‹ Conférences de Notre-Dame de Québec [microforme]Chapitre 17 sur 26 · SEE · texte numérisé non relu

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4 Arrivons à la fatale catastrophe. Vous en ! connaissez l’histoire, si naïve dans sa forme, | || | si effrayante dans sa profondeur, telle que | 1 l'écrivain sacré nous l’a transmise ; histoire qui, de bouche en bouche, de colonne en | F | colonne, est parvenue à toutes les nations | anciennes et modernes; histoire, hélas, que nous n'avons nul besoin d'aller lire dans les collections de l’antiquaire, sur les pyramides de l'Egypte, les pagodes de l'Inde ou les tombeaux du Mexique: elle est aw-dedans k | de nous ; elle se répète à chaque cri de notre conscience, à chaque pulsation de notre cœur | malheureux et coupable! Je ne ferai qu'en Lil rappeler les circonstances essentielles.

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4 Disons d’abord qu'avant l’homme, c'est le témoignage unanime de toute l'écriture et de :

toutes les traditions, Dieu avait créé un | monde de PURES INTELLIGENCES : il les avait créées libres aussi; il les avait soumises à

une épreuve, dont tout ce que nous savons est que les unes se perdirent par l’orgueil et

furent à jamais privées de sa présence, tandis que les autres furent confirmées à jamais dans son amour et dans un état de parfait bonheur. Nous savons qu'aux premières, devenues éternellement maïlheureuses, a été laissé le pouvoir de nuire à l’homme par suggestion, mais non pas jusqu'à lui ravir sa liberté. — Bien entendu qu'ici les géologues ne sont plus à consulter ; il n’y a point d’esprits à l’état fossile, pour une foule de raisons excellentes. Mais la parole de Moïse et des prophètes, ainsi l’a décidé celui que l'erreur ou le mensonge ne saurait surprendre, vaut bien la dépouille d'un mort qu'on retirerait du sein de la terre ou même du fond des enfers. La raison seule, sans le secours de la révélation, démontre la possibilité des anges ; elle présume d’après ce que nous voyons des plans du, créateur

FO k ie :

qu’il doit exister des êtres supérieurs à nous, d'une nature plus rapprochée de celle de Dieu, un monde d’Esrrrts enfin : elle croi Dieu, un monde d’EsPri fin : elle croit le reste sur une autorité infaillible.

Je le sais, les peuples de la terre sont tombés à cet égard dans un abîme de superstitions et d’impiétés. Plusieurs d'entre eux, ne pouvant expliquer le grand fait de la dépravation de l’homme, ont imaginé un

double Dieu, Y'un bon, l’autre mauvais, tous deux éternellement en guerre. Cette idée, preuve si saillante du péché originel, régnait surtout en Orient et chez nos aborigènes d'Amérique. Elle s'est introduite jusque sous le christianisme : c’est d’elle qu'est née la secte des Manichéens.

Mais la plupart des nations infidèles ont imaginé une hiérarchie, une gradaüion de géntes ou d'esprits, de plus en plus puissants, soit pour le bien, soit pour le mal ; ils leur ont érigé des temples, et les ont adorés, surtout les mauvais génies, par un culte accompagné de sacrifices. Toutes ces affreuses erreurs supposent la vérité—nous y reviendrons plus d’une fois.

—Adam et Eve étaient justes et saints ; ils avatent le cœur droit ; toutes les grâces, tous les motifs d'obéir les entouraient—mais enfin, ils étaient LIBRES—autant qu'il nous est possible de concevoir leur heureux état, la TEN- TATION devait leur venir du dors.

Il n’y a rien de plus touchant dans Milton que cette visite de l’ange Raphaël à nos premiers parents. Il engage avec eux un long entretien, leur raconte ce qui s'était passé avant leur naissance, écoute le récit de leurs

impressions, et les affermit dans le dessein de demeurer fidèles. Quand il les quitte, se retournant vers Adam, ii prononce cet écho de la fatale défense :

Le ciel t'a créé libre, et ta postérité

l'e devra son malheur, ou sa félicité.

—Plaçons nous à la porte de ce mémorable 7ardi1, nous les exclus, nous les exilés.

