‹ Conférences de Notre-Dame de Paris (volume 3)Chapitre 12 sur 56 · J. de Xylander, Dos Sprachgeschichte der Titanes · texte numérisé non relu

J. de Xylander, Dos Sprachgeschichte der Titanes

Histoire des langues titanes, après avoir examiné la langue mantclioue au point de vue de la grammaire et de la syntaxe, compare avec autant de mots grecs deux mille cinq

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elle a conclu que ces idiomes ont été originairement réunis en un seul, que ce n'est pas une séparation graduelle ni un développement individuel qui ont créé entre eux des différences, mais une force active, violente, extraordinaire, suffisant pour concilier les apparences de conflits et pour expliquer du même coup les ressemblances et les différences1. Ainsi parlent des savants distingués dont l'autorité est du plus grand poids dans la philologie.

cents paroles inanlchoues appartenant, partie au style élevé, partie au style familier, et il en conclut que les principes élémentaires, les radicaux, les désinences, sont les mêmes dans les deux langues; il va jusqu'à penser que le mantchou est un dialecte primitif du grec. Etendant ensuite ses recherches sur les idiomes tonguses, qui, selon Y Asie polyglotte, dépassent le nombre de deux cents, sur le mongol, le turc, le thibétain, le chinois, le hongrois, le finlandais, le samoyéde, le jenisée, l'œnos, le kamtschadale, le corgak, le gincagire, le ciousco, le coréen, le japonais, le birman, le siamois, l'annamite, le pegouan, le malais, le géorgien sémite, il se voit forcé de convenir que toutes les langues parlées aujourd'hui en Europe, en Asie, dans le nord et le nord-est de l'Afrique et dans le plus grand nombre des îles situées entre l'Asie et l'Amérique, ont entre elles un degré de parenté plus ou moins étroit, ainsi que le prouve encore la syntaxe du grec antique. (Apud Canlu, loco citât.)

1. Cf. Wiseman, Discours sur les rapports entre la science et la religion révélée, 2e discours.

Toutefois, Messieurs, quand bien même nous ( accorderions que les idiomes primitifs n'ont entre eux aucun élément commun, qu'ils sont parfaitement indépendants et absolument irré- : ductibles, aurions-nous une démonstration absolue de la multiplicité des espèces dans l'humanité? Nullement. Tout au plus pourrions-nous former une conjecture promptement balancée par une autre conjecture. Les idiomes diffèrent; mais l'unité des idées primordiales, la communauté des traditions fondamentales, la possibilité de traduire l'un par l'autre tous les langages humains, la faculté que tout homme possède de s'assimiler toutes les langues, nous autorisent à croire que la multiplicité des idiomes n'est point un fait originel, mais un accident dans la vie de l'espèce humaine; et celte conjecture devient une certitude quand nous lisons ce passage de la Bible : — « Il n'y avait d'abord qu'une seule langue par toute la terre, et les hommes parlaient de la même manière; mais Dieu voyant leur orgueil dit: — Allons, descendons et confondons leur langage. — Et la langue de toute la terre devint confuse, les hommes ne s'entendirent plus,

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et Dieu les dispersa sur la face du monde '. » L'autorité de ces lignes, écrites à l'époque où l'humanité pins rapprochée de ses origines et pleine encore du souvenir des faits qui avaient décidé sa dispersion n'avait aucun intérêt à inventer ces faits, ne peut être détruite par une simple conjecture scientifique. Si la philologie pouvait invoquer en sa faveur le témoignage des autres sciences, le récit de la Bible en serait peutêtre ébranlé. Mais l'observation philosophique, comme je vous l'ai montré tout à l'heure, la topographie du globe, 1 eLude des monuments, les traditions, la physiologie elle-même, comme nous le verrons bientôt, étant d'accord avec le récit biblique de l'origine de l'espèce humaine, nous sommes autorisés à croire comme certain ce que l'Écriture nous dit de la confusion des langues et de la dispersion du genre humain.

1. Erat autem terra labii unius et sermonum eorumdem... Descendit autem Dominus... et dixit... Venite, descendamus et confundamus ibi linguam eorum, ut non audiat unusquisque proximum suum... Et confusum est labium universae terrae, et inde dispersil eos Dominus super faciem cunctarura regionuin. (Gènes., cap. xi, J-9.)

Doutez-vous de cette dispersion, Messieurs? Vous semble-t-il impossible que les contrées lointaines, dont le xvi° siècle a commencé la découverte, aient été peuplées par des émigrants partis d'une seule région? Eh bien, prenez une carte générale du globe. Si elle est bien faite, en quelques minutes votre opinion sera fixée. L'Europe, l'Asie et l'Afrique sont soudées ensemble : de proche en proche on peut, sans quitter la terre ferme, en gagner toutes les frontières. L'Amérique seule paraît faire monde à part, cependant elle projette vers l'Islande, île extrême du nord de l'Europe, la vaste terre du Groenland, et n'est séparée que par le détroit de Behring du nord de l'Asie. L'archipel des Aléoutiennes, du Kamtchatka à la presqu'île d'Aliaska, offre aux navigateurs novices une série d'étapes maritimes. L'archipel des Kouriles unit le Kamtchatka au Japon, le Japon est voisin de la Chine. Déjà trois voies pour passer de l'ancien au nouveau monde. Ce n'est pas tout. La mer a, comme la terre, ses routes marchantes, fleuves immenses sans source et sans embouchure : les courants. Dans l'océan Pacifique,

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le Kurosiwo ' porte sur les côtes de Californie les flottes du Japon et de la Chine qui, près de vingt siècles avant l'ère nouvelle, connaissait déjà la boussole. Le contre-courant équatorial emporte le Malais jusqu'à l'isthme de Panama. Sur les floLs du grand traversier de la mer des Indes, l'Africain du Cap gagne l'Australie et la Nouvelle-Zélande, déjà unies à l'Indo-Chine par les îles de la Sonde. Dans l'Atlantique, la Guinée s'abouche avec le Brésil par le courant équatorial du sud, et le hardi Phénicien, après avoir franchi les colonnes d'Hercule pour explorer la côte africaine de l'ouest, peut tomber dans le courant équatorial du nord et aborder aux Antilles. Des trois parties de l'ancien monde l'émigration vers le nouveau monde est possible; voilà ce que nous dit la géographie. Elle s'est faite; voilà ce que nous déclarent l'histoire et les monuments. Dès le ixe siècle, une bulle du pape Grégoire IV *

i. On appelle aussi ce courant, courant de Tessan, du nom de M. de Tessan qui en a constaté l'existence dans le voyage pendant lequel il accompagnait en qualité d'hydrographe le capitaine Dupetit-Thouars.

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