‹ Conférences de Notre-Dame de Paris (volume 3)Chapitre 29 sur 56 · Omnes mortui sunt. (II Cor., cap. v · texte numérisé non relu

Omnes mortui sunt. (II Cor., cap. v

reprochons à chaque enfant des hommes, comme s'il y avait effectivement participé par un acte de son libre arbitre; et alors vous invoquez votre absence, vous vous écriez avec indignation : Je n'étais pas là, je n'ai rien fait, c'est injustement que je sufs frappé. Il ne s'agit pas de cela. Encore une fois, le péché originel n'est pas un acte, c'est un état de privation. Pour expliquer cette privation, il n'est pas nécessaire de recourir à un pacte conclu entre Dieu et notre premier père, ni à la représentation fictive de noire consentement dans le consentement d'Adam; il suffit d'appliquer à la race humaine la loi d'hérédité en vertu de laquelle un être ne transmet à ses descendants que ce qu'il est et que ce qu'il possède.

Cette loi fonctionne sous vos yeux : la vie, les biens, l'honneur se plient à ses exigences. Dans la vie du corps : hérédité de structure, de physionomie, de tempérament, de diathèses, de névropalhies; dans la vie de l'âme : hérédité de dispositions intellectuelles, de caractère, de sentiments, de passions, ce Ce germe de quoy nous sommes produits, dit Montaigne, porte en soi les

impressions, non de la force corporelle seule-

ment, mais des pensements et des inclinations de nos pères. » — Les biens? — ils passent du père aux enfants à l'état où ils sont lorsque le mort saisit le vif. — L'honneur, vie publique de l'honnête homme, suprême trésor de la famille? — il n'est enfant qui ne soit fier et heureux de le recevoir de ses ascendants et qui ne porte avec douleur la honte de ses défaillances.

Le temps me manque, Messieurs, pour me livrer à des développements qui vous intéresseraient. Veuillez vous contenter des indications que je vous donne, et dites-moi si la loi étant ce qu'elle est, vous songez à vous révolter contre elle? — Nullement. Vous la respectez, vous en tenez compte, et, dès qu'il s'agit d'unir les destinées de vos familles à d'autres destinées, vous interrogez scrupuleusement le sang, les habitudes, la fortune, la réputation de ceux dont vous ambitionnez l'alliance ou qui recherchent la vôtre. Que s'il manque quelque chose à la vie, à la richesse, à l'honneur qui doivent épouser votre vie, votre richesse, votre honneur, ce n'est point une accusation impie qui s'élève de votre cœur contre l'auteur et le

maUre de tous biens, mais un sentiment de pitié ou d'indignation à l'égard de ceux qui ayant reçu un dépôt sacré n'ont pas pu ou n'ont pas su le transmettre intégralement.

Soyez donc conséquents avec vous-mêmes et tenez compte de la loi d'hérédité dans la propagation du péché originel. A l'origine des choses Dieu l'établit et la promulgue. Toute sa vigueur native doit être employée à la transmission des plus précieux dons. Adam, en effet, sort plein de vie, de force, de beauté, de sainteté des mains du Créateur. C'est dans cet état qu'il entend promulguer la loi de transmission : Crcscite et multiplicamini. Évidemment il ne peut se multiplier qu'en se reproduisant tel qu'il est '. S'il donnait moins que lui-même, la loi défaillirait. Soit donc que l'on considère la justice primordiale comme un fief tellement inhérent à la nature humaine qu'il doive la suivre dans le mouvement de la génération, soit que l'acte générateur lui-même ait été doué par Dieu d'une force sacramentelle, il est cer-

