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DE L'UNION

Messieurs,

Dans les précédentes conférences, j'ai étudié avec vous la haute signification de l'appel adressé, par le chef de l'Église, à tous les évêques de la chrétienté; cette étude a eu pour résultat d'opposer aux maux qui nous affligent la synthèse de nos espérances. Maintenant, dois-je vous dire d'attendre, sans rien faire, les oracles du Concile? — Non, Messieurs; car bien que, pour la plupart, vous soyez, dans l'ordre de la foi, des membres

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obscurs de l'Église, vous n'êtes pas, il s'en faut de beaucoup, des membres inutiles. Votre action a été solennellement requise par celuilà même dont la voix souveraine a provoqué l'ébranlement général de l'épiscopat. Voici ce qu'il écrit dans une lettre adressée à vous et à tous les fidèles du Christ, omnibus Chrisli fidelibus : « Depuis que nous avons décrété l'ouverture » d'un concile œcuménique, nous n'avons pas > cessé, dans l'humilité de notre cœur, de » prier avec ferveur et de supplier le Père » très-clément des lumières et des miséri- » cordes, de qui descend tout vrai bien et tout » don parfait1, de nous envoyer du ciel la sa- » gesse assise à ses côtés dans son trône2, afin » qu'elle demeure avec nous, qu'elle travaille » avec nous, et que nous sachions ce qui lui » est agréable. Mais pour obtenir plus aisé- » ment de Dieu qu'il daigne exaucer nos vœux » et incliner son oreille à nos supplications, » nous avons résolu d'exciter la religion et la » piété de tous les fidèles, afin que, par l'union » de leurs prières aux nôtres, nous obtenions

1 Saint Jacques, I, v. 17.

» le secours de son bras tout-puissant et la lu- » mière céleste, et que, par elle, nous puis- » sions établir, dans ce concile, tout ce qui peut » contribuer au salut commun et a l'utilité de

* tout le peuple chrétien, à la plus grande » gloire, au bonheur et à la paix de l'Église » catholique. Et, comme il est évident que les » prières sont plus agréables à Dieu lorsn qu'elles montent vers lui d'un cœur pur, » c'est-à-dire d'une âme lavée de toute faute, » nous voulons en cette occasion ouvrir, avec » une libéralité apostolique, les trésors cé-

* lestes des indulgences dont la dispensation » nous est confiée, afin que, excités par là à » une pénitence véritable et purifiés par le sa- » crement de pénitence de toute tache de pé- » ché, les fidèles s'approchent avec plus de i confiance du trône de Dieu, et obtiennent par » un secours opportun sa miséricorde et sa

* grâce4. »

Vous l'entendez, Messieurs, vous aussi vous devez être de cette grande fête et de ce grand travail dont Rome est aujourd'hui le théâtre;

i Lettres apostoliques de N. S. P. le pape Pie IX, pour le Ju- Lilé. (Voyez fin du volume, n° 2.)

vous devez en être autrement que par la présentation qui sera faite de votre témoignage, avant la définition des vérités de foi, autrement que par votre silencieuse attente et vos respectueux désirs; vous devez en être par la religieuse et efficace coopération de vos prières.

Quels sont les rapports des prières demandées par l'Église, avec le but principal de son action conciliaire?

Par quels moyens l'Église assure-t-elle l'efficacité de ces prières?

Voilà les deux questions que je vais traiter dans cette conférence.

Nous donner la science de la vérité, et, par la science delà vérité, réformer, régler et sanctifier notre vie, telle est, Messieurs, si je ne me trompe, le but principal des efforts et des travaux de l'Église assemblée. Il ne se peut rien concevoir de plus grand, car la science de la vérité est le bien suprême de l'homme, le bien qui le met en rapport avec la source éternelle de tous les biens. « 0 Dieu I s'écrie saint Augus-

» lin, celui qui connaît la vérité connaît ta » lumière, celui qui connaît ta lumière con- » naît les mystères de l'éternité. Qui novit veri- » tatem novit lucem tuam, qui novit eam novit ester- » nitatem * . »

Mais, Messieurs, comment connaître la vérité, si la vérité elle-même ne se révèle, et la vérité se révélera-t-elle si elle n'y est invitée par nos supplications? — Il est une loi providentielle qui régit l'effusion de tous les biens, et que notre maître Jésus-Christ a exprimée par cette parole concise : « Demandez et vous » recevrez : petite et accipietis. » Sans doute, il y a des êtres qui ne peuvent invoquer la paternelle libéralité de leur créateur, et que Dieu, sans y être autrement invité que par son amour, remplit de sa bénédiction. Il fait descendre, par des pentes silencieuses, la lumière, la chaleur et la vie jusque dans les replis les plus obscurs de la nature. La fleur reçoit, en sa saison, et les sucs qui nourrissent, et la rosée qui la rafraîchit, et la brise qui aide de ses caresses son mystérieux hyménée; l'insecte trouve ouverte, à son heure, la coupe de

