‹ Conférences de l'Odéon (1915-1916) \Chapitre 16 sur 20 · LE ROI · texte numérisé non relu

LE ROI

IUCIIARD

Des hommes !

C'est cela ce que la censure appelait un propos téméraire.

Changez le nom de Henri VI en Henri IV, le nom de Lurewell en Cassério, de Jenny en Agathe et vous aurez la Partie de chasse de Collé, avec cette addition

importante cependant, la présence de Sully et sa réconciliation touchante avec le roi, quand il a pu déjouer les intrigues des courtisans ligués contre lui. Ajoutons aussi que le personnage de Henri IV a un tout autre relief que celui de Henri VI. pour une bonne raison c'est que Henri IV est un monarque exceptionnel, et que l'autre n'est que ce misérable fantoche que l'Angleterre voulait imposer à la France et qui dut fuir avec ses soldats devant la Pucelle.

Le chansonnier Charles Collé, dont nous allons maintenant nous occuper, avoue lui même qu'il a pris l*idée et une partie de sa pièce dans la comédie anglaise, le Roi et le meunier, de Mansfield.

Le public judicieux, dit-il, distinguera facilement ce

que je dois à Fauteur anglais d'avec ce qui m'est propre. On verra aussi que les Mémoires de Sully ne m'ont pus été mutiles. M. Sedaine, dont les talents et le génie marqués pour le théâtre sont si connus, n'a pas dédaigné de puiser dans la même source que moi... Le succès brillant qu'il a eu et qu'il continue d'avoir, justifie le choix qu'il a l'ait de ce sujet. Heureusement, nous ne nous sommes nullemenl rencontrés, dans la manière dont nous eu avons tiré parti l'un et l'autre. Tout ce qui axe reste à désirer à présent, c'est que mon succès ne soit pas différenl et approche un peu du sien.

Collé avait écril sa pièce deux ans après Sedaine. eu 1764 et l'avait imprimée en L766. Deux mois avant qu'elle i'ùl jouée sur le théâtre des Minus Plaisirs, Grinim, dans sa Correspondance, en avait parlé avec

une certaine aigreur. Il louait l'auteur d'avoir choisi Henri IV pour principal personnage et remarquait que c'était une habileté d'avoir pu intéresser ainsi jusqu'à ses ennemis, car quel était le Français qui aurait pu désirer la chiite d'une pièce où Henri IV jouait le principal rôle?

Malgré cela, disait-il, il fallait un grand talent pour faire cette pièce supérieurement. Or, l'exécution de Collé ne répond que médiocrement à l'attente du public. Cet homme n'a point de force comique. Les meilleurs traits de sa pièce sont extraits de l'original. Le rôle de Henri IV, passé la scène de la réconciliation avec Sully, n'est point intéressant. Il fait un pauvre et quelquefois un mauvais personnage chez le meunier ; or Henri IV y eût été sublime. Quant aux paysans, M. Collé, au lieu du ton naïf, leur donne le ton grivois, ce qui est fort différent...

On ferait, ajoute Grimm, un parallèle très intéressant entre M. Sedaine et M. Collé, mais qui tournerait à l'avantage de M. Sedaine. Celui-ci prend ses spectateurs pour des gens d'esprit et M. Collé, au contraire, les prend pour des bêtes. Quand il a une pauvre petite finesse à employer, il meurt de peur qu'elle ne nous échappe et il a grand soin de nous le faire remarquer par quelqu'un de ses personnages.. C'est pour les gens d'esprit, Monsieur Collé, qu'il faut travailler, sans quoi ils se moqueraient de vous, et les bêtes, sur qui vous comptez, ne se piqueraient pas de reconnaissance. Ils vous feraient faux-bond en répétant machinalement ce qu'ils auraient entendu dire aux gens d'esprit.