1. Est autem consideranduni quod primo homini in sua instiiutione datum fuerat diviuilu* quoddara supernalurale

tain qu'en vertu du mulliplicamini la justice originelle, avec les privilèges d'intégrité qui en découlent, passera du premier homme à ses descendants. Mais vous connaissez le malheur, Messieurs. Adam a prévariqué et s'est dépouillé de la grâce; donc plus de fief attaché à sa nature, plus de force sacramentelle dans l'acte par lequel il se multiplie. Cependant la loi d'hérédité demeure et suit son cours. Réduit aux seuls éléments et aux seuls principes constitutifs de la nature humaine, Adam transmet ce qu'il a. Mais la grâce qu'il a perdue, comment la transmettrait-il? Nemo dot quocl non lut bel. Ses descendants seront donc privés des biens gratuits dont il s'est privé lui-même; comme l'eau courante est privée de toute vertu

donum, scilicet originalis justitia, por quam ratio subdebatur Deo, et inferiores vires rationi, et corpus animas. Hoc aulem donum non fuerat dalum primo liomini ut singulari personne lantum, sed ut cuidam principio totius liumame natunc, ul scilicet ab eo per originem derivaretur in posteros. Hoc auteni donum acceptum primus liomo per liberum arbilrium amisit eo tenore (|uo sil)i datum fuerat, scilicet pro se et pro tota sua posteritate. Defeclus ergo luijus doni tolam ejus posteritatem consequitur, et sic iste defectus eo modo (railucilur in posteros, quo modo traducitur humana oatura. (S. Thom., DcMalo, quœst. 4., a. 1.)

si l'on enlève les couches minérales que traverse sa source, comme les fruits de l'arbre sont privés de leur douce saveur si l'on dépouille le sauvageon de sa greffe, comme vos descendants seront privés de votre santé, de votre fortune , de votre honneur si vous les perdez '.

Rien de plus simple. Et bien que la privation de la iustice originelle soit un état odieux que Dieu ne peut voir qu'avec colère , parce qu'il offense ses desseins , je vous défie de trouver dans la loi d'hérédité, alors même qu'elle nous devient funeste, rien qui puisse blesser la justice, la sagesse, la bonté, la sainteté divines.

Telle que Dieu l'a établie l'hérédité est émi-

1. Nec hoc (scilicet derivatio peccati originalis ad posteros) est contra ordinem justitioe, quasi Deo puniente in filiis quod primus parens deliquit : quia ista pœna non est nisi substraclio eorum quoe supernaturaliter primo hoinini divinitus sunt concessa per ipsum in alios derivanda; unde aliis non debebalur nisi quatenus per primum parentem in eos eranl transitura; sicut si rex det feudum milili transiturum per ipsum ad hœredes, si miles contra regem peccat, ut feuilum mereatur amittere, non potest postmodum ad ejus hœredes devenire; unde juste privantur posteri per culpam parentis. (S. Thom., Compend. Theol., cap. cxcxv.)

nemment une loi de solidarité. Elle fait dépendre le sort de ceux qui naissent du sort de leurs générateurs, parce qu'ils peuvent être considérés comme ne formant avec eux qu'un seul homme. Heur et malheur, tout dépend, n'est-ce pas, de celui qui porte en ses flancs une famille. Noble, glorieux et riche, il la fait participer à sa grandeur et à sa fortune; infâme, dégradé, dépouillé de ses biens, banni de la société qu'il a outragée, il fait porter aux siens le poids de son crime et de sa misère. Si l'on vous demande pourquoi cela, Messieurs, vous répondrez, c'est la loi. Votre raison n'est point offensée par un fait particulier et restreint de solidarité, et si l'on vous met en présence du fait le plus général, le plus universel, vous vous étonneriez, comme si les choses changeaient de nature quand elles prennent une plus haute et plus vaste importance! Considérez donc, je vous prie, que le vivant dont toutes les générations doivent recueillir l'héritage possède à lui tout seul toute la nature humaine. Adam est l'homme-espèce, l'humanité entière contenue dans sa personne est solidaire de ses actes et de son sort, puisqu'il doit

