Voyez le texte cité au commencement de cette conférence
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sa prérogative par un objet précis et des circonstances déterminées, dont il faut tenir compte sous peine de tomber dans les plus grossières erreurs. Laissons de côté, si vous voulez bien, l'infaillibilité personnelle, séparée, absolue, mots pleins d'équivoques dont on a tant abusé, et contentons-nous de dire, conséquemment au principe d'union que nous avons posé plus haut, que l'infaillibilité du souverain Pontife est la même que celle de l'Église. L'Église est infaillible dans l'exercice de tous ses pouvoirs ; le Pape l'est également.
Le Pape docteur est infaillible, non quand il exprime sur un point de philosophie, de théologie, d'histoire, de science, son opinion privée, mais lorsque, du haut de sa chaire apostolique, il définit pour toute l'Église un point de doctrine qui intéresse la foi et les mœurs.
Le Pape législateur est infaillible, non quand il administre sa royale maison et son domaine temporel, — si on le lui laisse, — mais quand, du haut de son trône pontifical, il édicté pour le gouvernement général de l'Église des lois qui peuvent n'être pas les meilleures lois possibles, mais qui n'offensent ni la foi ni les mœurs.
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Le Pape juge est infaillible, non dans toute espèce de cause particulière, où la prudence chrétienne elle-même peut être trompée par l'astuce et l'intrigue, mais lorsque, du haut de son tribunal suprême, il prononce pour toute l'Église sur les causes majeures où sont engagés la foi, les mœurs, le salut de la société chrétienne.
Après cela, Messieurs, le Pape est homme comme vous et moi. Chaque jour, il frappe sa poitrine et dit avec les plus humbles chrétiens : Peccavi, Le respect de sa haute dignité, le majestueux isolement auquel elle le condamne, le constant souvenir du Dieu qu'il représente, le besoin profondément senti d'unir l'autorité de la vertu à la puissance du souverain commandement, l'onction du sacrement qui fait de l'épiscopat l'état des parfaits, la grâce que Dieu proportionne à la sublimité et à l'étendue des devoirs, tout tend à préserver le vicaire du Christ de ces chutes honteuses, et malheureusement trop fréquentes, dans lesquelles se révèle l'extrême misère de la nature humaine. Cependant, cet homme, si grand et tant de fois protégé, n'est pas impeccable. Il peut déshonorer la
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tiare et affliger l'Église par des scandales d'autant plus funestes qu'ils partent d'un lieu d'où l'on n'attend que des leçons de sainteté. Sans doute, la plus vulgaire honnêteté doit nous inspirer l'horreur des calomnies intéressées qu'inventent l'hérésie et l'impiété pour déconsidérer le souverain pouvoir du chef de l'Église, en nous le montrant aux mains d'une longue suite de prévaricateurs; sans doute, la piété filiale ne nous permet pas de renouveler, sous prétexte d'être fidèles à la vérité historique, le crime de Cham, en publiant sans raison les fautes de ceux qui furent les pères de la famille du Christ; mais, la prudence et la loyauté chrétiennes nous défendent aussi ces apologies outrées qui contestent ou dissimulent des faits avérés, et tendent à prouver que l'impeccabilité s'est assise sur la chaire de saint Pierre avec la souveraineté. Il y a eu de mauvais papes, je ne fais aucune difficulté de l'avouer, car leur petit nombre fait ressortir le grand nombre de ceux qui furent bons, vertueux et saints, et leurs fautes deviennent un argument à l'appui de leur divin pouvoir. Les prévarications des rois ont souvent entraîné les monarchies à leur
ruine. L'Église a pu souffrir des prévarications de ceux qui la gouvernent, mais jamais cepuissances d'enfer n'ont compromis son indestructible existence. Si le Christ consent parfois à être représenté par un homme pervers, c'est pour mieux nous faire voir comment il sait, dans la corruption du vice, préserver de la corruption de l'erreur la tête auguste qui fait l'unité de son œuvre et préside à la vie de la société chrétienne . Aucun des monarques spirituels qui ont affligé l'Église par leurs scandales ne lui a enseigné de faux dogmes ni une morale pervertie.
