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les points, et ses ennemis, en deux cents ans, n'ont pu regagner le terrain qu'ils perdirent alors. Ilne faut pas se dissimuler, dit M.
Macauley, que cet étonnant triomphe de la papauté ëst dû, n à à la force des armes, mais à une grande réaction de l'opinion publique en sa faveur. Vient, au bout d'un siècle environ après la paix de Westphalie, la grande guerre de l'irréligion, de la philosophie, dont M. Macauley retrace avec des traits de feu les excès en France.
Puis il ajoute :
‘ L'esprit révolutionnaire se fit conquérant, et envahit toute l'Europe. L'Espagne devint sa vassale, l'Italie sa sujette. Les couvents de Rome furent pillés. Le draneau tricolore flotta sur le château St-Ange. Le successeur de Pierre, emmené captif par les impies (c’est un protestant qui parle), mourut entre leurs mains, et les honneurs de la sépulture furent longtemps réfusés à ses restes. 1!
n'est pas étonnant qu'en 17099 des observateurs, même doués de sagacité, aient pu penser que la dernière heure de l’Église de Rome fût arrivée : un pouvoir ennemi triomphant, le Pape mourant dans la captivité, les plus illustres prélats de France vivant en pays
. étrangers, de l’aumône des protestants ; les
plus beaux édifices que la murificence des siècles avait consacrés au culte de Dieu, devenus des temples de la Victoire ou des salles de banquet : de tels signes pouvaient bien être regardés comme les indices certains de la fin de cette longue domination.”
‘“ Mais ce n'était point la fin. Blessée à mort encore une fois, la üzcke blanche (emblême employé par le poëte Dryden pour désigner l'église, sa mère), la biche blanche ne devait point mourir. Avant même que les funérailles de Pie VI fussent accomplies, une grande réaction avait commencé, et après un espace de quarante années, elle semble encore en progrès. L’anarchie avait eu son jour. Un nouvel ordre de choses sortit de ce chaos : de nouvelles dynasties, de nouvelles lois, de nouveaux titres, et au milieu de tout cela l’ancienne religion renaissait.”
‘“ Une fable des Arabes raconte que la grande pyramide fut bâtie par des rois antédiluviens, et que seule parmi les œuvres de l'homme elle a survécu au déluge. Tel fut le sort de lanapauté; elle avait été ensevelie sous la grande inondation, mais ses bases profondes n'en furent point ébranlées, et quand les eaux
baissèrent, elle apparut seule au milieu des ruines du monde qui venait d'être détruit.
La république de Hollande, l'empire d’Allemagne, le Conseil de Venise, la vieille ligue helvétique, la maison de Bourbon, les Parlements et l'aristocratie de France avaient disparu ; l'Europe était pleine de créations nouvelles... un empire français, un royaume d'Italie, une confédération du Rhin... ..l'esprit et la composition des sociétés avaient dans presque toute l'Europe cathoïique sub:
un changement complet : mais l'Eglise immuable était toujours debout.”
Voilà comme nous parle un écrivain non encore catholique. La vériTÉ, qui reçoit une hospitalité si noble, si généreuse, demeurerat-elle toujours étrangère ? La conquête serait belle ; espéron:, prions.
Terminons, mes frères, par un souvenir d'histoire contemporaine.
Le pape Pie VII, enlevé de son palais du QuIRINAL, et conduit en France par l’ordre de Napoléon, était étroitement gardé à l'évêché de Savone, où des satellites mercenaires l’obsédaient nuit et jour, lui dcinandant
D ane | nomma
deë des concessions incompatibles avec sa dinuit. gnité, comme avec ses devoirs. Sur ces A le- entrefaites, Canova fut appelé aux Tuileries ; igue ou voulait ur buste de Marie-Louise, dont arle- il venait dessiner les traits, et souvent l’emaient pereur se trouvait présent aux séances de tions l'artiste. La conversation un jour tomba ne sur les brigandages que les troupes françaises les- Î avaient exercés dans Rome, pillant et dé aient 4 pouillant les monastères, les monuments IR publics, les églises, les palais, emportant ou 5, vendant à vil prix une infinité de chefsd'œuvre de peinture et de scuipture.—" Mais, Fr sire,” continua l'artiste, avec cette noble intune dépendance qui convient à un roi des beaux- if, A arts, et cefte tendre affection qu'il portait au il RARES pontife son bienfaiteur-—‘mais sire, Rome if a d’autres douleurs bien plus profondes. | Î Cette capitale est désolée depuis l'absence | ( du pape; elle a perdu le souverain, quarante | . cardinaux, les ministres étrangers, plus de il FSOÉE deux cents prélats, une foule d’ecclésias- (l tiques......que deviendra-t-elle ? L'herbe va | is du pousser sa graine dans les rues... Votre (l ordre gloire me permet de parler aussi librement... ll à l’é- L'or ruisselait dans Rome ; auiourd'hui il | erce- n'en coule plus.”—"*Nous ferons Rome ca- il
dant ‘“ pitale de l'Italie, et vous y joiadrez Naples,
“ qu'en dites-vous ? serez-vous content ?”— ‘“ Les arts,” répliqua l'artiste, pourraient ramener la prospérité; la RELIGION favorise les arts. Chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains, sire, la religion seule a soutenu les arts. Tous les travaux des romains portent le sceau dé la religion. Cette salutaire influence sur les arts les a sauvés en partie des ravages des Barbares. Toutes les religions sont les bienfaitrices des arts. Celle qui est plus particulièrement leur protectrice et leur mère, c'est la vraie religion, notre religion catholique romaine”... Napoléon vit bien où tendait ce discours, qu’il ne tarda pas à détourner. Un autre jour Ca-
nova lui dit: ‘“ Mais, sire, pourquoi votre majesté ne se reconcilie-t-elle pas en quelque manière avec le pape ?.....…… Je vous le dis,
si vous ne soutenez Rome, elle devient ce qu'elle était lorsque les papes habitaient Avignon.”
Ecoutez des paroles à graver sur toutes les * colonnes de l’histoire :
‘—Il ma opposé des résistances : voilà ‘“ pourquoi JE L’AI BRISÉ !.... Moi, monsieur, ‘{ j'ai soixante millions de sujets, huit à neuf ‘“ cent mille soldats, cent mille chevaux. Les
‘“ Romains eux-mêmes n’ont jamais eu tant ‘“ de forces. J'ai livré quarante batailles ; à “ celle de Wagram, j'ai tiré cent mille coups ‘“ de canon.”
L'artiste se tut; Dieu se chargea de répondre.
— Quatre ans ne s'étaient pas écoulés que l'homme aux soixante millions de sujets n’en avait pas UN SEUL | l’homme aux neuf cent mille soldats voyait à ses côtés une garde ennemie ; l’homme aux cent mille coups de canon, lancé à deux mille lieues du foyer de sa gloire, était allé s'éteindre ‘comme une étoile tombée,” parmi les flots de lAtlantique et le VIEILLARD qu'il pensait avoir BRISÉ, de retour au QUIRINAL, lui envoyait sur l’aîle des vents un messager de paix et d'amour, un PRÊTRE, pour le consoler dans son immense malheur, et recueillir son dernier soupir |
Qu'en dites-vous, mes frères ? Pie IX, qui n’a pas affaire à NAPoLEON, doit-il se désespérer ?