‹ Conférences de Notre-Dame de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 11 · FAR LS · texte numérisé non relu

FAR LS

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lorsqu'il s'endort, lui enseignera la loi d'amour à son réveil. A-t-il grandi ? jeune fille, en imitant sa mère, il devient digne de lui succéder dans sa mission pieuse et civilisatrice; jeune homme, au milieu des plus fougueux élans des passions, il s'arrête pour écouter une mère chrétienne: il se laisse vaincre, si non par ses paroles, du moins par ses larmes. Plus loin sur le chemin de la vie, vous verrez l'époux, soit incrédule, soit indifférent, céder aux tendres inspirations d’une femme qui le ramène à la foi par le seul ascendant de ‘sa vertu.....….et combien de fois le vieillard, rejeté avec dédain, refoulé dans la solitude par un monde ingrat qu’il a trop longtemps servi—oubliant ses chagrins et ses noirs pressentiments, relève la tête, regarde le ciel et retrouve les beaux jours de sa jeunesse, aux ac-

cents de sa fille, qui lui apparaît douce et radieuse comme l'étoile du soir après la tempête ; de sa fille qui lui redit en caressant ses cheveux blancs : Aimons Dieu, papa, aimons Dieu ; lui si bon, lui qui nous aime !

Vous pensez, peut-être, mes frères, que je vous ai rappelé toutes les gloires rendues à la femme par le christianisme, et au christianisme par elle? Détrompez-vous ; il en est bien d’autres. J’aurais surtout à vous présenter l’enfant de Marie par excellence, la vierge chrétienne, devenue l’ÉPOUSE de V'AGNEAU; qu’elle suivra jusque dans le ciel; pratiquant des vertus inconnues aux siècles païens ; se consacrant par troupes innombrables, au soulage-

ment de tous les besoins, de toutes les misères de l'humanité : c’est le sacerdoce de la femme ; ministère divin, tout de foi, d’humilité, de charité sans bornes. Ah! mes frères, j'aurais un sujet trop vaste à parcourir ; il y aurait là trop de victoires sur le serpent à célébrer, trop de couronnes à distribuer !

Sans sortir de votre pays, quelle ample moisson de gloire et de mérites a été cueillie par la femme, par la vierge chrétienne! A qui, après Dieu, cette NouveLce-FRANCE doit-elle son bonheur social et moral ? Que fut-elle devenue si elle eût ignoré les noms et les sacrifices d’une duchesse d’Aiguillon, d’une dame de la Pelleterie, d’une demoiselle Manse, de l’humble Marguerite Bourgeois, d’une dame d’Youville, et des milliers d’héroïnes infati- - gables qui ne cessent de reproduire à nos yeux leur zèle et leur dévouement ?

Mais le temps s'envole, et dans son cours rapide m’avertit qu’il faut renvoyer à une époque encore incertaine la suite de ces graves entrétiens. Priez, en attendant, mes frères ; priez pour qu’ils servent à vos immortels intérêts. Car c’est là tout mon désir, toute mon ambition: une âme éclairée, une seule âme sauvée, mon Dieu, quelle riche récompense de mes peines !

—Et pourtant il me reste quelques m:11 à vous dire (a): J'insistais avec bonheut, sur cé que devaient à la femme chrétienne les pauvres, les malheureux de tous genres, et voilà qu'en ce moiient même elle se présente pour réveiller votre come passion et solliciter vos dons. L'Enfant Jésus a faim, il a froid, il est nud, il est malade, il est abandonné aux rigueurs d’un long et dur hiver. Vous ne connaissez peut-être pas le chemin de l’étable où il pleure, où il attend vos généreuses aumônes ; mais il a des “ frères, ” accoutumés à le voir, à le chercher, à soulager ses souffrances. Ces frères si dignes de votre confiance, si nombreux, si humbles, si dévoués, lui porteront ce que le cœur vous dira de verser entre les mains des dames qui s’avancent vers vous. Faites-leur donc bon accueil: Jésus et Marie vous seront reconnaiïssants.