Si défigurée qu'elle soit par le péché, la tête de l'Église, divinement protégée, conserve donc sa souveraine et infaillible puissance sur tout le corps mystique du Christ. Ne dites pas, Messieurs, que cette tête est monstrueuse, et que son autorité exagérée élimine l'autorité de l'épiscopatetdes conciles. Sous le gouvernement suprême du chef de l'Église, les évoques restent ce que les a faits l' Esprit-Saint : de vrais pasteurs, destinés à paître et *à régir le troupeau qui leur est confié ; des mandataires directs de Dieu, dont on ne peut détruire la charge; de
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véritables juges, appelés à délibérer et à prononcer des sentences en toutes les causes qui intéressent la foi et les mœurs; des collaborateurs, obligés et toujours respectés, du grand roi qu'ils assistent, et non des commis qu'il peut arbitrairement supprimer, de simples conseillers dont il peut mépriser les avis. Bien loin d'éliminer l'épiscopat, la papauté affirme solennellement son autorité et ses droits, en l'appelant à son aide chaque fois qu'il est besoin de mieux connaître la vérité, de la faire resplendir avec plus d'éclat, de l'imposer plus fortement, de foudroyer Terreur par une suprême malédiction qui la marque au front du signe du Gain sous les yeux du monde entier, de manifester en grand la puissante vitalité de l'Église, pour confondre les lugubres prophètes de Satan qui, de temps en temps, annoncent sa mort prochaine '.
i. Tantum abest ut summi Pontificis potestas offlci.il ordinarise et immediatse ilh episcopali jurisdictionis potestati,qua Episcopi,qui positi a Spiritu Sancto in apostolorum locum, successerunt, tanquam veri pastores assignatos sibi grèges, singuli singulos, pascunt et regunt, ut eodem a suprême- et universali Pastore asseratur, roberetur ac vindicetur, secundum illud sancti Grogorii Magni : « Meus bonor est honor universalis Ecclesiau; meus bonor est lïalrun
Toujours infailliblement enseigné, gouverné et jugé par son chef suprême, le monde chrétien voit apparaître, à certaines époques, d'augustes assemblées dans lesquelles l'Église enseignante parle tout entière. Permettez-moi de répéter ici ce que je disais, il y a treize ans, dans cette même chaire : « Quand la parole tranquille d'un homme convaincu ne suffît plus pour convaincre, il y ajoute l'éloquence de tout son corps : de son cœur, dont chaque palpitation semble se traduire dans les vibrations de sa voix, de ses yeux, qui brillent comme des éclairs, de ses membres, qui repoussent, attirent, embrassent, affirment, préviennent La pensée et la développent. Ainsi, quand l'enseignement de la sainte, catholique et aposto-
meorum solidus vigor. Tum ego vere honoratus sum, cum singulis quibusque honor debitus non negatur. » (Concil. Vatic. Constitua dogmatica, De Eccîesia Christi, cap. II.)
Episcopi in conciliis non consiliarii sunt, non consultores, sed veri judices ; atque preeclare a Bellarmino dictum de conciliis Ecclesiae, conc- ssum episcoporum esse verum conccssum judicum. (Card. Soglia, Inst. juris publici prœnot S 35.)
Veritas ipsa clarius renitescit et fortius retinetur, si illa cruee jam prius fides per Pontificem docuit, et quae Deus nostro ministerio docuerat etiam fratrum firmantur conseflsu. (S. Léo. Mag. Epist. o.d Theod.)
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lique Église de Rome, qui, selon la parole d'un grand évêque, « peut et doit suffire à tous les « fidèles pieux et dévoués r, » a peine à se faire entendre dans les troubles du monde, le chef et les membres de l'Église parlent ensemble. Leur union dans une même définition est la manifestation suprême de la majesté divine de l'Église, l'éloquence suprême de son autorité infaillible. Il n'y a rien, il ne peut y avoir rien de plus grand et de plus fort dans le monde : c'est quelque chose de semblable à ce qui doit se passer à la fin des temps, lorsque Jésus-Christ, pour justifier le gouvernement de Dieu et venger sa gloire outragée, viendra sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté, entouré du sénat apostolique, trônant avec lui pour juger les tribus d'Israël2. »
Mais, sachez bien, Messieurs, que ce qui fait la grandeur et la force des conciles, c'est l'union intime de l'épiscopat avec le monarque sacré en qui le Sauveur a concentré, en quelque sorte, la vitalité de son Église. L'universelle