Eh bien, n'en déplaise à Grimm, je suis du parti des bêtes qui reconnaissent la supériorité de la Partie de chasse de Henri IV sur le Roi et le meunier. Grimm prédisait un médiocre succès à la brochure. Or, la première édition à 2000 exemplaires fut vendue

encinq jours. Grimm prédisait uninsuccèsàlapiècesur la scène. Il fut obligé de convenir qu'au théâtre du duc d'Orléans, au château de Bagnolet, la pièce triompha. Il est vrai qu'il en attribue le mérite au jeu admirable du duc d'Orléans. Et comme pour se venger de cette réussite, il attaqua le dédicace au prince, dont Collé était le secrétaire, et constata qu'il n'y avait rien de plus plat. Cette dédicace est très courte. Elle a quinze lignes. L'auteur se plaint, sur la défense même du prince, de ne pouvoir lui offrir ses éloges ; mais il ajoute : « Heureusement que, tout puissant que vous êtes, vous ne pouvez pas imposer au public le silence que vous m'ordonnez ! «Je ne vois là rien de plat. Si nous passions au crible les dédicaces de Corneille et de Racine, nous aurions peut-être bien des faiblesses à regretter, mais de tels auteurs sont, encore plus que Collé, au-dessus de nos critiques, et je ne renouvellerai pas ici les blâmes qu'un petit poète avait jadis adressés à Racine, lequel eu pour vengeance d'outre-tombe les pauvres vers que son Zoïle a eu la malchance de faire débiter sur deux grandes scènes françaises. C'est , comme dit Rivarol, « de la prose où les vers se sont mis .

Avant d'être jouée, comme consécration dernière, à la Comédie-Française, la Partie de chasse subit des déboires étranges. Quoique représentée avec éclat sur les théâtres des grands seigneurs de l'époque et sur diverses scènes de province, elle rencontra, avant d'entrer à la Comédie, les oppositions les plus vives de la Censure.

Collé lui-même nous donna les détails de cet le affaire. Mais, chose amusante, c'est l'auteur qui. en 17G0, lors de la première édition de sa pièce, conseilla

au duc d'Orléans de ne pas la jouer, comme le duc l'aurait voulu, « parce qu'on pourrait faire des comparai sons du temps de Henri IV avec le temps présent qui ne seraient pas à V avantage de notre siècle ».

Voilà la raison de la résistance de la Censure. De plus, elle craignait que la familiarité, dont témoigne le roi avec les paysans, ne nuisît à la majesté du tronc. En 1763, on joua la pièce devant un auditoire choisi sur le théâtre du château de Bagnolet, et le succès de l'auteur fut considérable. Parmi les acteurs, qui étaient tous de grands seigneurs, le duc d'Orléans avait joué supérieurement le rôle de Henri IV. « Le prince de Condé, remarque Collé, a été, ainsi que tous les autres s [x 'dateurs, attendris jusqu'aux larmes, ils en ont versé à chaque instant; les acteurs étaient obligés de s'interrompre à cause des applaudissements redoublés. »

Je ne sais, Mesdames, Messieurs, si nous vous verrons tout à l'heure imiter cette noble assistance et mêler vos pleurs à vos bravos... Je crois que les rires l'emporteront sur les pleurs.

En 1764, Collé remanie sa pièce qui s'appelait d'abord le Roi et le Meunier pour s'intituler la Partie de chasse de Henri IV et crée la grande scène" de la réconciliation du Roi et de Sully d'après les célèbres Mémoires, ou Economies royales, écrits ou dictés par le ministre du grand Roi, scène qui est du domaine dramatique plus que du comique. On joue la pièce ainsi remaniée le 27 décembre 1764 à Bagnolet pour la fête de la maîtresse du duc d'Orléans.

Henri IV lit la sensation la plus grande. Le ♦maréchal de Richelieu avoua qu'il y avait pleuré de très bonne foi

el que les larmes qu'il avait répandues ne ressemblaient

point à celles qu'il avait versées à des tragédies.

Il dit à Collé lui-même que ce n'était point des larmes d'emprunt. Nous allons voir si en 1916 on a le cœur aussi sensible qu'en 1764.

Le duc de Choiseul, ajoute Collé, quelque courtisan et de ministre qu'il ait, y a aussi pleuré.

L'émotion fut telle que les gentilshommes de la Chambre supplièrent l'autorité suprême de laisser jouer la pièce à la Comédie-Française.

