‹ Conférences de l'Odéon (1915-1916) \Chapitre 3 sur 20 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

conscience que la France s'est levée pour défendre de son glaive, avec la liberté du monde, les chefsd'œuvre que l'humanité doit à son génie.

Mais ces causeries, si délibérément spéculatives qu'elles soient, portent la marque de l'heure où elles furent conçues : elles sont, si je puis dire, tout imprégnées de la guerre. Elles forment dans la longue chaîne des travaux odéoniens, le maillon intermédiaire entre hier et demain, ce qui fut et ce qui sera, elles sont comme enfiévrées et ennoblies des hautes émotions de ce temps.

C'est par là qu'elles constituent, à l'insu même de leurs auteurs, un document sincère et précieux pour l'avenir. Il faudra plus tard, en les relisant, tâcher à se remettre en mémoire — ou à se figurer — ces représentations de guerre à l'Odéon, où le public nombreux et attentif s'exaltait, communiait avec les comédiens dans l'admiration de nos grands classiques.

En plein cœur de Racine, de Corneille, de Molière, de Regnard et de Marivaux, nous retrouvions sans cesse et nous saluions fièrement ces leçons d'héroïsme et de gaîté que la littérature française, fille de la race gallo-latine, répand sur le monde depuis cinq fois cent ans.

Ainsi, durant tout le cours de cette année laborieuse, nous avons passé en revue les meilleurs ouvrages de nos illustres dramaturges : le Ci il. Horace, Cihna, Estker, Andromaquc, les Femmes

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