Bénissez, Monseigneur, cette belle œuvre de St. Vincent-de-Paul; bénissez encore la mienne, ou plutôt la vôtre, car c’est à vos aimables instances et à celles du bon pasteur de Notre-Dame de Québec, que j'ai osé commencer un travail qui demandait bien d’autres forces physiques ét morales Si quelque chose 4 pu m'encourager, ça été la vive attention que de concert avec cette foule

(a) Une quête par huit dames de la paroisse au profit de la Société de St. Vincent-de-Paul, s’est faite au sortir de la conférence. On avait prié le prédicateur d’en dire un mot.

de nos concitoyens, vous avez constamment daigné prêter à ma faible parole. Bénissez donc cette parole : que semblable au grain de sénevé de l’évangile, elle croisse, s’étende et fructifie pour la vie éternelle,

: CINQUIÈME CONFÉRENCE. (a)

11 Murs, 1849.

Jesus Clu'islus heri, el hodiè, c: in secula. 46 Jésus-Christ était hier, il est aujourd’hui, ‘(“etil sera dans tous ies siècles.”—Heb.

Moxsi:GNEUR, Mes Frères :

Au milieu de l’effrayante série de catastrophes et de crimes qui se sont succédé si rapidement en Europe depuis que nous nous sommes séparés, auriez-

(a) La révolution de Rome, errivée en novembre 1848, donna lieu à ces deux conférences : la marche historique des quatre premières cst reprise à la septième,

vous par hasard entendu raisonner ainsi : Mais, où en sera votre conférendaire avec son Église immor- IAA telle, dont le chef s’en va? La PAPAUTÉ est em ruines ; la VI£ELE ÉTERNELLE est au pouvoir de maîtres qui ne sont pas même chrétiens ; ROME renie son passé, veut un autre avenir ; le VIEILLARD DU VATICAN n’est plus qu’un fantôme qui voltige sur les bords de la Méditerranée ; Plus de PAPE : donc PLUS D’ÉGLISE !

Cette parole-là : “ Plus de pape, donc plus d'Église,” s’est répé’… bien des fois depuis dixhuit siècles, et sur bien des tons-différents. Elle fut dite d’abord, d:'moins quant au sens réel, sur Ia fosse d’un géant, qui venait de soutenir contre cet antique serpent que vous connaissez, au sommet d’une montagne qui avait nom CALVAIRE, une lutte qui fit trembler la terre et pâlir le soleil : Seductor êlle.…….Signantes lapidem cum custodibus. Pendant trois cents ans, elle retentissait chaque matin sous ces voûtes silencieuses qu’on appelle les caTAeoMBES, alors dernier asile de la liberté. Pendant cent autres années, des princes et des peuples séduits par le traître Arius, la chantèrent jusque dans les plus beaux temples de christianisme. Cette parole fut le refrain du soldat de la Mecque, du Byzantin, de l’Albigeois, de l’incendiaire Wicklef, et surtout de Luther, inventeur (qu’on me pardonne cette rude àllégorie ; lui, Luther, s’en est permis bien d’autres), inventeur d’un orgue à mille tuyaux, dont Île principal, ou, pour mieux dire, l’unique ACCORD consistait en cette espèce de tonnerre long-

temps redouté : “ Plus de pape, donc plus d'Église !” Enfin, rappelez-vous notre seconde conférence, tout ce qu’il y avait presque en Europe de poumons robustes, se réunit en 1799, à la veille du Jubilé séculaire, pour crier sur la tombe de Pie VI: “Plus de pape, donc plus d'Église !”

Nous vivons en 1849; au bout de cinquante ans, nous voici à la veille d’un autre Jubilé; Pre 1x, l’immortel Pre 1x, n’est pas encore enterré ; il n’est pas même mort.—Ne serait-ce pas sage, après tant de mécomptes, d'y mettre au moins une réticence avant d'annoncer la vieille nouvelle : “ Plus de pape, donc plus d'Église ? ”

Quoiqu'il en soit, mes frères, j'ai cru rencontrer vos justes désirs, en suspendant la marche que nous avions commencée, pour jeter avec vous un coupd'œil rapide sur l’histoire de cette PAPAUTÉ, que les plus hardis frondeurs n’osent regarder qu’en baissant les yeux; de cette papauté, l’orgueil du chrétien catholique; de cette papauté, qu’entourent les marques les plus visibles d’une institution divine.

Au fond, ce n’est pas quitter le vaste sujet qui nous a occupés jusqu'ici ; c’est l’envisager sous un point de vue différent. L'amateur qui se place devant un monument d'architecture, ae se croit pas obligé de suivre en l'étudiant letravail des ouvriers: il veut contempler librement et tour-à-tour le péristyle, les colonnes, les façac:5, les frontons, ct surtout le poME, le dôme, qui couronne toutes les autres beautés.