1 Confessions, liv. VII, chap. xvi.

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miel et de parfums où il s'enivre, et l'oiseau recueille à temps, sur le bord du chemin, le grain perdu qui doit nourrir sa chère couvée. Ces pauvres petits êtres n'ont rien demandé et pourtant ils ont tout reçu. Mais à l'homme qui se connaît et se possède, à l'homme qui peut voir et mesurer les besoins de son existence, Dieu impose le devoir de la prière. Tant pis pour lui si, fatigué de ses labeurs et déçu dans ses espérances, il se plaint d'avoir l'âme et les mains vides ; Dieu peut lui répondre : « Jus- » qu'ici m'avez-vous demandé quelque chose? • usque modo non petistis quidquam? Demandez et » vous recevrez, petite et accipietis. » — Demander pour recevoir, c'est la loi.

Du reste, Messieurs, cette loi n'est-elle pas confirmée par un mouvement profond, irrésistible, universel; le mouvement de l'instinct? — Partout où l'homme voit un bien qu'il convoite, il le demande. L'enfant importune sa mère de ses caresses et de ses cris; le pauvre importune le riche de ses supplications; nousmêmes nous importunons de nos requêtes ceux de qui nous attendons secours et protection. Hélas 1 il nous arrive quelquefois de nous

humilier jusqu'à l'oubli de toute pudeur et de toute dignité, pour obtenir, de ceux qu'est venu baiser le soleil de la fortune, de méprisables faveurs.

On a souvent essayé, par des sophismes, de contrarier l'instinct de la prière et de faire rapporter la loi qu'il confirme. Mais, vains efforts; aucun sophisme n'a pu empêcher, ni n'empêchera jamais l'homme, abîme de misère, de recourir à Dieu, plénitude de tous les biens; ne serait-ce qu'aux heures malheureuses où les vides de son existence se font mieux sentir.

C'est par un mouvement naturel, autant que par un acte de soumission à la volonté de Dieu, que nous lui demandons les biens dont nous avons besoin. Malheureusement , nous n'en savons pas toujours faire le discernement , et les religieux mouvements de notre âme deviennent, trop souvent, complices des plus vulgaires infirmités de notre nature. Nous demandons la santé du corps, le soulagement de nos maux, la consolation dans nos chagrins, la prospérité de nos affaires, la paix de nos foyers, la fidélité des cœurs qui nous aiment : — Ce n'est pas mal. — Il faut vivre pour servir

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Dieu; trop de douleurs nous rendent impuissants ou nous poussent au désespoir ; la richesse peut devenir l'instrument des grandes œuvres et la servante de l'amour chrétien ; le foyer domestique est un asile, où notre âme, trop battue par tes tempêtes de la vie publique , va chercher l'apaisement de ses agitations; "ien n'est précieux comme un véritable ami, celui qui l'a trouvé a trouvé un trésor.

Toutefois, Messieurs, ces biens subalternes ne nousdoiventpréoecuper qu'après le bien suprême, la vérité. — La vérité pain de notre intelligence, lumière de nos pas, règle de notre vie, gage des révélations éternelles, — la vérité ! — voilà le bien que nous devons demander, avec d'autant plus d'empressement qu'en l'absence de tous les autres il suffît; avec d'autant plus d'assurance que Dieu ne peut nous le refuser. Tous les biens temporels sortent de lui, mais ce n'est pas lui. Pour éprouver notre vertu ou châtier nos fautes, il peut nous les faire attendre ou nous les retirer tout à fait.— Malheur à celui qui murmure et s'irrite contre ses mys térieux desseins ! — Au contraire, le bien éternel de la vérité, c'est lui-même; quand non*

Tappelons, quand nous lui disons : — « Viens, Venit » — il ne peut demeurer sourd à notre voix, sans manquer à la parole qu'il nous a donnée; car nous lui demandons un bien, non moins nécessaire à l'accomplissement de ses propres desseins qu'à la rectitude de notre vie. Le bien de la vérité est donc soumis à la loi providentielle qui règle l'effusion de tous les biens. Nous le demandons, c'est la loi. Ajoutez, Messieurs, que la prière, par elle-même, a sur la vérité un pouvoir et des droits qui lui manquent, quand il s'agit d'autres biens, et cela, en vertu d'affinités et sympathies mystérieuses, qui mettent la lumière éternelle dans l'impossibilité de se refuser à nos désirs. En effet, qu'est-ce que la prière ? — C'est non-seulement l'attestation de notre absolue dépendance, et, par ce fait, l'expression vraie de nos rapports avec Dieu, disposant la vérité même à la bienveillance ; c'est encore la confidence naïve et sincère que l'homme fait à Dieu de sa profonde misère. Pour qui sait prier, Dieu est plus qu'un maître opulent de qui l'on attend les faveurs ; c'est un père, un ami. Il écoute, sans lassitude et sans ennui, le pauvre petit être qui lui raconte ses

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secrets, et, fidèle lui-même aux saintes lois de l'amitié, il raconte les siens. Or, les secrets de Dieu, qu'est-ce donc, Messieurs? — C'est son éternelle vérité.