L'ennemi % plus rusé qui fut jamais s’approche— que nous importe la forme ou la manière—un serpent visible fut l'instrument de la tentation—il s'adresse à la partie la plus faible—Eve est SEULE, péril déjà, leçon épouvantable à tout l'avenir.

— Pourquoi Dieu vous a-t-1l défendu de manger du fruit de tous les arbres (MENSONGE) de tous les arbres de ce jardin ?

Voilà le premier PouRQuOIr, le pourquoi du doute, de l’incrédulité, le Howrquoi du DÉMON | Ce fatal pourquoi n'a cessé depuis de retentir dans le monde. Qui ne l’a pas entendu ? qui ne l’a pas répété ? A qui cette parole n'estelle pas cent et cent fois échappée, soit du cœur, soit des lèvres |—-Pourquoi cette défense ? Pourquoi résister à mes penchants ?

Quel mal peut-il m'en arriver ? Quel crainte dois-je avoir des suites de mon crime ?

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La femme ÉcOUTE, au lieu de fuir ; l’abime se prépare—elle RÉPOND ; elle y tombera !

—Nous mangeons du fruit de ces arbres, mais pour celui de l'arbre qui est au milieu du Paradis, Dieu nous a commandé de n’en point manger, el de n'y point toucher, de peur que nous ne fussions exposés à un grand malheur quel appelle la mort !

‘“ Dieu affirme, la femme doute, le diable

NIE:” c'est le mot de St. Bernard.

— A ssurément vous ne mourrez pas. Mas Dieu sait qu'aussitôt que vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts (ah ! oui, ils seront ouverts |)... vous serez comme des Dieux ; vous connatrez le BIEN et le MAL (oui, vous les connaîtrez |).

—Les yeux, les vEUXx, éternelle occasion de péché, se fixent sur le fatal objet de la défense ; la curiosité, l’amour-propre, la vanité, l'ORGUzIL pénètrent tour-à-tour jusqu'au cœur de notre mère infortunée; l'appétit sensuel s’enflamme.....C'en est fait.….….la main obéit....elle cueille......ÆvE À MANGÉ !.... Adam devient complice PAR AMoOUR...... Adieu l'innocence... adieu la paix.…..…..adieu le bonheur d’ici-bas !

C'était hier ; nous y étions tous, mes frères,

et cette route du cœur, croyez-vous que l’enfer l’ait oubliée ?

—Et voilà la Pomme d'or, voilà la boîte de Pandore ouverte par une femme, et d'où tous les maux étaient sortis ne laissant au fond que l’xsPérancE. Voilà la déesse Atis, chassée de l’Olympe ; la femme trompée par la couleuvre des Perses ; le Typhon ou Dragon des Egyptiens, qui remplit de malheurs la mer et les terres ; le serpent Kaly des Indous, qui fait tant de ruines que le Dieu V'shnou S'INCARNE pour les réparer. Voilà le serpent, ou la femme-serpent des Japonais, des Chi-

nois, des Scythes, des Gaulois, des Mexicains et des Péruviens |

‘“ La croyance que l’homme est déchu et ‘“ dégénéré se trouve chez tous les anciens “ peuples,” avouait le chef des impies modernes.

Il ne s'agit point de dire: je ne comprends pas ; il s’agit d'un raïT, et vous savez le proverbe: Rien n'est si entêté qu'un fait.

‘ Le nœud de notre condition, disait Pas- “cal, prend ses replis dans cet abîme (du ‘péché originel) : de sorte que l’homme est ‘plus incompréhensible sans ce mystère, que

‘ce mystère n'est inconcevable à l’homme.”

Rappelez-vous notre dernière conférence, “ La chute et la réhabilitation, le péché ori- ‘ ginel et la rédemption, sont les deux pôies ‘autour desquels roulent tous les mystères ‘“ de la nature humaine.” Nous aurons beaucoup à dire sur ce grand sujet.

Ecoutons le rourquor de Dieu, du remords, de la CONSCIENCE ; il retentira, lui aussi, dans le monde, jusqu’au dernier soupir du dernier des vivants! Ce pourquoi est terrible, il est assourdissant ; étouffez-le, il renaît, il revient ; s’il s’affaiblit un instant, c’est pour redoubler de force: il ne meurt jamais.

