Eccli., cap. x
3. Elevatum est cor tuum in décore tuo. (Ezech., cap. xxviii, 17.)
i. Isai., cap. Xiv, 13. — Judicium et ruina diabolinulli dubium quin arrogantia sit. (Hieronym., Epist. 85.)
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l'infini '. Mais, protestant malicieusement contre l'ordre établi, il a commencé la longue et innombrable lignée de ces orgueilleux naturalistes qui répudient leurs destinées surnaturelles et n'attendent rien que du développement de leur nature, ou qui osent aspirer au bonheur suprême de voir Dieu en ne comptant, pour arriver à ce terme sublime, que sur leurs propres forces. En un mot, Lucifer a voulu ne tenir que de lui-même sa félicité, ce qui est la propriété de Dieu seul '.
Voilà son premier crime : l'orgueil. L'enfie le suit de près \ ce Dieu, dit l'Apôtre, en introdui-
1. Cf. Summ. Theol., I p., quaest. 63, a. 3. Utrum diabolits appelicrit esse ut Dens?
t. In hoc appetiit indebite esse similis Deo, quia appetiit ut fineraullimum beatitudinis id ad quod virtute suœnaluras poterat pervenire : avertens suum appetitum à beatitudine supernaturali, quae est ex gratia Dei. Vel si appetiit ut ultimum finem illam Dei similitudinem quae datur ex gratia, voluit hoc habere per virtutera sua? naturae, non ex divino auxilio secundum Dei dispositionem. Et hoc consonat dictis Anselmi qui dicit quod appetiit illud, ad quod pervenisset, si stetisset. Et haec duo quodammodo in idem redeunt : quia secundum utrumque appetiit Onalem beatitudinem per suam virtutem habere, quod est proprium Dei. (Summ. Theol., I p., quaest. 63, a. 3.)
3. Post peccatum superbiae consecutum est in angelo peccante malum invidiae, secundum quod de bono hominis do-
sant son fils unique dans le monde, a ordonné une seconde fois à ses anges de l'adorer. Et ciim itcrum introducit primogenitum in orbem terne dicit : Et adorent eum omnes angeli ejus ' . » Cette seconde fois suppose une première. Il nous est donc permis de croire, avec de saints docteurs et d'éminents théologiens, que le plan total de la création fut originairement révélé aux anges, qu'ils y virent le Verbe incarné, et que Dieu leur demanda pour ce grand prédestiné un cantique d'adoration. Des voix innombrables envoyèrent, à l'avance, au Verbe fait chair un joyeux alléluia; mais ceux que pervertissait l'orgueil furent pris d'une mortelle envie contre la nature humaine et éclatèrent en murmures. 0 splendeur du Père, s'écrièrentils, miroir inaltérable et vivant de la substance divine, pourquoi t'avilir? Tu veux t'unir à la créature; arrête-toi à notre lumineuse et pure essence et ne va pas te perdre dans un abject limon, si tu veux t'épargner les mépris de notre
luit: et etiam de excellenlia divina, secundum quodeo Deus contra voluntatem diaboli ipsius utitur in gloriam divinam. \Summ. Theol., I p., quaest. 63, a. 2.) 1. Heb., cap. i, G.
grandeur. — Et le Verbe préludant à ses jugements leur répondit : « Allez, maudits : Ile maledicti. »
Ne faites pas de calculs, Messieurs, pour savoir combien de temps a duré le mystérieux et tragique événement que je vous raconte. Mon récit, trop long, ne peut peindre la rapidité avec laquelle se sont succédé les actes divins 'et angéliques. Propositions et révélations de Dieu, révoltes de l'orgueil et de l'envie, jugement, sentence, malédiction, combat des esprits iîdèles contre les rebelles, victoire, défaite, éternel bannissement des phalanges réprouvées, tout s'accomplit en un instant f.
Elle est tombée, cette race superbe, et maintenant elle va roulant d'abîme en abîme, toujours maudite et toujours broyée par la main vengeresse du Dieu qu'elle abhorre, et contre lequel elle s'enfle éternellement d'un orgueil insensé 2 . Elle garde tout entière sa belle nature, avec ses lumières et sa force, et c'est ce qui
1. Cf. Summ. Theol ., I p., quaest. 63. a. 6. Utnm aliqua mora fo.crit intcr creationem et lapsum angcli ?
2. Superbia eorum qui oderunt te, ascendit semper (Psalm. lxxiu.)
l'enragé, tant elle est humiliée et honteuse, de se voir encore si bien douée dans une si grande infortune1. La grâce ne l'éclairé plus, mais elle y voit assez pour mesurer sa chute 2. Elle souffre d'être privée de la béalitude qu'elle poursuivait avec une ardeur déréglée, elle souffre de savoir que les anges ses frères ne peuvent plus pécher ni perdre leur félicité 3 ; mais elle ne peut convertir sa douleur en repentir, tant sa volonté, désormais inflexible, a mis de force dans son péché. Tous ses dons sont tournés au mal. Elle y demeure obstinément attachée; comme ces animaux dont la dent pénétrante et cruelle s'enfonce si profondément dans une proie,qu'on ne peut l'en déprendre qu'en la brisant \ Incapable de trouver le bonheur dans la paix, elle