Ad Ansgarium
fait mention des missions d'Islande et du Groenland; vers la fin du xme siècle les frères prêcheurs fondent, dans ce dernier pays, un de leurs couvents. Dans une de leurs expéditions, les Espagnols aperçoivent, près de la côte californienne, les proues dorées et les vergues argentées des jonques marchandes de la Chine et du Japon '. Vasco Nu nés, en traversant l'isthme de Panama, rencontre près du cap Darien des nègres africains. Fernand Cortez, recevant les confidences de l'infortuné Montézuma, apprend de lui que ses ancêtres sont venus des pays lointains d'outre-mer \
1. Ce fait est raconté par Gomara, compagnon de Fernand Cortez.
2. « Nous savons par nos livres que les habitants de ce pays et moi ne sommes pas indigènes, mais que nous venons de très-loin. Nous savons encore que le chef qui guida nos aïeux retourna pour quelque temps dans son pays natal, et revint ensuite pour y ramener ceux qu'il avait laissés. Mais il les trouva mariés avec les femmes de ce pays, pères de nombreux enfants, et vivant dans les villes qu'ils avaient bâties; si bien qu'ils ne voulurent pas obéir à leur ancien maitre. qu'il s'en alla seul, ^ous avons toujours cru que ses descendants viendraient un jour prendre possession de nos contrées; maintenant, puisque vous venez du côté où se lève le soleil, et que vous me dites nous connaître depuis longtemps, je ne puis douter que le roi qui vous envoie
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Enfin les traditions, les cosmogonies, les édifices religieux, les palais, les hiéroglyphes, les institutions des peuples de l'Amérique à l'époque de la conquête espagnole offrent de telles ressemblances avec ceux de l'Asie, qu'il est impossible de nier leur parenté l.
ne soit notre maître naturel. » (Première lettre de Cortez, §§ 21 et 29, citée par Cantu. Histoire universelle, liv. I, chap. m. Unité de l'espèce humaine.)
1. Humboldt qui de ses propres yeux a examiné toute la terre, insiste sur les analogies qu'offrent les Américains avec les Mongols et d'autres peuples de l'Asie centrale. « On s'étonne, dit-il, de trouver à la fin du xve siècle, dans un monde que nous appelons nouveau, des institutions antiques, des idées religieuses, des formes d'édifices qui dans l'Asie paraissent remonter à l'aurore de la civilisation; il en est des traits caractéristiques de l'humanité comme de la structure intérieure des végétaux répandus sur la face du globe : partout se manifeste un type primitif, malgré les différences produites par les climats et le sol, et par la réunion de beaucoup de causes accidentelles, et la communication des deux mondes est prouvée d'une manière indubitable par les cosmogonies, les monuments, les hiéroglyphes, par tes institutions des peuples de l'Asie et de l'Amérique. ( Vue des Cordillères et monuments des peuples indigènes d* Amérique.)