La tâche est gigantesque, je le sais, mais je

compte sur un secours qui ne l’est pas moins. Demandons-le avec confiance à celui qui nous l’a promis pour la défense de sa cause, et sans autre prélude, ouvrons l’histoire, l’histoire de la PAPAUTÉ.

Jésus sortait du désert ; il venait de se préparer, par un jeûne de quarante jours à la prédication de son évangile. Il s'éloigne de Nazareth, où il avait passé les trente années de sa vie mortelle, et pour accomplir une prédiction d’Isaïe, ses pas divins se dirigent vers la mer de Galilée. C’est de là que la parole du Verbe va se répandre, que va jaillir cette grande lumière qui réjouira le cœur humain. Faites pénitence, est son texte solennel ; Jaites pénitence, car le royaume des Cieux approche. Il est seul encore, seul dans cet univers qu’il doit rencuveler ; qui sera son premier représentant, son premier apôtre ? Il descer : ’ivage ; il y trouve deux pêcheurs qui jettent asurs filets ; 1: leur dit : Suivez-moi; vous allez é.‘e TÈCHEURS D'HOMMES. C'était PIERRE, Simon-"ierre, et André son frère. Sans hésiter, tous deux quittent leur barque et leurs filets, et se joignent à lui: voilà pour la vocation. Le sauveur leur en associe dix autres, et voilà le collége apostolique formé : Pierre en est le Cuer, reconnu comme tel, désigné comme tel partout dans l’évangile: Primus Petrus.

Jésus instruit les douze, les rend témoins de sa doctrine et de sa toute-puissance. Un jour, à la

suite du miracle de la multiplication des pains, figure si admirable de l’eucharistie, comme il marchait devant eux, il se retourne tout-à-coup et leur fait cette demande : Que dit-on de moi dans le monde ? Qui croit-on que je suis? Ils répondent : Les uns disent que vous êtes Jean-Baptiste ressuscité ; d'autres Elie ; d’autres Jérémie ou quelqu'un des prophètes. — Mais vous, mes disciples, qui dètesvous que je suis ?—-Pierre s’avance et lui dit : Vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant. Écoutez la mémorable réponse :— Vous êtes heureux, Simon, Jils de Jean : c’est mon Père qui est dans le ciel qu vous a révélé cette parole. Et moi, je vous dis : Vous êtes PIERRE, et sur celle pierre je BATIRAN MON ÉGLISE, ef les portes de l'Enfer ne prévaudront jamais contre elle; et je vous donnerai les clefs du royaume des Cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les Cieux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les Cieux. Il était bien évident que la portée d’une si haute promesse s'étendait au-delà de la vie de Pierre, à des suc- CESSEURS, qui seraient revêtus de sa dignité-et de ses pouvoirs. Mais voici d’autres garanties :— La veille de sa mort, dans la dernière cène, après avoir nourri les siens de son corps et de son sang, prédit la trahison de Judas, publié /a loi de charité universelle, et celle d’humilité, autre caractère divin du christianisme ; Jésus s'adressant à Pierre, lui dit: Sèmon, Simon, voilà que Satan veut vous cribler, comme on crible le froment ; mais j'ai prié pour vous afin que votre foine manque point. Quand vous

serez converti, CONFIRMEZ VOS FRÈRES: Vos frères dans l’apostat et leurs successeurs par les vôtres. Ce n’est pas tout : les droits et la primauté de Pierre lui.sont encore assurés lors d’une apparition solennelle du Sauveur ressuscité, apparition dont PIERRE est le grand objet, et dont toutesles circonstances se rapportent clairement à la fondation de la papauté en sa personne.

Dix ou douze jours après la Päâque, Pierre, Jean et cinq autres disciples s’occupaient de pourvoir à leur subsistance en retéurnant à la pêche sur cette même mer de Galilée où trois ans plus tôt ils avaient tout quitté pour suivre Jésus et devenir pécheurs d'hommes. Ils montent dans une barque sous la conduite de Pierre, jettent leur filet, passent la nuit sans rien prendre. Vers le jour, Jésus leur apparaît, se tenant debout sur le rivage.—Mesenfants, leur dit-il d’une voix qu’ils ne reconnurent pas, avez-vous réussi ? Avez-vous trouvé à manger ?— Rien ; nous n'avons rien pris.—Jetez du côté droit de la barque. Ils se sentent irrésistiblement portés à obéir ; le filet jeté, ils ne peuvent le retirer, il est plein ! St. Jean dit: C’est le Seigneur qui est là. A ce mot, Pierre regarde, se jette à la mer, gagne le rivage, tandis que les autres le suivent, traînant avec eux la barque et leur belle capture. Tous descendent à terre: leur cœur est saisi de joie et de vénération, mais ils n’osent parler; devant leurs yeux est un feu allumé ; sur ce feu, du poisson rôti ; près de ?à du pain.—Apportez, dit leur bon maître, apportez quelque chos: de votre pêche.—Pierre