La prière est encore l'élévation de notre âme vers Dieu : Ascensus mentis ad Deum. — Qu'estce à dire, sinon un acte par lequel nous sortons de la région où les ombres ne sont éclairées que par de pâles reflets, pour monter vers le soieil éternel? — En approchant de lui, ne recevrons-nous pas mieux ses rayons? En gravissant les montagnes d'objets périssables qui nous le cachent , ne verrons-nous pas mieux, et lui-même, et toutes les choses qu'il éclaire ? Hommes religieux, nous ressemblons à ces voyageurs avides qui partent de la vallée profonde, endormie dans la nuit; ils montent à travers les forêts, ils montent par-dessus les rochers, ils montent par-dessus les glaces, ils montent par-dessus les neiges; — ils montent, ils montent, ils montent, jusqu'à ce qu'ils soient arrivée au dernier pic , d'où ils contemplent et la source même du jour, et, sous les courbes immenses du firmament, toutes les ravissantes beautés que baigne la lumière

Mais non, Messieurs, la prière ne nous conduit pas encore jusqu'à ce terme sublime ; cependant c'est notre naturel mouvement de monter, monter toujours avec elle, jusqu'à l'heure bénie où , voyant la lumière dans la lumière même, et reposés par une contemplation qui assouvira notre âme, nous n'aurons plus à crier, d'une voix plaintive : — « Sei- » gneur, envoyez-nous donc les rayons de » votre vérité. Emitte lucem tuam et veritaîem » tuant*! Seigneur, montrez-nous votre face » adorable. Ostende nobis faciem tuam, Domine* i » Messieurs, s'il y a parmi vous quelque esprit fort, il ne manquera pas de dire que toutes ces considérations, sur les rapports de la prière avec la connaissance de la vérité, sont parfaitement inutiles. — Nous sommes munis, par la nature, d'un appareil invisible qui dégage des formes visibles les éléments avec lesquels se produit en nous la lumière du vrai. Méfionsnous de cette indolence spirituelle qui spécule sur les révélations d'en haut, et, hardis ouvriers de la science, cherchons, par nos lf>-

! Psaume xlii.

1 Psaume lxxix.

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beurs, Je bien suprême dans lequel se repose l'intelligence. La vérité ne vient pas au-aevaut de nous, c est en vain qu'on l'appelle ; il faut la poursuivre; mais, en quelque profondeur qu'elle se cache, elle ne saurait échapper ni à la pénétration de notre esprit, ni à la persévérance de nos efforts.

Ceux qui raisonnent ainsi, Messieurs, connaissent bien peu la faiblesse de l'intelligence humaine et l'histoire de ses égarements. Pour active qu'elle soit, elle ne peut éviter tous les pièges tendus, sur les chemins qu'elle parcourt. Outre que ses forces bornées s'étendraient difficilement à tout l'ensemble des vérités que l'on considère, habituellement, comme son naturel domaine, la précipitation, la vanité, l'amour de soi, le parti pris, l'entêtement, l'entraînent et la fixent loin de son objet. Le vrai lui-même a des perspectives et des oppositions de tons qui trompent 1 irréflexion. Rien ne nous est plus facile que de le déformer et de nous attacher, avec une opiniâtreté funeste, à cette contrefaçon cf un bien dont notre âme est avide. Notre illusion est telle que nous aimons la vérité dans l'erreur

qui nous abuse; car aimer l'erreur pour IVr reur même, c'est une monstruosité qu'on ne conçoit pas plus qu'aimer le mal pour le mal. Lisez l'histoire, et vous les verrez ces hommes, pleins de confiance en eux-mêmes et toujours repliés sur leur âme comme si l'infini était en eux. Ils ont abordé tous les grands problèmes : Dieu, le monde, l'homme, sa nature, son origine, ses destinées, la conscience, la liberté, l'autorité, la loi, et dans tous ces grands problèmes ils ont défiguré le vrai. Pas un système qui se tienne, mais, selon la belle et énergique parole de saint Hilaire : < Un » cercle éternel dans lequel les luttes de l'or- • gueil ramènent, à point nommé, les mêmes » erreurs. Orbcm œternum erroris et redeunîis in » se semper certaminis circumferunt{. » Aucun de ceux qui ont refusé la lumière d'en haut n'a échappé à l'entraînement de ce galop infernal, cù les esprits les mieux doués, semblables à ces bêtes aveuglées que l'on enchaîne à un manège, battent sans cesse les mêmes traces en croyant avancer.