A l'occasion des Indiens Jowais, venus à Paris en I.S45, Honoré Jaquinot disait : « J'ai visité les îles principales de la Polynésie, et j'y ai remarqué les plus grandes analogies avec les Américains. La ressemblance de physionomie est pour moi la meilleure preuve de l'identité des | Américains et des Polynésiens! mais si je voulais consulter
Vous le voyez, Messieurs, les fondements destinés à soutenir la thèse des polygénistes
les mœurs, les témoignages se présenteraient en foule. Quelque diversité qu'on trouve dans leur genre de vie, ils ont le même degré de civilisation, une hiérarchie sociale et sacerdotale presque égale, des religions également ohscures, une égale vénération pour les tombeaux. Parmi les Mandanes, comme à la Nouvelle-Zélande et aux Marquises, les cadavres sont exposés sur des travées, et l'on apporte de la nourriture aux froides dépouilles. Chez les Assiniboines et les autres tribus, une grande place pavée se trouve devant chaque village pour les assemblées; il en est de même aux Marquises et dans d'autres îles polynésiennes. Sur les rivages de l'île de Pâques, d'énormes rochers ont été sculptés en forme de géants ; sur d'autres points de l'Océanie, et surtout dans l'île d'Oualan, on voit des murailles formées de masses prodigieuses, problème pour les navigateurs et trace des constructions cyclopéennes dont les deux Amériques sont couvertes. Les Polynésiens, comme les Américains, aiment les ornements, se peignent avec de vives couleurs, se tatouent la peau, s'épilent, se rasent une partie de la tête, percent et allongent le lobe de l'oreille auquel ils suspendent de lourdes parures. Les indigènes d'Oualan se couvrent la lèvre inférieure d'une coquille, et cet usage est répandu sur la côte nord-ouest de l'Amérique, le vêtement des chefs de Taïti, appelé tiputa est le poncho des Araucaniens. Ces deux peuples sont guerriers, se servent des mêmes armes, et la chevelure de l'ennemi est leur trophée. Un si grand nombre d'analogies, qu'il me serait facile de multiplier, peuvent-elles provenir du hasard? » (Cité par Cantu. Histoire universelle, liv. I, chap. m. Unité de l'eïçèce humaine)
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contre l'unité de l'espèce humaine sont si peu solides, que cette thèse branle sur tous les points. Voici maintenant l'argument décisif sous les coups duquel elle doit s'écrouler; il nous est fourni par la science physiologique.
L'homme, par son corps, est soumis aux lois qui gouvernent le règne animal. Or, tout animal est doué d'une double force : d'une force plastique en vertu de laquelle il peut, sous l'influence des milieux, modifier accidentellement sa nature, d'une force de transmission en vertu de laquelle il communique sa nature avec les modifications qu'elle a subies. De ces deux forces combinées procèdent l'espèce et la race. Autant la force plastique est flexible en ses effets, autant la force de transmission est immuable. Il faut qu'elle reste dans l'espèce pour qu'elle se perpétue. Si elle s'essaye d'un genre à un autre genre, elle est bientôt punie par la stérilité de la violence qu'elle fait à la nature. Le croissez et multipliez-vous qui fut prononcé à l'aurore des temps sur toute vie ne sort donc pas des rivages de l'espèce, de sorte que le signe vraiment caractéristique de
l'espèce ne doit pas être cherché ailleurs que dans la fécondité continue.
L'espèce peut se définir : <a L'ensemble des individus plus ou moins semblables entre eux qui sont descendus, ou qui peuvent être regardés comme descendus, d'une paire primitive unique, par une succession ininterrompue de familles1. » Dans ces conditions, le monogénisme est la seule doctrine que la science nous permette d'accepter. En effet, Messieurs, pendant que la sélection appliquée à des individus de choix, pris dans des genres qui se touchent, ne vous donne jamais que des produits hybrides dont la force de transmission est nulle ou limitée à quelques générations, l'union de l'homme et de la femme, quelle que soit la différence des types, reçoit de la bénédiction divine une vertu qui traverse indéfiniment les familles. Les sangs du nègre et du blanc ne sont point des liqueurs étrangères qui refusent de se fondre pour imprégner l'être qu'ils produisent de la chaleur communicative de la
1. De Quatrefages, Histoire naturelle de l'homme. Unité de l'espèce humaine. (Revue des Deux Mondes, 1er janvier 1861.)
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vie; comme deux fleuves amis, ils mêlent leurs ondes fertiles dont on reconnaît les sources dans une teinte mixte, qui va se modifiant d'alliances en alliances jusqu'à ce que le sang le plus pur ait triomphé. Bief, Messieurs, entre tous les couples de l'humanité la fécondité est continue, donc l'humanité est une seule espèce à moins, comme le fait très-bien remarquer un savant naturaliste, « que les lois qui régissent l'organisme humain ne soient en contradiction, sur les points importants et véritablement caractéristiques, avec les lois auxquelles obéissent tous les autres organismes vivants '. »
La force de transmission prouve l'identité de l'espèce et la conserve; la force plastique représentée par les instincts, les habitudes, les passions, et soumise à l'influence des milieux, peut, ainsi que je l'énonçais tout à l'heure, introduire dans une espèce des modifications considérables sans en changer l'essence. Ces modifications s'affermissent, s'accroissent, se multiplient par l'hérédité et par la fixité de
i. De Quatrefages, op. cit. (Revue îles Deux Mondes^ «5 décembre 1860.)
