite ; front couvert de sueur, a eu hier de la chaleur et de la sueur à peu près sans frisson, a été calme ensuite ; nouveau frisson ce matin, à sept heures, pendant dix minutes, puis sont

venues la chaleur et la sueur actuelles ; langue humide, pas de céphalalgie, mais sentiment de faiblesse ; la cuisse et la jambe sont toujours très-légèrement œdématiées sans augmentation des phénomènes locaux ; l'engorgement de la cuisse n'augmente pas du tout et n'est nullement douloureux, la face est plus colorée. (1 gramme de sulfate de quinine ; 2 grammes de kina; 120 grammes de bagnols ; 2 laits; 2 potages au lait.)

Le 23. N'a pas eu de frissons ; calme la nuit ; pas d'envie de vomir ; pas d'appétit; soif vive ; a été abondamment à la selle ; un peu de toux ; 1 1 (j pulsations ; peau chaude, un peu sèche ; ne souffre ni dans le ventre ni dans la cuisse; langue blanche, un peu collante, face jaunâtre, amaigrie; yeux excavés ; vaste phlyctène au talon droit; l'engorgement de la partie supérieure de la cuisse diminue, lochies presque nulles. (1 gramme de sulfate de quinine ; même prescription.)

Le 24. Pas de sommeil, frisson ce matin, délire la nuit, langue blanche, bouche pâteuse ; 144 pulsations ; peau chaude, moite ; pouls fort., plein ; face un peu colorée ; abattement, somnolence ; ventre indolent ; lochies presque nulles ; même état de la cuisse.

Le 25. Pas de sommeil; a déliré presque toute la nuit, ne parait pas avoir eu de frisson ; ventre indolent, peu ballonné ; l'utérus n'est pas perceptible; peu de lochies blanchâtres; faciès profondément décoloré ; yeux creux et excavés; langue sèche, sans enduit; 140 pulsations; peau chaude ; sommeil subdélirant ; même état de la cuisse et du talon ; 32 inspirations; prostration profonde. (Même prescription.)

Le 26. Frisson assez marqué; face pale; demi-coma ; pouls à 96, faible, inégal, ce qui fait que ce compte est peu rigoureux. (Même prescription.)

Morte à trois heures du matin, le 27.

Autopsie le 28, à onze heures. — Aucune trace de liquide pérîtonéal. La veine fémorale, à partir de l'anneau obturateur jusqu'au pli de l'aine, est épaisse et ressemble aune artère. Le tissu cellulaire est collé dessus, et tous les tissus sont très-adhérents; la cavité est presque détruite et rétractée ; elle ne présente à l'intérieur aucun caillot. Jusqu'à 2 pouces de l'abouchement, dans la veine iliaque, elle est revenue sur elle-même, épaisse d'environ 2 ou 3 millimètres: le tissu est nacré, l'intérieur est blanc sans fausse membrane apparente. Utérus, rien à la surface-, l'bvaire droit semble volumineux et est réuni au ligament large ; l'utérus, 10 centimètres (du col au fond, 9 centimètres en large; pus dans les veines de la partie antérieure; ce pus est concret, surtout dans les veines du milieu du corps; à la face antérieure, le pus est contenu dans les vaisseaux; on retrouve encore du pus au niveau du col; pus dans les veines ovario-utérines du côté droit, avec fausses membanes obstruant leur lumière et les maintenant béantes. Noyaux de pneumonie grise trèscirconscrits, véritables abcès métastatiques , les plus volumineux, gros comme une noisette, se trouvent dans le poumon gauche ; un ou deux petits noyaux, avec congestion autour, daus le lobule inférieur du poumon

droit; les abcès véritables sont surtout nombreux dans le lobe inférieur du

côté gauche. On trouve aussi, au milieu du lobe droit du foie, un noyau peu volumineux, qui est de couleur brune avec petits points blancs ; il est mou et contient une bouillie noirâtre très-consistante ; on dirait un noyau presque apoplectique; deux ou trois petits noyaux, du volume d'un grain de chènevis, se remarquent aussi à la surface du foie et sont un peu plus purulents que le noyau intérieur. Rien aux reins, rate longue, molle, de deux couleurs, peu congestionnée', son tissu est même pâte.