Je me souviens, écrit alors Collé, que la grande difficulté a été aplanie par la mort de Mme de Pompadour, qui a empêché à elle seule, il y a deux ans, que cette comédie fût représentée. Si elle l'est aujourd'hui, elle m'aura rendu un très grand service sans le savoir, car il n'y a point de comparaison de ma pièce telle qu'elle est aujourd'hui avec ce qu'elle était au commencement de 1762.

Le 17 mai 1766, le duc d'Orléans invita M. et M

Collé à assister à la représentation de la Partie de ehasse aux Menus-Plaisirs, ; ce qui était déjà une grand pas de fait, Brizard, Grandval, Dauberval, Prévost. Mole, Auger, Mmcs Drouin, Doligny et de Len/i. acteurs et actrices célèbres de l'époque, jouaient les divers rôles et eurent un prodigieux succès. Le public demanda à cor et à cri que la pièce fût jouée à la Comédie- Française, et les comédiens eux-mêmes envoyèrent une députation au marquis de Saint-Florentin pour obtenir l'autorisation. Ce minisire en parla au roi qui renvoya l'affaire au lieutenant de polioe M. de Sartines, lequel, n'osani se prononcer, rédigea un vague mémoire pour et contre qui laissait au mo-

narque la décision à prendre. Il en résulta un nouvel ajournement qui exaspéra le pauvre Collé. Et cependant on jouait la pièce 28 fois à Lyon et 33 fois à Bordeaux. On en privait seulement la Comédie-Française, mais la troupe du duc de Gramont joua la Partie de chasse aux Percherons le 11 avril 1767 ; puis les acteurs de la Comédie-Italienne la représentèrent les 22 et 23 avril chez la duchesse de Villeroy.

Collé nous apprend, dans son Journal, qu'un religieux de l'ordre de Cîteaux l'avait vivement remercié du plaisir que lui avait donné la lecture de la pièce et qu'il s'apprêtait avec plusieurs de ses confrères à en donner au couvent quelques scènes, en mettant de côté la bonne Margot, le charmant Colas et la petite Agathe, sur une petite scène particulière. Le bon Bernardin devait remplir le rôle du bon Henri et l'un de ses confrères, Sully. « Le sentiment, dit-il dans une lettre émue, rendra notre début heureux. » Puis il envoyait des vers de sa façon à Collé et s'excusait d'être prolixe :

Des provinciaux tel que moi font d'éternels compliments. D'ailleurs, quand on est sur le chapitre de Henri IV et qu'on est bon Français, peut-on jamais finir?

Collé trouva la lettre agréable, mais en conclut que si le Bernardin avait de l'âme et du goût, il devait être malheureux en son état... Est-ce bien sûr et n'avait-il pas pour se distraire la prose de Collé? Il est vrai que ce n'était pas un bréviaire toujours digne d'un religieux... Maintenant la lettre est-elle vraie? Collé est bien capable de l'avoir inventée, et c'est ce que je crois.

Malgré le succès de la Partir de chasse en présence et sur les petits théâtres de Paris, Collé continuait toujours à désirer la faveur suprême, c'est-à-dire la Comédie-Française, et s'en excusait auprès de ses amis. Il avoue que ses démarches, ses pourparlers, ses rabâchages lui avaient causé un ennui et des nausées abominables.

Une nouvelle délégation des comédiens va revoir M. de Sartines qui fait toujours la sourde oreille. Collé se désole et, invoquant sa santé et son âge, n'ose dire comme Bernis à Fleury qui lui refusait un bénéfice : « J'attendrai ! » Pour le consoler, Mercier du Paty, avocat général au Parlement de Bordeaux, fait frapper une médaille à l'effigie de Henri IV et lui en envoie un exemplaire, « faible échange, dit-il, des larmes délicieuses que je dois à cotre Partie de chasse. J'aime tant le bon roi Henri IV que je ne puis me dispenser d'aimer ceux qui l'aiment et le font aimer ! » Du Paty félicite ensuite Collé de ses chansons légères — car ce fut surtout un chansonnier et le meilleur du Caveau qu'il avait fondé avec Panard, et il l'appelle « l'héritier de feu Momus, ce dieu charmant, ami de l'humanité. »

