QUATRIEME CONFÉRENCE
Vendredi 20 mars ipo3
Puissance de la Femme
PAU LA Prière
Puissance de la Femme
PAR LA Prière
La femme peut donc être au sein de Phumanité comme une bénédiction vivante, par son dévouement, par sa vertu, par ses conseils. Dieu vous a départi, Mesdames, ces trois grands moyens de salutaire influence et nous les avons successivement envisagés. Il nous reste maintenant à porter nos regards plus haut et à nous demander si la femme ainsi puissante sur le cœur de Phomme, ne possède pas encore des ressources spéciales pour agir sur le cœur de Dieu.
De ces ressources. Mesdames, nous en connaissons plusieurs. Le cœur humain vu dans la simple nature a beau être un abîme de misère.
quand on contemple le caur de la femme sous son aspect surnaturel, il semble qu'on puisse lui appliquer ce mot de TEcriture : Thésaurus est infinitus. C'est un trésor dont on ne saurait énumérer toutes les richesses !
Je n'irai donc pas jusqu'au tond du trésor. Et puisque je n'ai plus que deux discours à vous faire, je me bornerai — il le faut bien ! — à vous signaler vos deux principales garanties de puissance sur le cœur de Dieu : la prière et le sacrifice.
Aujourd'hui je vous dirai que la prière de la femme a une histoire plus miraculeuse en apparence que la prière de l'homme, et j'ajouterai qu'il y a des raisons positives à cette supériorité, raisons tirées du cœur féminin pour une part, et du cœur de Jésus pour une jatre.
Je crois très sincèrement, Mesdames, que vos prières ont aux veux de Dieu une vertu spéciale ; et cette vertu, pour nous être cachée, n'en est pas moins certaine.
Il est impossible de se familiariser avec la lecture de TEvangile sans acquérir cette conviction.
Voulez-vous que nous en établissions quelques preuves? — Oui ? — Ecoutez.
Voici le Vil® chapitre de S. Luc. Ce chapitre raconte en détail, et sans transition de l'un à Tautre, deux miracles accomplis par le Sauveur : la guérison du serviteur d'un Centurion et la résurrection de Tenfant d'une veuve.
Comparons les deux attitudes de Jésus en face de ces deux tristesses à guérir.
Le Centurion ayant à obtenir la santé d'un serviteur qui lui est cher, sollicite, insiste, se multiplie, accompagne sa prière de respects et d'égards qui provoquent Tadmiration du Maître.
I06 PUISSANCE DE LA KEMxME
Il envoie d'abord à Jésus des seigneurs juifs " — seniores judœo?'um — pour le prier de venir et de sauver ce malade. Ces délégués accomplissent leur mission avec une véritable sollicitude, atteste Técrivain sacré. Ils instituent en faveur du brave officier tout un éloquent plaidoyer. Ils le déclarent digne du bienfait demandé. Ils allèguent ses svmpathies pour les juifs. Ils rappellent ses bienfaits, et déclarent qu'il est allé jusqu^à leur bâtir une synagogue. Bref, le Sauveur consent à les suivre.
Tandis qu^il approche, le Centurion lui envoie encore des amis. Il craint d'abuser de sa bonté en lui causant un dérangement inutile. Il se montre délicat, discret : a Ne prenez pas tant de peine ! « fait-il dire par ses nouveaux délégués.
Il est admirable d'humilité. Vous connaissez les termes qu^il emploie. L'Eglise n'a pas trouvé de plus touchantes paroles à mettre sur nos lèvres quand le Sauveur vient à nous : « Je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit !... Non stim dignus ut intres sub tectiim meum... Je n"ai pas même osé venir moi-même vous solliciter î j>
Il rend témoignage à la toute-puissance du
Maître en des termes qui font Tadmiration de Jésus. Si bien que le Sauveur, finalement, s'écrie: a Je n'ai pas trouvé une si grande foi même en Israël! »
Croyez-vous que le Centurion accumule dans sa prière assez d'éloquence, d'humilité, de foi, de respect, pour que la grâce demandée puisse lui être accordée?
