Ilallh., cap XVJ1I
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se complète par le pouvoir de juger, le pouvoir de juger se complète par la force répressive et coercitive. Il n'est aucun gouvernement qui ne revendique le droit de faire respecter ses lois en usant, contre les révoltés, d'une légitime contrainte. — Or, il ne se peut pas que. l'Église, préposée au gouvernement d'une société parfaite, soit désarmée de ce droit. Si ses sentences n'étaient que des actes purement directifs qu'on peut mépriser impunément, la foi et les mœurs seraient insuffisamment protégées. Elle possède donc le droit incontestable de les faire respecter par des châtiments, qui vengent l'ordre social outragé, invitent les coupables à leur amendement et impriment une salutaire crainte aux âmes tentées de se révolter.
Vous le voyez, Messieurs, semblables à ces montagnes qui s'appuient l'une sur l'autre des plus hauts pics aux contreforts, tous les pouvoirs de l'Église s'enchaînent, se commandent, se soutiennent. — Prochainement, je vous les montrerai à l'œuvre dans le gouvernement des âmes; pour le moment, c'était assez de les définir. Ils achèvent de vous faire connaître la
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constitution de la sainte monarchie. Voyons, maintenant, quelles sont ses prérogatives.
Il y a deux choses qu'ambitionnent les gouvernements humains : être à l'abri des accidents qui compromettent leur existence ; être assurés de ne point se tromper et de toujours inspirer une confiance absolue dans l'exercice de leur pouvoir. — Vains désirs! Les passions l'amour de la nouveauté, les aspirations mal réglées de l'esprit humain vers le progrès, les inévitables variations des mœurs publiques conspirent contre les institutions les mieux établies et finissent par les renverser. D'autre part, les nombreuses erreurs des pouvoirs en action deviennent si manifestes qu'on ne peut se défendre d'une légitime défiance, lors même que, pour le bien de l'ordre public, on s'abstieui de se révolter.
L'immutabilité et l'infaillibilité sont trop grandes choses pour que Dieu les ait prodiguées à tous les gouvernements. Il les a ré-
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servées à sa sainte monarchie. Elle est immuable dans son existence, infaillible clans l'exercice de son pouvoir.
N'ayant rien reçu des hommes, ils ne peuvent rien sur sa divine constitution. — Ellemê ne est obligée de la conserver telle qu'on la lui d donnée et d'y respecter la souveraine volonté de son auteur. Dieu seul pourrait y apporter quelque changement; mais Dieu n'est point de ces ouvriers imparfaits qui modifient leur plan et se reprennent à leur travail. Son œuvre a été si bien dessinée et si fortement établie qu'il a cru devoir lui faire des promesses d'immortelle vie.
De fait, la sainte monarchie est aujourd'hui ce qu'elle était au lendemain des grands événements dont elle est issue, au jour où le Christ, près de partir pour les cieux, lui commanda de fonctionner. Le protestantisme n'y veut voir qu'une institution humaine; mais je lui défends bien de citer la date de cette institution et de trouver, dans l'histoire, un seul jour de la démocratie pure par laquelle il prétend nous ramener à l'état primitif du christianisme. Cet état primitif n'a jamais différé de l'état présent. Au
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respect général qui entoure la personne de Pierre, à l'émotion qu'éprouve l'Église quand il est enchaîné, à l'autorité de son attitude et de sa parole, on reconnaît en lui le cheî suprême du royaume de Jésus-Christ1. D'autre part, l'apôtre saint Paul, dans ses discours et dans ses épîtres, n'ouhlie aucun de ceux qui, par droit de consécration ou par délégation, participent au gouvernement de la société chrétienne : évêques, prêtres, diacres ~. Les conciles n'ont point encore parlé, mais déjà l'on pourrait appliquer leurs déclarations et leurs définitions. Déjà l'on pourrait dire avec le concile de Florence : « Dans le bienheureux Pierre, ses successeurs reçoivent de Jésus- Christ le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l'Église universelle! » et avec le
\. Conf. Act. apost., cap. I à XII.