Enfin, le 16 novembre 1774, après douze ans d'attente, la Partiede chasse est représentée à la Comédie- Française et la pièce triomphe. Elle est considérée comme une des meilleures du temps et inscrite au répertoire. On rit, on pleure, on applaudit et Grimm seul fait la grimace. Que de critiques avisés si1 sont trompés et que de fois le public a-t-il cassé «les arrêts que l'on disait inexorables !

Mais, tout en applaudissant la gaîté, la bonhomie,

le naturel de la pièce de Collé, qu'il me soit permis de dire, avec Grimrri lui-même, que le personnage de Henri IV ne nous a été présenté que sous un côté familier et bonhomme, et que l'esprit dont il pétillait n'apparaît guère dans ses reparties. Le portrait est incomplet tout en étant agréable. Ce n'est pas l'entière et saisissante physionomie du Béarnais, du monarque qui fût l'idole de tous les Français.

Le seul roi dont le peuple a gardé la mémoire.

Nous l'entr'apercevons seulement dans la grande scène avec Sully où Collé nous présente l'image d'un des plus grands ministres que la France ait eu l'honneur et le bonheur de posséder, si bien que son successeur, le grand Richelieu, n'eut qu'à suivre son exemple pour mettre la Franc au premier rang des nations européennes.

Heureux temps qui possédait de tels ministres et de tels serviteurs, occupés et préoccupés des intérêts de l'État plus que de leurs intérêts personnels ! Mais Henri IV — et ce sera mon dernier mot — dont vous allez revoir la séduisante figure, ah ! comme j'aurais voulu qu'enune scène Collé le fît revivre sous tous ses traits ainsi que notre mémoire nous le retrace fidèlement:

Ce roi vaillant, Ce diable à quatre, Ayant le triple talent De boire et de battre Et d'être un vert galant !

dit la Chanson populaire; c'est bien lui, mais nous eussions aimé à le revoir en tout son éclat. Je sais

bien que la comédie de Collé ne le comportait pas, mais laissez-moi, en terminant — ■ puisque l'occasion m'en est offerte, — ■ retracer rapidement l'image du Roi des braves en ces moments où nos chers soldats nous donnent l'exemple de tant de bravoure... Je voudrais vous le présenter tel qu'il était, ce lin Béarnais, à front large, aux sourcils épais de poil gris, aux yeux rieurs, à la bouche luxuriante, à la robuste stature, à l'humeur large, facile, loyale, narquoise et déterminée.

Représent ons-nous-le, nous-mêmes, ce véritable ami du peuple, ce bon roi Henri qui voulait que « le dernier des paysans pût mettre la poule au pot chaque dimanche », cet homme de guerre incomparable qui jamais n'a désespéré de la fortune et a enseigné au.N Français, comme l'a dit plustard Napoléon, que : « la victoire appartient au plus opiniâtre », et qui, à un courtisan, s'étonnant de le voir entouré étroitement par le peuple, répondait : « Si vous aviez vu mes soldats un jour de bataille, ils me pressaient bien davantage ! » Quel roi, quel prince, quel chef que celui qui est venu à bout des Guisards, des Ligueurs, des Espagnols — les Boches de ce temps-là — ■ et qui aprèstrois grandes batailles, 140 combats et 300 sièges de places, a fait la paix glorieuse au dehors comme au dedans, réconciliant catholiques et protestants par le célèbre édit de Nantes et appelant à lui, avec franchise et entrain, toute la bonne volonté, faisant vraiment l'union sacrée et disant : « Ceux qui suivent tout droit leur conscience sont de ma religion ! » Bel et grand exemple pour tous les gouvernements que celui qui, après avoir chassé l'étranger, a restauré la

France, soulagé le peuple, créé d'admirables finances, formé une armée superbe et une marine importante, relevé le commerce, l'agriculture et l'industrie, constitué de solrdes alliances et fait dominer en tout et partout la justice, la tolérance, la raison et l'honneur !