11 s'est environné de tout l'appareil possible, on a fait valoir en sa faveur les meilleurs arguments, il a été lui-même admirable dans son attitude. Il a tout fait pour obtenir le miracle.
Enfin, le miracle est venu !
Voici maintenant le contraste.
De Capharnaum, Jésus passe dans la ville de Naim. Il rencontre un cortège funéraire. On porte en terre le fils unique d'une veuve éplorée. Cette femme l'a-t-elle vu ? Nous ne savons. L'a-t-elle implorée du regard ? La chose est possible. Lui a-t-elle parlé ? L'Evangile n'en dit rien et nous autorise à penser que non. Qu'importe? Une femme en deuil, un cœur de femme brisé,
des yeux maternels qui pleurent, il n'en faut pas davantage pour que le Seigneur « soit ému de pitié » dit le texte. Il vient à cette âme désolée, il vient de lui-même, avant d'avoir été expressément sollicité, il dit à cette mère en larmes : « Ne pleure plus ! » Et sans justifier autrement son miracle, sans alléguer ni Thumilité, ni la confiance, ni les mérites de celle qu'il va combler de joie, « il touche le cercueil, les porteurs s'arrêtent, il dit : Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. Le mort se lève, il parle. » Et pour que nul ne se méprenne sur la pensée qui inspira le miracle, Jésus dit à la mère : « Je te rends ton enfant ! » Dédit illum matin suœ.
Faut-il commenter? Faut-il, entre deux actes qui révèlent la même infinie bonté, faire ressortir néanmoins un évident contraste ? Faut-il démontrer que l'Esprit-Saint n'a pas juxtaposé dans PEvangile, sans une intention bien certaine, deux faits d'allure si contraire r *
* L'Evangile tient tellement à mettre en relief cette différence de traitement et la facilité plus grande avec laquelle les femmes obtiennent des miracles, qu'un rapprochement iden-
On dira : Le Centurion était païen. Jésus se prêtait difficilement à des miracles en faveur des païens. Il fit à la Chananéenne qui était femme, — mieux que femme, mère — des difficultés qu^il ne fit pas au Centurion.
Mesdames, la thèse que j^apporte ici est assez forte vous le verrez, pour que, si l'argument était douteux, nous n'ayons pas besoin de Falléguer. Quand il est question de démontrer par PEvangile la puissance spéciale des prières de femme, on ne saurait, en effet, objecter Tépisode de la Chananéenne. Bien au contraire : Thistoire de la Chananéenne démontre d'une façon éclatante « la faiblesse de Dieu « comme disait S. Augustin, en face de la prière des femmes. La Chananéenne sollicitait une grâce qui était contraire aux dispositions du Sauveur, qui était refusée en principe. Elle l'obtint par son insistance et sa foi. Il faut remonter jusqu'à la Genèse, pour trouver un
tique met en regard la résurrection de la fille de Jaïre sollrcitée par son père, et la guérison de l'hémorroïsse obtenue par un simple geste accompagné d'un désir inexprimé, y. Matth., IX, 18-26.
I lO PUISSANCE DE LA FEMME
refus positif de Dieu se changeant en concession par la vertu d'une prière, et encore la concession ne fut accordée qu'en principe, et n'aboutit à rien de réel. 11 s^agissait de sauver Sodome qui, de fait, ne fut pas sauvée. Vous pouvez relire ce récit dans Thistoire d'Abraham au chapitre XVI II® delà Genèse. Ainsi donc, parmi toutes les prières qui ont tenté d'émouvoir la miséricorde de Dieu, une seule a pu faire revenir Dieu sur une volonté qu'il avait clairement indiquée, sur une sorte de parti-pris providentiel, et cette prière se trouvant d'être précisément la prière d'une femme, comment pourrait-on l'alléguer et en faire un argument défavorable à la puissance exceptionnelle des supplications féminines ?