• Ad Constant, II, 4-

Triste leçon, après laquelle il faut conclure par ces paroles d'un philosophe qui, lui-même, fit l'expérience de la faiblesse humaine : « Nulle » science particulière n'est possible qu'au sein > de la science générale, laquelle emprunte » sa dernière explication à la science même » de Dieu 4. » Ou, mieux encore, par ces paroles d'un vrai sage : « Vous qui cherchez la » vérité, approchez-vous de Dieu par la prière, » afin que vous soyez illuminés, et vos fronts » n'auront point à rougir de l'erreur. Accedite » ad eum et illuminamini, et faciès vestrœ non con- » fundentun. »

Mais quand il serait, Messieurs, que l'homme put découvrir et définir, sans le secours d'une lumière supérieure, toutes les vérités qui sont du domaine naturel de son intelligence, n'y a-t-il pas d'autres vérités qui nous viennent d'une région inaccessible à nos efforts? — Les mystères de la vie de Dieu, de l'incarnation du Verbe , de sa justice et de sa miséricorde dans la rédemption du genre humain, de la

1 M. Cousin. (Cours de philosophie, i819.) 1 Psaume xxxiu.

PRIÈRES DEMANDÉES PAR i/ÉGLISE &9

déification de l'âme par la grâce, de l'économie du salut, de la contemplation béatifique de l'essence divine dans l'éternité : qui eût pu connaître toutes ces choses, si Dieu lui-même, par un mouvement gratuit de sa bonté, ne se fût penché vers nous pour nous les apprendre? Certes, Dieu n'a pas été avare de ses révélations ; depuis l'origine du monde il en a répandu les flots grandissants, jusqu'au jour où son Fils les a recueillis et fixés entre les rivages de sa parole. Mais prenez garde, je vous prie, aux rapports constants et intimes de la prière avec les révélations. Tous les grands illuminés furent de grands priants. Moïse contemple Jéhovah, il apprend de lui son nom ineffable et ses préceptes saints; mais, pendant six jours entiers, il demeure prosterné sous la nuée1. Dieu l'introduit près de lui, parce qu'il a entendu sa voix f. Dieu lui parle j comme on parle à un ami , parce que Moïse a jcné vers le Seigneur : « Montre-moi ta gloire, • montre-moi ta face adorable. Ostende mihi glo-

* Exod., cap. xxiv, v. 16.

1 Aulivitenim eum et vocem ipsius et indoxit illuio in nubem. (Ecclesiastic, cap. xlv, v. 5.)

9 riam tuam, ostende mihi faciem tuam l. » Isaïe, Jérémie, Daniel, tous les prophètes voient le promis, le juste, l'Emmanuel, le saint des saints , et le temps de sa venue, et les mystères de sa naissance, et le lieu de son berceau, et ses opprobres,et sa mort, et sa tombe, et la gloire de son règne ; mais ils ont tourné leur face vers le Seigneur, ils ont prié dans le jeûne, le cilice et la cendre2, ils ont crié : « 0 Dieu, » ô vérité sainte ! que ne rompez-vous les cieux, » que ne descendez-vous vers nous3! Cieux, » répandez votre rosée, que les nuées pleu- » vent le juste et que la terre germe son sau- » veur M Qui donnera à nos yeux une fontaine » de larmes, pour pleurer tous ceux que l'er- » reur a tués parmi le peuple5? » David est mille fois réjoui par l'apparition de celui qui doit fleurir, à la fin des temps, sur sa tige appauvrie; mais toute sa vie n'est qu'une prière. Le jour entend ses cantiques, la nuit ses amoureuses plaintes. Sa harpe gémit, sou

1 Exod., cap. xxx, v. 18.

* Daniel, chap. ix, v. 3.

* IsalC, «• 1 1 a p . lxiv, v. I.

* Isau», chap. xlv, v. 8.

* Jerémi»?, chap. ix, v. i.

lit est inondé de larmes, t 0 Dieu, ma lumière, » s'écrie-t-il, éclaire mes yeux pour que je » ne m'endorme pas dans la nuit du men-

• songe l ; envoie-moi les rayons de ta vérité 2 ;

• affermis en moi ton esprit3; parle-moi, tes » paroles sont plus douces que le miel4; oh! qui 9 donc cherchera la vérité de Dieu : Veritatem

• ejus quis requiretst » Enfin, Messieurs, toutes les âmes saintes que Dieu a consolées par la communication de ses secrets, ont su le toucher par leurs prières. Les temps anciens étaient pleins des préparations de Dieu, mais aussi des préparations de l'humanité; pleins d'impétueux désirs, de tendres gémissements, de sublimes invocations, quand uue vierge, plus pure que tous les enfants des hommes, fit passer la prière de quarante siècles par son cœur immaculé et ses lèvres saintes; en ces jours-là, le révélateur par excellence, le Verbe plein de grâce et de vérité, vint luimême nous instruire.