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se reproduire tel qu'il est. Rien de plus juste. Oui héritera, sans l'avoir mérité, des dons gratuits de la libéralité divine, peut en être privé, s^ns avoir démérité personnellement, du moment que celui qui les possédait pour l'espèce s'en dépouille volontairement. La stabilité des lois demande cette solidarité dans l'hérédité, autrement Dieu peut être condamné à remanier sans cesse son œuvre. Aujourd'hui, par exemple, il supprimera un Adam prévaricateur pour recommencer l'espèce dans un autre juste; mais cet autre juste, après avoir reçu l'ordre de se multiplier, pourra prévariquer aussi, et un autre encore, et toujours; l'espèce humaine ne commencera jamais. Gela est insensé, Messieurs. Il n'y a que la solidarité qui puisse, en fixant la loi d'hérédité, de quelque côté que la créature fasse fléchir son action, prévenir l'éternel conflit de la malice humaine contre la puissance de Dieu. Bien loin donc d'être contraire à la justice divine la loi d'hérédité, en tant qu'elle implique la solidarité, est une vive expression de cette justice.

Je dis en second lieu que l'hérédité est une loi d'harmonie. Elle a pour but, en effet, de

produire dans l'espèce humaine une constante unité. Assez souple pour se prêter à des variétés purement accidentelles, elle demeure inflexible dès qu'il s'agit de la constitution môme de la nature humaine. Quoi qu'il arrive, il faut que cette constitution soit partout la même. Le crcscite et multiplicamini ne peut avoir qu'un effet : ou la nature avec ses dons et privilèges, ou la nature avec ses seuls principes essentiels; mais pas de mélange. Imaginez, je vous prie, que Dieu,s'affranchissant de la loi d'hérédité, renouvelle en chaque enfant des hommes le don de justice et d'intégrité qu'il fit à Adam. Imaginez que chacun de nous est soumis à une épreuve qui doit décider de son sort. Vous aurez aussitôt, grâce à l'infidélité des uns, à la fidélité des autres, deux races disparates dans l'humanité, fille d'un même père. Une race pécheresse condamnée à l'erreur, à l'ignorance, aux passions, à la souffrance, à la mort, près d'une race innocente, lumineuse, impassible, immortelle; promiscuité monstrueuse où éclateront à toute heure des tempêtes de sombre envie, de haine enragée et d'effroyables blasphèmes. C'est bien assez, hélas! que les mé-

chants luttent avec tant d'ardeur contre les bons, bien qu'ils leur soient unis par la fraternité de la nature, de la faiblesse et du malheur. Oh ! non, cette fraternité n'est plus le bel ordre que Dieu avait préparé, mais, du moins^ c'est un reste d'harmonie où l'on reconnaît encore, dans les ombres du péché, l'empreinte de la sagesse divine.

En troisième lieu l'hérédité est une loi d'effusion. Considérée dans le chef de la famille humaine elle le configure, plus que toutes les créatures du ciel et de la terre, à ce bien suprême dont la tendance est de se répandre. Comme Dieu est le principe universel des choses, il est, lui, le principe universel de l'humanité *, et son pouvoir de donner s'accroît de toutes les grâces dont sa nature est originairement enrichie. Trop préoccupés de ce qui vous manque, Messieurs, vous oubliez trop facilement les grands biens que la loi d'hérédité vous promettait, et vous osez accuser la bonté de votre créateur, comme si ce n'était pas contre ses inten-

1. Adam, in quantum mit principium humante saturas, habii' rationem causa? universalis. (S. Thom., De Malo, quaest. 1, a. I, ad. 18 '

tions que la puissance transmissive de votre premier ancêtre a été énervée. Cependant, même dans ces conditions, c'est encore un bien qui vous vient directement et immédiatement de l'jîérédité; car la nature humaine est icibas la plus noble des natures créées. Maudissez, si vous avez l'impudence de croire que vous eussiez été plus fidèle que lui, le malheureux père qui vous a appauvris; mais remerciez la divine bonté de lui avoir conservé la force de vous transmettre le bien de la nature après le naufrage de la justice.