De fait, et durant tout le cours de TEvangile et de l'histoire. Dieu qui « écoute, dit le Psalmiste, ce que les cœurs se préparent à lui dire )•> ' prête une oreille admirablement miséricordieuse à cette créature qui ne vit presque que par son cœur. On dirait qu"il l'entend à demi-mot, et
' Ps. X, 17.
qu'il exauce eu sa faveur ce que j'appellerais volontiers des prières sans paroles. Ce miracle de bonté commence aux noces de Cana, où la femme qui eut le plus d'action sur Jésus n'eût qu'un signe à faire, un ordre à donner, pour déterminer le premier prodige évangélique. Il va jusqu'à la résurrection de Lazare, où ce ne sont pas des prières, mais de véritables reproches que Marthe et Marie osent adresser à leur divin ami, pour n'avoir pas prévenu à la fois le désir de leur âme et la mort de leur frère. Et de peur que la foule anonyme des femmes ne vienne à penser que la toute-puissance de Dieu n'est ainsi au service que de quelques créatures d'exception, de peur que la pauvre femme, celle qui ne peut invoquer en sa faveur rien de semblable à l'autorité maternelle de Marie, ou aux privilèges d'amitié de Madeleine et de Marthe, de peur, dis-je, que cette pauvre femme ignorant son crédit comme femme, ignorant la force mystique qu'elle possède comme femme, se décourage et n'ose pas, TEvangile a placé, entre ces deux points extrêmes, les épisodes les plus significatifs. Je me contenterai de citer la
guérison de celte femme malade depuis douze ans, ruinée par les médecins, qui sMtant glissée, à travers la foule, derrière le Sauveur, se disait avec une confiance magnifique : « Que je parvienne seulement à toucher ses habits, je serai guérie ! » Elle toucha le bord de son vêtement, et, subitement, fut guérie. *
Je demande. Mesdames, si Ton imagine une indication à la fois plus éloquente et plus précise de la facilité avec laquelle le Sauveur vous exauce, de Tempressement avec lequel sa bonté vous entend, avant même que vous n'ayez parlé à sa puissance ?
Surtout, n^allez pas croire circonscrite au cycle essentiellement merveilleux de TEvangile, cette miséricordieuse histoire de la condescendance du Christ pour vos prières. Partout,^ dans les annales du Christianisme, où Dieu a opéré de grands prodiges, il s'est trouvé que des femmes priaient. On rencontre invariablement ce triple élément dans les victoires du bien sur le
* Malt.. IX. 21.
mal ici-bas : le geste de rhomme, raction de Dieu, la prière de la femme. Sans Tintervention divine qui seule opère avec efficacité sok dans le monde, soit sur les âmes, Thomme agit en vain. « J'ai planté. Apollon a cultivé. Dieu seul a fait croître ' » dit S. Paul. Mais l'intervention de Dieu n'est déterminée que par la prière, et c'est surtout la femme qui prie.
Regardez ce qui s'est passé dans notre pavs. ce* qui s'est passé dans l'Eglise, ce qui se passe chaque jour dans le secret de la vie familiale. Sainte Geneviève a certainement plus fait la France avec ses prières que Clovis avec sa framée. Cette vierge parisienne qui a tant prié, fut visiblement, par son influence surnaturelle, la mère de la Patrie. Les prières de Jeanne d'Arc, humble bergère, ont préparé les grâces de sa mission et cette miraculeuse randonnée au cours de laquelle des noms comme Orléans. Paris. Compiègne. rappellent une campagne autrement utile à notre nationalité que ceux de Friedland. léna et Austerlitz ! Dans l'Eglise, voici S. Augustin, le roi de l'aposiolat
• I Cor., ui, 6.
intellectuel, A qui devons-nous les rayons chrétiens qui ont illuminé son génie r Aux prières de S^e Monique. Voici, au contraire, le plus grand ouvrier de Fapostolat populaire, S. François Xavier. D"où lui vint cette force surhumaine qui fit courber des moissons d'âmes au souffle de sa parole ? Il Ta déclaré lui-même : des prières de S^» Thérèse. Que dire encore de la mvstérieuse et prodigieuse influence exercée par S^° Catherine de Sienne sur les plus graves affaires ecclésiastiques de son temps ?