Je n'ai point ici besoin de chercher des témoignages.

— Adam, où êtes-vous ?—ŸF'ai eu peur de votre voix, Ô mon souverain maître ! Ye #'ose me présenter devant vous. Un feu honteux s'est glissé dans mes veines /— Vous avez donc mangé du fruit de cel arbre, qui vous couvre sans vous cacher, ef pourquot ?—La femme que vous m'avez donnée pour compagne, me l'a offert, el j'en at mangé—-Et vous, 6 femme !

pourquot ?—Le SERPENT m'a trompée !….

Plaie profonde du PÉCHÉ oRIGINEI, preuve de son indicible énormité! Ils n’implorent point la pitié de leur juge; ils S'EXCUSENT,

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l'homme sur la femme, la femme sur le serpent infernal! Cependant l'infinie miséricorde prévient même leur repentir; le ciel s'ouvre pour leur annoncer les desseins de l'éternel conseil de Dieu: et quel moment; mes frères, plus propice pour vous les rappeler, que l’aimable, la sainté, la toute consolante fête de Noez! Ecoutons :

Une voix terrible se dirige vers le tentateur; pour lui, point de grâce.—Mauprr sotr LE SERPENT | quel traîne sur la terre ses veplis tortueux ; qu'il se nourrisse de boue (ah ! oui!) ; qu'une haine éternelle règne entre lui et la femme. Îl tendra des priéges à la femme él AU FILS DE LA FEMME; #ats la femme (ou le fils de la femme) LUI ÉCRASERA LA TÊTE : /psa conteret caput tuum !….

Jour de Noël, vous viîtes l’accomplissement de cette adorable promesse! Mais écoutons encore :

La mère de tous les vivants est là, tremblante, accablée de honte et de remords.

Que lui dira cette voix qui vient de maudire

l'auteur de sa ruine ?—Deux paroles où nous verrons son histoire, et l’histoire de ses filles pendant cette longue suite de siècles qui doivent s’écouler jusqu’à la naissance de son

divin libérateur, que dis-je, jusqu’à présent, chez une foule de nations encore assises dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. Quelles sont donc ces paroles fatidiques ?—Sour- FRANCE |! DÉGRADATION !

O vous, qui composez une portion si respectable de mon auditoire, vous que ces paroles effraient, vous à qui le christianisme rendit en ce jour même, vos droits et votre dignité première: permettez que, pour vous montrer quelle reconnaissance et quel amour vous devez à Jésus et à Marit, je déroule un instant ici les annales lugubres de celle qui, dès l’origine était la compagne, l'appui, l’égale d'affection, le bonheur de l’homme.

Ailleurs que chez les Hébreux, qu'on ne put même entièrement ramener à la loi primitive, tant ils demeuraient frappés de ce souvenir que par la femme tous les maux élarententrés dans le monde ; ailleurs que chez les Hébreux, que trouvons-nous ? La femme généralement descendue à l’état de pur esclavage ; regardée comme uñe «ose, une propriétéqu'on acquérait par vente et achat, par droit de guerre, de vol ou de brigandage; tantôt prisonnière au fond d’un appartement, tantôt partageant les travaux d'un animal domes-

tique; traitée comme un être à part, qui né devait pas même toucher aux aliments de l'homme; n'osant s'asseoir à la table d’un mari, ni lui donner d'autre nom que celui de maître, de Seigneur; sans aucune culture intellectuelle.—Incertaine de son sort, pouvant être répudiée, renvoyée, chassée, quand l’âge et les infirmités commenceraient à peser sur elle ; privée de tous droits sur ses enfants, même du droit de leur conserver la vie. —Presque partout victime de l’exécrable polygamie et de ses suites révoltantes ; offerte en sacrifice aux dieux, brûlée ou égorgée sur la tombe d'un époux...et combien d’autres traits du tableau, trop affreux pour être dévoilés dans un lieu si saint ! tableau, je le répète, du monde actuel, presque partout où le Rédempteur n’a point étendu son règne visible. Voyez l'Asie toute entière ; voyez le sort de cinquante millions de femmes dans les pays musulmans ; de cent millions à la Chine. Voyez l'Afrique, l'Océanie, nos sauvages infidèles de l'Amérique: lisez les annales de la Propagation de la Foi.