Uns. 32. Marchand, trente-huit ans, femme de ménage, mariée, réglée à quinze ans. Menstrues régulières, peu abondantes; huit enfants. Le troisième, qui est une fille, et le sixième, qui est un garçon, vivent seuls et ont, la première, treize ans, l'autre, cinq ans. Toutes les grossesses out été régulières, la dernière seule sans vomissements.

11 y a quatre semaines, elle avait été prise de douleurs vives, comme si elle allait accoucher. Le 1er février, elle vint encore à l'hôpital, croyant que le travail allait commencer, puis elle en repartit pour revenir accoucher, le 5 février 1855 seulement, à huit heures un quart du matin. L'accouchement a été très-naturel et suivi de très-peu d'hémerrhâgiè.

Le 5 février, à dix heures, on constate que depuis l'accouchement elle a eu beaucoup de coliques avec expulsion de caillots, ce qui soulage beaucoup la malade. Céphalalgie, frissons violents. Depuis huit jours, dit-elle, elle n'a pas d'appétit, et depuis cinq jours elle a vomi toutes les fois qu'elle a voulu manger. 64 pulsations, pouls petit, peau fraîche, rien aux seins. L'utérus mesure 15 centimètres sur 14. Sensibilité assez vive à la pression sur toute la surface utérine. Les mouvements, la toux, qui est un peu grasse, retentissent douloureusement vers la même région. (Prescription : 25 sangsues; gomme sucrée; 2 bouillons, 2 potages.)

Le 6 février. 100 pulsations; peau un peu chaude. Immédiatement après la chute des sangsues, douleur des reins et des cuisses, qui a diminué ce matin. Soif vive, frisson qui a duré un quart d'heure après la chute des sangsues. Rien à la poitrine; langue nette et rose; pas de selles depuis le 30 janvier. (Prescription : huile de ricin, 13 grammes; deux bouillons ; deux potages.)

Le 7. 84 pulsations ; peau chaude ; sept à huit selles liquides ; névralgie s'étendant, sous forme de crampes, jusque dans les deux jambes. Pendant toutes ses grossesses elle a, dit-elle, eu beaucoup de crampes, et après chaque couche elle a éprouvé tout ce que nous observons. Sommeil interrompu par de la céphalalgie et des crampes qui réveillent les douleurs hypogastrîques. Au moment de ces douleurs, les lochies, d'ailleurs peu abondantes et rouges, sont augmentées. Urines abondantes; ni frisson, ni fièvre ; utérus, 11 sur 11, tres-dur; langue large et blanche ; peau très-chaude ; rien dans la poitrine ; lors des mouvements, douleurs vives des reins, plus marquées à droite. Sur la cuisse gauche, à la partie interne et dans la région moyenne, on rencontre un

cordon sinueux, douloureux et dur, ne se continuant ni au-dessus ni audessous, ayant 13 centimètres de longueur et extrêmement douloureux, même à la plus légère pression. Au niveau de ce cordon/ la peau est un peu rouge. L'aine et le pli du jarret ne sont pas douloureux. A la partie externe de la jambe du même côté se trouve un petit noyau de la grosseur d'une forte amande, oblong, rouge, dur et douloureux. A la partie interne, autre noyau tout à fait indépendant des autres tumeurs. (Prescription : 20 sangsues sur l'abdomen; frictions avec de l'onguent napolitain ; cataplasmes de fécule sur la cuisse et sur la jambe ; extrait de kina, 2 grammes ; 2 bouillons.)

Le S. 88 pulsations ; pouls plein; peau moins chaude ; très-bon sommeil cette nuit ; la malade se loue beaucoup des sangsues qui l'ont débarrassée des douleurs de ventre et des reins. Utérus, 10 centimètres sur 1 1 ; lochies peu abondantes, jaunâtres; ventre indolent, quoiqu'un peu ballonné ; pas de frisson ; seins non douloureux ; langue large et blanche. Même douleur et même état de la cuisse gauche. La douleur a un peu descendu vers la partie interne du pli du jarret. (Prescription : 20 sangsues sur le ventre ; mêmes frictions ; extrait de kina, 2 grammes.)

Le 9. 84 pulsations ; pouls plein, peau toujours chaude ; ne souffre plus dans le ventre et dans les reins. Il n'y a plus ni toux ni céphalalgie. Langue blanche, enduit épais, urines abondantes; utérus, 13 sur 13; toujours du ballonnement. A la cuisse, douleurs et gonflement avec rougeur superficielle.

Circonférence des cuisses.

Côté sain (droit). Côté malade (gauche).

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