Et ne me dites pas : vous ne citez que des grandes saintes et des femmes en qui tout — jusqu'à leur rôle providentiel — est d'exception. J'irai chercher alors dans les régions les plus obscures, je dirai même les moins favorables de la société, l'exemple le plus inattendu.
Il V avait au dix-septième siècle dans les environs de l'Eglise Saint-Sulpice, une cabaretière. Elle s'appelait la femme David Rousseau. Son mari était l'un des vini;t-un marchands de vin de Paris. (11 n\- avait alors que vingt-un marchands de vin a Paris !!... Nous avons passé de Tàge d'or
à Tàge du zinc !) Donc cette femme qui vivait dans son cabaret, croyait à la puissance de la prière, et passait en prières tout le temps que lui laissaient ses clients à servir. Or, savez-vous, ce qu'il en advint ? Le vénérable fondateur de Saint- Sulpice, M. Olier, s'est chargé de nous rapprendre. « Quoique cette femme, écrit-il, soit d'une 'basse naissance et d'une condition qu'on a presque honte de nommer, elle est toutefois le conseil et la lumière des personnes de Paris les plus illustres par leur extraction et des âmes les plus élevées en vertu et en grâce. Mmela duchesse d'Orléans, Mme la princesse de Condé, les duchesses d'Aiguillon et d'Elbœuf, la maréchale de la Châtre et plusieurs autres dames se tiennent heureuses de la voir. Il n'y a point d'hommes apostoliques, de missionnaires qui n'aillent s'instruire auprès d'elle, et je n'en sais pas un qui ne sorte extrêmement édifié. Le père Eudes, ce grand prédicateur, est venu la consulter souvent; le père de Condren, général de l'Oratoire, aussi. Cest à la persuasion de cette femme, que M. le chancelier travaille avec tant de soin au soutien de l'Eglise et à la gloire
de la religion. Quand on voit ces serviteurs de Dieu et ces hommes apostoliques que Dieu donne maintenant à la France, venir consulter cette sainte âme, et se faire comme un devoir de suivre ses avis, on croirait voir la Très-Sainte Vierge qui gouvernait autrefois TEglise et conduisait tous les apôtres après Pascension du Sauveur. »
Pourquoi insister? Pourquoi, au surplus, aller chercher bien loin ce que nous pouvons chaque jour constater dans nos plus immédiats voisinages ? Ne savez-vous pas que, si nous pouvions pénétrerlemystèredes consciences, nous découvririons à chaque instant le secret des réussites d'un hommeheureux, ou vaillant, ou honoré, qui brille, grandit et conquiert, grâce aux humbles prières d'une femme au cœur aimant et fidèle que la Providence a rriise auprès de lui ?
Et ce qu'il y a en même temps déplus démonstratif et de plus admirable dans l'usage de cette puissance mystique des femmes, c'est que les femmes qui savent prier, n'ignorent pas la force
de leurs prières. Elles ont conscience de leur pouvoir, elles Taffirment, elles Fattestent jusqu'en présence de Dieu même. Je vous ai parlé tout à l'heure de la singulière hardiesse avec laquelle Marthe et Madeleine osent interpeller le Sauveur quand il arrive à Béthanie pour la résurrection de Lazare. La même confiance a, de tout temps, inspiré aux saintes les plus extraordinaires déclarations. Je nommais tout-à-Fheure S^'^ Geneviève et S^** Catherine de Sienne. L'une disait fièrement à quelqu'un qui résistait à ses sollicitations : « \'ous pouvez mépriser mes prières, il y a quelqu'un qui ne les méprise pas : c'est mon Seigneur Jésus- Christ ! y> L'autre étant venue à TEglise pour demander la conversion d'un de ses frères blessé, osait mettre Notre-Seigneur en demeure de l'exaucer immédiatement : « O mon Dieu, disait-elle, je resterai ici à genoux, jusqu'à ce que vous m'ayez accordé cette faveur ! r>
Pensez-vous qu'il v eût quelque présomption de leur part à se croire une telle assurance permise ? Pensez-vous que cette certitude d'être écoutées fut vaine ? Ceux qui vivaient dans leur entourage.