l'habitat. L'hérédité, nous lui devons trop de biens et trop de maux pour que nous puissions en nier la mystérieuse vertu; l'habitat, nous en constatons à chaque instant l'action complexe. Si les êtres insensibles la subissent, si le marbre, par exemple, n'a point sous la lumière assombrie de nos climats les tons chauds et resplendissants qu'il revêt sous les beaux cieux de Grèce et d'Italie, combien plus les vivants chez qui l'inertie est remplacée par la force d'assimilation. Telle fleur pâlit et s'étiole sous notre ciel changeant, qui étale au grand soleil des tropiques sa vaste corolle et ses vives couleurs; telle touffe rabougrie des montagnes devient, dans la vallée plus chaude, un arbuste opulent; tel arbre, qui languit sur un sol desséché, tire d'un sol humide un tronc et des rameaux gigantesques. Plus que les végétaux, l'animal se transforme sous l'influence de l'habitat, parce que sa vie plus parfaite collabore plus activement avec les causes extérieures. L'homme seul, le plus parfait des vivants sera-t-il donc immobile; et devrons-nous rencontrer partout son type uniforme quand dans son organisme plus délicat, plus impression-
nabie, plus flexible, la force plastique prête aux forces du dehors un plus énergique concours? Cela est impossible, Messieurs. Rappelez-vous ce que nous avons dit en traitant de la nature de l'homme : c'est un animal raisonnable, l'âme est en lui la forme du corps; ses habitudes et ses passions ont leur reflet dans la physionomie. Il ne se peut donc pas que des traditions pieusement conservées, une intelligence cultivée, l'amour du beau et du grand, les nobles efforts de la liberté contre les appétits de la matière, des mœurs policées, des institutions sages donnent à un peuple la même physionomie que la vie au jour le jour dans un oubli grossier, l'unique application aux exercices du corps, la stupide indifférence, la satisfaction constante des appétits matériels, des mœurs dissolues, une oppression barbare ou une sauvage indépendance. Joignez à cela l'action des causes physiques travaillant l'organisme au dehors pendant que l'âme le travaille au dedans : mouvement et qualité de l'atmosphère, lumière, chaleur, électricité, nourriture. Supposez, avec un de nos grands naturalistes, que les forces de la nature se sont émous-
sées, mais qu'à l'époque où l'espèce humaine s'est divisée en groupes fondamentaux l'action du climat était bien supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui \ Ajoutez, enfin, l'obstination de
1. Les grandes variétés de l'espèce humaine ne sont pas un ouvrage récent des causes naturelles à l'influence desquelles l'homme est soumis, comme les causes secondaires qui consistent dans les maladies de la peau et les qualités des cheveux. Lorsque l'espèce humaine a été divisée en groupes fondamentaux, lorsque les différentes races ont commencé d'exister, l'action du climat était bien supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui. Elles ont été produites, ces races, à une époque très-rapprochée de la dernière catastrophe qui a bouleversé la surface du globe. Tous les éléments dont la réunion compose ce que nous appelons Yinfluence du climat, présentaient, dans ces temps d'agitation et de désordre, une puissance bien supérieure à celle qu'ils peuvent manifester maintenant, où un calme d'un grand nombre de siècles a émoussé toutes les forces de la nature les unes par les autres, et enchaîné l'action d'un grand nombre de substances parleur rapprochement, leur mélange et leurs combinaisons. A cette époque voisine de la destruction de la surface du globe, où les lois conservatrices étaient, pour ainsi dire, encore suspendues, où chaque chose était, en quelque sorte, hors de sa place, les extrêmes étaient bien plus éloignés les uns des autres, les contrastes plus frappants, les changements plus soudains; et c'est celte succession rapide de causes contraires ou du moins très-différentes, qui a toujours fait éprouver aux êtres organisés les effets les plus marqués, les modifications les plus profondes, les altérations les plus durables. — Le climat a donc pu produire, dans le temps, les races de l'espèce humaine.