amène le filet, aidé des bras de ses compagnons, on y trouva cent einquante trois gros poissons, et le filet ne se rompait pas.—Venez manger. Jésus luimême sert le repas, leur distribue le pain et le poisson. . Quand ils eurent achevé, il dit: Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ?—Oui, Seigneur ; vous savez que je vous aime.———PAISSEZ MES AGNEAUX. Après une pause, même demande et même réponse: —PaissEz MES AGNEAUX. Pour la troisième fois, cette parole tendre et pressante se réitère: Simon, Sils de Jean, m'aimez-vous ? Les larmes commencent à couler.—Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez que je vous aime.—PAISSEZ MES BREBIS : agneaux et brebis, peuples et pasteurs, vous sont confés. Soyez le BERGER UNIVER- SEL, Puis lui ayant annoncé, non pas le lieu, mais le genre de sa mort, la croix, Jésus disparaît en lui disant : SUIVEZ-MoOI.

Et il l’a bien suivi, ila bien compris et rempli la charge qui venait de lui être si formellement renouvelée. Partout désormais on le verra chef de l'Église, objet du respect et de l'amour des fidèles, dont il est le guide et l’oracle. Après l’Ascension du Sauveur, les cent-vingt disciples assemblés dans le cénacle, à l’ordre de Pierre, font choix d’un successeur à Judas. Au grand jour de la Pentecôte, Pierre à la tête des onze, ses collègues, le premier fait entendre sa voix inspirée, et trois mille reçoivent le baptême. Quelques jours se passent, et il monte au temple, guérit à la face du soleil #n homme perclus de naissance, connu de tout Jéru.

salem, et le tenant par la main, il parle encore : cinq mille se convertissent. On emprisonne les apôtres ; on les conduit devant le Sanhédrin, qui les interroge ; Pierre répond au nom de tous, tenant encore l’homme guéri à ses côtés. On leur défend de prêcher.—Jugez, dit Pierre, si l’on doit vous obéir plutôt qu'à Dieu: parole de puissance, d'autorité pontificale, répétée par tous ses successeurs, et dont les échos sortant de la bouche de Sa Sainteté Pie IX, viennent de parcourir le monde !

L'église de Jérusalem est constituée ; les fidèles qui la composent ont pour évêque St. Jacques-le- Mineur, parent de Jésus-Christ ; le peuple juif même ne cesse d'admirer leur foi et leur charité, qui leur font pratiquer les plus sublimes conseils évangéliques. Mais voilà qu’à l’étonnement succède la crainte, quand, à la voix de Pierre, le mensonge est puni par la mort subite d'Ananie et de Saphire. A quelque temps de là, nouvelle punition, mais dans l’ordre spirituel ; c’est l’anathème prononté contre un SIMONIAQUE.—Que ton argent périsse avec toi, qui as cru pouvoir acheler les dons de Dieu : première foudre de l’Église, première excommunication, justement lancée contre l’indigne trafic des choses saintes et des biens de l'Église. On croirait entendre un Grégoire VIE, un Urbain II, un Innocent III, un Boniface VIII, un Pie VI, VIL,IX !

Les miracles se multiplient par les ouvriers apostoliques ; les malades sont portés jusque dans les rues, pour que l'ombre de Pierre, en passant, leur rende la santé.

Hâtons-nous, s’il est possible.

Etienne est mort; Saul (désormais Paul) converti, presenté à Pierre confirmé dans l’apostolat. L'Église, après une première tempête, remplit la Judée, la Galilée, et la Samarie : Pierre en fait la visi'e comme pasteur du troupeau : il va de ville en v.l+, instruisant, réglant, convertissant, opérant d’autres prodiges en faveur de l'humanité souffrante. “ On croit voir, disait St, Chrysostôme, un “ général d'armée qui parcourt ses légions, et s’as- “ sure que tout est prèt pour le combat. ”

Le moment de la conversion des gentils arrive ; une vision mystérieuse l’annonce à Pierre, et aussitôt l'ange de Dieu lui fait rencontrer le centurion Corneille, qu’il baptise avec sa famille. Corneille est italien. Je vois RoME! Pierre la verra; mais auparavant il aura passé sept ans à Antioche, l’une des plus florissantes et des plus savantes villes d'alors ; à Antioche, où les disciples prirent nour la première fois le nom de CHRÉTIENS ; il aura prêché l’évangile dans plusieurs royaumes de l'Orient ; il y aura fondé et confirmé une multitude d’églises.