ne le pensaient pas et ne se trompaient guère. Ils avaient expérimenté leur crédit. Un jour le Père Raymond confesseur de S^® Catherine et un autre Père, se trouvant en leur monastère de Sienne, éprouvèrent soudain une impression extraordinaire de grâce surnaturelle. L'un d'eux dit aussitôt : « Catherine prie bien certainement pour nous. )) Quand ils revirent la sainte, ils lui demandèrent : (c Que faisiez-vous à telle heure ? « Elle répondit : « J'étais à Téglise paroissiale de Saint- Roch, et je vous nommais devant Dieu ! »
Admirable pouvoir d'une faible créature ! Touchantes manifestations, et qui semblent donner une signification très sainte et très grande à cette formule proverbiale dans laquelle nous ne saurions'.voir, au point de vue humain, qu'une aimable plaisanterie, et dont le sens se justifie à miracle dans Tordre surnaturel : « Ce que femme veut. Dieu le veut ! ))
Pouvons-nous dire, Mesdames, qu'un ordre de choses aussi consolant, repose sur un fondement rationnel ? Pouvons-nous expliquer comment vous avez ainsi Toreille de Dieu, comment vous disposez à ce point des complaisances de sa bonté ?
Nous le pouvons assurément.
Il existe deux raisoas qui assurent une efficacité particulxre à vos prières. L'une est issue de votre propre nature. L'autre réside en Jésus, par qui toute grâce nous est octrovée.
Par nature, vous donnez à vos supplications le caractère qui, d'après les lois établies par Dieu, en préparent la toute-puissance.
Il y a, en effet, et comme naturellement, dans le cœur féminin, des sentiments d'angoisse, de faiblesse, d'amour et de foi qui sont les éléments mêmes de la prière victorieuse.
Qu'est-ce en effet et avant tout que la prière, sinon un aveu de faiblesse, un mouvement de la misère qui s'incline devant la bonté?
Ne vous y trompez pas, Mesdames : le premier danger de la force, et la plus radicale punition de Torgueil sont dans ce fait : la force et Torgueil ne prient pas. L'insolent robuste et conscient de sa propre suffisance, se fait un honneur de ne rien demander à personne, et répugne à s'abaisser même devant Dieu. Si Satan pouvait prier, on pourrait croire à la possibilité du salut pour Satan. Satan est stoique dans son orgueil comme dans sa haine, et c'est pourquoi son malheur est un malheur irrémédiable.
Voilà donc une différence encore entre votre condition morale et la condition virile : le cœur de l'homme s'endurcit dans les luttes et surtout dans les triomphes. Le cœur de la femme s'amollit et se brise dans les tendresses et les douleurs de sa vie. Un admirable tableau d'Homère met en relief par le contraste cette double destinée de l'homme qui lutte et de la femme qui s'émeut : « Le noir bataillon soulevait une nuée de pous-
sière sur le rivage aux flots retentissants, et ne pensait qu^à donner la mort. Pendant ce temps les épouses et les vierges qui regardaient les guerriers du haut des épaisses murailles, palpitaient de la peur de les voir mourir ! »
En face de ces deux attitudes humaines, Tattitude de la puissance divine n'est pas douteuse.
Elle se désintéresse de celui qui ne compte que sur soi. Elle abandonne les orgueilleux. Elle humilie au besoin les insolents. Ceux qui croient se suffire, elle les livre à eux-mêmes. Ils ne sauraient compter en nulle occurence sur ses bienfaisantes interventions. « Tu as trouvé ta vie par tes seules forces, s'écrie Isaie, parlant au nom de Dieu, et dès lors tu as cessé de me prier. Tu n'avais plus de sollicitudes ni de craintes et c'est pourquoi tu m'as été infidèle. Tu m'as délaissé, ton cœur n'a plus pensé à moi ! » * N'est-il pas naturel que Dieu laisse alors tant de faiblesse retomber de tout son poids sur tant d'ingratitude et d'orgueil ?
Au contraire le cœur broyé, l'âme humiliée, le