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certaines familles à ne point quitter leurs milieux, à ne point sortir de leur sang, vous vous expliquerez peut-être l'existence, dans l'espèce humaine, de ces variétés enracinées que nous appelons des races .
comme il en produit encore les variétés du second ordre. (Lacépède, ap. De Rouen, Baron d'Alvimare, Recueil de réfutations des principales objections tirées des sciences et dirigées contre les buses de la religion chrétienne par l'incrédulité moderne, p. u2i3-"24i. Paris, 1843.)
1. La race peut se définir : — « L'ensemble des individus semblables appartenant à une même espèce, ayant reçu et transmettant par voie de génération les caractères d'une variété primitive, s (De Quatrefages , op. cit.) Voici la classification des races d'après ce même auteur : 1° race blanche : branches tchoude (Esthoniens, etc.), caucasienne, basque, sémitique (Hébreux, Arabes, Abyssiniens), libyenne (Kabyles, Touaregs, Égyptiens), indoue, iranienne, hellenolatine, slave, germanique et Scandinave, celtique; 2° race jaune : branches sinique (Chinois, Indo-Chinois, Tibétains), mongole ou touranienne (Turcs, Kalmouks, Mandchous), ougrienne ou boréale (Samoyèdes, Ostiaks, Lapons); 3° race nègre : branches mélanésienne, africaine (Tarnétans, Cafres, Guinéens), saab (Boschimen, Hottentots). A cette énumération, qui ne contient que les races pures, il faut ajouter la classification des races mixtes, qui sont nombreuses et importantes. A la race jaune se rattachent particulièrement les familles japonaise, malayenne (Hovas, Malais), polynésienne (Tahitiens), puis l'ensemble des familles qui ont peuplé Y Amérique du Nord (Esquimaux, Colombiens, Chinouks, Californiens, Comanches, Moquis, Mexicains, Guatémaliens, Delawares, Hurons, Cherokees, Choc-
Maisjors même qu'une ombre planerait encore sur leur formation, vous ne pouvez pas la projeter sur cette vérité acquise à la science : L'humanité est une seule espèce. Si, acceptant cette vérité et voulant en môme temps vous dégager de toute difficulté, vous me faites remarquer que Dieu a bien pu créer en divers lieux plusieurs couples de la même espèce, je vous réponds que c'est une aftirmation dont il vous est impossible de faire la preuve \ qu'une affirmation de ce genre doit céder le pas à une histoire vénérée pendant plus de quarante siècles par des millions d'hommes, confirmée parles traditions, les sciences naturelles, l'étude des langues, la géographie, et je vous somme, de par le bon sens, d'accepter ce grand principe auquel est suspendu le dogme de l'incarnation réparatrice : — Nouô sommes tous frères d'une même famille; car l'humanité tout entière était en Adam.
En quel état l'humanité était-elle en Adam?
taws, Séminoles, Osages) et Y Amérique du Sud (Yurakarès, Aucas, Quichuas ou Péruviens, Patagons, Ch.'quitos, Moxos, Guaranis, Hotocmlos, Charmas).
1. Voyez Index, réponse à l'analogie entre l'homme, les végétaux et les animaux, par M. Agassiz.
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C'est la seconde question qu'il nous faut examiner.