Vint le moment de h dispersion finale des apôtres. Douze ans après la mort du Sauveur, ils se réunissent à Jérusalem pour se partager le monde.— Quel sera le Lor de PIERRE ?

Du haut des murs de l'antique Sion, murs qui vont tomber, il le sait, Jésus l’a dit les regards de Pierre embrassent l’Aquilon, le Midi, l'Orient, le Couchant ; il est pasteur universel, AGNEAUX ET

BREBIS sont commis à sa garde : toutes les nations M

doivent entendre sa voix, se courber sous sa houlette. C’est donc vers le centre des nations qu'il dirigera sa course, vers cette ROME, ivre de sang, engraissée des dépouilles de l'univers, vaste temple d’idoles, siége de toutes les erreurs, foyer de tous les crimes. Mais avec quelles armes, direz-vous, le VIEILLARD futur du VATICAN ira-t-il livrer bataille à la tyrannie toute-puissante ? Par quels moyens résister à ces empereurs féroces et capricieux, dont un signe de tête est un arrêt de mort pour des milliers d'hommes ?

—Quelles armes ?—quels moyens ?—L'épée de la PARoLE—-le bâton de la croix !

Grande a dù être la joie de ces fidèles de Rome, admirables déjà, même entre les enfants de l’église primitive: quelle vénération, quels élans de tendresse filiale durent éclater lorsqu'ils virent au milieu d’euxle représentant de Jésus sur la terre! Ils allaient avoir besoin de sa présence. À peine est-elle posée, cette pierre destinée à soutenir l’éternelle colonne de vérité, qu’un édit de l’empereur Claude oblige tous les chrétiens à sortir de Rome. Pierre s'éloigne pour un temps, va confirmer ses frères, en d’autres lieux ; se retrouve à Jérusalem : n'oublions point ce qui lui arrive dans cette occasion.

Le roi Hérode, pour capter la bienveillance des juifs, avait fait trancher la tête à St. Jacques-le- Majeur ; leurs applaudissements l’enhardissent à de nouveaux ectes de cruauté. (C'était le temps de la Pique. Il apprend que Pierre confirme les chrétiens de la ville sainte ; il le fait saisir, se proposant

de le faire exécuter devant tout le peuple, lorsque la fête sera terminée. L'église entière est avertie du malheur qui la menace. Ses prières, c’est le texte formel de l'écriture, ses prières nuit et jour s'offrent à Dieu pour lui, pour sa délivrance: elles sont exaucées. À minuit, pendant que Pierre dort dans sa prison, entre deux soldats, lié d’une double chaîne, d’autres soldats étant debout à la porte, un ange s’approche de lui, dissipe les ténèbres, le frappe, l’éveille: — Lève-loipromptement.—L aines tombentsans bruit.—Prends ta ceintur: ta chaussure, ton vêtement, et suis-moi. Pi t; il marche, n’osant dire si c’est un so1 e réalité ; tous deux passent la première et la seconde garde; la grande porte de fer s'ouvre d'elle-même ; ils vont jusqu’au bout d’une rue, l’ange disparaît, Pierre revient à lui: Je le vois, dit-il, c’est le Seigneur qui ne délivre de la main d'Hérode et de toute l'attente du peuple juif. Eux aussi, sans doute, se prépaparaient à chanter: “ Plus de pape ; donc plus d'Église ! ”

A quelque temps de là, Hérode expirait rongé par les vers; et le Vieillard du Vatican, de son siége de Rome, adressait une épître, vraie ENCYCLIQUE, aux fidèles d'Asie. L'an 49, sept ans après sa première entrée, Pierre est encore banni de Rome. L’an 51, on le voit présider à Jérusalem le premier concice, dont il dicte les décrets, qui commencent par ces mots sacramentels, répétés par tous les conciles depuis: Z7 a plu au Saint-Esprit et à nous. Il s'agissait d’une contro-

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