1 Psaume xu.

* Psaume xlii.

3 Psaume l.

4 Psaume cxvni.

■* Psaume lx.

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Voyez, Messieurs, comme l'efficacité de sa doctrine demeure longtemps suspendue. I!

enseigne, sur le bord des chemins, sur le penchant des collines, sur la barque des pêcheurs, dans le parvis du temple, dans les synagogues, partout où il rencontre des âmes disposées à l'écouter. Il enseigne avec simplicité, par de touchantes et naïves paraboles qui protègent sa doctrine contre les indiscrétions de la mauvaise foi. et qui saisissent, mieux que l'appareil pompeux des démonstrations, l'esprit populaire. Il enseigne, non pas comme Socrate, que l'on a appelé le plus grand des sages de l'antiquité, une morale élémentaire et ces premiers principes que la conscience ne peut méconnaître sans être infâme, mais des vérités sublimes et inconnues, sur l'être et les perfections de Dieu, la dignité et les destinées de l'homme. Il enseigne, et mille prodiges prouvent la vérité de son enseignement; cependant ceux qu'il enseigne l'offensent, à chaque instant, par leurs triviales espérances et leurs grossières interprétations de sa parole. De temps à autre il se fait comme une éclaircie dans les ténèbres de leur esprit; ils s'écrient :

— « Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les » paroles de la vie éternelle. — Vous êtes le i Christ, fils du Dieu vivant! » — Et puis, la nuit devient plus profonde, plus profonde à mesure que les heures s'avancent et que le Sauveur explique, plus clairement, les étranges mystères de sa vie, de sa mort et de sa résurrection; nuit funeste qui se termine par de honteuses défaillances, par l'abandon, la trahison, le parjure.

Que manque-t-il donc à ces hommes? — Ali ! Messieurs, il leur manque la lumière, parce qu'ils n'ont pas assez prié! — Mais attendez quelque peu. — Humiliés et tremblants, ils revoient leur maître sorti du tombeau, ils reçoivent ses dernières confidences, ils suivent d'un œil ravi ses traces lumineuses dans les abîmes du firmament, puis ils se retirent au cénacle, où ils persévèrent dans la prière avec Marie mère de Jésus : Erant persévérantes in oratione cam Maria matre Jesu l. Dix jours se passent; pendant ces dix jours, les portes des cieux sont ébranlées par les pieuses clameurs de l'Église naissante. Elles cèdent en-

1 Act. apost., cap. i, v. 14.

iOi de l'union du concile et du jubilé

fin ; la lumière se précipite, se brise, entre dans tous les cœurs : c'est Luit... lui que le Sauveur avait promis, l'Esprit de vérité!

Maintenant, ô prodige ! les Apôtres voient tout. Ils comprennent que Jésus-Christ est vraiment le Fils de Dieu, que son royaume est du ciel, que sa parole est vérité, qu'il a dû souffrir pour entrer dans sa gloire. L'Évangile est illuminé ; ils en contemplent avec ravissement les divines beautés. Ainsi, dans les vallées profondes, apparaissent tout à coup les ruisseaux, les bosquets, les champs, les fleurs, les grâces, la vie, quand le soleil vient s'asseoir au sommet des montagnes ; ainsi, dans les grottes ténébreuses scintillent les diamants, aux mille facettes, sous les feux d'un rayon victorieux. Remplis de l'Esprit-Saint, les Apôtres voient enfin la vérité, et ils commencent à l'annoncer au monde. Repleti sunt Spiritu Sancto et cœperunt loqui.

Messieurs, la Pentecôte, fête de l'illumination, se perpétue dans les âmes priantes, et se renouvelle parfois avec éclat dans l'Église universelle. Le temps est venu d'uu de ces renouvellements. L'Église, pour guérir les

PRIÈRES DEMANDÉES PAR i/ÉGLISE 105

maux de l'erreur, veut voir, mieux qu'elle ne les a jamais vues, et nous faire connaître, mieux que nous ne les avons jamais connues, les mystérieuses profondeurs et les salutaires applications des vérités évangéliques, amoindries par les enfants des hommes. Prions donc avec elle ; c'est la loi. Prions : la prière, vous venez de le voir, ouvre les portes par où se précipite la lumière éternelle; — la prière et la vérité se rencontrent toujours.