Il ne s’agit pas d’une princesse ici, d’une beauté là ; d'individus épars, de peuplades se rapprochant des mœurs patriarcales ; il s’agit de la FEMME, de la moitié du genre humain,

O femme chrétienne, que vous avez coûté cher à Jésus-Christ, à son Eglise! Qu'il a fallu de sang et de sacrifices pour vous régénérer ! Votre divin libérateur, avant même de naître, posa la pierre fondamentale de votre réhabilitation, en choisissant pour sa mère Marie, la nouvelle Eve, Marie, la plus noble, la plus parfaite de toutes les créatures ; Marie qu'il aima et respecta comme jamais fils n'aima et respecta une mère. Son premier miracle avait pour but de consacrer votre union avec l’homme, de l’élever, cette union, au rang des mystères de son Eglise. Il défendit partout vos droits, fulmina l’anathème contre l'époux qui vous abandonne ; vous prodigua les marques de sa compassion, de sa bonté toute-puissante ; vous adressa ses dernières paroles, vous rendit les premierstémoins mortels de sa résurrection. Ses apôtres, en publiant l'évangile, proclameront votre liberté ; ils diront que l'époux doit vous aimer comme Jésus aima son Eglise, jusqu’à donner son sang pour elle. L'Eglise naissante bravera pour vous le glaive de la tyrannie ; combattra pour abolir toutes ces clauses d’esclavage, de vente, de-répudiation, toutes ces chaînes humiliantes qu'avait forgées contre vous la législation païenne ; ses veuves, ses vierges sa-

crées seront protégées et nourries avec une constante sollicitude ; elle entourera leurs asiles de barrières inviolables ; elle assemblera ses conciles pour flétrir des sectes qui voudraient vous replonger dans l'infamie ; elle donnera au mariage toutes les garanties possibles de liberté, de sainteté, et partant de bonheur....et plutôt que de vous sacrifier aux passions des princes, elle verra des royaumes entiers se séparer de sa communion.

Il est temps de le dire, la femme chrétienne a été reconnaissante. En mettant le pied sur la tête du serpent, elle s’est relevée grande, sublime, digne d'elle-même et de sa nouvelle mère, Elle a aimé son libérateur, elle l’aime encore ; elle s’empressa tant gw'il à conversé parmi les hommes, de l'écouter et de le servir : el: lui demeura fidèle, quand tous, jusqu’à ses disciples, l’abandonnèrent ; elle le pleura sur le calvaire, veilla près de sa tombe, courut annoncer sa victoire sur l'enfer, recueillit ses dernières bénédictions à la terre, attendit dans le jeûne et la prière la venue de l'Esprit Consolateur. Au sein de l’église apostolique, elle se distingua par tous les genres d’héroïsme ; elle peupla le ciel de martyres ; ses vertus étonnèrent le monde romain ; le monde barbare se prosterna devant elle,

Rentrée chez elle, rétablie dans ses droits, la femme chrétienne a compris sa belle et glorieuse position ; depuis lors, elle exerce ce doux et paisible, mais immense pouvoir de civilisation qu'on attribue, sans y penser, à une toute autre cause : car c'est à sa présence que nous devons ce respect, ces égards pleins de délicatesse, cet ensemble de rapports qui font le charme de nos sociétés. Que le soidisant philosophe ne réclame point pour lui l'honneur d'un tel progrès ; le but de ses flatteries immorales a été d’abaisser, de dégrader le sexe dont il a osé se dire le ‘“ vengeur,” d'en faire de nouveau le jouet et la victime des caprices et des passions de l’homme. Voulez-vous, mes frères, en trois mots une preuve? —L'incrédule a honte et horreur de son ouvrage : trouvez-moi, je ne dis pas un chrétien, trouvez-moi un impie qui voudrait unir son sort à celui d’une femme sans religion ! Il y a là tout un procès, avec jugement péremptoire,

