‹ Conférences de Notre-Dame de Paris (volume 4)Chapitre 33 sur 50 · Gibboa · texte numérisé non relu

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constitution définitive, Pépin et Gharlemagne ne l'ont pas créée, ils n'ont fait que contresigner l'acte solennel rédigé par le temps et par les hommes, sous la dictée de la Providence ' . » Rien de plus légitime que cette souveraineté; si on la supprime, toutes les souverainetés doivent disparaître, car il n'en est aucune en ce monde dont les titres valent les siens. J'ajoute, Messieurs : rien déplus nécessaire, car l'autorité de l'Église tombe fatalement aux mains de celui qui fera du Pape l'un de ses sujets. Il aura beau se porter garant de l'indépendance qu'il a, en réalité, confisquée, ses garanties n'auront que la durée du faible rayonnement d'un passé royal sur une condition asservie. Laissez faire l'œuvre du temps et de l'oubli, bientôt les caprices d'un prince jaloux ou les passions d'un parlement sans foi auront effacé toutes les garanties et rendues suspectes, aux yeux du monde catholique, l'autorité et les décisions de son chef, dont l'indépendance, purement nominale, sera dépouillée de sa protection naturelle et de son prestige normal. On se

l. R. P. de Pascal, Conférences de Saint-Joseph de Marseille, La papauté t L'indépendance de la papauté.

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demandera, avec anxiété, si les actes pontificaux émanent d'une volonté qui n'obéit qu'à son propre mouvement ou d'une volonté qui cède à la pression; on y cherchera, avec une inquiète curiosité, les traces de la ruse ou de la violence, on les supposera pour ne pas obéir, et, profitant du désarroi des âmes, les puissances de la terre s'efforceront de les grouper en églises nationales et déchireront, à qui mieux mieux, la robe sans couture de l'unité chrétienne. Inévitable catastrophe, qui ne peut être prévenue que par le miracle ou le martyre. Mais, vous le comprenez bien, Messieurs, le miracle et le martyre, nécessaires à la formation de l'Église, ne peuvent être le régime normal de sa vie établie. Personne n'a le droit de contraindre la Providence à revenir sur ses pas, et à faire reprendre à une institution qu'elle a glorifiée le chemin de la passion. La dernière expression de la volonté du Christ dans l'établissement de son Église, c'est son indépendance garantie, dans la personne de son chef, par le pouvoir temporel. « Ce pouvoir, dit, avec autant de grâce que de justesse, un savant cardinal, ressemble à ces magnifiques ouvrages en pierre

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qu'on voit, en Italie, s'élever au-dessus des sources vives. Ils les préservent des souillures qui pourraient leur venir de la terre, et ces pures fontaines jaillissent dans toute leur limpidité sous cette espèce de dais d'une riche architecture. Le dais est l'œuvre des hommes; la source est l'œuvre de Dieu '. » Mais, clans la question présente, l'œuvre des hommes a été voulue de Dieu, parce qu'elle protège son œuvre.

Indépendance de l'enseignement, indépendance de la législation, indépendance du jugement et de la répression , indépendance de l'administration des choses sacrées et du gouvernement des personnes, indépendance des corporations religieuses et de la hiérarchie, tout cela couvert par des immunités et des propriétés inviolables : voilà »iu est grave , Messieurs. A ce compte, on se demande si l'Église ne devient pas un état dans l'Etat. Grande préoccupation des hommes du pouvoir, qui ne peut provenir que de l'ignorance de la constitution et des droits de l'Église, si elle ne se réfère à l'exagération systématique du droit de la puissance civile.

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