Oui, bénissez la bonté de votre Dieu et admirez sa sainteté, car l'hérédité est une loi de haute moralité. Quoi de plus capable d'imposer à un homme le respect de soi-même que la pensée qu'il contient les germes de générations infinies, et que ces germes seront ce qu'il les fera. Ni les tentations qui vous tourmentent, ni les séductions qui vous assiègent, ni les promesses menteuses de la volupté, ni les scandaleux exemples du monde ne triompheraient de votre raison et de votre courage, Messieurs, si vous tendiez l'oreille à l'avenir, pour y en i en lie les plaintes de votre postérité. Ces profanât i- us

trop fréquentes, ces altérations profondes du bien sacré de la vie dont vos fils porteront en leur chair flétrie les traces indélébiles sont, hélas, le fruit du criminel oubli de votre puissance génératrice. Dieu vous l'avait donnée cette puissance, pour vous inviter à l'entourer de la protection de vos vertus. Et si, remontant jusqu'à sa source, alors que le genre humain fermentait dans une seule vie, nous cherchons à nous rendre compte de ces paroles adressées à Adam: Crescite et multiplicamini , nous y reconnaîtrons un avertissement de la sainteté de Dieu à la créature, comme s'il lui disait : « Je suis père de toutes choses, sois père de l'humanité; mais je suis saint, sois saint comme moi. »

Ainsi donc l'hérédité, loi de solidarité, d'harmonie, d'effusion, de haute moralité, est, du côté de Dieu, une loi de justice, de sagesse, de bonté, de sainteté. Ce n'est pas à lui qu'il faut s'en prendre si elle est devenue pour nous une loi de péché et de misère.

Vous m'arrêtez ici, Messieurs, pour me faire observer que la loi d'hérédité n'a rien à faire dans la transmission du péché originel, attendu

que c'est l'âme qui est principalement et premièrement dépouillée des dons de Dieu, et que justement l'âme ne vient pas de l'homme \ L'action de l'homme s'arrête aux confins de la chair, et demeurerait inefficace si la toute-puissance divine ne faisait descendre l'esprit de vie dans le germe que saisit la force génératrice. Dieu est donc le premier coupable du vide qu'il déteste en nous puisqu'il dépend de lui, ou de refuser à une chair infirme l'esprit qui va déchoir en l'épousant, ou de communiquer à cet esprit une telle abondance de vie que la chair se relève par son union avec lui.

Cette objection peut vous séduire au premier abord, Messieurs, mais si vous voulez bien l'examiner attentivement vous verrez qu'elle repose sur une double erreur. Il est très-vrai que l'âme ne vient pas directement de l'homme; par contre, il est tout à fait faux que Dieu puisse, à son gré, la refuser à la chair qui la réclame; il est tout à fait faux qu'il soit tenu, en tant que créateur, de lui communiquer plus de vie que n'en exige essentiellement sa nature.

1. Cf. Summ. Theol.,l p., quaest., 118, a. 2. Ulrum anima intellect ica causetur ex semine ?

Du moment que toutes les conditions de l'acte par lequel l'homme engendre sont normalement remplies, il a droit à ce que toute sa nature soit reproduite, et ce qu'il ne peut pas faire Dieu le doit faire pour accomplir la loi qu'il a lui-même établie ' . D'autre part, en vertu de cette même loi, le droit de l'homme se borne à ce que sa nature soit reproduite telle quelle est en lui. Cette nature étant réduite par le péché à ses seuls principes constitutifs, Dieu ne lui doit pas davantage. Si elle est entachée en naissant par le péché, on doit l'imputer à son auteur temporel et non à son principe éternel. L'hérédité suit son cours.