Il y a, Messieurs, entre les prières demandées par l'Église et le but principal de son action conciliaire, des rapports intimes qui nous expliquent la solennité de l'appel qu'elle nous a adressé; mais cet appel n'aurait qu'un médiocre résultat, si l'Église, avec un art ingénieux, où l'on reconnaît l'amour d'une mère, n'avait su nous ménager les moyens de rendre nos prières efficaces. — Le premier de tous, c'est la pénitence qui étouffe les clameurs du péché et purifie le lieu, où doit descendre la lumière divine.

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Il est dit dans l'Écriture : — « Dieu n'en- » tend pas les pécheurs : Deus peccatores non au- » dit *. » — Pourquoi cela, Messieurs? — parce que du fond de l'âme pécheresse s'élève comme un bruit de révolte, dans lequel se perdent les voix plaintives de notre vie qui réclament quelque bien. Combien peu arrivent, pures et distinctes, à l'oreille de notre Père céleste! Ce qu'il entend surtout ce sont les cris de la volonté rebelle qui refuse de s'humilier, sous le joug de sa loi. Les anciens disaient : « Rien » n'est plus fort que l'homme juste en prière : » NU homine probo orante potentius. » Sa voix, claire et sonore, part d'un abîme plein de misères, c'est possible, mais aussi plein d'ordre, de repos et de silence. Tout droit, elle va frapper aux portes bienfaisantes par où Dieu épanche les trésors de sa libéralité infinie. Mais le pécheur!... rien de plus faible que lui, jusqu'à ce qu'il ait apaisé les troubles de cette révolution intime qui l'a jeté loin de Dieu.

Il est tumulte, pareillement il est ténèbres. « L'erreur et les ténèbres, dit le sage, naissent

1 S. Joan., cap. ix, v. 31.

9 ensemble dans l'âme du pécheur : error et » tenebrœ peccatoribus concreata sunt 4. » Côst trop juste. Il a quitté sa sphère naturelle d'attraction et tourné le dos à l'astre sublime qui le doit éclairer. En se donnant aux créatures, il ment à la vérité de son être que Dieu appelle tout entier. Si sa grande nature ne meurt pas de ce mensonge, elle en est altérée, quant à ses inclinations et actes perfectifs. Elle tend aux habitudes qui obscurcissent les principes et privent la conscience du jour où elle voit la rectitude des faits. Pas à pas, la nuit descend aux plus intimes profondeurs de l'âme : omnes tenebrœ absconditœ sunt in occultis ejus *, elle prépare ces œuvres difformes que l'Apôtre appelle quelque part des œuvres de ténèbres : » opéra tenebrarum 3. » La nuit, enfant du péché, l'est surtout de celui qui fait tomber l'âme dans une chair troublée, et met ses glorieuses facultés au service de la plus odieuse des convoitises. L'esprit se perd aisément dans les nuages impurs de la matière, et, pour peu qu'il

* Ecclesiastic, cap. xi, v. 16.

* Job., cap. xx, v. 26.

* Koro., cap. xiii, v. 12.

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se plaise en cet égarement, il ne reste bientôt plus de l'homme qu'un animal impuissante percevoir ce qui vient de l'esprit de Dieu . « Ani- » mabis homo non percipit ea quœ sunt spiritus Dei{. » — Entre la lumière divine et de pareilles ombres, quels rapports peut-il y avoir? « Quœ so- » cietas lucis ad tenebras 2? » — Elle viendrait qu'elle ne serait pas comprise.

Évidemment, Messieurs, le péché, tumulte et ténèbres, nuit à l'efficacité de nos prières, particulièrement à l'efficacité de celles qui demandent le grand bien de la vérité; il faut qu'il soit désavoué. C'est ce que fait la pénitence que nous voyons apparaître au seuil do toutes les liturgies.

J'ai dit, tout à l'heure, que le bruit de nos révoltes, le cri séditieux de nos passions et appétits troublés, menaçait d'étouffer nos supplications, mais il est étouffé lui-même, par un autre cri, profond et puissant, qui va remuer, au ciel, les entrailles paternelles de Dieu. Héritage de la douleur et du repentir, il a passé, depuis bien des siècles, par les

' ICor., cap. ii, v. 14.

1 II Cor., cap. vi, v. 15.

lèvres de l'humanité pécheresse, pour exprimer son /etour vers le souverain bien, et, vousmêmes, combien de fois vous l'avez fait entendre sous les voûtes de ce temple? — Un homme, un roi, trop enivré de sa grandeur, avait offensé la majesté divine. Il dormait tranquille sur son péché, lorsqu'un prophète vint lui dire : « Il est un infâme que Dieu va mau- » dire puisque la justice d'ici-bas ne peut » rien contre lui, et c tu es cet homme : tu es » illevir. » David, c'était lui, déchira ses vêtements, se couvritd'un cilice, baisa la poussière et laissa échapper, de son cœur épouvanté, cette touchante prière. « Ayez pitié de moi » Seigneur, ayez pitié de moi selon votre » grande miséricorde. Je vais raconter mon » iniquité, et toute ma vie, je penserai à mon » péché. Ayez pitié, lavez-moi, purifiez-moi, » rendez-moi la joie du salut et la paix de » votre esprit, et puis,... ouvrez vous-même » mes lèvres de vos mains très-saintes, et ma t bouche publiera vos louanges. Domine, labia » meaaperies^et os meam annuntiabit laudemtuam*.* Le miserere, voila, Messieurs, le cri qui dé-

i Psaume l.