A toutes ces qualités ajoutons encore l'esprit, la gailé, la bonne humeur qui sont de tradition parmi nous... Quand je relève les bons mots et les spirituelles railleries de Henri IV, il me semble retrouver les bons mots et les plaisanteries de nos combattants qui, eux aussi, à la façon du Béarnais, découvrent le moyen de rire à la barbe de leurs ennemis au milieu des fatigues, des dangers et des combats les plus extraordinaires. Quand je lis les lettres de nos merveilleux officiers et soldats de l'Artois, de l'Yser, de l'Argonne, de Verdun, de la Champagne, de la Grèce et de l'Orient, j'y trouve comme un écho du style original, primesautier et réconfortant du bon Henri.

Écoutez ce récit de la bataille d'Ivry fait en cinq lignes par le roi à la façon de Jules César :

L'ennemi tout rompu, le Reitre en partie défait, l'infanterie rendue, le Bourguignon malmené, la cornette blanche et le canon pris, la poursuite jusqu'aux portes de Mantes... C'est la victoire, et Dieu nous a bénis !

Voilà comment parlent nos officiers, nos généraux !

La France, ainsi qu'au temps de Henri IV, lutte en ce moment, vous le savez tous, avec le [tins noble courage contre un ennemi barbare et acharné. Cet ennemi croyait ces jours-ci — vous me permettrez en achevant cette causerie de dire cela — ■ car c'est

une pensée qui nous occupe et nous suit partout — cet ennemi croyait venir à bout de notre résistance et voici que de l'aveu des journaux étrangers — je ne cite que ceux-là ■ — ■ nos soldats ont battu les meilleures troupes allemandes, la Garde elle-même.... Quoi qu'en disent les fâcheux, les pessimistes, la grandissime opération contre Verdun, annoncé avec tant de pompe par les Bulletins officiels de Berlin, de Cologne et de Francfort n'a pas abouti. C'est un échec, oui un échec, dont les conséquences, je vous l'affirme, seraient plus graves que ne le pensent les sceptiques, les incrédules, ou les détracteurs.

Que disent en effet les journaux allemands dans leur ensemble, après ces longues journées d'assauls inouïs et de luttes formidables où le Kaiser croyait enlever Verdun et battre la France qu'il appelait «son principal ennemi»? Ils disent : «Courage, patience et conliance!» Voilà quelle consolation ils donnent à leurs propres troupes, au lendemain du jour où ils criaient tous : « Victoire ! » Eh bien, reprenons à notre compte ces trois mots : « Courage, patience et confiance! », non pas comme une consolation, pour nos soldats, car ils n'en ont pas besoin, eux qui sont les plus courageux, les plus patients, les plus confiants des hommes, mais pour nous-mêmes... Si parmi nous, — je ne le crois pas, — mais enfin si parmi nous il était des citoyens timides, craintifs, inquiets, découragés, secouons-les, remontons-les, fortifions les!... Quant à ceux qui oseraient douter de notre armée et de sa victoire définitive, qui répandraient des bruits mensongers et défausses nouvelles, oh 1 pour ceux-là pas de pitié! Traitons-les

comme des Boches qu'ils sont et montrons-leur carrément ce que sont de vrais Français !...

Avec Henri IV, dont nous allons revoir la noble et familière image, rappelons-nous au milieu des épreuves et des périls qui ne sont pas finis et qui peuvent durer longtemps encore, rappelons-nous la fameuse harangue d'Ivry-la-Bataille, dans laquelle le roi exhortait ainsi ses soldats : « Je veux vaincre ou mourir avec vous ! Gardez bien vos rangs et ne perdez point de vue mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire. » Notre panache aujourd'hui est le drapeau tricolore qui, vous le savez, a toujours tracé à nos troupes dans les rangs ennemis un sillon victorieux. Suivons-le avec confiance, avec ardeur, avec amour !

Haut les cœurs, Messieurs et Mesdames, et à l'exemple du Béarnais ne doutons jamais, de la gloire et du salut de la France !

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