Eh bien, me direz-vous encore, nous subirions sans murmure cette hérédité, à la fois bienfaisante et funeste, si Dieu laissait à tous les enfants des hommes le temps de se réhabiliter, et si sa justice ne s'en prenait qu'à ceux qui ont

i. Et si anima non traducatur quia virtus seminis non potest causare animam rationalem, movet tamen ad ipsam dispositive : unde per virtutem seminis traducitur humana natura a parente in prolem. (Summ. Theol., 1» II» p., qiuest. 81, a. 1, ad. 2.)

aqniescé, par leurs libres prévarications, à la malédiction qui pèse sur la postérité d'Adam. Mais non, le tiers de l'humanité est moissonné dans sa fleur, et, s'il faut en croire votre barbare théologie, la colère de Dieu s'appesantit sur des millions de pauvres petits qui n'ont pas commis d'autre faute que de sortir, sans le savoir, des flancs d'un pécheur et de manquer d'un peu d'eau. Et vous voulez que nous ne soyons pas révoltés à la pensée des tortures imméritées qu'endurent ces innocents! Ne nous parlez plus de votre royaume de Dieu, si la porte en doit être fermée par une pareille iniquité.

Encore de l'imagination, Messieurs. Apaisezvous de grâce, et daignez écouter les tranquilles explications d'un de ces barbares dont la cruauté vous indigne. « Les âmes des enfants morts, dit saint Thomas, ne sont point privées de la connaissance naturelle qui convient aux âmes séparées, mais, parce qu'elles n'ont point entendu la prédication ni reçu le sacrement de la foi, elles manquent de toute connaissance surnaturelle. Sans doute la nature veut que l'âme sache qu'elle est créée pour la béatitude, et

LA CHUTE DANS l'HUMAKITÉ. 22j3

que cette béatitude consiste dans l'acquisition du bien parlait ; mais que ce bien partait soit la gloire des saints que nous a révélée l'Esprit de Dieu, voilà ce que la nature ignore. Les âmes des enfants ne sachant pas qu'elles sont privées d'un si grand bien n'éprouvent aucune douleur de cette privation, et possèdent en paix le bien de la nature \ » — « Ces pauvres petits sont séparés de Dieu, quant à l'union qui fait la gloire, mais non pas tellement qu'ils ne se rattachent à lui par la participation des biens naturels, et ne puissent jouir de lui encore par

1. < Animae puerorum n,aturali quidem cognitione non carent, qualis debetur aniinae separatae secundum suam naturam, sed carent supernaturaii cognilione, rjuae hic in, nohis per fulem plantatur, eo quod nec hic fidem habuerunt in actu, nec s«acramentum lidei susceperunt. Pertinet autem al naturalem cogni'.ionem quod anima sciât se propter beatitudinem creatam, et quod beatitudo consistât in adeptione perfecti boni, sed quod illud bonum perfectum, ad quod homo factus est, sit illa gloria quam sancti possident, est supra cognitionem naturalem, juxta illud Apostoli : Nec oculiis vidit, nec anris audivit, nec in cor hominis ascendit tfuœ prœparavit Deits diligentibus se, nohis autem rerelavit Deus per Spiritum suum, quœ revelatio ad lideni pertinet. El propter hoc, quia animae parvulorum se privari tali bono non cogno^cunt, ideo non dolent; sed hoc i|uod per naturam babent, ahsque dolore pos>ident. » (De Main, quuest. 5, a. 3.)

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la connaissance et l'amour1. i> — « Point de peine pour leurs sens, mais seulement la privation, sans souffrance, de la vision divine, voilà leur damnation'.» — C'est-à-dire, Messieurs, que dans cette damnation où vous ne voyez qu'une justice cruelle, ils bénissent l'aimable Créateur qui leur a donné la vie, et sont heureux des perfections et des biens naturels qu'ils tiennent de son infinie bonté 3.

1. t Quamvis pueri non baptizati sint separati a Deo quantum ad iMam conjunctionem quae est per gloriam, non tamen ab eo penitus sunt separati ; imo il li conjunguntur per participationem naturalium bonorum, et ita etiam do ipso gaudere poterunt naturali cognitione et dilectione (In lib. Il Sent., àisl. 33, quaest. 1, a. 2, ad. 5»™.)

2. Peccato originali non debetur pœna sensus, sed solum pœna damni, scilicet carentia visionis divinae. » (De Malo, quaest. 5, a. 2.)

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