La théologie distingue trois états de création. D'abord l'état de pire nature, dans lequel l'homme, exempt de péché et muni intrinsèquement de tous les éléments et de toutes les puissances essentiels à sa constitution, n'a pas d'autre fin que de connaître Dieu par le moyen des créatures et de se reposer dans l'amour plein de douceur de cet objet parfait, sans jamais atteindre son essence. En cet élat, obéissant aux lois qui altèrent et divisent tout composé, le corps est passible et mortel. L'àme, exerçant son activité par le ministère des sens, est sujette à l'ignorance et à la concupiscence. Les images la peuvent tromper, et les appétits l'incliner contre les indications de la raison vers des biens, subalternes près desquels elle oublie le vrai bien. Condamnée à la lutte, elle atteint sa fin en se soumettant aux ordres de la conscience et aux préceptes de Dieu, qui lui donne les secours naturels dont elle a besoin.
Au-dessus de cet état se trouve immédiate-
ment placé l'état de nature intègre, qui peut avoir la môme fin que le précédent, mais dans lequel l'homme est investi de privilèges que Dieu pourrait lui refuser sans injustice. Par exemple, la merveilleuse vigueur de son corps résiste à l'action des forces désassimilatrices dont la matière est le naturel réceptacle : point de souffrance, point de mort. La domination absolue de l'esprit sur la chair préserve l'âme des défaillances de la pensée, et lui permet de contenir le peuple des appétits et d'en prévenir les rébellions. Elle va, d'un pas tranquille et ferme, vers son dernier terme sur le droit chemin de la justice et du devoir.
Montons encore, car il est un état supérieur que la théologie appelle par antonomase l'état d'innocence, de justice originelle et de sainteté. Il suppose, avec l'intégrité de la nature, une fin surnaturelle, c'est-à-dire, une destination transcendante et toute gratuite de la nature à la vision intuitive, à la possession immédiate de Dieu, et comme moyen d'atteindre cette fin, une pénétration intime de la vie divine qui transforme l'homme et l'ait de lui un fils adoptif de Dieu, orné des dons de l'Esprit-Saint et
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d'habitudes infuses que ses forces natives ne peuvent produire, et capable d'accomplir, sous la motion surnaturelle de la grâce, des actes éminents qui lui donnent droit à l'héritage céleste. C'est dans ce dernier état, Messieurs, c'està-dire dans l'état d'innocence, de justice originelle, de sainteté, d'où découlait l'intégrité de la nature, que l'humanité a été créée en la personne de son premier père. Nous sommes loin, vous le voyee, des doctrinaires abjects qui font sortir l'homme des flancs de l'animal, après avoir fait sortir l'animal des entrailles de la matière ' ; loin encore des philosophes incrédules qui donnent pour premier père au genre humain le sauvage ignorant et grossier, tel qu'on le voit encore dans les pays que n'a point éclairés la lumière de la civilisation Observateurs étourdis qui ne voient pas dans le sauvage les signes accusateurs d'une dégradation, et qui prennent pour une aurore le triste crépuscule d'une intelligence près de s'éteindre 2.
1. Voyez seizième conférence : La Nature de l'homme, dre partie.
2. Voyez dans l'Index l'énergique peinture du sauvage par Joseph de Maistre.
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Sans produire aussi franchement son type primitif, une école spiritualiste, plus rapprochée de nous, méprisant la doctrine catholique et les lumières qu'elle jette sur l'histoire, ne tenant compte que des misères, des luttes et des transformations de notre état actuel, s'est efforcée d'établir entre la vie de l'humanité et la vie de l'individu un parallèle systématique. Elle a imaginé^ l'origine de notre histoire,je ne sais quel état d'enfance, point de départ de tous les progrès de l'esprit humain. C'est la spontanéité précédant la réflexion, l'ignorance se dissipant à mesure que les premières générations s'éloignent de leur berceau1. Cette école a-t-elle donc oublié le respect qu'ont professé pour l'antiquité les sages illustres qu'on appelle Confucius, Platon, Aristote, Cicéron, et les hommages qu'ils ont rendus d'une voix unanime à la sagesse de leurs pères 2? Non, Messieurs;