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vos dons. L'Enfant Jésus a faim, il a froid, il est nud, il est malade, il est abandonné aux rigueurs d'un long et dur hiver. Vous ne connaissez peut-être pas le chemin de l’étable où il pleure, où il attend vos généreuses aumônes ; mais il a des ‘‘ frères,” accoutumés à le voir, à le chercher, à soulager ses soufrances. Ces frères si dignes de votre confiance, si nombreux, si humbles, si dévoués, lui porteront ce que le cœur vous dira de verser entre les mains des dames qui s’avancent vers vous. Faites-leur donc bon accueil : Jésus et Marie vous seront reconnaissants.
Bénissez, Monseigneur, cette belle œuvre de St. Vincent-de-Paul; bénissez encore la mienne, ou plutôt la vôtre, car c’est à vos aimables instances et à celles du bon pasteur de Notre-Dame de Québec, que j'ai osé commencer un travail qui demandait bien «‘l'autres forces physiques et morales. Si quelque chose a pu m'encourager, ça été la vive attention que de concert avec cette foule de nos concitoyens, vous avez constamment daigné prêter à ma faible parole. Bénissez donc cette parole : que semblable au grain de sénevé de l’évangile, elle croisse, s'étende et fructifie pour la vie éternelle.
CINQIÈME CONFÉRENCE. (!)
11 Mars, 1849,
Jesus Christus heri, et hodiè, et in secula ‘ Jesus-Christ était hier, il est aujourd'hui “et il sera dans tous les siècles.” —Heb ce. 13. v. 8.
MONSEIGNEUR, Mes FRÈRES :
Au milieu de l'effrayante série de catastrophes et de crimes qri se sont succédé si rapidement en Europe depuis que nous nous sommes séparés, auriez-vous par hasard entendu raisonner ainsi : Mais, où en sera votre conférendaire avec son Eglise immortelle, dont le chef s’en va? LA PAPAUTÉ est en ruines ; la VILLE ÉTERNELLE estau pouvoir de maîtres qui ne sont pas même chrétiens ; ROME renie son passé, veut un autre
1. La révolution de Rome, arrivée en novembre 1818, donna lien à ces deux conférences : la murche historique des quatre premières est reprise à la septième.
avenir ; le VIEILLARD DU VATICAN n'est plus qu’un fantôme qui voltige sur les bords de la Méditerranée ; Plus de PAPE : donc PLUS D'ÉGLISE |
Cette parole-là : ‘“ Plus de pape, donc plus d'Eglise,” s'est répétée bien des fois depuis dix-huit siècles, et sur bien des tons différents. Elle fut dite d'abord, du moins quant au sens réel, sur la fosse d’un gta, qui venait de soutenir contre cet ax/iqne serpent que vous connaissez, au sommet d'une montagne qui avait nom CALVAIRE, une lutte qui fit /remôler la terre et pâlir le soleil : Seductor ille.…....Sionantes lapiden cum custodibus. Pendant trois cents ans, elle retentissait chaque matin
| i] sous ces voûtes silencieuses qu'on appelle les LE CATACOMBES, alors dernier asile de la liberté. FE D Pendant cent autres années, des princes et A des peuples séduits par le traître Arius, la | chantèrent jusque dans les plus beaux temples | du christianisme. Cette parole fut le refrain Lh du soldat de Ia Mecque, du Byzantin, de l’AI-
bigeois, de l’incendiaire Wicklef, et surtout de Luther, inventeur (qu'on me pardonne cette rude allégorie ; lui, Luther, s'en est permis bien d’autres), inventeur d'un orgue à ii mille tuyaux, dont le principal, ou, pour il mieux dire, l'unique ACCORD consistait en cette
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espèce de tonnerre longtemps redouté :
‘“ Plus de pape, donc plus d'Eglise !” Enfin, rappelez-vous notre seconde conférence, tout ce qu'il y avait presque en Europe de poumons robustes, se réunit en 1799, à la veille du Jubilé séculaire, pour crier sur la tombe de Pie VI: ‘ Plus de pape, donc plus d’Eglise !”
Nous vivons en 1849 ; au bout de cinquante ans, nous voici à la veille d'un autre Jubilé ; Pre 1x, l'immortel PIE IX, n'est pas encore enterré ; il n'est pas même mort.— Ne serait-ce pas sage, après tant de mécomptes, d'y mettre au moins une réticence avant d'annoncer la vieille nouvelle : ‘ Plus de pape, donc plus d'Eglise ?”
Quoi qu'il en soit, mes frères, j'ai cru rencontrer vos justes desirs, en suspendant la marche que nous avions commencée, pour jeter avec vous un coup d'œil rapide sur l'histoire de cette PAPAUTÉ, que les plus hardis frondeurs n'osent regarder qu’en baissant les yeux ; de cette papauté, l’orgueil du chrétien catholique ; de cette papauté, qu’entourent les marques les plus visibles d’une institution divine.
Au fond, ce n'est pas quitter le vaste sujet