I Tim., cap. 111, <J
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riche dépôt, tout ce qui est vérité, afin que tous ceux qui le désirent puissent recevoir d'elle le breuvage de vie1. Où est l'Église, là est l'Esprit de Dieu, et l'Esprit de Dieu est vérité 2. Fille du Dieu vivant, elle est éclairée de sa lumière cl devient elle-même la lumière du monde 3. Rien n'est plus puissant qu'elle ; lui déclarer la guerre, c'est déclarer la guerre au ciel ; l'attaquer, c'est se mettre dans l'impuissance de vaincre : car Dieu est plus fort que tous 4. On l'appelle catholique, parce qu'elle enseigne catholiquement, c'est-à-dire à tout le monde, tous les dogmes; sans défaut et sans variation5. Epouse
4. « Non oportet apud alios quœrere veritatem, quam facile est ab Ecclesia sumere , cum Apostoli quasi in depositorium dives, plenissime in eam contulerint omnia quse sunt veritatis : ut omnis quicumque velit sumat ex ea potum vit». » (Lib. 3, Adversus hœreses, cap. A.)
2. Ubi enim Ecclesia ibi et Spiritus Dei, et ubi Spiritus Dei, illic Ecclesia et omnis gratia : Spiritus autem veritas. (Lib. 3, cap. U.)
3. Ex cujus lumine illuminata Ecclesia etiam ipsa mundi lux efficitur. (Orig. in Gènes, homel. 1.)
4. 'Ouûîv ËxxXipiocç û'jvaTOTEpov... u.y) eiaaye 7ro)v£uov eîç oùpavov... £/.x.Xr,5iav Se èav xoXsar,; vu9)<jat as dii.r/.avov ô Oeb; y*P ^aTtv & toxvtwv ic^upoTepo;. (S. Chrysost. Homil. ante exilium, Num. 1.)
5. IS'uncupatur catholica quia docet catholice, hoc est universaliter, et sine defectu, vel differentia omnia dogmala. S. Cyrillus hierosolim. Calecltesi, 18.J
L AUTORITE DE L ECL1SE
du Christ, pudique et incorruptible, elle ne peut être souillée d'aucune erreur *. Elle est la bouche même du Christ 2. » Je pourrais citer indéfiniment, mais ce serait inutile ; je m'arrête là où le protestantisme nous reproche notre affirmation, bien loin de nous la contester.
Pour qui connaît les défaillances de la nature humaine, cette affirmation n'est pas moins étrange que le privilège qu'elle revendique. Remarquez, Messieurs, qu'elle est unique au monde. Si grande que soit son ambition d'être cru, l'homme n'ose pas affirmer qu'il ne peut se tromper; il cherche à s'imposer, comme s'il était infaillible; mais, dire qu'il l'est en effet, il ne le peut pas. Le spectre de ceux qui viendront après lui et qui peut-être le convaincront d'erreur épouvante son âme altière, hl'heure même où il semble défier toutes les contradictions. Voyez Luther et Calvin, par exemple. Ils gourmandent, ils injurient, ils persécutent, ils condamnent même à mort ceux qui refusent de croire à leur parole, comme si
1. Adulterari non potest sponsa Christi, incorrupta et pudica. (S. Cyprianus, De unitate Ecclesiœ.)
2. Os Christi Ecclesia, (S. Hilarius, De Trinitate. lib. VU.)
3§ l'autorité de l'église
leur parole était la dernière expression de la vérité; mais, dire qu'ils sont infaillibles, ils ne l'osent pas. Pourquoi cela? Est-ce seulement parce qu'ils refusent ce privilège à l'Église dont ils se sont séparés? — Non, mais parce qu'ils sentent leur enseignement fléchir sous le poids des variations que leur fera inévitablement subir la mobilité de l'esprit humain, s'ils ne s'aperçoivent déjà qu'ils se sont eux-mêmes convaincus d'erreur par leurs nombreuses contradictions.
Ah! croyez le-bien, Messieurs, ce n'est pas chose aisée que de se dire infaillible. A supposer qu'on ait aujourd'hui cette audace, il faudra bien y renoncer demain, quand on se verra obligé de modifier son enseignement. — Rien de plus facile que de confondre l'affirmation dix-huit fois séculaire de l'Eglise, et de la couvrir d'un immense ridicule. Il n'y a qu'à constater les variations de sa doctrine. Mais, voyez donc, si nous essayons cette constatation, voici que se présente à nous un fait non moins étrange que raffirmation de l'Église : c'est l'immutabilité de ce qu'elle enseigne au nom <!<> son infaillibilité. Gc qu'elle a dit au com-
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mencement, elle l'a toujours dit. Pendant qu'autour d'elle l'esprit philosophique tourne dans un cercle fatal de systèmes contradictoires, pendant que les sectes religieuses modifient leur credo, elle reste fidèle à la doctrine traditionnelle qu'elle a reçue des apôtres. Ses dogmes s'éclaircissent, sa législation se perfectionne, mais aucun mouvement progressif ne modifie les vérités essentielles qu'elle a toujours enseignées, ni les règles fondamentales do sa vie religieuse. Cependant, l'Église n'est pas une seule personne, dont l'obstination orgueilleuse pourrait expliquer l'immobilité; c'est une longue suite de générations, un mélange de races que les temps, les milieux, les circonstances, les événements différencient à l'infini, et que sollicite au changement toute une armée de forces ennemies de l'immutabilité : les tracasseries des pouvoirs jaloux, les défections de l'hérésie, la mobilité de l'esprit humain, si variable dans ses vues, interprétations et appréciations, les évolutions de la science, les exigences de la critique, le besoin du progrès manifesté par les travaux des théo- ;iens et les opinions d'école. En résumé
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(je vous prie d'être attentif à cette conclusion), la conduite historique de l'Église dans l'exercice • le son pouvoir est la solennelle confirmation de l'affirmation de son privilège.
Je vous le déclare, Messieurs, ce fait étrange me touche profondément, et je ne doute pas qu'il ne produise le même effet sur tout espi\i sensé. Il serait puéril d'en chercher l'explication en quelque chose d'humain ; on ne la peut trouver que dans l'acte d'autorité divine qui a conféré à l'Église le privilège qu'elle revendique.
Cet acte est consigné à différentes reprises dans l'Évangile. J'y entends le Christ dire à ses apôtres : « Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie. Enseignez les nations, leur apprenant à garder ce que je vous ai confié. Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles» Qui vous écoute, m'écoute, qui vous méprise, me méprise l. — Je prierai mon Père, et il vous enverra l'Esprit consolateur, afin qu'il demeure avec vous éternellement. C'est l'Esprit de vérité qui demeurera en vous et sera eu vous. Lorsqu'il sera venu, il vous en-