La MÈRE CHRÉTIENNE, elle-même instruite, s'est souvenue qu'à elle appartient l'éducation domestique. Son enfant, à demi-chrétien avant de naître, a pu reposer entre ses bras, sans craindre d'être étouffé par elle, ou dévoré par la dent d’une bête sauvage ; d’elle

il apprend à nommer, à chérir Marie, son autre mère, et le petit Jésus son sauveur et son frère. ‘ Dieu se découvrit à l'intelli- ‘“ gence d'Adam sous une forme angélique ; ‘c'est un ange qui le révèle au chrétien ‘“ naissant, et cet ange, c'est sa mère.” Laissez-le croître ; s'appuyant sur les genoux de sa mère, il fera la première offrande de son cœur ; il priera avec elle et pour elle : comment pourrait-il n'être pas exaucé ! Sa mère le bénira lorsqu'il s'endort, lui enseignera la loi d'amour à son réveil. A-t-il grandi ?

jeune fille, en imitant sa mère, il devient digne de lui succéder dans sa mission pieuse et civilisatrice ; jeune homme, au milieu des plus fougueux élans des passions, il s'arrête pour écouter une mère chrétienne ; il se laisse vaincre, si non par ses paroles, du moins par ses larmes. Plus loin sur le chemin de la vie, vous verrez l’epoux, soit incrédule, soit indifférent, céder aux tendres inspirations d'une femme qui le ramène à la foi par le seul ascendant de sa vertu... et combien de fois le vieillard, rejeté avec dédain, refoulé dans la solitude par un monde ingrat qu'il a trop longtemps servi—oubliant ses chagrins et ses noirs pressentiments relève la tête, regarde le ciel et retrouve les Geaux jours de

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sa jeunesse, aux accents de sa fille, qui lui apparaît douce et radieuse comme l'étoile du soir après la tempête ; de sa fille qui lui redit en caressant ses cheveux blancs: Aimons Dieu, papa, aimons Dieu ; lui si bon, lui qui nous aime |

Vous pensez, peut-être, mes frères, que je vous ai rappelé toutes les gloires rendues à la femme par le christianisme, etau christianisme par elle ? Détrompez-vous ; il en êst bien d’autres. J'aurais surtout à vous présenter l'enfant de Marie par excellence, la vierge chrétienne, devenue l'ÉPousE de l'AGNEAU, qu'elle suivra jusqne dans le ciel ; pratiquant des vertus inconnues aux siècles païens ; se consacrant par troupes innomblables, au soulagement de tous les besoins, de toutes les misères de l'humanité : c’est le sacerdoce de la femme ; ministère divin, tout de foi, d'humilité, de charité sans bornes. Ah! mes frères, j'aurais un sujet trop vaste à parcourir ; il y aurait là trop de couronnes à distribuer !

Sans sortir de votre pays, quelle ample moisson de gloire et de mérites a été cueillie par la femme, par la vierge chrétienne ! A qui, après Dieu, cette NOUVELLE FRANCE

doit-elle son bonheur social et moral ? Qus fut-elle devenue si elle eût ignoré les noms et les sacrifices d'une duchesse d’Aiguillon, d'une dame de la Peltrie, d’une demoiselle Manse, de lhumble Marguerite Bourgeois, d'une d'ime d’Vouville, et des milliers d’héroïnes infatigables qui ne cessent de reproduire à nos yeux leur zèle et leur dévouement ?

Mais le temps s'envole, et dans son cours rapide m'avertit qu'il faut renvoyer à une époque encore incertaine la suite de ces graves entretiens. Priez, en attendant, mes frères ; priez pour qu'ils servent à vos immortels intérêts. Car c'est là tout mon désir, toute mon ambition : une âme éclairée, une seule âme sauvée, mon Dieu, quelle riche récompense de mes peines |

—Et pourtant il me reste quelques mots à vous dire (*): J'insistais avec bonheur, sur ce que devaient à la femme chrétienne les pauvres, les malheureux de tous genres, et voilà qu’en ce moment même elle se présente pour réveiller votre compassion et solliciter © 1. Une quête par huit dumes de ln paroisse au profit de la Société de St.

Vinceut-de-Paul, s'est faite an sortir de la conférence. On avait prié le prédicateur d'en dire uu mot,

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