Gènes., cap. n
Pour qui le garde-t-il? — Pour sa postérité, car bientôt il sera père. N'imaginez pas, je vous prie, avec certains docteurs trop préoccupés de nos misères, que Dieu, par respect pour l'innocence de nos premiers parents, va renouveler en chaque membre de l'humanité le grand acte de la création. Cela n'est pas raisonnable, dit saint Thomas. En tout état, c'est un honneur de donner la vie et de ressembler ainsi au premier principe de toute existence. L'humanité est une espèce, et l'espèce a ses lois de multiplication dont Dieu a consacré et sanctifié l'accomplissement par sa bénédiction. En vertu du commandement prononcé sur toute vie : Crescite et multiplicamini, Adam sera père sans qu'il soit besoin que Dieu intervienne miraculeusement dans l'épanouissement de son sang. Mais écoutez, Messieurs, cette naïve et adorable parole de la Bible : « Adam et son épouse étaient nus et ils ne rougissaient pas : Erat antem uterque nudus, Adam scilicet et uxor ej\bC et non erubescebant '. » La chair n'a donc, à leurs yeux, que les attraits de la chaste