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livre nos prières captives, les emporte avec lui vers notre grand Dieu, et les introduit au sanctuaire de ses audiences. En même temps, il fait rentrer l'homme dans la vérité de son être, remet à sa place l'esprit que la chair avait opprimé, la conscience qui errait dans les ténèbres, toute notre vie retournée vers un bien périssable; il ouvre à la grâce des portes mystérieuses, par où elle se précipite dans l'àme repentante. Ainsi nous reprenons nos affinités et nos sympathies natives avec la lumière divine.

Il y a plus : tout repentir généreux se traduit par des œuvres afflictives, dont la vertu purifiante descend jusqu'aux régions obscures où se cachent les appétits. Les humiliations de nos aveux, l'aumône, le jeûne refoulent devant eux l'orgueil de la vie, l'amour des biens terrestres, les convoitises de la chair, sorte de principes universels de nos erreurs, de nos égarements, de nos hontes. L'àme assainie n'est plus qu'une transparence propice aux irradiations de la vérilé éternelle. — < Bien- » heureux ceux qui ont le cœur pur, dit le » Sauveur, car ils verront Dieu. Beati mundo

» corde quoniam ipsi Deum videbunt 4. » — Us le verront, dans les images périssables de sa perfection, beautés fragiles de la nature, harmonies de la terre et des cieux, qui nous révèlent une puissance, une sagesse, une bonté infinie ; ils le verront dans les traces qu'il a laissées de son passage ici-bas ; ils le verront dans les saintes lettres, où sa parole est fixée ; ils le verront, surtout, dansles décisions souveraines de l'Église, gardienne et interprète de ses révélations.

Il était donc important, Messieurs, que l'Église, en nous demandant nos prières, nous invitàtà la pénitence. Permettez-moi de joindre ici ma voix à la sienne et de vous faire entendre non plus la parole d'un discoureur, mais le cri d'un apôtre. Il y en a, sans doute, parmi vous qui résistent, depuis longtemps, aux sollicitations des plus fidèles et des plus douces affections. Leurs amis, leurs parents, leurs mères, leurs femmes, leurs chers petits enfants ont murmuré, tour à tour, près des portes de leur âme, ces paroles du Seigneur à l'ingrate Jérusalem : « Jérusalem, reviens à ton Dieu. »

' S. Matth., cajj. v* v- &

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Hélas ! ils n'ont pas répondu. Eli bien, aujourd'hui, je me mets à genoux devant eux, les mains jointes et le cœur plein de larmes, je les conjure de ne pas être durs pour cette chère et bonne mère l'Église qui les invite au repentir. Elle a besoin de vous, Messieurs, elle vous offre toutes ses grâces; c'est peut- -être la dernière fois que vous l'entendrez ainsi. Dites lui donc : « 0 mère, je me lève et je » vais à mon père. Surgam et ibo ad patrem. » Voudriez vous retarder encore?... Ah! mes amis, les jours sont si mauvais î la vie est si fragile ! les trahisons de la mort sont si soudaines ! l'éternité et les jugements de Dieu sont si près de nous î

Je viens de dire avec les anciens : — « Rien n'est plus fort que l'homme juste en prière. » — Cela est vrai, Messieurs, si l'on considère la force de la prière dans l'individu. Le nombre mystérieux qui exprime sa justice et sa ferveur exprimera l'effet qu'il peut obtenir. Toutefois, exercera-t-il sur le cœur de Dieu une pression efficace et fera-t-il une douce violence à sa libéralité, s'il s'agit d'obtenir quelque grâce

exceptionnelle qui fortifie, console, et sauve l'humanité chrétienne? — Il est permis d'en douter. Un pareil bienfait demande que les forces particulières soient recueillies dans une commune action. C'est le propre de l'association de multiplier les forces. Ce principe élémentaire que nous appliquons aux choses profanes, pour opérer plus sûrement dans de grandes entreprises, et obtenir des résultats considérables, l'Église l'applique aujourd'hui aux choses religieuses. Elle veut une grâce, peut-être sans pareille dans sa vie, pour cela il lui faut toutes ses forces ; toutes, entendezvous ; celles du ciel aussi bien que celles de la terre. Elle vous appelle donc, elle vous unit dans une même intention vers un même but, et, parce que votre justice n'est pas encore la parfaite et irrésistible justice des saints, elle vous envoie en stations près de leurs autels. A l'heure où je parle, mille pieux pèlerinages s'accomplissent, dans tous les temples du monde catholique, ayant pour but de recruter les forces du ciel. L'Église militante eU'Église triomphante s'unissent. — Que va-t-il arriver ? Quand les vendanges sont faites, la troupe

