CE CES
OI à de terribles mécomptes dans le choix des moyens de vous l’assurer, cet avenir: j'ai à vous parler aussi; quand le moment en sera
venu, puissent la prudence et la persuasion régner à la fois sur mes lèvres!
Et vous pères et mères, vous ne serez point oubliés. Je veux encourager votre sollicitude, tout en vous demandant si vous gardez et exercez fidèlement l'autorité dont Dieu vous a revêtus ; si la tendresse paternelle ou maternelle ne serait point trop aveugle, trop confiante ; si vous ne vous prépareriez point pour vos vieux jours des reproches, des re- 1ords, de sombres et cruels chagrins ? Mais ce n’est point en passant qu'on doit traiter ces graves matières ; il faut leur donner un temps et une place convenables : nous le ferons, s’il plaît à Dieu. Revenons au berceau de l'humanité.
Après avoir béni et doté les deux époux, Dieu leur renouvelle la loi du TRAVAIL ; leur désigne pour nourriture es plantes et les fruits, ce qui semble supposer que l'usage des viandes n'était point permis jusqu’au déluge ; une main céleste fixe encore une fois leurs regards sur l'arbre mystérieux ; encore une fois se répètent ces paroles fatidiques :
ET
Vous n'en mangerez poinl—puis le Seigneur s'éloigne, les laissant pleins de joie, d’admiration, d'amour, de reconnaissance.
L'univers est achevé, approuvé, béni ; la nature et ses deux interprètes entonnent un concert de louanges : Benedicile omnia opera Domini Domino. L'Eternel rentre dans son éternel repos, et /e seplième jour commence.
Ce fut sans doute de Dieu même et en mémoire de la création, que nos premiers parents apprirent à sanctifier par le repos et la prière la sep/ième partie de leur vie: loi fondée sur ce que l'homme ne saurait se passer d’intervalles réguliers de repos corporel ; moins encore son âme peut-elle remplir ses destinées, si elle n'interrompt fréquemment son travail pour se reposer en Dieu. Plus tard, cette loi fut promulguée solennellement sur le mont Sinaï: c’est la troisième du décalogue.
Certes, mes frères, c'est quelque chose de bien ancien et de bien saint que ce 7our du sadbbat, quiest notre dimanche. Fêté d’abord par Dieu lui-même, fêté par l’homme innocent, il a reçu partout depuis sur la terre une consécration spéciale. Je vais vous citer à ce sujet deux témoignages frappants. Le
ir premier est d'un ennemi furieux de la révé- | i- lation ; c’est le trop célèbre Diderot, auteur Ah d'une foule d'ouvrages impies, qu’heureuse- | 1l la ment on n’a guères lus, parcequ'ils sont in- IL. [il tk intelligibles : | | l ya ‘“ De tout temps et en tous lieux, chez les 1 | | | on peuples anciens comme chez les peuples mo- | | | dernes, dans les pays civilisés comme chez ( | | eh les barbares, partout en un mot, a régné l’u- (l (il rs sage de la semaine, et celui d'en employer (fil et le septième jour au repos de l’homme et au | | (ll tot culte de la Divinité.” | | {| aS- L'autre témoignage est de M. Laplace, un | Ü ll 2] : des plus grands géomêtres qui aient jamais fl ll ses existé : f ||) ent ‘“ La semaine, depuis la plus haute anti- ll || lus ‘“quité, dans laquelle se perd son origine, [111 | ent ‘“ circule sans interruption à travers les siè- | | dé- “cles, en se mêlant aux calendriers successifs | | ‘des différents peuples. Il est très-remar- | | dé ‘“ quable qu’elle se trouve la même par toute ( || 2e “la terre. C'est peut-être le monument le [LL da “plus ancien et le plus incontestable des | ail dé ‘connaissances humaines. Il paraît indiquer An dés ; ‘une source commune d’où elles se sont | |1l dit ‘“ répandues.” Ar |
Le Laplace en écrivant cet aveu, était incré-
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dule. On assure qu’en mourant il eut, comme tant d’autres, le bonheur d'ouvrir les yeux à la vérité. L’émule de Newton pouvait-il ne pas mourir chrétien ?
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