joyeuse des vignerons s'assemble au pressoir. Un homme est là debout, qui foule de ses deux pieds les grappes qu'on entasse. Le vin coule, mais lentement, goutte à goutte. Tout à coup un cri retentît: — A l'ouvrage 1 — Aussitôt les bras robustes s'enlacent aux branches de l'arbre, les poitrines nues et haletantes poussent dessus, l'arbre gémit, s'abat, pèse, écrase; Tanche déborde, et d'allègres refrains saluent les flots d'ambre et de pourpre, qui bientôt réjouiront le cœur de l'homme. — Messieurs, voilà l'image de ce qui doit arriver là-haut, sur les saintes montagnes, où Dieu entasse ses trésors. Allons, il est temps. Nous ne sommes plus seuls, avec notre petite justice ; nous sommes, au ciel et sur la terre, une armée de priants; Dieu attend, — à l'ouvrage ! — pressons, pressons son cœur, et qu'il s'en échappe des torrents de lumière et de grâce.

Multiplier les forces, en les associant dans une action commune, ce n'est pas encore, Messieurs, le dernier mot de l'art ingénieux avec lequel l'Église s'efforce d'assurer l'efficacité de nos prières. Il est une association

et plus noble, et plus sainte, et plus ouïssante que celle dont je viens de parler, à laquelle noire mère ne pouvait manquer de nous convier : — Un Dieu consent à prier avec nous. Il a engagé sa parole sacrée : tout ce que nous demanderons à son Père, en son nom, nous sera accordé. Mais demander au nom de Jésus-Christ, est-ce la plus haute perfection de la prière ? — Non, Messieurs, — nous pouvons faire prier en nous, Jésus-Christ lui-même. C'est le dernier acte, acte sublime, que l'Église réclame de notre piété. Elle dresse la table sainte, et nous appelle à ce banquet mystérieux par lequel se complète le sacrifice de nos autels. La victime entre dans nos âmes, et notre vie, comme suspendue, laisse agir sa toute-puissante vie.

Les temps sont bien changés! Jadis les prêtres, debout près de l'autel, plongeaient leurs mains dans les entrailles des victimes, et les levaient toutes sanglantes vers la divinité miséricordieuse qu'ils voulaient toucher. Aujourd'hui c'est la victime elle-même qui se plonge toute vivante dans les suppliants. — Quelle force d'impétration il y a alors dans l'âme

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d'un chrétien î Comme ce n est plus lui qui vit, ce n'est plus lui qui parle. — Ecoutez donc, ô Die'j, écoutez votre Fils et soyez vaincu par ses prières! Vous pouviez bien dire à votre serviteur Moïse : « Laisse moi aller, laisse- > moi aller. Dimitte me, dimitte me1. » Vous pouviez, puissance infinie, vous dégager des étreintes de ce patriotique amour qui vous demandait la grâce d'un peuple ; mais osez donc dire à votre Fils : c Laisse-moi, laisse-moi, Dimitte nie, dimitte me. » Échappez donc à ses puissantes étreintes ! — vous ne pouvez pas, il est aussi fort que vous. Saint Jean l'a vu, ce grand juste, fouler le pressoir de votre fureur, et ipse calcat torcular vini furorisirœ Deijustuset verax 2. — Moi je le vois, ce grand miséricordieux, fouler aujourd'hui le pressoir de votre amour. O Dieu, méprisez notre voix si vous croyez que nous sommes un trop vil peuple; mais Lui, écoutezle ! « Père saint, dit-il, j'ai promis mon esprit de vérité, non pour une fois, mais pou** toujours. Ut maneat in œternum. Faites honneur à ma parole qu; est la vôtre. Ne soyez pas avare de ce

1 Exod., C3p. xsxii, v. 10.

1 Apocalyps., cap. xxi, v. 15.

don parfait, mais répandez le avec une largesse immense comme votre bonté. Répandezle sur ceux qui enseignent, répandez-le sur ceux qui sont enseignés ; répandez-le sur ceux qui le désirent, répandez-le sur ceux qui le fuient. Que toute intelligence entre, avec lui, dans les sacrées profondeurs de ma doctrine, et que toute volonté, sous sa douce pression, s'incline devant ma loi. Père saint, que la Pentecôte de ce xixe siècle, si solennellement annoncée et si impatiemment attendue, soit, comme la première, la fête de l'illumination et du renouvellement de l'humanité î »

QUATRIÈME CONFÉRENCE

QUATRIÈME CONFERENCE

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